AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Alexandra Pletnioff-Boutin (Traducteur)
EAN : 9782742702626
258 pages
Éditeur : Actes Sud (01/01/1999)
3.84/5   28 notes
Résumé :

Tout commence dans les années vingt à Billancourt. Nina Berberova, arrivée de fraîche date à Paris, rencontre le petit peuple russe de l'immigration, aggloméré autour des usines Renault. Avec ces personnages pathétiques ou dérisoires, dépaysés par l'exil, elle découvre les thèmes que paraissait attendre son tempérament de narratrice. Elle entreprend alors, entre 1928 et 1940, de compose... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
TRIEB
  27 juillet 2011
Billancourt : ce mot évoque à coup sûr les beaux jours de la classe ouvrière, les temps de l'industrialisme triomphant .Il fait référence, géographiquement, à l'implantation des usines Renault dans une banlieue située au sud-ouest de Paris qui s'appelait alors Billancourt. Très demandeuse de main-d'oeuvre au sortir de la première guerre mondiale, l'industrie française recrute ; par ailleurs, le choc de la révolution russe de 1917 fait s'enfuir les « Russes blancs », parmi lesquels des anciens militaires des armées blanches .Certains d'entre eux, à la recherche d'un nouveau foyer, seront recrutés par Renault, dans ses usines de Billancourt.
Les Chroniques de Billancourt ne sont pas une restitution ni une description complète des conditions de travail régnant alors dans l'industrie des années 30 .Rédigées de 1928 à 1934, elles dépeignent l'adaptation des nouveaux migrants à un environnement étranger, leurs efforts pour entretenir des liens communautaires, pour alimenter de vieux rêves déjà nés avant l'exil de leur bien-aimée Russie. La plupart des protagonistes décrits dans ces chroniques résident à l'hôtel le Caprice, type d'établissement hébergeant à bon marché les ouvriers à cette époque. Evoquant le déroulement d'un bal du 14 juillet, l'auteure y rajoute une touche d'ironie à propos du comportement de ses compatriotes : « le complié vestone (prononcé à la russe) pincé à la taille, de couleur bleue ou noire, épousait parfaitement la silhouette cavalière de celui qui le portait .On se sentait tous fiers de croiser un tel complié vestone. »
Toutefois, Nina Berberova ne tombe jamais dans le piège de l'appel trop facile à un folklore exotique ; les personnages décrits souffrent aussi .A propos de Kozlobabine, l'un des membres de cette communauté : « Dieu sait dans quel état il aurait été puisque rien que la vue des lampions l'avait fait pleurer, lui un homme que la vie avait obligé à lutter et quel est, aujourd'hui, l'homme qui n'est pas habitué à lutter dans la vie ? Moi, je n'en connais aucun ! »
Les chroniques sont marquées par l'ironie, sans qu'une douleur sous-jacente à la condition de ces gens, l'exil dans une terre étrangère aux conditions d'accueil très rudimentaires, ne soit jamais complètement absente. « Les années passèrent. Ceux qui avaient été nourris au sein sur la place Nationale furent envoyés à l'école(…) Billancourt changeait, oscillant d'un côté ou de l'autre tel un brin d'herbe entre les mains commerçantes de moussiou Renault.»
La vie de cette communauté, décrite aussi avec tendresse et compassion, pourrait être résumée par une phrase incluse dans la dernière chronique de l'ouvrage : « Telle était notre vie, Billancourt ne croyait pas aux larmes .Par une honnête existence, par notre place en ce monde nous contribuions avec notre travail, nos forces, notre sueur malodorante, notre labeur parfumé d'ail et d'alcool à l'équilibre mondial. »
N'est-ce pas le plus bel hommage que l'on puisse rendre au sort d'un travailleur immigré sur la planète entière ?


Lien : http://bretstephan.over-blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
dgidgil
  11 janvier 2021
Peut-être ai-je mal interprété la quatrième de couverture, sans doute attendais-je autre chose dans ces chroniques. En tous les cas, je n'ai pas réussi à me plonger dans cette douzaine de courtes histoires d'immigrés russes vivant à Billancourt, près de Paris.
Mis à part 2 ou 3 chroniques qui m'ont intéressée, je n'ai pas compris l'intérêt des autres. J'imaginais sans doute plus de liens avec les usines Renault, le travail et la vie d'immigrés dans les années 30, mais je n'y ai pas trouvé ce que je recherchais.
Je me suis donc dépêchée de terminer cette lecture, pour partir vers d'autres horizons.
Challenge 2021 Globe-trotter
Commenter  J’apprécie          40
Milouine
  30 novembre 2020
Je connais peu d'auteurs qui, avec une telle économie de mots, vous font voir et écouter, plus que simplement lire, comme on regarde un film en en oubliant la lecture.
Une telle magie dans l'écriture, pour un homme écrivain comme moi, me laisse pantois, si ce n'est envieux.
Lien : http://texteymard.blogspot.c..
Commenter  J’apprécie          00

Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   18 juin 2021
Le Manuscrit de Billancourt

Trente-cinq ans, ce n'est pas rien. C'est comme les aiguilles d'une montre qui approchent des quatre heures, c'est comme un calendrier auquel on aurait arraché la feuille du mercredi, c'est ça trente-cinq ans, le véritable milieu de la vie, le milieu du jour, de la semaine, où derrière et devant toi, le temps s'écoule. (p. 152)
Commenter  J’apprécie          101
Roxane25Roxane25   03 juin 2015
Il arrivait souvent à Anastasia Guiorguievna de prendre le miroir et de s'y examiner. Ce n'était pas le fait d'avoir changé au delà de toute commune mesure qui la troublait, ni que les épreuves endurées ces dernières années l'avaient vieillie, non, c'était surtout que l'échéance prochaine d'une mort solitaire la menaçait. De cela elle était sûre.
Déjà en Bulgarie, elle avait appris qu'elle était malade et qu'elle ne pourrait pas guérir. Son côté droit la faisait souffrir toutes les nuits. Le médecin qu'elle avait consulté avait fait le lien entre son côté et ses reins. Elle savait que seule une opération pourrait la soulager, mais elle ne voulait l'envisager à aucun prix. Elle savait qu'un jour viendrait où elle serait incapable de se chauffer de l'eau, que viendrait une nuit où personne ne serait là pour lui fermer les yeux et qu'alors viendrait une solitude éternelle où personne n'irait sangloter sur sa tombe envahie de ronces.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
lanardlanard   01 mai 2012
Extrait de la postface de Nina Berberova :
Quand mes premiers récits intitulés "Chroniques de Billancourt" commencèrent à paraître, les garçons coiffeurs russes n'acceptèrent plus mes pourboires, le cordonnier voulut ressemeler mes souliers gratuitement, le propriétaire de l'épicerie m'offrit des bonbons et les enfants du quartier se mirent à me reconnaître et à pointer le doigt sur moi.
J'ignore si mes lecteurs avaient véritablement saisi toute l'ironie contenue dans mes récits et s'ils avait compris qu'entre moi et mes "héros", il y avait un profond fossé : le mode de vie, l'origine, l'éducation, le libre choix d'une profession, sans parler des opinions politiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
wellibus2wellibus2   18 décembre 2014
Anastasia Guiorguievna ne savait pas parler aux gens et l'enfant ne l'importuna plus avec les épisodes de sa vie. Elle avait confiance en son destin. La nuit, lorsqu'elle dormait, l 'expression déterminé de son petit visage ne changeait pas.
Commenter  J’apprécie          40
Roxane25Roxane25   03 juin 2015
A Prague, il y avait du brouillard ce soir-là, on se serait cru à la campagne. J'avais grand-peur de la perdre. Je la tenais sous le bras, me penchant vers son visage pour gober un peu de son air. Je voyais chacun de ses cheveux, chacune de ses taches de rousseur lorsque nous passions sous les réverbères, et comme il n'y avait rien de plus agréable que cela, je m'efforçais de la sortir du brouillard pour l'attirer sous la lumière, de sorte que je la traînais tantôt à gauche, tantôt à droite et ne cessais de la regarder.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Nina Berberova (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nina Berberova
Nina BERBEROVA – Documentaire ultime (France 3, 1992) Un documentaire en deux parties, intitulées "Le passeport rouge" et "Allègement du destin", réalisé par Dominique Rabourdin. Présence : Jean-José Marchand et Marie-Armelle Deguy.
Dans la catégorie : Littérature russeVoir plus
>Littérature des autres langues>Littératures indo-européennes>Littérature russe (472)
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La littérature russe

Lequel de ses écrivains est mort lors d'un duel ?

Tolstoï
Pouchkine
Dostoïevski

10 questions
349 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature russeCréer un quiz sur ce livre