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ISBN : 225316285X
Éditeur : Le Livre de Poche (06/02/2013)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Au filtre du temps, Monsieur Ouine est souvent considéré comme le sommet de l'art de Georges Bernanos. Dès 1934, parlant de ce qui deviendrait son œuvre ultime, l'écrivain avoue à son ami Robert Vallery-Radot : "Monsieur Ouine est ce que j'ai fait de mieux, de plus complet. Je veux bien être condamné aux travaux forcés, mais qu'on me laisse libre de rêver ce bouquin en paix". Dans cette enquête policière sous forme de galerie de portraits, tout nous échappe, tout se... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  23 mars 2012
Georges Bernanos (1888-1948) est un écrivain déchiré entre le mysticisme et la révolte qui combattra par ses livres, la médiocrité et l'indifférence. On lui doit le journal d'un curé de campagne (1936), le dialogue des Carmélites (1949), Sous le soleil de Satan (1926) adapté au cinéma par Maurice Pialat. Il vivra en France, au Paraguay et au Brésil.
Le récit se déroule dans un petit village du Nord en 1931 où l'on a découvert le cadavre d'un jeune valet de ferme. Une quinzaine de personnages sont plus ou moins directement impliqués dans cette mort qui mettra tout le village en ébullition. Résumé ainsi on pourrait penser à un roman policier, mais ce n'est pas le genre de la maison ! et le propos est beaucoup plus vaste ou ambitieux.Bien vite l'intrigue n'est plus le moteur de l'intérêt porté au livre. Georges Bernanos va se livrer à une dissection des âmes humaines et étaler sous nos yeux les travers de ce microcosme, des élites aux plus humbles. le maire qui cherche désespérément l'absolution pour ses pêchés passés, le médecin incapable, le prêtre dépassé par sa charge et au bord de la rupture avec sa foi, la châtelaine à moitié folle qui parcourt le pays avec sa jument, Steeny l'adolescent ignoré par sa mère mais poursuivi de manière équivoque par sa gouvernante. Au milieu de tout ce beau monde, monsieur Ouine, ancien professeur de langues atteint de tuberculose, incarnation de Satan ? dont nous suivrons l'agonie à la fin de l'ouvrage.
La mort du jeune valet entraînera d'autres décès et l'enterrement du jeune homme verra l'apothéose des haines villageoises et de la bêtise humaine au cours d'une cérémonie lamentable tournant à l'émeute. « L'image d'un monde en perdition qui s'éloigne de toute spiritualité, foi religieuse comprise mais pas exclusivement ».
Un livre complexe qui nécessite de faire des efforts de lecture, surtout au début, pour entrer dans la trame du roman et le style de l'auteur. Un livre de vraie littérature, noir et désespéré qui s'accorde parfaitement avec les soirées d'automne et le feu dans la cheminée.
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aouatef79
  24 mai 2015
Monsieur Ouine ! Donner un avis sur ce livre n 'est pas chose facile à mon humble avis : car en lisant le titre ,on remarque qu 'il est composé d 'une affirmation ; oui et d 'une négation ;ne cad non ! Ce livre est venu comme une réponse à ce que prone André Gide dans ces écrits où il exprime le fait de s 'attacher à rien et de tout quitter la famille ,les biens ,e't Bernanos lui'meme le dit dans la citation que j ' ai écrite "est-ce que j'ai l ' air d' un ravisseur d 'enfants ';Dans l 'ensemble c 'est ce que j ' ai saisi ,
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Ingannmic
  04 avril 2015
Bernanos... encore un de ces auteurs dont on se dit qu'il faudra bien qu'on les lise, un jour...
Ma première tentative en ce sens s'est lamentablement interrompue avant le premier quart du "Journal d'un curé de campagne", dont les circonvolutions philo-théologiques ont coupé net mon bel enthousiasme.
J'aurais pu en rester là, d'autant plus qu'Aaliz, qui est courageusement allée jusqu'au bout du "Soleil de Satan", semblait confirmer la rebutante complexité de son oeuvre.
Puis, je suis tombée par hasard à la librairie du coin sur "Monsieur Ouine", agrémenté d'une élogieuse petite note du libraire. "Soit, ne soyons pas obtuse. Retentons l'expérience...", m'exhortais-je in petto.
Je ne remercierais jamais assez l'auteur de la dite petite note : j'ai adoré ce bouquin ! D'emblée. Les premières pages du roman m'ont fait penser à Faulkner (si ça, ce n'était pas de bon augure) : le lecteur est immergé sans préambule au coeur d'une scène en cours, se trouvant face des personnages qui, ne lui ayant pas été présentés, lui donnent un peu de fil à retordre pour ce qui est de comprendre qui ils sont, et quels sont les liens qui les unissent les uns aux autres. Et à peine a-t-il vaguement commencé à se familiariser avec ce contexte que le voilà projeté sans transition vers une autre scène et d'autres protagonistes qu'il faut à nouveau apprendre à connaître avec le peu d'éléments que nous fournit l'auteur.
Rassurez-vous, les interactions entre les héros deviennent rapidement suffisamment claires et l'intrigue suffisamment intelligible pour nous permettre d'en saisir le cadre général.
Quant à en comprendre toutes les subtilités... disons que "Monsieur Ouine" est sans doute de ces romans que l'on ne peut appréhender en profondeur qu'à condition de le lire plusieurs fois. Georges Bernanos s'y montre maître dans l'art de l'ellipse : les événements sont souvent davantage suggérés que réellement dépeints, les pensées des personnages livrées par bribes, mais ces bribes sont choisies avec une telle justesse qu'elles permettent au lecteur de percevoir sans peine l'ampleur de leurs désespoirs, la force de leurs haines... Car ce texte est d'une intense noirceur.
L'auteur utilise le prétexte de l'assassinat d'un jeune valet de ferme, dans un village du nord de la France, dans les années 30, pour mettre en exergue la malveillance et la perdition des âmes.
Autour de l'entité incarnée par des villageois anonymes qui, entraînés par le phénomène de groupe, finissent par exprimer toute l'étendue de mauvais instincts qu'excitent la hargne et la bêtise, orbitent des héros plombés par le mal-être.
Le jeune Steeny, orphelin de père, étouffe au sein d'un foyer uniquement féminin où il ne trouve pas sa place, et dont il rêve de fuir la torpeur. On comprend sa fascination pour la sulfureuse comtesse de Néréis, femme extravagante, violente et sensuelle qui se livre avec le garçon à un étrange jeu de séduction. Celle qu'il éprouve pour Monsieur Ouine est plus énigmatique. Ce pensionnaire du château des Néréis, au physique flasque, rebutant, exsude une souffrance psychologique et spirituelle terrible, dont les fondements demeurent troubles.
D'autres que lui sont également rongés par d'insondables culpabilités, face auxquelles les médecins du corps comme de l'âme, dont la foi s'épuise face à tant de malheur et de barbarie, demeurent impuissants.
On referme ainsi l'avant-dernier roman de Georges Bernanos avec la conviction de l'absence de toute possibilité de salut pour cette humanité déchue...
Relirai-je un jour "Monsieur Ouine" ? Peut-être..
Toujours est-il qu'il aura suffi de cette première lecture pour que ce roman désespéré, à l'écriture foisonnante, complexe, et d'une implacable précision, me passionne...
Lien : http://bookin-inganmic.blogs..
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nathalie_MarketMarcel
  18 juillet 2017
Bernanos raconte d'abord comment le mal s'empare d'un village en apparence sans histoire. Ils sont orgueilleux, fiers de leur famille, ou ambitieux, ou cruels, ou médisants, ou égoïstes. Ils ont l'âme boueuse, comme les chemins. L'eau froide et grasse suinte dans les maisons, dans l'église et dans les corps. Et dans le cimetière, les tombes s'effondrent. Plus qu'un monde sans dieu, c'est un monde sans spiritualité, sans poésie, sans beauté, sans espoir. La gendarmerie ne mène pas l'enquête sur le crime, le maire est impuissant à rassurer ses concitoyens, le curé reconnaît publiquement sa défaite. Et tout le monde envoie des lettres anonymes. Et tout cela s'incarne dans le mou monsieur Ouine, qui est vide, dont le discours sirupeux égratigne et corrompt, mais qui n'apporte rien. Et de nouveau un curé impuissant, dont la paroisse n'est plus qu'un vain mot.
C'est un roman de Bernanos. Et j'ai eu du mal à démarrer. La langue est à la fois très dense et volontiers allusive. le lecteur trop pressé risque toujours de ne pas comprendre ce qui est en train de se jouer. Surtout qu'il faut bien dire qu'il nous dépeint un monde disparu et peu compréhensible : un médecin et un curé qui débattent de l'âme, les pauses de directeur de conscience du professeur, la révolte du jeune homme. Pas facile de tout saisir. Et pourtant, j'ai réussi à embarquer, prise notamment par la puissance de certains portraits, par la violence des rapports entre les personnes, par l'impression diffuse que ce petit village était aussi une allégorie du mal et de la déshumanisation.
Avec tout ça, il y a un crime non résolu, mais un bouc-émissaire vite désigné satisfait tout le monde. Pas moins de 7 cadavres pour ces 300 pages !
La langue est magnifique, puissante, aussi désagréable que l'univers qui est décrit. Cela vaut le coup de se cramponner.
Lien : https://chezmarketmarcel.blo..
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allard95
  06 avril 2014
C'est un peu compliqué.... Et puis, pas très facile à suivre: Bernanos peut commencer un châpitre avec un "il" ou un "elle", sans définir le personnage. Parfois, 10 pages plus loin, on n'est pas éclairé davantage. Au secours !
L'univers tourmenté de Bernanos (parfois porté aux nues, notamment à propos de ce livre), est quand même assez pénible; son récit est touffu. Il y a un crime. On attend le criminel. Il ne viendra pas. Et le génie serait là: la responsabilité collective d'un village, avec ses lâchetés et ses mesquineries ordinaires. Je veux bien.... Heureusement, le livre est assez court: compte tenu de style de l'auteur, c'est une qualité.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   06 octobre 2011
La chaise de M. Ouine grinçait sur les dalles, depuis une minute, par petits coups réguliers. De sa place, le prêtre ne pouvait malheureusement rien voir des traits de l’ancien professeur de langues, mais il entendait son souffle anxieux, coupé parfois d’une espèce de chuchotement incompréhensible. Bien loin de là, presque au pied de la chaire, la figure convulsée du maire de Fenouille sortait brutalement de l’ombre, éclairée en plein par un vitrail de l’abside qui couvrait sa large face de petites taches rondes, bleues ou mauves, toujours dansantes. Un moment, il crut le voir rire et aussitôt la grimace douloureuse de la bouche le détrompa. Il semblait au curé de Fenouille que toute rumeur s’était éteinte, que les paroles qu’il allait dire tomberaient l’une après l’autre, vaines et noires, dans ce silence béant.
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KanelbulleKanelbulle   01 mai 2011
Un crime, ça ne regarde que la justice et les journalistes, pas vrai ? N'importe ! Il ne faut qu'un grain de levain en trop pour faire surir toute la pâte. Le mal était déjà en vous, mais il s'est mis comme à sortir de la terre, des murs. Et d'abord, ça ne vous a pas déplu, n'est-ce-pas, mes amis ? Vous vous sentiez bien, vous aviez chaud. Le village ressemblait à une ruche en avril. À l'idée que le coupable était sans doute parmi vous, l'un de vous, votre voisin peut-être, hein ? le sang vous démangeait dans les veines. Chaque soir en regardant luire vos fenêtres tout au long de notre petite vallée, je songeais que le soupçon, la haine, l'envie, la peur était au travail, que la police n'aurait qu'à passer le lendemain pour faire son miel. Et puis... Et puis...
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kommienezuspadtkommienezuspadt   07 juin 2014
« Toute petite, j’avais une peur affreuse des hommes, et puis j’ai connu un jour que cela qui gesticule n’est pas dangereux. » D’où lui vient ce souple génie, cette patience d’insecte, la clairvoyance inexorable qui lui permet d’attendre à coup sûr la lassitude de l’adversaire, le premier mouvement de faiblesse ou d’oubli ? De son père, peut-être, mort très jeune, dont elle revoit le visage livide, les yeux au cerne bleu, la bouche nerveuse, inquiète, faite pour le mensonge et la caresse – jusqu’à ce geste qu’il avait, qu’elle a elle-même, le recul imperceptible de tout le buste à la moindre apparence de contradiction.
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aouatef79aouatef79   24 mai 2015
Et puis quoi ? Que voulez-vous dire? interroge le vieil homme avec colère .
Comptez-vous sur moi pour vous enlevez aux votres ? Ai -je l 'air d 'un ravisseur
d 'enfants ? Hélas ! vous vous ressemblez tous ; pas un de mes élèves ,jadis,
qui n ' fait le projet de me suivre , comme vous dites ,au bout du monde .IL n ' y a
pas de bout de monde ,cher garçon,
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genougenou   17 mai 2019
Le plus malin n'est pas exempt de faire des bêtises pour une femme
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Videos de Georges Bernanos (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Bernanos
Dictionnaire amoureux des saints Christiane Rancé Alain Bouldouyre Plon, mars 2019 Collection Dictionnaire amoureux
Présentation des saints de la religion chrétienne. Leur histoire, leur parcours, leur rôle ainsi que leurs caractéristiques sont détaillés, de Jean-Baptiste de la Salle à Jean-Paul II en passant par Paul de Tarse, Thérèse de Lisieux ou François d'Assise. La notion de sainteté est abordée à travers le point de vue de ceux qui l'ont célébrée tels Emil Cioran, Jean Cocteau ou Georges Bernanos. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-saints-christiane-rance/9782259248624.html
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