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EAN : 9782070714476
252 pages
Éditeur : Gallimard (04/10/1988)
3.86/5   11 notes
Résumé :
Ici règne le " savoir absolu ".
Chacun est satisfait. Il n'y a plus rien à faire. L'indépassable est réalité. En ce sens, citoyen de l'été universel et homogène, je suis un homme quelconque, autre et le même, soumis à la loi suprême que j'incarne, invisible et sans visage, incontestable puisque tout ce qui me conteste me confirme. Mais voici que quelqu'un - une femme sans doute - m'excepte de ce que je suis et reconnaît en ce moi qui se dissout le Très-Haut. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
NMTB
  20 décembre 2014
Ce roman pourrait être divisé en trois parties pas tout à fait bien délimitées. Dans la première, on fait la connaissance du narrateur, Henri Sorge, 24 ans, fonctionnaire à l'Etat-Civil, habitant une grande ville dans un pays non défini. Il sort juste d'une maladie qui n'est pas beaucoup mieux définie et semble très fébrile, prêt à tout moment à faire une rechute. Il entretient des rapports très étranges avec ses voisins, ses collègues, sa famille et les autres en général. Une volonté de se fondre dans la masse, de travailler utilement, de se soumettre entièrement à la loi, se mélange avec une conscience aigüe, mais non dite, de sa particularité, du caractère oppresseur de cette même loi et des rapports hiérarchiques. Dans ce quotidien plutôt sordide se mélange quelque chose de bizarre, d'indéfinissable, comme un cauchemar morbide. Cauchemar qui ne fait que s'accentuer quand le narrateur se trouve embarqué dans une histoire de révolte et d'épidémie, où les malades sont des révoltés et les révoltés des malades. Une ambiance de guerre civile où la méfiance, la dénonciation, la haine se déchaînent. le narrateur regarde tout ça de très haut, comme sa propre lutte morale. Lui-même est malade, mais il ne semble pas que ce soit à cause de l'épidémie et c'est une sorte de révolté soumis. Quant à la dernière partie...
Blanchot a créé là un vrai monde personnel, étrange, pas tout à fait extraordinaire (sauf la fin), mais comme à-côté. Ce sont les regards, souvent fixes, les odeurs, les sons, la lumière qui sont presque doués de qualités corporelles ; les paroles qui sont à la limite, d'abord elles semblent absurdes et puis après on ne sait plus. On pourrait certainement parler de maladie, de guerre, de totalitarisme ou de mal, de religion, de loi, mais ce ne serait certainement pas tout à fait juste. C'est une histoire qui se suffit à elle-même, un tout, et ce tout se mélange, lutte. Un roman très difficile, opérant du côté du bouleversement.
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oiseaulire
  27 mai 2019
Lecture très exigeante, très dense, à la fois philosophique, onirique, pleine de références théologiques et d'effets stylistiques déroutants.
Dense et un peu étouffant : je fais une pause au milieu.
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LucienRaphmaj
  28 novembre 2012

« Je n'étais pas seul, j'étais un homme quelconque. Cette formule, comment l'oublier ? » Ainsi commence le récit à la première personne de Henri Sorge, fils du maire d'une Ville devant faire face à l'épidémie qui ravage cette ville. Cette première formule aussi, difficile de l'oublier...
Dans la production littérature de Blanchot, le livre peut sembler très classique, et pourtant, il porte bien la marque de fabrique de l'auteur : il s'agit de l'hallucination complète de la littérature.
Sans surprise, cette hallucination de la littérature s'inscrit en écho à la situation de l'épidémie, à la maladie qui travaille le narrateur, à la relation hallucinée à la Loi. Malgré tout - comme beaucoup de livres de Blanchot - c'est une expérience de lecture intéressante, et très riche (des personnages, des luttes politiques, des drames familiaux, du sexe, de la mort !)
Pour ceux qui n'apprécient guère Blanchot, ils seront surpris, pour ceux qui l'apprécient déjà, ils découvriront jusqu'où Blanchot avait pensé pousser la subversion de la littérature.
J'ai un petit côté historien et le flop éditorial du Très Haut à l'époque (1948) s'inscrit joliment dans une thématique de l'Epidémie : juste après La Peste de Camus (1946) et juste avant le hussard sur le toit de Giono (1950). A ce titre aussi le livre est à lire, car il y a beaucoup d'écho (pensons qu'à l'époque Blanchot écrivait dans un quasi-manifeste une réflexion sur l'engagement dans "la littérature et le droit à la mort")

Lien : http://www.senscritique.com/..
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nelsonnoronha
  11 février 2020
On comprend les temps moderns.
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   08 avril 2016
Avec une rapidité bouleversante, ce corps se cassa en deux, se résorba et à la place se forma une épaisseur brûlante, une étrangeté moite et avide qui ne pouvait rien voir et rien reconnaître. Oui, je le jure, je suis devenu un étranger et plus je la pressais, plus je la sentais devenir étrangère, acharnée à me rendre présent quelqu'un d'autre et quelque chose d'autre. Personne ne me croira, mais, à cet instant, nous avons été séparés, nous avons senti et respiré cette séparation, nous lui avons donné un corps. C'était une évidence, enfin nous ne nous touchions plus.
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oiseaulireoiseaulire   12 mai 2019
(...) le fleuve , lui aussi, semblait avoir coulé à travers le temps, affirmant avec sa vaste tranquillité qu'il n'y avait ni commencement ni terme, que l'histoire ne construisait rien, que l'homme n'existait toujours pas, que sais-je ? De cette assurance montait comme une tromperie suffocante, le rappel d'un mensonge, d'une duperie dans fin, une insinuation faite pour dégrader des sentiments nobles.
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NMTBNMTB   02 mai 2012
Mais, moi, je n'entre pas dans les maisons, je ne me promène pas dans les rues. Je vais sous terre et, là, je rencontre des gens d'une toute autre sorte : des gens murés, tombés dans une région d'humiliation et de honte et qui font de cette honte leur fierté, tombés hors de l'existence officielle et qui, pour n'y pas revenir, préfèrent vivre hors de l'existence, sans nom, sans jour, sans droit. Pour eux, ce que vous appelez la lumière juste, c'est la profondeur de la fosse, et ce qui est votre liberté est leur prison. Et ils ne sont ni dévoués, ni travailleurs, ni bons, ils n'ont pas d'esprit civique, ils ne donnent rien à personne et ils ne répètent pas à chaque instant comme vous : ah ! je voudrais vous aider, je voudrais vous éclairer. Ce qu'ils demandent, ce n'est pas d'êtres riches, c'est d'être pauvre contre vous, criminels contre vous.
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oiseaulireoiseaulire   12 mai 2019
Je crois que quoique je fasse, je travaille utilement. Lorsque je parle, lorsque je réfléchis, je travaille, c'est évident. Tout le monde saisit cela. Mais même si je regarde n'importe quoi... ce bureau, ces bustes, oui, je travaille encore à ma manière : il y a là un homme qui voit les choses comme il faut les voir, il existe, et avec lui existent toutes les notions pour lesquelles nous avons lutté pendant tant de siècles. Je sens parfaitement que si je changeais ou si je perdais la tête, l'histoire s'écroulerait.
- Vous raisonnez trop, dit Iche.
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NMTBNMTB   02 mai 2012
Oui, glacer les gens d'effroi, les attirer dans le mal à force de leur faire craindre, c'est impressionnant, c'est une prouesse, mais c'est un drame sans lendemain. Il faut aussi que le mal vive, comprenez-vous, il faut que la maladie travaille dans la profondeur, lentement, sans fin, qu'elle ait le temps de transformer ce qu'elle touche, qu'elle fasse de chacun une tombe et que cette tombe reste ouverte. Il le faut ! C'est ainsi que s'infecte l'histoire.
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Videos de Maurice Blanchot (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Blanchot
Leslie Kaplan L'excès-L'usine éditions P.O.L: où Leslie Kaplan tente de se souvenir comment a été publié "L'excès-L'usine" en 1982 aux éditions P.O.L/Hachette, puis ré-édité aux éditions P.O.L en 1987, et où il est notamment question de Paul Otchakovsky-Laurens, de Maurice Blanchot et de Marguerite Duras, à l'occasion de la parution en 2018 de Mai 68, le chaos peut être un chantier, à Paris avril 2018 "L?excès-l?usine montre de face l?usine, le travail à l?usine et le devenir de ceux qui y vivent, leur enfermement dans cet espace immense, dans « la grande usine univers », infini en morceaux. L?usine est vécue au féminin, ce qui rend son impersonnalité d?autant plus impersonnelle (le « je » cède la place au « on ») et le « cela » vécu dans l?usine dépasse, excède tous les mots qui pourraient le décrire, ces mots sont en trop."
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