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ISBN : 2070126285
Éditeur : Gallimard (20/08/2009)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Beyoglu est un quartier, une humeur où dominerait le bleu. Beyoglu est une colline, la huitième, hors des remparts qui ceignent les sept collines d'Istanbul.

À Londres, un homme perd le sommeil. Il y a longtemps, il s'est égaré dans une langue qui n'était pas la sienne. Il a épuisé ses forces dans la torpeur usante des villes de l'Occident. Sa vie est en suspens, une attente, pénétrée d'un parfum d'inéluctable. Ses pas l'emmènent sur les rives du détr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  19 janvier 2016
Beyoglu est un vieux quartier d'Istanbul,au coeur d'une ville-monde cosmopolite , carrefour des diasporas.
Le narrateur, originaire d'Istanbul est venu à Paris à l'âge de onze ans,suite à l'exil de son père,écrivain turc. Il est chercheur ,quinquagénaire et vit à Londres. Insomniaque, abandonné par sa femme, ayant peu de contacte avec son fils, il végète dans son appartement,noyant son spleen entre ecstasy et visite chez son psychothérapeute.La mort de son père et une affaire de manuscrit qu'il pense être entre les mains de sa mère,partie à Istanbul, va l'obliger à la suivre....
Dans ce livre ,Boratav s'est inspiré de la vie de son grand-père Nail Pertev Boratav ( dans le livre le père du narrateur et portant le même prénom),un éminent écrivain,chercheur et spécialiste en littérature populaire et folklore turc ,qui accusé de propagande communiste ,sera jugé et acquitté en 1948 ,mais forcé à l'exile en 1952 à Paris.
Le narrateur alterne son enfance à Istanbul dans les années 50, entre un père en voyage et une mère absente,enseignante dans une autre ville, avec sa vie d'adulte insomniaque cinquante ans plus tard à Londres et son périple dans sa ville natale.Un périple à travers un univers devenu étranger,où les fantômes du passé semblent peu à peu resurgirent,même si ils sont très loin de ceux fantasmés de son enfance.
Même si Boratav n'est ni né, ni n'a vécu à Istanbul,n'y ayant passé que quelques mois, même s'il prend beaucoup de liberté,il donne une image assez réaliste de cette ville complexe,aux multiples visages,aussi bien années 50,qu'années 2000, que je trouve réussi.
J'ai bien aimé sa prose en générale , ses passages de l'enfance laissée aux bons soins de la grand-mère paternelle,l'oncle et la tante,un peu moins aimé son spleen à Londres et ses déambulations à Istanbul ,que j'ai trouvé un tantinet long.
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michelekastner
  20 janvier 2013
Le narrateur vit à Londres ; insomniaque depuis de nombreuses années, il se remet en question suite à un triple événement : la décision de sa femme de le quitter, ledécès de son père, écrivain et poète exilé à Paris, puis de son ami Celal. Sa mère décide de repartir pour Istanbul, il la suit sans trop savoir pourquoi, elle est sur la voie de la sénilité, excellente occasion pour elle de l'oublier définitivement, après des années d'indifférence. Il revient donc vers cette ville qu'il a quittée enfant et qu'il a du mal à reconnaître, porté par les souvenirs, les odeurs, les impressions, occultés et qui reviennent le happer au moment où il s'y attend le moins. Il déambule au fil des rencontres imprévues dans les quartiers en pleine expansion, les bidonvilles côtoyant les immeubles flambant neufs, retrouvant peu à peu sa langue natale, renaissant sous la saveur enveloppante et miraculeuse du raki qu'il avait longtemps décider de ne pas aimer. Bousculé par un séisme et ses répliques, la violence présente et passée le ramène à la vie, au désir et à l'apaisement de ses angoisses.
Etonnant de maîtrise narrative pour un premier roman, une écriture très belle mêlée de nostalgie, d'errance, de mélancolie,de rêves.
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isabellelemest
  07 janvier 2013
Dans ce très beau roman, le narrateur, issu d'une famille turque contrainte à l'exil en France à la fin de son enfance, est devenu un adulte insomniaque, vivant et travaillant à Londres, où il essaie de soigner une névrose qui semble miner ses dernières forces. Un concours de circonstances lié au décès de son père l'amène à retourner à Istambul, une ville qu'il a voulu, dès son arrivée en France, chasser de son esprit. Mais si « la forme d'une ville / change plus vite, hélas que le coeur d'un mortel », il va y voir ressurgir les souvenirs enfouis de son passé : voix, sons, parfums, lumières, vont le guider dans sa « Recherche du temps perdu ». L'évocation de ses impressions enfantines et le récit de ses découvertes dans l'Istambul actuelle alternent au fil des chapitres. On ne révélera pas ici l'aboutissement de sa quête, de cette sorte d'étrange thérapie…
Si la trame romanesque reste extrêmement mince – recherche d'un manuscrit perdu, sénilité de la mère, séisme meurtrier – il faut lire ce livre superbe pour la justesse et la beauté des évocations de la Ville, pour l'analyse profonde des êtres et de leurs raisons d'exister, pour le va et vient entre nostalgie et quête de soi-même, pour la qualité et la densité du style.
Enfin un vrai livre, pourrait-on dire… Ce roman se déguste comme un verre du meilleur raki ou comme un thé parfumé qui réchaufferait non les doigts, mais l'intelligence et la sensibilité du lecteur.

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Nicolas9
  28 août 2016
L'histoire d'un intellectuel turc immigré à Paris qui retourne à Istanbul pour s'occuper de sa mère qui vient de perdre son mari.
Cette phrase résume pour moi le scénario du récit. C'est assez maigre et, malgré un portrait au vitriol des "élites" stambouliotes des années 2000, on s'ennuie ferme...
Et ce ne sont pas les flashback oniriques sur l'enfance du narrateur à Istanbul - qui remontent tels des bulles d'oxygène dans la mer de Marmara - qui brisent la monotonie et l'enfermement du récit. A croire que l'auteur à écrit ce livre pour lui et ses enfants.
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Amble
  18 décembre 2015
Critique d'Erwan Desplanques pour Télérama
Lien : http://www.telerama.fr/livre..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   18 janvier 2016
Babaanne(grand-mère paternelle ,en turc)possède un savoir aussi vaste que ce physique dont elle parle, un savoir tiré des journaux et des visites de ses amies qui lui rapportent ce qui se dit dans les rues où elle ne sort plus.Elle prétend même avoir déjoué un assassinat rien qu'en écoutant les conversations à sa fenêtre.Mais maintenant sa surdité lui interdit ce genre de performance et elle est devenue taciturne.Cet hiver, quand je lui ai dit que le Bosphore avait gelé, elle a répondu qu'elle avait vu ca en 1929 et que ce genre d'événement ne l'intéressait plus,qu'elle n'allait pas participer à l'hystérie collective.p249
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michelekastnermichelekastner   20 janvier 2013
S'il restait des vestiges dans cette néomégalopole - des jardins cachés derrière les murs d'enceinte, des vapeurs traçant leur fil d'écume sur le plan bleu du détroit, et des maisons de bois noirci écrasées entre les immeubles de pierre -, ces souvenirs n'étaient pas les miens. Ils appartenaient aux autres - à Orhan, à mes parents, à celal, aux morts, à tous ceux qui s'étaient figuré cet endroit de loin et s'étaient raconté Istanbul pour la regretter - mais pas à moi. Comment pouvais-je regretter ce qu'on avait exigé que j'oublie ? Il n'y avait rien, pas une pierre, pas une vue, pas un son ou une odeur, que j'eusse à regretter. Et lorsque, après avoir marché pendant des heures dans la ville, je constatai qu'il en était ainsi, que les paroles qui avaient surgi de mon Moi exacerbé lors de ma dernière séance avec Lenz avaient un sens était, fort simplement, qu'il me faudrait tout réapprendre de cet endroit qu'on m'avait forcé à désapprendre, alors seulement, graduellement, les mots de l'autre idiome resurgirent de leur immersion forcée pour actionner l'organe de la parole, et ma langue se mit à les dire, et à les énoncer avec un naturel qui défiait l'entendement, mais qui n'était rien d'autre qu'un naturel d'enfant. Et s'il était vrai que je ne retrouvais plus mon chemin dans la ville physique, la ville étrangère, j'en prenais un autre qui n'avait rien de matériel, un cheminement qui s'orientait selon une treajectoire que j'étais le seul à connaître et à suivre - des habitudes, une cartographie langagières.
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michelekastnermichelekastner   20 janvier 2013
L'observation attentive de ses compatriotes du borough d'Hackney l'avait convaincu de la vanité des projets d'intégration qui ciblaient la communauté turque depuis qu'il s'était installé sur le sol anglais. Les deux cultures étaient trop dissemblables, affirmait-il, elles s'ignoraient, ne représentaient rien l'une pour l'autre. Qu'ils soient issus de la métropole du Bosphore ou d'un village d'Anatolie, débarqués à Heathrow sous une fausse identité ou transportés par conteneur depuis Izmir pour venir demander le statut de réfugié aux autorités à Southampton, ses "administrés", comme il désignait ceux qu'il aidait quotidiennement, partageaient tous la même peur, celle de mourir loin des leurs. Ils craignaient moins d'être renvoyés par les autorités que d'être privés de terre natale. Pour comprendre leur attitude, il suffisait d'appliquer à la géographie les préceptes de la religion qui assurait qu'une vie meilleure existait dans l'au-delà. La vie réelle, c'était Londres ; l'au-delà, Istanbul, Kars ou Konya. Quelle importance avait, pour ceux qui croyait dans l'au-delà, l'intégration dans une société d'accueil ? Aucune, et les hommes politiques prêchaient leur universalisme dans le désert concluait Celal.
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michelekastnermichelekastner   20 janvier 2013
Nous nous étions mariés parce que nous avions cru, ou voulu croire, à ce que nous ressentions l'un pour l'autre. A l'époque, les résidus de sens d'un tel acte, le mariage, existaient encore. Nous nous quittions parce que, en cours de route, quelque part, ces résidus s'étaient éparpillés. A présent, il ne serait venu à l'idée de personne dans notre entourage ou dans la classe sociale à laquelle nous appartenions de défendre quelque chose d'aussi suranné que l'union légitime entre deux adultes, sanctionnée par la loi. Notre âge avait en réalité, et contrairement à ce qu'elle prétendait, tout à voir avec son geste.
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michelekastnermichelekastner   20 janvier 2013
Ce spectacle, à vrai dire, n'évoquait rien d'autre pour moi que l'urbanisation galopante de toutes les grandes villes sous-développées mais, à cet instant, c'est surtout à mon père que je pensais. C'était une chance qu'il ne soit jamais rentré, qu'il n'ait rien vu de cette mutation que j'avais sous les yeux. La ville d'Ali Hergün, le héros de son poème, cette cité en retrait du monde qui n'avait cessé de le hanter, n'existait plus, ou s'était dissoute dans un phénomène plus vaste - la dilatation d'un organisme devenu cent fois plus complexe et insaisissable. tandis que je tournais au hasard entre les chicots gris d'une cité déserte qui attendait le retour de ses habitants, je me dis que, en oubliant de rentrer, Naili Bey 'était épargné le mal de perdre une dernière fois ses repères dans ce paysage altéré.
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