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EAN : 9782226481160
384 pages
Albin Michel (23/08/2023)
3.88/5   227 notes
Résumé :
«Qu’il vous reste de nous notre amour infini de la vie, de sa beauté et de sa légèreté, et que du fin fond de notre sommeil éternel, vous nous entendiez rire encore. Rire, chanter, danser et célébrer la vie. Nous l’avons tant aimée.»

Un matin, un garçon d’étage de l’hôtel Lutetia, découvre un couple d’octogénaires, main dans la main, endormis pour l’éternité.

Ce geste ultime et romantique, cette liberté qu’ils n’ont pas hésité à s’offri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
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Émilie Fréche, signe un roman remarquable, émouvant, déchirant, voir perturbant, A travers un fait divers réel, celui d'un couple d'octogénaires , qui se sont donnés la mort , dans un un grand hôtel parisien , le Lutetia, Un suicide préparé depuis un certain moment, rien n'a été laissé au hasard une chambre nickel, un appel au garçon d'étage qui leur apporte le petit déjeuner ,et découvre leurs corps allongés sans vie .L'auteure va tisser son histoire, à travers ce drame, Ezra et Maud ,laisse une lettre adressée à leur fille unique, Éléonore expliquant leurs gestes. Un couple qui voulait mourir dignement et ne voulant pas devenir source de soucis , de dépendance, , ils n'auraient pas pu envisager une vie l'un sans l'autre Une mort , qu' Éléonore a du mal à comprendre, un geste qui lui semble égoïste, mais après plus de 60 de vie commune, ils ont fait leurs choix. Eléonore, nous raconte l'histoire de ses parents et son vécue avec eux. Ses parents vivaient une vie de "dépravé" sans aucune limite ,un monde de richesse, une mère trompée, une enfant mise à l'écart, une enfance qui a bouleversé, traumatisé, Éléonore, elle qui voulait recevoir l'amour de ses parents. Entre égoïsme et trahissons voilà le triste sort qu'ils lui laissent.
Elle a du mal à faire son deuil, elle souffre , une colère c'est emparé de son corps. Éléonore est divorcé, un enfant Simon, son ex mari sera toujours présent pour l'aider à avancer , faire son deuil. Son fils décide d'ouvrir un compte Instagram , dédié à ses grand parents. Simon et Éléonore s'embrouillent, Éléonore a du mal à accepter cette démarche. Ils se brouillent et ne se parlent plus pendant un certain moment. Simon ne comprend pas la réaction de sa mère face à l'héritage , une incompréhension , une aberration , pourquoi ne veut -elle pas signer les papiers notariés .Arriveront ils à se réconcilier, trouver les réponses que se posent Simon, trouver un terrain d'entente pour panser leurs maux. Ezra et Maud mort main dans la main, unit pour l'éternité .Une histoire qui nous met dans le questionnement du début jusqu'au final, sur le droit de mourir dignement.
Une plume sensible subtile, toute en finesse, entraînant une lecture dérangeante et déstabilisante.
Une belle découverte.

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En 2013, plus effrayé par la dépendance et la séparation que par la mort, un couple d'octogénaires mettait fin à ses jours dans une chambre d'un palace parisien, le Lutetia. Bouleversée par ce fait divers qui relançait la question du droit à une mort digne et choisie, Emilie Frèche s'est projetée dans leur histoire en leur imaginant une fille unique qui, le monde saluant un acte d'amour absolu, doit pour sa part faire face à un double abandon.


Ce matin de septembre 2018, lorsqu'un commissaire de police lui apprend au téléphone la découverte de ses parents suicidés dans leur chambre d'hôtel, une lettre seule expliquant leur geste, Eléonore est foudroyée. Ils venaient de passer en famille plusieurs jours heureux et détendus, et rien n'avait jamais percé de leur projet, pourtant soigneusement orchestré jusqu'aux moindres détails de leurs obsèques et de leur succession. Pour cette architecte divorcée et mère d'un grand fils, qui, enfant non désirée, s'était toujours sentie une intruse dans le couple que formaient ses parents, tout entiers happés par le tourbillon professionnel et mondain où s'ancrait leur éclatante réussite de publicitaires influents, cette disparition volontaire et organisée dans le plus grand secret, la mise en scène spectaculaire de leurs funérailles et les dispositions prises pour contrôler par-delà la mort la destinée de leur chère maison des Bulles, un chef d'oeuvre d'architecture organique imaginé par le célèbre Jacques Couëlle, mettent la dernière main à un égoïsme monstrueux, la laissant anéantie, à la fois meurtrie et pleine d'incompréhension.


Comment faire son deuil, quand, plus que tout, l'on en veut à ses parents de ce qu'ils ne furent jamais pour soi et de ce que leur ultime abandon renvoie encore de mise à distance et d'exclusion, cette fois définitives ? le cheminement d'Eléonore devra passer par une longue et douloureuse introspection. Son questionnement l'amène à réfléchir sur les schémas, conscients ou non, qui ont construit la relation et le mode de vie de ses parents. Tandis qu'en filigrane de leur frénétique soif de vivre épousant l'euphorie des Trente Glorieuses, transparaît la chaîne de transmission familiale des failles et des traumatismes hérités des camps de la mort pendant la guerre, leur fille apprend à les comprendre avant de se comprendre elle-même. Pour éclairer le rapport à la mort, il faut d'abord se poser la question du rapport à la vie. Et, poussée dans ses retranchements par son propre fils par le biais providentiel de conversations anonymes sur Instagram, la voilà qui peu à peu se retrouve à envisager la fin de vie selon différents points de vue, recentrant le débat sur ce qui, pour reprendre les mots de Simone de Beauvoir, ne devrait être que la seule question véritable : « Que devrait être une société pour que, dans sa vieillesse, un homme demeure un homme ? »


Tout en justesse et en délicatesse, ce livre aussi lumineux qu'émouvant, qui réussit si bien à ancrer son souffle romanesque dans la réalité que l'on a du mal à se défaire de l'illusion d'une véritable autobiographie, est une formidable peinture du sentiment d'abandon, de la difficulté des relations aux parents et, dans un monde qui ne laisse guère de place à la fragilité, de notre incapacité à accompagner le vieillissement de nos proches. Très grand coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Un fait divers a défrayé la chronique en 2013 lorsqu'un couple d'octogénaires s'est donné la mort à l'hôtel Lutetia, le célèbre palace parisien.
Émilie Frèche s'en est inspirée, leur pacte suicidaire et la revendication du droit à choisir l'instant de sa mort ont été le point de départ de son roman, Les amants du Lutetia.
Même si Émilie Frèche a inséré quelques éléments et personnalités réels, les personnages de son livre, Ezra et Maud Kerr, ces riches publicitaires sont eux, des êtres de fiction.
C'est leur fille unique Éléonore qui en est la narratrice et que l'on trouve effondrée, avec la sensation d'être invalide, au début du récit. Venant d'apprendre que ses parents ont été découverts allongés, main dans la main, sans vie, par un garçon d'étage de l'hôtel Lutetia, le chagrin le dispute à l'incompréhension dans son esprit.
Cette architecte divorcée, dont l'ex reste un véritable ami, mère d'un garçon Simon de vingt-trois ans ne comprend pas. En compagnie de son fils, ils venaient de passer le week-end avec eux qui allaient avoir quatre-vingt-six et quatre-vingt-huit ans, dans leur sublime domaine des Bulles à Ramatuelle, et rien ne laissait présager ce geste.
Izra et Maud, dont les parents juifs étaient tous morts pendant la guerre, ont formé un couple fusionnel dès leur rencontre, et sont devenus un couple vedette de la publicité française par leurs idées avant-gardistes, en créant leur propre agence M.E.K (leurs initiales), en vendant des rêves ... Ils sont les incarnations vibrantes des dernières décennies euphoriques du XXe siècle.
Cette planification de la mort, spectaculaire et de leurs funérailles pour le moins extravagantes, à l'image de leur vie laisse à Éléonore un sentiment de trahison et de rancoeur.
En remontant dans ses souvenirs, elle évoque une enfance où elle s'est la plupart du temps sentie de trop, où elle n'avait pas sa place dans ce couple fusionnel.
Le legs compliqué de leur maison des Bulles, conçue pour le roman, par Jacques Couëlle, sera peut-être pour Éléonore, une manière d'avancer vers une plus grande compréhension de leur acte.
Dans Les amants du Lutetia, l'auteure nous emmène dans cette époque des années 1970 à 1980, ces folles années où tout paraissait possible et où ceux qui avaient réussi se laissaient emporter dans un tourbillon de folie, d'où ce sentiment d'avoir peu compté et ce sentiment d'abandon avec des parents absents, que ressent Éléonore. Une possible explication aussi pour cette mort programmée avec tout le faste comme un dernier tour d'honneur, leur dernier coup de pub, avant que la maladie et la déchéance physique ne surviennent, avant qu'ils ne soient mis en fragilité.
Pouvoir planifier sa fin de vie, pour le droit de mourir dans la dignité, en absorbant un produit létal préalablement délivré, un des thèmes du roman, est un sujet de société bien actuel et qui fait débat. Entre euthanasie, suicide assisté, sédation, la fin de vie apparaît comme une prochaine liberté à conquérir.
Les relations familiales et leurs difficultés sont largement abordées par l'écrivaine. Que ce soit la relation entre la narratrice et ses parents ou encore avec son fils Simon.
Une suggestion de la psychologue à Éléonore m'a paru particulièrement intéressante : « Si vivre dans la rupture vous coûte trop, alors je vous conseille d'écrire. »
J'ai trouvé original et bien contemporain le rôle que vont jouer les réseaux sociaux, en l'occurrence ce compte Instagram ouvert par Simon, un mois après le suicide de ses grands-parents, pour leur rendre hommage, montrer qui ils étaient et le rôle majeur qu'ils ont joué dans l'histoire de la publicité, et aussi pour défendre leur dernier geste. Il n'hésitera pas d'ailleurs à lancer une pétition sur change.org réclamant « l'inscription du droit de mourir dans la dignité au rang de nos droits fondamentaux. »
Le coeur de ce roman est ce couple fusionnel qui a vécu un amour où la dépendance était réciproque, reconnue et assumée par les deux partenaires.
S'il se lit facilement et aborde des sujets intéressants, j'ai été cependant vite saturée par cette débauche de richesses, ces fêtes fastueuses (allusion est faite aux paradis fiscaux) et déçue par un style trop impersonnel pour laisser la place à l'émotion.

Lien : https://notre-jardin-des-liv..
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Pour construire son roman Emilie Frèche est partie d'un fait divers, en 2013, où un couple d'octogénaires, des intellectuels parisiens, s'était suicidé dans une chambre d'un palace parisien, le Lutetia. Ils avaient laissé des écrits expliquant qu'ils préféraient quitter la vie ensemble après soixante ans de vie commune. Emilie Frèche est partie de cet acte fondateur, mais a entièrement inventé les personnages, conçu une histoire et a ainsi raconté l'histoire d'un couple qui a une fille unique qui sera la narratrice tout au long du roman.
Le 1er septembre 2018, jour de la rentrée scolaire, tout bascule pour Eléonore qui apprend que ses parents ont été trouvés sans vie, main dans la main, endormis pour l'éternité dans une chambre de l'hôtel Lutetia. Ses parents étaient en bonne santé, ont toujours aimé la vie, mais n'ont pas supporté le grand âge et ne voulaient pas devenir un fardeau, c'est pourquoi ils ont décidé de partir. Leur grande peur : la séparation et la dépendance. Ils ont tout organisé depuis plusieurs mois, sans rien dire à leur fille, c'est ce qui nourrit sa colère, pour eux l'histoire est terminée, pour le lecteur elle commence.

Emilie Frèche propose deux récits : une grande histoire d'amour de deux êtres qui ont cheminé ensemble toute leur vie, mais surtout les conséquences de leur acte pour leur fille unique, Eléonore, qui vit cet acte comme un abandon, la destruction de sa famille, de ses racines. Leur geste définitif va ainsi bouleverser la vie de leur fille et celle de leur petit-fils, Simon. Les ressentis d'Eléonore et de son fils sont diamétralement opposés. Elle en veut à ses parents car ils ne se sont jamais vraiment occupés d'elle. C'est elle qui va souffrir le plus du geste de ses parents. Elle se sent trahie, abandonnée, face au geste très égoïste de ses parents et va devoir accepter leur décision et se reconstruire face à ce double deuil. le fils d'Eléonore comprend mieux ses grands-parents. Il y a chez Simon une curiosité envers ceux-ci dont Eléonore est privée à cause de sa colère.

Dans "Les amants du Lutetia", Émilie Frèche aborde le sentiment d'abandon, et les rapports compliqués avec les parents. Est-ce que la mort nous appartient ? Que se passe-t-il pour les personnes qui restent ? Mais le véritable enjeu de ce roman est de nous questionner sur la place de la vulnérabilité dans notre société et sur le bien-fondé de leur geste et de leur désir d'une loi qui permettrait une fin de vie choisie.
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Il y a parfois des coïncidences littéraires qu'on ne maîtrise pas.
Après avoir chroniqué « Misericordia » de Lidia Jorge, je vies de terminer la lecture des « amants du Lutetia » d'Emilie Frèche, qui n'est pas sens lien avec le roman de la grande autrice portugaise.

Eléonore est une femme d'une quarantaine d'années qui vit à Paris.
Lorsque le roman début, Eléonore vient de recevoir un appel. Elle n'est rentrée que la veille au soir, après trois semaines d'absence elle est heureuse de rentrer chez elle. Elle vient de passer un week-end avec ses parents, Maud et Ezra, à Ramatuelle avec son fils Simon, juste une semaine avant que celui-ci s'envole pour la Chine où il a décroché un stage dans une grande agence de publicité.

Mais tout va basculer.

Un homme l'appelle et lui apprend qu'Ezra et Maud sont morts, leurs deux corps viennent d'être retrouvés dans une chambre de l'Hôtel Lutetia où ils se sont suicidés ensemble.

Qu'est-ce qui a poussé ses deux êtres qui certes prenaient de l'âge, mais n'étaient ni malades, ni pauvres, ni malheureux, et n'ayant parlé de rien à leur fille quelques jours plus tôt, à se donner mutuellement la mort ?

Une lettre qui lui est destinée lève un coin de voile sur cet acte hors du commun :
« Chère Eléonore, cher Simon,
Pour nous l'histoire était terminée.
Mais nos soyez pas tristes.
Nous avons eu une vie magnifique.
Nous avons eu beaucoup de chance, et profité au maximum de tout ce qui nous aura été offert.
Nous allions avois quatre-vingt-six et quatre-vingt-huit ans, que pouvions-nous nous souhaiter de mieux que de partir ensemble, et encore vaillants ? »

Commence alors pour Eléonore une quête, une enquête, une recherche, pour comprendre ce suicide commun. Domine chez elle la colère.

Car ses parents avaient tout pour être heureux. Ayant fondé une agence de communication peu après s'être rencontrés, ils étaient ce qu'on pourrait appeler un couple fusionnel, connaissant la gloire et la richesse dans les années 80. Une sorte de Jacques Ségala qui aurait fondé son agence avec sa femme. L'agence (qui reprend les initiales de Maud et Ezra), la plus grosse agence de publicité française après Havas et Publicis.

Ils sont riches, immensément.
Ils sont célèbres.
Ils font tout ensemble, diriger leur agence, voyager, construire une superbe propriété à Ramatuelle (les bulles) et même fumer la même cigarette, manger dans la même assiette au restaurant …
Ils n'avaient pas besoin d'avoir un enfant. Mais quand Maud a été enceinte pour la troisième fois, elle n'a pas fait le choix d'avorter. Et Eléonore est née.

Mais est-ce vraiment de l'amour ? Ou une alliance stratégique professionnelle ?
Et leur fille, l'ont-ils aimée ? N'ont-ils pas été assez égoïstes pour décider de mourir ensemble, sans penser à ceux qui restent ?

Eléonore ne s'en sort pas. Seul Vincent, le père de Simon dont elle est séparée, comprend sa souffrance et tente de l'aider. Ce n'est pas qu'elle ne devienne pas riche à son tour, puisque ses parents lui lèguent la propriété de Ramatuelle, par un savant montage fiscal passant par le Luxembourg, qui l'exonère de tous frais de succession.

Mais ce n'est pas du tout ce que veut Eléonore. Trahie, elle cherche des parents disparus, et se demande ce qu'elle a représenté pour eux, avec un profond sentiment d'abandon. Et comment vivre sans eux. Car Maud et Kerr avaient aussi une grande faille dans leur enfance, et le fait de se suicider au Lutetia n'est pas sans symbole …

Son fils Simon, lui, n'a pas tant d'interrogations. Il crée même un compte Instagram intitulé » les amants du Lutetia » qui va très vite rencontrer un très large public. Lui reconnaît tout à fait à ses grands-parents le droit d'avoir organisé leur suicide, citent d'autres cas similaires, et rameute les associations du droit à mourir dans la dignité sur son compte qui fait le buzz.

Eléonore et Simon sont fâchés. Elle ne veut pas d'un héritage qui pue l'argent sale et lui ne comprend pas ses réticences. Depuis la Chine où il va connaître un étrange succès avec son compte, c'est la rupture avec sa mère.
La fin du roman mettra un peu de baume sur la blessure d'Eléonore, qui va finir par digérer l'évènement du suicide pour tracer – enfin – son chemin à elle.

Curieux écho, donc, à « Misericordia » avec ce récit comme en miroir inversé d'une vie de grand âge qu'un couple refuse de vivre.
Je ne sais que penser de ces deux options – vivre en EPAHD dans un univers qui nous semble étroit mais qui mérite véritablement d'être vécu, version portugaise – ou bien se supprimer pour ne pas connaître la déchéance des corps.

Je reste perplexe, interrogative devant la période qui s'enclenche, lorsque les parents entrent dans la dernière partie de leur vie et qu'on redoute ce temps à venir.

Mais je salue la performance d'Emilie Frèche parce que « Les amants de Lutetia » est un récit très prenant et qui interroge encore une fois le mystère insondable du couple, sur lequel la littérature n'a pas fini d'écrire …
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critiques presse (4)
LeJournaldeQuebec
18 décembre 2023
"Les amants du Lutetia", roman troublant, relate ce que vit une femme dont les parents se sont suicidés dans une luxueuse chambre d’un grand hôtel parisien.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaLibreBelgique
30 novembre 2023
Émilie Frèche est partie d’un vrai fait divers pour questionner, entre autres, la fin de vie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse
16 octobre 2023
Cette année-là, un couple d’octogénaires – Georgette et Bernard Cazes – se donnent la mort dans une chambre du chic hôtel Lutetia, dans le 6e arrondissement de Paris.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro
15 septembre 2023
Le suicide planifié d’un couple de publicitaires octogénaires laisse leur fille désemparée et révoltée. Une histoire d’amour et d’abandon.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
Ezra et Maud avaient-ils eu la curiosité de visiter cette Cour de justice, les fois où ils étaient venus à Kirchberg rencontrer leur conseiller financier ? Avaient-ils seulement réalisé, en passant en taxi devant ces tours, qu’elles avaient été érigées pour que d’autres ne subissent pas ce qu’eux-mêmes avaient vécu dans leur chair ? Et sur le chemin du retour, dans le train qui les ramenait en France, que pensaient-ils au fond d’eux-mêmes ? N’avaient-ils jamais éprouvé l’absurdité qu’il y avait à s’en être sortis pour soixante-dix ans plus tard, contourner une redistribution des richesses qui aurait dû atténuer les inégalités et, par là même, empêcher la formation d’un terreau fertile à toutes les haines ? Qui permettait cela ? Qui laissait germer, au cœur même du pouvoir européen, un paradis fiscal qui engendrerait un autre enfer ? Car il ne fallait pas se leurrer, l’argent qui dormait ici – six mille cinq cents milliards de dollars –, c’était autant d’écoles, d’hôpitaux, de prisons, de crèches, d’universités, de collèges et de centres éducatifs en moins. Il n’y avait donc jamais aucune leçon à tirer de rien ?
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Eh bien dans un autre registre, il n’en allait pas différemment pour mes parents. Oui, même morts, mes parents continuaient à être ce qu’ils avaient été toute leur vie durant, un couple à deux têtes dont je m’étais toujours sentie plus ou moins étrangère, vivant dans une bulle aussi hermétique au reste du monde qu’à leur propre fille, et dont la membrane n’avait jamais été si bien matérialisée que par cette vitre. Ce n’était pas aujourd’hui que j’allais réussir à la briser.
- D’autres familles attendent de voir leurs défunts, dit la psychologue. Il faudrait que nous soyons ressortis d’ici cinq minutes.
Même ici, il fallait donc se dépêcher ? Mais comment, en seulement cinq minutes, parvenir à réaliser la mort de ses deux parents ? Comment intégrer une donnée aussi irréelle, aussi absurde ? J’avais beau regarder Ezra et Maud Kerr avec toute la concentration dont j’étais capable et me répéter en boucle qu’ils n’étaient plus, les mots ne m’étaient d’aucuns secours.
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Si étrange que cela puisse paraître, c’est une question que j’ai écartée de mon esprit, comme s’il était aussi difficile d’imaginer ses parents prendre cette décision que faire l’amour. Et pourtant il aura bien fallu que le projet naisse. Alors qui aurai eu l’idée d’abord ? Qui, des deux, aura fait le premier pas ? Mon père ou ma mère ? Je peux dire mon père, au hasard, mais comment s’y est-il pris ? A-t-il invité ma mère à dîner comme d’autres leur future épouse, mais au lieu de lui dire Veux-tu devenir ma femme ?, il lui aura demandé Veux-tu mourir avec moi ? Veux-tu mourir, ou veux-tu te tuer ?
Ce n’est pas tout à fait la même chose. Se tuer est un acte solidaire, une violence faite à soi-même limitée dans le temps, rien d’autre que l’accession à l’instant de la mort, cet instant précis de bascule dont parle Maurice Blanchot dans son livre "L’Instant de ma mort".
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Ce que la vieillesse fait à un corps humain, seul son spectacle peut le révéler. C’est le tableau d’une entreprise de démolition massive, un anéantissement de tout ce que nous avons été, esprit et corps, corps et esprit, et de tout ce que nous avons patiemment construit au fil des ans. C’est une tour que quelqu’un vient de faire péter à la dynamite et que nous regardons, impuissants, s’affaisser sur elle-même.
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L’enfance est comme le ressac, toute la vie, elle vous revient, parfois avec douceur en vous caressant l’âme, mais parfois pourvue d’une violence qui vous démolit si vous allez contre. Il faut donc lâcher prise. Accepter d’être malmené pour avoir une petite chance, une fois la tempête passée, de se retrouver sain et sauf sur le rivage.
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Vidéo de Emilie Frèche
Rencontre en ligne du 25/10/2023 avec Emilie Frèche pour son roman "Les amants du Lutetia" (un endroit où aller, interview de Nathalie Couderc et Frédérique Deghelt)
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