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ISBN : 2742785337
Éditeur : Actes Sud (15/08/2009)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Jeune avocat d'affaires dévoré d'ambition, Mathurin D. Saint-Fort a voulu oublier ses origines pour se tenir désormais du meilleur côté possible de l'existence. Jusqu'au jour où fait irruption dans sa vie Charlie, un adolescent en cavale après une tentative de braquage, qui vient demander son aide au nom des attachements à leur même village natal. Débusqué, contraint de renouer avec le dehors, avec la douleur du souvenir et la misère d'autrui, l'élégant Mathurin D. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
carre
  02 mars 2012
A travers la voix de quatre narrateurs Mathurin, Charlie, Nathanaél et Anne , "Yanvalou pour Charlie" nous entraine en Haiti, pays écrasé par la pauvreté et la misère. Mathurin D. St-Fort est le contraire de la majorité de ces concitoyens, jeune avocat d'affaire carriériste, il a réussi à s'élever socialement pour échapper au sort de nombreux haitiens. Mais, le passé va le rattaper lorsque débarque Charlie un jeune désoeuvré qui vient de faire un braquage et qui lui demande de l'aider au nom de leurs origines. Mathurin ne le sait pas encore mais il va de nouveau retraverser le miroir et replonger dans la douleur du quotidien haitien. Ecrivain engagé, Lyonel Trouillot dénonce avec force la misère qui accable l'un des pays les plus pauvres au monde. A travers les bidonvilles de Port-au -Prince, c'est aussi une histoire sur la mémoire d'un peuple, plongé dans une profonde désespérance. Un livre bouleversant, magnifié par l'écriture sublime de Trouillot. Yanvalou le chant des ancètres est un très grand livre.
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smiroux
  27 janvier 2012
Nous sommes en Haïti ; le livre s'ouvre sur le personnage de Mathurin D. Saint-Fort, jeune avocat de trente ans, ambitieux, cynique, lucide. Inquiet aussi, sans doute, de trouver sa place, puis de garder sa place.
Cette place c'est celle qu'il s'est faite, dans le monde des riches et des puissants, à raison d'un oubli, d'un reniement complet de ce qu'il fut, du lieu où il a grandi, des ses racines, de son nom.
La vie de Mathurin va pourtant basculer à l'arrivée du second personnage : Charlie. Un jeune gosse paumé, venu du même village que Mathurin, et qui, au nom des valeurs ancestrales, au nom de la fidélité à des amitiés communes va exiger de Mathurin qu'il l'héberge et surtout qu'il l'écoute.
Mathurin repart en arrière, retrouve ce qu'il a voulu ensevelir ; paie son tribut au passé.
"Se tenait debout devant moi un garçon sale que je voyais pour la première fois, une curiosité venue d'un autre monde, et j'entendais ses silences. J'entrais dans sa tête et je disais ses mots. Je me suis mis à transpirer malgré la climatisation. Pris d'effroi. Comme là-bas, au village, il y a longtemps, quand j'ai rencontré la mort pour la première fois et que j'ai passé trois nuits à attendre qu'elle vienne me chercher. Là-bas, le village, mon père, les vieux joueurs de bésigue, Anne, le petit cimetière. Ce crétin de Charlie, avec sa vie de chien et son histoire de fou, était venu ouvrir la porte du retour."
Le livre est construit à partir de quatre voix successives, qui viennent dire la même histoire : celle de gosses perdus, coincés dans ce pays embourbé, obligés de grandir trop vite, et de payer trop cher leur impossibilité de vivre.
J'ai particulièrement aimé ce livre. Pour ce qu'il dit de la jeunesse haïtienne, pour les envolées poétiques qui émaillent le récit, pour l'humanité que Trouillot revendique.
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litolff
  05 novembre 2010
Plongée au coeur du dénuement et de la désespérance...
A Port-au-Prince, Mathurin, le brillant avocat qui a réussi "sans passé et sans état d'âme", connaîtra une sorte de rédemption après l'entrée en scène de Charlie dans son quotidien : Charlie va ranimer en lui le souvenir de l'enfance douloureuse qu'il a occultée en quittant son village natal.
De la ville moderne et superficielle avec son lot d'ambitieux et de combinards aux petits villages reculés, en passant par les bidonvilles de Port-au-Prince, la crasse et la misère, l'auteur dévoile un coin d'Haïti et dénonce en vrac l'injustice de l'ordre mondial, les mirages du modèle américain, la peur du pauvre, l'aveuglement, l'illusion humanitaire...
Mais peut-être la conscience collective de chacun peut-elle être réveillée par Charlie ?
Roman/conte choral divisé en quatre parties, chaque fois portés par un nouvel intervenant, le style s'adapte à chaque intervenant et se fait tour à tour léger, cynique, pathétique ou sombre, voire dérangeant....
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luocine
  10 avril 2010
Autant « Hadriana dans tous mes rêves » de René Depestre, autre écrivain haïtien ,ne correspond pas du tout à mes goûts autant « Yanvalou pour Charlie » m'a touchée. On se perd un peu dans le récit et je n'ai pas accroché de bout en bout d'où seulement trois étoiles.
La présence des jeunes garçons haïtiens abandonnés à la misère de la rue est vraiment émouvante. le personnage du prêtre qui est impuissant face à l'extrême pauvreté et la dureté de la société haïtienne malgré sa générosité est touchant.
J'ai été intriguée par l'histoire des prénoms qui font « campagne » et qu'il faut absolument changer pour réussir sa vie en ville. C'est assez amusant car le prénom que le personnage principal s'est choisi : Mathurin, fait, pour moi, plus campagne que Dieutor son vrai prénom.
L'écriture souvent poétique, se fait poignante en restant très pudique quand elle décrit la misère absolue des petits enfants à l'orphelinat.
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BVIALLET
  26 mai 2012
Mathurin D. Saint-Fort est un jeune avocat d'affaires dévoré d'ambition qui a bien réussi à Port au Prince et qui ne veut plus entendre parler de ses origines campagnardes jusqu'au jour où surgit dans sa vie un lointain cousin, Charlie, venu lui demander de l'aide au nom de vieilles solidarités familiales et paysannes. Abandonné sur les marches d'un orphelinat et recueilli par un prêtre, cela n'a pas empêché Charlie de sombrer peu à peu dans la délinquance. Il s'est acoquiné avec trois autres ados abandonnés avec qui il a essayé d'accumuler un pécule pour survivre quand ils se retrouveront à la rue. Suite à une tentative de braquage qui a mal tourné, il se retrouve en cavale et entraine Mathurin sur une pente risquée...
Roman du terroir haïtien, « Yanvalou pour Charlie » est plus intéressant pour son style que pour son intrigue. Lyonel Trouillot est un poète tropical et son livre est plus une sorte d'épopée qu'un véritable roman à proprement parler. Loin du minimalisme, il ne se gène pas pour partir sur de longues digressions et pour user d'un langage fleuri allant parfois jusqu'à l'alambiqué. de plus, l'histoire est racontée selon les points de vue des quatre principaux personnages qui s'expriment tour à tour dans les quatre parties du livre. L'intérêt majeur réside dans la description d'une société plombée par une misère crasse, gangrénée par la corruption et l'égoïsme avide des nantis, sans oublier les traditions (le yanvalou est le culte rendu à la terre et aux anciens), le vaudou et l'abandon d'une agriculture de subsistance au profit des bidonvilles et de leur économie parallèle. Au passage, Trouillot égratigne les blancs qui viennent adopter de petits enfants noirs qui ne s'adapteront jamais à leur nouvelle vie en Europe, les bonnes oeuvres, les ONG et les hommes de lois qui ne pensent qu'à détourner les dites lois au profit de leurs riches clients.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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critiques presse (1)
Lecturejeune   17 février 2012
Lecture Jeune, n°132 - décembre 2009 - Mathurin Dieutor Saint-Fort a réussi sa carrière d'avocat d'affaires à Port-au-Prince. Jeune, beau et travailleur, il a su mener parfaitement sa destinée, quittant sans hésitation son village, son amour, son ami... Soucieux de cacher ses origines paysannes, il est même allé jusqu'à changer de prénom, Mathurin, pour Dieutor. Aujourd'hui, il mène dans la capitale une vie bien réglée - boulot, télé, whisky - jusqu'à ce que Charlie, un adolescent, fasse irruption chez lui, demandant son aide au nom de la solidarité du village. Le langage de Charlie est direct et n'a rien à voir avec la langue de bois des citadins. L'enfant des rues va se charger de rappeler son passé à Dieutor, celui de la misère : il lui raconte le village, le centre d'accueil avec le prêtre qui tente de s'occuper des gamins des rues, les ONG qui oscillent entre « pouvoir et bonne conscience », les bidonvilles... Le récit du jeune homme, puis celui de son compagnon Nathanaël, évoquent une descente aux enfers, dans laquelle les adolescents n'ont plus d'autre issue que le recours aux armes et au vol. Enfin, c'est à Anne, premier amour de Dieutor, de faire entendre sa voix. À l'opposé de son carriérisme, elle a choisi de rester au village pour y ouvrir une école.
Un roman avec des personnages attachants, adultes et adolescents réunis, au service d'un message fort : on ne peut vivre dans le déni de ses origines et instaurer impunément une barrière sociale. « Sais-tu ce que signifie le mot Yanvalou ? Je te salue, ô terre. La terre n'a pas de mémoire. Le sol sec et pierreux ne garde pas souvenir de la bonne terre arable qui descend vers la mer. Seuls les hommes se souviennent. » Une lecture à partager, portée par une écriture haletante et émouvante. Cécile Robin-Lapeyre
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   14 novembre 2013
Elisabeth, Francine et moi, nous sommes des presque riches. Cela veut dire que nous avons un emploi, dans un pays où l'emploi est une denrée très rare. (...) Nous avons aussi un statut, un avenir. Avec un peu de chance, nous allons encore grimper dans l'échelle sociale, et nous devrions être un jour le chef de quelqu'un et présider aux réunions dans une salle de conférence. Des presque riches. Tenant compte de la loi de l'unité des contraires, nous sommes aussi des presque pauvres. Un glissement, un accroc, et tout peut s'effondrer. (p.19)
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luocineluocine   10 avril 2010
Vu que nos géniteurs nous ont abandonnés, je suppose que les gens nous considèrent comme des miraculés et se félicitent au nom de la société, d’avoir participé au miracle collectif, même quand ils n’ont rien fait pour nous. Ça doit être pareil pour les réfugiés, quand ils arrivent dans un pays et qu’on leur ouvre la frontière. Quand on est le fils de personne ou qu’on a plus de pays, faut toujours s’excuser de se trouver là où on se trouve ou tout simplement d’être en vie.
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FransoazFransoaz   10 mars 2010
j'irai vers le premier tambour et je lui dirai: s'il vous plaît, monsieur, un yanvalou pour Charlie. Et il me demandera que fait un homme de la ville ici, un homme qui monte, l'associé d'un grand chef. Et je lui dirai que Nathanaël avait raison sur un point: il faudrait une étoile pour chacun. Charlie a raté son étoile. Nathanaël aussi et les autres. Et il me demandera quelle était cette étoile. Et je lui dirai: la terre dont la surface est si mal partagée. Moi qui ne suis de nulle part, je connais toutes les surfaces de la terre. La terre est une étoile que les hommes ont cassé en portions inégales.
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floreleyyyfloreleyyy   30 mai 2012
Elle aussi, à quinze ans, elle avait cru trouver son étoile vivante.Cela s'était terminé sur un coup de machette et un fils qui n'a pas besoin de savoir qu'il a une mère qui a peur pour lui, ni de savoir que les étoiles ça brille et puis ça casse et laisse sur les visages de vilaines cicatrices.
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carrecarre   02 mars 2012
L’étoile, c’est juste une image, un mot qui brille pour nommer quelque chose qu’on ne tient pas encore, mais vers quoi l’on marche sans trembler. L’étoile, c’est la forme que prendra le bonheur.
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Vidéo de Lyonel Trouillot
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