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Michel Besnier (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782752905437
214 pages
Phébus (30/11/-1)
3.35/5   116 notes
Résumé :
Un presbytère de campagne, un prêtre étrange et nouveau venu, et par une nuit lugubre, un crime ainsi commence un récit fascinant où Bernanos donne au roman policier la dimension d'une aventure spirituelle, où les passions se heurtent sous le couvert de l'innocence, où la violence se dissimule sous le charme et l'apparence de piété.- Quels rapports unissent le jeune curé de Mégère et Evangéline, la nièce de la châtelaine assassinée ?- A quel mystère sordide, le juge... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
3,35

sur 116 notes

moussk12
  04 février 2020
Georges Bernanos n'était pas un écrivain de roman policier. Pourtant, écrit en 1934, ce livre regroupe tous les aspects d'un polar : un crime, un mobile, un assassin, une enquête. Alors pourquoi ce livre si bien écrit ne fut pas considéré comme un chef d'oeuvre à sa sortie ? Il est vrai que reprendre un curé de campagne pour principal protagoniste, suspect de surcroît, n'était peut-être pas du goût de tous. La plume de l'auteur y est très fine, délicate et recherchée. En cela elle correspond très bien au caractère de son personnage principal. L'histoire est intéressante : une vieille dame riche et solitaire est assassinée la nuit de l'arrivée du curé de Mégère, venu prendre ses fonctions dans ce petit village. D'autres drames suivront et l'enquête piétinera. Les personnages ne manquent pas de personnalité, notamment le juge d'instruction qui s'enlise dans son enquête.
S'il est certain qu'Un crime ne représente pas l'idée que l'on se fait d'un roman policier, de par l'écriture elle-même qui peut paraître désuète aujourd'hui, Georges Bernanos était bien en avance sur son temps. Manipulation, mensonge, homosexualité, travestisme, perversion, tout y est, ou suggéré. Aujourd'hui, l'on ne s'étonne plus de retrouver tous ces ingrédients dans nos livres, mais à l'époque, ça devait faire tache.
Alors chef d'oeuvre ou pas ? A vous d'en juger. Pour ma part, je suis malheureusement passée à côté de quelque chose, vers la fin, et je n'y ai pas compris toutes les subtilités. La postface indique qu'Un crime invite à une relecture, pour bien saisir la machination. Alors oui, je le relirai un jour.
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Myriam3
  20 décembre 2017
N'étant pas très férue de religion, j'appréhendais un peu cette lecture choisie par Stemilou. Mais le roman est court, parfait pour une première approche de Bernanos.
Cette intrigue policière, l'auteur l'aurait écrite pour des raisons financières. Un jeune curé, touchant par son innocence, sa fragilité, ses traits délicats et son caractère intense, débarque en pleine nuit dans un petit village de Provence. Son prédécesseur est décédé quelques jours avant, et il s'installe auprès de Mlle Céleste, la bonne qui le prend aussitôt sous son aile, émue par sa jeunesse. Cette même nuit, il entend un hurlement au loin et alerte aussitôt le maire pour qu'une battue ait lieu. On retrouve un homme agonisant non loin du château où a été assassinée sa vieille propriétaire.
L'enquête commence alors que le jeune curé disparaît, sans même avoir officié.
J'ai découvert l'écriture sublime de Bernanos, ses descriptions autant paysagères que psychologiques, et la complexité des individus plongés dans leur propre passé, leur solitude.
Le roman se lit vite, il est plus existentiel que criminel mais l'intrigue pousse le récit à des questionnements ludiques.
J'ai aimé.
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Luniver
  10 janvier 2014
Le petit village de Mégère attend son nouveau curé. Ce dernier arrive en plein milieu de la nuit, après bien des déboires, pour entendre aussitôt des coups de feu et des appels à l'aide. L'alerte est aussitôt donnée, et on découvre bientôt un mourant dans le jardin du château, et la châtelaine morte dans sa chambre. L'enquête commence, mon enthousiasme faiblit.
Le prêtre est la copie conforme du « Journal d'un curé de campagne » : jeune et inexpérimenté, timide, malhabile en société, à la santé très fragile (gravir une petite colline l'épuise) et qui ne tient sur ses jambes que grâce à sa foi. La personne chargée de l'affaire attrapera également une grippe, qui la laisse au bord de la syncope à chaque effort physique ou moral. Les courses-poursuites ne seront clairement pas de la partie.
Si l'intrigue est intéressante (les différents témoignages laissent à penser que le curé détient seul les clés de l'intrigue, sans que l'on comprenne pourquoi), chaque conversation m'a plongé dans la plus grande confusion : à aucun moment je n'ai compris qui soupçonnait qui et pourquoi. Les digressions sur la nature humaines ne m'ont pas aidé particulièrement. Je pense avoir eu les mêmes sentiments qu'un spectateur assistant à une partie d'échec entre deux grands maîtres sans en comprendre les règles : pourquoi untel joue-t-il de telle façon ? Quel est son but ? Pourquoi tout le monde retient son souffle maintenant ? Est-ce que quelqu'un pourrait enfin me dire ce qu'il se passe et me donner la signification de ce que je regarde depuis une heure ? Merci !
J'ai préféré abandonner ma lecture aux deux tiers du livre. Les autres critiques laissent à penser que la fin éclaire beaucoup de choses, mais je n'ai pas eu le courage d'aller jusque là, d'autant que les précédents livres de Bernanos ne m'ont pas laissé non plus de souvenirs impérissables.
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ivredelivres
  31 mai 2011
Il y a quelques mois j'ai lu un roman de Georges Bernanos, je dois avouer que c'était le premier, je n'avais rien lu de cet auteur même au moment de la sortie du film et de la polémique autour du " Soleil de Satan" de Maurice Pialat.
Je n'ai pas encore fait mon billet car si j'ai aimé et admiré l'écriture, le livre est très difficile à résumer. Quand je suis tombée sur celui là, surprise ! Bernanos écrivant un polar ! Georges Bernanos a des projets d'écriture plus importants mais il faut bien vivre et du coup il écrit ce récit qui est considéré dans son oeuvre comme un roman mineur.
Mazette beaucoup d'auteurs devraient être heureux de publier des romans alimentaires de cette qualité ! Direction la montagne dans les environs de Grenoble, un village perdu, un presbytère....
Le village de Mégère attend son nouveau curé, il n'était pas au rendez vous de la patache qui montait de la vallée, le maire et ses adjoints l'ont attendu pour rien, et le voilà qui débarque au petit matin, c'est Mademoiselle Céleste qui est étonnée, mais tout de suite elle sait qu'elle va être heureuse de le servir celui-là, elle ne se fait pas de souci à le voir « si grâcieux, si doux, si honnête » tout le village va lui faire bon accueil.
Quand dans la nuit le curé est réveillé par des cris, des coups de feu, des appels, Céleste est tout d'abord sceptique, un mauvais rêve peut-être, bien vite le maire, le garde-champêtre sont alertés, et il faut se rendre à l'évidence il y a eu crime, un homme gît dans un fossé près du château et Mme Beauchamp la châtelaine est retrouvée morte dans sa chambre, sa gouvernante une ancienne religieuse n'est pas d'un grand secours pour raconter les évènements.
Une enquête longue et difficile commence. le juge d'instruction et son greffier, le procureur, la gouvernante, Céleste, tout le monde est stupéfait quand le curé de Mégère laisse entendre qu'il est détenteur d'un secret ce que confirme son visage "au masque tragique, au regard pénétrant, au sourire funèbre." et ce secret est la clé du mystère.
Vous avez compris, j'ai aimé ce roman d'un auteur qui d'un bout à l'autre nous manipule nous fait prendre des chemins sans issue, nous trompe, nous perd dans un récit d'une construction extrêmement habile toute en ambiguïté et d'une intelligence que je qualifierai de diabolique (pardonnez-moi Mr Bernanos)
Dans la postface Michel Bernier explique le peu de succès du roman, jugé comme appartenant à un genre mineur dans l'oeuvre de Bernanos, alors que le récit contient tous les thèmes chers à l'écrivain " Si l'on admet que l'art du roman policier est pour une part un art du leurre, Bernanos a réussi dans Un crime un coup de maître "
Régalez-vous de ce crime c'est tout le mal que je vous souhaite.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Allantvers
  11 janvier 2022
D'un curé torturé à l'autre...
Ne connaissant Bernanos que par Sous le soleil de Satan, je me suis sentie d'emblée dans un univers connu en entrant dans ce roman policier, un registre dans lequel on s'attend pas à trouver cet auteur.
Et pour cause, c'en est un sans en être : l'intrigue, tortueuse; le mobile, complexe; l'enquêteur, perdu; le mort, et même deux; le meurtrier, insaisissable. Tous les ingrédients sont là.
Mais surtout la nuit, la montagne rustre et froide, le silence, le froid, l'oeil halluciné, la voix basse, les non-dits, les mystères de l'âme éparpillés sur les chemins, les coeurs qui saignent. C'est dans ces éléments, dans ces mots murmurés, dans cette langue sophistiquée et coupante, dans ce personnage central dérangeant que j'ai retrouvé Bernanos, plus que dans une intrigue qui dépasse l'entendement, et vous emmène au bord du malaise.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   07 mai 2020
L’être vulgaire ne se connaît lui-même qu’à travers le jugement d’autrui, c’est autrui qui lui donne son nom, ce nom sous lequel il vit et meurt, comme un navire sous un pavillon étranger. Donnez-moi votre main... (il la prit dans les siennes avec une sorte de méfiance et il la serrait à peine entre ses doigts comme s’il eût craint de blesser une bête fragile et farouche). Votre vie commence. Hélas ! que ne vous ai-je connu plus tôt ! Nous aurions ensemble couru le monde et pour un tel voyage il n’est pas besoin de boussole ni même de navire. Qui nous emporterait plus loin et plus sûrement que nos rêves ?... des rêves où nul autre que nous ne pénètre... Mais peu d’hommes savent rêver.
Rêver, c’est se mentir à soi-même, et pour se mentir à soi-même il faut d’abord apprendre à mentir à tous.
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PrailiePrailie   05 août 2018
Je vois maintenant que chaque crime crée autour de lui comme une sorte de tourbillon qui attire invinciblement vers son centre innocents ou coupables, et dont personne ne saurait calculer à l’avance la force ni la durée. Oui, monsieur, un geste à peine moins insignifiant qu’une chiquenaude déclenche une puissance mystérieuse qui roule dans le même remous, pêle-mêle, le criminel et ses juges, aussi longtemps qu’elle n’a pas épuisé sa violence, selon des lois qui ne nous sont point connues.
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Myriam3Myriam3   07 décembre 2017
Chaque crime crée autour de lui comme une sorte de tourbillon qui attire invinciblement vers son centre innocents ou coupables, et dont personne ne saurait calculer à l'avance la force ni la durée.
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Florence94Florence94   15 août 2012
Le crime est rare ; je veux dire le crime qualifié, authentique, tombant sous le coup de la loi. Les hommes se détruisent par des moyens qui leur ressemblent, médiocres comme eux. Ils s’usent sournoisement. Et les crimes d’usure, monsieur, ça ne regarde pas les juges !...
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hermestrismegistehermestrismegiste   03 janvier 2015
L'être vulgaire ne se connaît lui-même qu'à travers le jugement d'autrui, c'est autrui qui lui donne son nom, ce nom sous lequel il vit et meurt, comme un navire sous un pavillon étranger
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Videos de Georges Bernanos (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Bernanos
« Rien ne me réconcilie, je suis vivant dans votre nuit abominable, je lève mes mains dans le désespoir, je lève les mains dans la transe et le transport de l'espérance sauvage et sourde ! » (Paul Claudel, Cinq Grandes Odes)
« Singulière figure que celle de Georges Bernanos (1888-1948) […]. Sorte de Protée des haines et de l'amour, il semble ne jamais offrir deux fois le même visage. Il y aurait plusieurs Bernanos : un Bernanos de droite, à cause des Camelots du Roi, un Bernanos de gauche à cause des Grands Cimetières sous la lune ; un Bernanos romancier des abîmes de la condition humaine, ou un Bernanos pamphlétaire névropathe ; un Bernanos anticlérical, un Bernanos pieux catholique ; un Bernanos antisémite, un Bernanos réactionnaire, un Bernanos prophète, un Bernanos énergumène, un Bernanos enthousiaste... L'inventaire est sans fin […]. Romancier, essayiste, journaliste, Bernanos est l'homme d'une oeuvre vaste mais unifiée, tout entière contenue dans cette tâche qu'il découvrit être la sienne : rendre témoignage à la vérité, en manifestant de toutes les manières possibles ce qui est pour lui la finalité de toute condition humaine. […] Bernanos ne se faisait aucune illusion quant à l'efficace immédiate de ses écrits sur la marche du monde. C'est, toujours et seulement, de la révolte de l'esprit, la seule qui vaille, qu'il est question chez lui. […] » (Romain Debluë)
« […] C'est sans doute ma vocation d'écrire, ce n'est ni mon goût ni mon plaisir, je ne puis m'empêcher d'en courir le risque, voilà tout. Et ce risque me paraît chaque fois plus grand, parce que l'expérience de la vie nous décourage de plaire, et qu'il est moins facile encore de convaincre. J'ai commencé d'écrire trop tard, beaucoup trop tard, à un âge où on ne peut plus être fier des quelques vérités qu'on possède, parce qu'on ne s'imagine plus les avoir conquises, on sait parfaitement qu'elles sont venues à vous, au moment favorable, alors que nous ne les attendions pas, que parfois même nous leur tournions le dos. Comment espérer imposer aux autres ce qui vous a été donné par hasard, ou par grâce ? […] Il faut vraiment n'avoir pas dépassé la quarantaine, pour croire que dix pages, cent pages, mille pages d'affirmations massives sont capables de forcer une conscience : c'est vouloir ouvrir la délicate serrure d'un coffre-fort avec une clef de porte cochère. L'âge aidant, il me paraît maintenant presque aussi ridicule et aussi vain de dire au public : « Crois-moi ! » qu'à une femme : « Aime-moi ! » et le résultat est le même, soit qu'on ordonne ou qu'on supplie. Rien n'est plus facile que de prêcher la vérité. le miracle, c'est de la faire aimer. […] » (Georges Bernanos, Comprendre, c'est aimer, paru dans La Prensa, à Buenos Aires, le 19 janvier 1941.)
0:04 - Réponse à une enquête 11:30 - Générique
Référence bibliographique : Georges Bernanos, Scandale de la vérité, essais, pamphlets, articles et témoignages, Éditions Robert Laffont, 2019
Image d'illustration : https://www.france-libre.net/bernanos-appel/
Bande sonore originale : Carlos Viola - The Four Witnesses (Piano Version)
Site : https://thegamekitchen.bandcamp.com/track/the-four-witnesses
#GeorgesBernanos #scandaledelavérité #LittératureFrançaise
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