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ISBN : 2757859781
Éditeur : Points (03/11/2016)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 135 notes)
Résumé :
Engagée en 1887 au journal New York World du célèbre Joseph Pulitzer, Nellie Bly se voit confier une mission pour le moins singulière : se faire passer pour folle et intégrer un asile, le Blackwell's Island Hopital à New York. Intrépide, courageuse et soucieuse de dénoncer les conditions de vie des laissées-pour-compte, elle accepte le défi et endosse le rôle. Elles reste dix jours dans l'établissement et en tire un brûlot. D'abord publié en feuilleton, ce reportage... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  23 février 2018
Cinq étoiles pour le cran, le culot, le courage sans faille, l'intelligence et la modernité de cette jeune fille !
Partie de pas grand chose dans un monde ultra réactionnaire et sexiste et première journaliste d'investigation, bravo !
Le courage, il en faut une sacrée dose, physique et moral, pour aller se faire enfermer dans un asile d'aliénées à la fin du XIXème siècle. Cela lui prend deux jours pour être enfermée, théoriquement sans grand espoir de sortie, dans une espèce de Shutter Island de l'enfer, le Blackwell's Island Hospital, au large de New York. Et comment on se fait enfermer ? Ma foi, c'est simple : le mieux est d'être une femme isolée et pauvre,fragilisée. Nellie, au feeling, mime une insomnie, un regard vaguement hagard, un peu de désorientation et quelques propos fumeux, et vogue la galère, en route pour Blackwell's Island sur un avis médical pas même digne de Molière...
Sur place, c'est l'horreur, un petit prémisse des futurs camps nazis : torture mentale, coups, famine, déshumanisation, lever dès l'aube, attente dans le froid, travaux forcés, nudité en public, bains glacés, gardiennes sadiques -pardon, infirmières - officiers pervers -pardon, médecins - ...Manquent plus que les bergers allemands et les barbelés. Naturellement, les "patientes" deviennent de plus en plus folles.
L'intelligence de Nellie, c'est la réflexion sur la folie qui parcourt toute son aventure. La folie peut être simulée sans problème, car les médecins la déclarent, non sur des symptômes réels, mais sur une situation sociale à la marge et fragile : femme. J'ai lu récemment que 80 % des patients lobotomisés au XXème siècle avaient aussi été des femmes. Voilà comment on se débarrasse d'une épouse (on le voit dans le reportage), d'une jeune fille trop rebelle, d'une travailleuse qui pique une colère...Quand Nellie retourne sur l'île quelques semaines plus tard en tant que journalistes, elle ne retrouve plus certaines de ses camarades d'infortune...Mortes ? Elle ne cherche pas trop à savoir, c'est là l'unique faille, je trouve, de son travail.
L'autre réflexion sur la folie, elle la mène en ne disant, passé le premier jour, que la vérité et en cessant toute simulation. Rien à faire, personne ne l'écoute. A méditer.
C'est un texte court, mais qui ouvre la voie à de multiples réflexions, notamment sur les liens ténébreux entre médecine et ordre moral, médecine et ordre social. Ces questions sont, bien entendu, toujours à l'ordre du jour, mais sous un déguisement différent. Je pense particulièrement à la médicalisation des "troubles du comportement" chez l'enfant, et à l'invasion générale de la médecine dans l'école...Troubles du comportement...Un mot qui fait peur après avoir lu ce texte...
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kateginger63
  15 janvier 2019
Immersion en eaux troubles
*
Intéressée par ce roman-reportage suite à de nombreux articles parus relatant la difficulté de journalistes undercover (sous couverture) notamment dans le milieu carcéral.
Ici c'est le récit de la première femme journaliste a avoir osé s'infiltrer dans un endroit réputé dangereux. Chapeau!
Un reportage bien documenté et riche d'une expérience humaine qu'un ouvrage de fiction n'aurait pû égaler.
Une immersion totale dans une institution psychiatrique respectable - selon l'entourage new-yorkais.
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Dix jours intenses relatés de manière très froide et clinique , sous forme de feuilleton, pour alerter l'opinion publique, tirer la sonnette, lever des fonds. Pour dénoncer les conditions effroyables des patientes, pour stopper cette folie de comportement des soignants. (qui est fou? le soignant ou la patiente?).
*
J'ai moi-même travaillé en tant qu'infirmière en hôpital psychiatrique, je connais donc un peu le milieu. Et je peux vous certifier que les avancées sociales, humaines et sanitaires ont fait un immense bond en avant (et c'est tant mieux!!).
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Je trouve que Nellie Bly a été très courageuse et audacieuse pour oser franchir la ligne d'un établissement aux portes vite fermées (et en 1887, difficile de sortir vivante et saine d'esprit!).
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Dommage que ce témoignage soit si court. Il y a également deux autres expériences d'infiltration dans ce livre. Mais beaucoup moins détaillées.
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Je suis très admirative devant ces journalistes "undercover" d'hier et d'aujourd'hui qui prennent autant de risques pour faire éclater la vérité.
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Dixie39
  12 janvier 2017
Chronique d'une lecture qui se devait commune et qui par ma faute s'est transformée en une course effrénée pour retrouver ledit livre, parti en voyage dans des contrées lointaines. En cause : ma propension à laisser mes biblio en libre service aux amis de passage… Je plaide coupable auprès d'Aelinel et depuis, mets sous scellés mes livres non encore lus pour m'en réserver la primeur – vile égoïste individualiste que je suis devenue ! Malgré tout, cette quête plus que longuette, aura eu l'avantage de faire de ce petit ouvrage d'une centaine de pages, un objet de convoitise venant régulièrement titiller en moi un désir insatiable de lecture. de retour dans ma boîte aux lettres, après quelques mois d'errance et autant de lecteurs, il fut reçu comme le messie (et à cette période de l'année, c'est peu que de le dire).
Enfin, ne nous égarons pas et revenons en au fait : Nellie Bly et son incroyable détermination à mener l'enquête pour donner à lire la réalité d'un lieu aussi fermé et maintenu secret à son époque (1887) que les abattoirs ou les laboratoires d'expérimentation animale aujourd'hui : l'asile ! Ne vous méprenez pas : il ne s'agit pas pour elle de créer le buzz, comme on dit maintenant, mais de faire un scoop, avec toute la force, le sérieux et l'investissement que cela signifiait, avant... Je vous parle d'un temps où le journalisme d'investigation faisait ses armes, où les journaux donnaient à penser, comprendre, où les lecteurs découvraient là, des vérités cachées… où les femmes n'exerçaient pas de telles professions.
Doublement admirable, Nellie Bly !
Elle atteint des limites qu'aucun avant elle n'avait encore osé franchir. Elle se fait enfermer dix jours dans un asile, mène l'enquête et découvre l'innommable : le traitement infligé à ses pauvres femmes, dont beaucoup meurent de froid ou de faim, l'incompétence du personnel soignant, sa cruauté… et pire que tout, la présence dans ces lieux d'un nombre considérable de femmes saines d'esprit, jetées là sans autre forme de procès !
Résultat : C'est un tsunami qui secoue le peuple ; l'incrédulité et le déni font place à l'indignation à et les politiques s'inclinent devant le scandale !
Non seulement Nellie a fait plier le pouvoir et fait infléchir les politiques de santé dans ce domaine, mais elle a fait un pas certain dans la lutte pour l'émancipation des femmes ! Et elle ne sait pas arrêtée là ! Deux autres de ses enquêtes closent le livre : la première sur la réalité des agences de placement des employées de maison et la seconde sur le travail et la rémunération des ouvrières dans les usines. Toutes deux dénoncent l'exploitation de ces femmes : pénibilité du travail et rémunération dérisoire.
Plus je découvre son parcours et sa vie, plus je suis estomaquée par cette femme d'une liberté et d'une audace à toute épreuve… Et plus me semble rare et restreinte, aujourd'hui, la place laissée dans l'espace médiatique aux journalistes qui mènent de telles enquêtes, avec tout le danger et le risque que cela comporte. Je ne peux m'empêcher de penser à Marie-Monique Robin, également journaliste et femme d'exception, tant j'ai de respect pour son travail et ce qu'elle représente.
Lisez ce livre, en vous replongeant dans son contexte, et vous serez comme moi, ébranlée par ce qu'elle écrit, dans l'urgence et dans le souci du détail et de la véracité, fascinée et admirative de ce petit brin de femme à la poigne et la détermination de fer.
Lien : http://page39.eklablog.com/d..
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Mimeko
  08 août 2017
Dans ce roman reportage, Nellie Bly, jeune journaliste américaine au New York World, journal dirigé par Joseph Pulitzer est chargée d'infiltrer l'asile d'aliénées situé sur l'île de Blackwell pour y témoigner des conditions de vie des patientes.
La grande facilité pour se faire interner surprend déjà...être indigente, femme isolée et un peu rebelle suffit pour finir au poste de police où, si l'on ne sait pas trop quoi faire de vous, l'asile semble la solution la plus facile...Dans ce lieu isolé se côtoient donc des femmes fragiles psychiquement, des femmes saines d'esprit mais isolées, des femmes à la santé fragile, des prostituées dans des conditions matérielles et psychiques épouvantables : que ce soient par le personnel médical ou par les gardiens, mauvais traitements, punitions corporelles, privations de nourriture, douches glacées sont les méthodes courantes et habituelles pour canaliser cette population dépourvue de tout droit dès leur internement.
A sa sortie de l'asile, le journal publie le reportage sous forme de feuilleton et ce témoignage permettra d'augmenter les moyens financiers des hôpitaux psychiatriques pour améliorer les conditions de vie des patientes.
10 jours dans un asile est un reportage riche et documenté sur les situations vécues par Nellie Bly, une immersion dans un milieu où l'humanité n'existe plus, où les soins restent inexistants et où les victimes du système ne peuvent pratiquement rien faire pour s'en sortir...en cela j'ai retrouvé l'esprit du reportage publié quinze ans plus tard de Jack London - le peuple d'en bas ( le peuple de l'abîme).
Nellie Bly a continué ses investigations au plus près en intégrant les usines, les bureaux de placement pour le personnel de maison, un esprit curieux au service de l'information...Quand elle décède en 1922, la presse pleure "la meilleure journaliste d'Amérique".
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Aelinel
  22 août 2016
Avec Dixie39, on se disait que ce serait sympa de se faire une lecture commune. Quand elle a vu que j'avais lu le tour du monde en 72 jours de Nellie Bly, notre choix s'est automatiquement porté sur un autre ouvrage de la journaliste : 10 jours dans un asile.
Je disais donc que le mois dernier, j'ai eu l'occasion de connaître Nellie Bly au travers de son périple, à savoir battre le tour du monde de Phileas Fogg, en moins de 80 jours, en 1889. Mais, lorsque la jeune femme se lança dans ce défi, elle n'en était pas à son premier coup d'essai. En effet, deux ans auparavant, son rédacteur en chef, un certain Joseph Pullitzer, lui confia la mission de se faire passer pour folle afin d'intégrer pendant une semaine, un asile psychiatrique de New York. le but de ce journalisme d'investigation? Dénoncer les conditions effroyables de détention des malades souffrant de symptômes psychiques ainsi que les méthodes douteuses du corps médical.
Au final, elle restera une dizaine de jours dans l'asile d'aliénées de Blackwell's Island. Elle sera ainsi témoin des conditions effroyables de détention des aliénées : le froid, la piètre nourriture, les insultes, brimades et humiliations des infirmières, le manque d'activité des pensionnaires qui sombrent véritablement dans la folie, sont leur lot quotidien. Et le pire dans tout cela, c'est que Nellie Bly se rend compte que parmi elles, beaucoup ne sont en vérité pas folles mais victimes d'infortune : l'une y a été envoyée par son mari parce qu'elle l'avait trompé, une autre parce qu'elle était trop pauvre ou une dernière parce qu'elle s'était rebellée contre une humiliation lorsqu'elle travaillait comme cuisinière.
Dès lors, la rédaction de son article aura l'effet d'une bombe : non seulement, la ville de New York va affecter un million de dollars aux hôpitaux psychiatriques de Blackwell's Island mais les établissements connaîtront également une réforme en profondeur. Comme dans le Tour du monde en 72 jours, j'ai retrouvé la plume agréable et simple de Nellie Bly, une idéaliste qui a eu à coeur de rendre justice. Elle s'est révélée être une nouvelle fois attachante et sympathique.
Dans ce livre témoignage, se trouvent également deux autres enquêtes de la jeune journaliste :
- Dans le premier, elle a intégré le milieu des domestiques en recherche d'emploi. Sans références, elle est obligée de passer par les bureaux de placement qui se faisaient les intermédiaires entre les jeunes femmes recherchant un travail et des employeurs à la recherche de domestiques sérieuses. Nellie Bly dénonce les dérives abusifs de ces bureaux de placement car non seulement ils demandent de l'argent aux jeunes femmes en recherche d'emploi sans leur garantir une place mais trompent aussi les employeurs sur les qualifications des futures domestiques.
- Dans le second, elle a intégré le milieu des ouvrières peu qualifiés dans des usines : elles dénoncent ainsi leur bas salaire, l'abus des employeurs de ne les payer qu'à la troisième semaine et leurs conditions de travail difficiles.
En conclusion, tout comme le Tour du monde en 72 jours, 10 jours dans un asile est un livre témoignage qui vaut le coup d'être lu, sinon d'être connu. le film Ten days in a madhouse est d'ailleurs sorti l'année dernière de Thimothy Hines avec Christophe Lambert dans le rôle du Docteur Dent et Caroline Barry dans celui de Nelly Bly. Cela me tenterait bien de le voir.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   18 décembre 2016
A bord de l'ambulance qui longeait à toute allure les pelouses bien entretenues de l'asile, je savourai ma réussite un cours instant, rapidement refroidie par les visages désemparés des autres patientes. Pauvres femmes, il était fort peu probable qu'elles retrouvent prochainement leur liberté. On les condamnait à la prison, peut-être même à vie, et pourtant elles ne s'étaient rendues coupables d'aucun délit. En comparaison, la potence me semble préférable à cet horrible tombeau ! Quand se profila l'imposant édifice de pierre, nous sûmes que nous vivions nos derniers instants de femmes libres.
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AelinelAelinel   23 août 2016
"Mise à part la torture, quel autre traitement vous conduirait plus vite à la folie? Ces femmes sont envoyées dans cet endroit afin d'être guéries. Je conseille à ces mêmes experts qui m'ont envoyées à l'asile - une décision qui a prouvé leur valeur - d'enfermer n'importe quelle femme en bonne santé et saine d'esprit, de la forcer à rester assise sur des bancs à dossier droit de six heures du matin à huit heures du soir, de la priver de lecture et d'accès au monde extérieur, de lui donner pour toute récompense des coups et une nourriture infecte, et de voir combien de temps cela prendra pour qu'elle devienne folle. Deux mois de ces mauvais traitements suffiraient à la transformer en loque humaine." (P. 76)
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MimekoMimeko   08 août 2017
Ces femmes sont envoyées dans cet endroit afin d'être guéries. Je conseille à ces mêmes experts qui m'ont envoyée à l'asile - une décision qui a prouvé leur valeur - d'enfermer n'importe quelles femme en bonne santé et saine d'esprit, de la forcer à rester assise sur des bancs à dossier droit de six heures du matin à huit heures du soir, de la priver de lecture et d'accès au monde extérieur, de lui donner pour toute récompense des coups et une nourriture infecte, et de voir combien de temps cela prendra pour qu'elle devienne folle. Deux mois de ces mauvais traitements suffiraient à la transformer en loque humaine.
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KirsikkaKirsikka   07 janvier 2017
Je n'ai jamais manqué de critiquer les oripeaux misérables dont aime à se parer la charité. J'étais censée me trouver dans un foyer pour femmes méritantes, quelle farce ! Le sol était nu et les petites tables en bois prodigieusement ignorantes des atours modernes que sont le vernis, l'encaustique ou les nappes. Et il aurait été vain d'invoquer le prix imbattable de la toile de lin ou son effet salutaire sur la civilisation. On demande pourtant à ces honnêtes travailleuses, ces femmes de courage, de se sentir chez elles dans cet endroits terriblement austère.
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JeanPierreVJeanPierreV   16 novembre 2017
J'ai rencontré des patientes aux lèvres scellées, condamnées au silence pour l'éternité. Elles vivent, respirent, mangent ; l'enveloppe humaine demeure, mais ce quelque chose dont le corps peut se passer mais sans lequel il ne peut exister est absent. Je me suis souvent demandé si ces lèvres dissimulaient des rêves secrets ou un vide abyssal.
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