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EAN : 9782351781616
Gallmeister (07/09/2017)
3.41/5   93 notes
Résumé :
Tout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule avec son vieux père tyrannique tout juste sorti de l'hôpital, elle n'a plus de nouvelles de son fils Jimmy, un jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà qu'après un long silence, Jimmy revient à l'improviste, en piteux état. Erica fera tout pour l'aider, décidée à mieux le comprendre et à rattraper le temps perdu. Mais Jimmy se sent trop mal à l'aise face à sa mère, dans c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
3,41

sur 93 notes

marina53
  26 juillet 2018
Après l'hospitalisation de son père, Joe, pour une pneumonie, Erica n'a d'autre choix que de le placer en centre de rééducation afin qu'il reprenne des forces. Désormais seule avec lui, son mari et sa mère étant décédés, son fils, Jimmy, s'étant fait la malle au Texas et ne donnant aucune nouvelle, sa soeur habitant trop loin, Erica devrait s'occuper seule de lui. Mais avec son travail, son modeste appartement, elle n'est pas en mesure de le faire. le vieil homme, un brin acariâtre, refuse pourtant catégoriquement de passer une seule journée dans ce centre. Après des mois de silence, Erica reçoit un appel de son fils. Sans travail, sans un sou en poche, sans nulle part où aller, il est contraint, non sans remords, de retourner vivre dans ce vieux quartier de Brooklyn...
Boire et déboires d'une famille américaine ordinaire... Erica, la cinquantaine, peine à mener de front son travail, l'attention et les exigences que réclame son père, le silence puis finalement le retour de son fils. Ce dernier, Jimmy, rentre au bercail, la tête basse et la queue entre les jambes, même s'il peut compter sur le soutien, la bienveillance et l'amour de sa mère. Au fil des pages, William Boyle dépeint le lien, ténu et fragile, qui unit mère et fils. Une confrontation entre deux personnes de génération différente qui peinent à se comprendre. Dans ce roman empreint de mélancolie, de nostalgie, d'un brin de tristesse, les personnages, épuisés par la vie, sont finalement touchants de par leur fragilité mais aussi de par leur combativité. Des personnages qui, au final, auraient mérité d'être étoffés. L'auteur nous plonge dans une ambiance morose, parfois sombre. Un récit authentique, humain, sans effusion, sur fond d'homophobie et d'alcoolisme.
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JIEMDE
  07 septembre 2017
Débarqué chez Gallmeister en début d'année en provenance directe de Rivages Noir, François Guérif n'est pas arrivé les mains vides.
Dans sa musette, il apportait quelques pépites, parmi lesquelles William Boyle qui m'avait emballé avec Gravesend son premier roman et dont j'attendais le deuxième avec gourmandise. Mais aussi, il faut l'avouer, avec une pointe d'inquiétude tant les deuxièmes livres peuvent souvent être compliqués à écrire pour leurs auteurs quand ils suivent un premier succès. Un manque de confiance inutile de ma part car Tout est brisé est à nouveau une magistrale réussite !
Boyle y évoque le croisement de deux vies brisées qui se retrouvent, s'entrechoquent, puis s'éloignent à nouveau pour enfin mieux se retrouver.
Celle d'Erica, abandonnée de ses proches (sa mère et son mari sont décédés, sa soeur s'est éloignée et son fils a disparu) et retournée vivre à la cinquantaine dans le quartier de Bensonhurst, bas faubourg de Brooklyn, chez son père radin, hystérique et dépendant. Pas de pause dans la vie d'Erica et finalement, ça n'est pas plus mal : ça l'empêche de penser. Mais cela ne la rapproche pas de son fils perdu dont le souvenir la hante. « Et perdre quelqu'un, ça donne du sens à la vie, ça donne un but ».

Jimmy son fils, est également en pleine déroute, au Texas, loin de Brooklyn. Galère financière, galère alcoolique, galère amoureuse… Rester n'est plus possible, mais rentrer est impossible. Il va pourtant essayer. Sans succès. Reste alors la nostalgie, et le retour vers les jours heureux et insouciants de son passé étudiant à New Platz. Mais là-bas non plus, l'herbe n'est pas plus verte qu'ailleurs. « Il voulait de l'amour, il voulait que la vie soit facile… ». Où qu'il aille, Jimmy comprend que cela ne résout rien à ses angoisses et que la fuite n'est pas une solution : les démons courent aussi vite que lui, voire plus. « Peut-être était-ce partout le même désert ? ».
Alors, dans la tempête et le chaos, il reste à ces deux-là à se retrouver et à se ré-apprivoiser. Et à revivre. « Écoutant le grondement de la tempête à travers les murs, il se sentit calme ».
Dans Tout est brisé, on retrouve l'exceptionnelle capacité de William Boyle à décrire la solitude, la nostalgie, l'angoisse, la désespérance et le besoin d'amour. L'écriture est sensible, délicate et souvent avare de mots superflus, signe des grands.
On y retrouve également cette peinture du Brooklyn cheap - « cette ville tenait les fantômes de Jimmy dans le creux de sa main » - si près de New-York via un simple trajet de Greyhound et en même temps si loin.
Boyle n'est pas avare du partage de ses passions : la musique et les vinyles, ceux de Buckley, Cohen ou Dylan, le cinéma et la littérature, avouant même son admiration pour Flaubert et Camus au détour d'un bas de page.
Enfin, Boyle nous plonge à nouveau dans les thèmes abordés dans Gravesend : l'homosexualité, l'alcoolisme, le mal-être et la désespérance, la fuite en avant et le difficile retour vers son passé…
Peintre talentueux de la mélancolie, Boyle n'en oublie pas pour autant d'y ajouter quelques touches d'espérance renaissante ci-et-là : un bouquet de lys violets, la bienveillante Ludmilla, Franck le poète alcoolique, sorti de nulle-part pour mieux y retourner après avoir joué son rôle de trait d'union entre Erica et Jimmy.
Une vraie réussite donc, qui alimente une gourmandise littéraire encore plus forte pour le prochain opus de Boyle.
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Bazart
  13 février 2019
Noir c'est vraiment noir , dans ce second roman de William Boyle ou l'on suit les affres quinquagénaire, secrétaire médicale un peu à la dérive et de son fils homosexuel triste qui noie son chagrin et sa déprime dans l'alcool dont les retrouvailles après une longue absence seront assez douloureuses et rongés par les non dits et les regrets.
Roman sur l'âpreté de l'existence, à la fois sombre mais plein de douceur "Tout est brisé" est un très beau roman, car Boyle n'a pas son pareil pour décrire ces êtres abîmés par la vie avec sensibilité et une belle leçon de combativité , loin des standards littéraires américains trop bien formatés.
" On s'en fiche de savoir de quoi tu es les roi. Peut-être que tu es le roi de paumés. Dresse toi et annonce le à l'univers ! "
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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andreas50
  21 mars 2018
Comment rassembler, recoller les débris d'une vie qui s'en va à veau-l'eau ? Comment faire revenir le fils prodigue alors qu'il est en plein naufrage ? C'est à quoi pense Erica, quadragénaire, veuve d'Eddie, seule avec son père vieillard atrabilaire qui refuse obstinément de rejoindre la maison de retraite. Ce n'est pas qu'elle veuille s'en débarrasser, mais elle ne peut le laisser seul quand elle part au travail.
Erica est délaissée par le reste de sa famille, enfin ce qu'il en reste. Sa soeur s'est retranchée bien loin avec son mari malade et a coupé les ponts. Son fils, Jimmy, parti suivre des études dans un autre état, a tout abandonné,fait des petits boulots et vit aux crochets de son petit ami, et dans les moments de brouille se réfugie chez qui veut bien l'héberger. Jimmy vit mal son homosexualité, le rejet de la société, la peur des autres qui en découle et a sombré dans l'alcoolisme. Déprimé, affaibli, dégoûté de lui-même, il va suivre le conseil de son compagnon et tenter de renouer avec sa mère. Sa mère qui va l'accueillir avec joie bien que les débuts de la coexistence soient difficiles. Erica va tout faire pour gérer le caractère rebelle de son fils et son addiction à l'alcool. Mais un jour ,Jimmy décide de tout lâcher pour rejoindre son entourage hippy et libertaire et retrouver ce qu'il pense être la véritable liberté.
Erica a-t-elle échoué dans sa tentative de réconciliation ? Jimmy est-il certain d'avoir repris le bon chemin?
Tout est brisé, un court roman, qui en deux cents pages nous dépeint les conflits familiaux, le drame de la solitude, la détresse d'une mère, le désarroi d'un jeune homme qui ne trouve pas de sens à sa vie, n'assume pas son homosexualité.
William Boyle, nous offre une oeuvre délicate, pleine de pudeur, d'amertume, d'humanité.
Un Boyle dans la lignée de l'honorable Gravesend.
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mollymon
  02 août 2017
Dans ce roman dédié à sa mère William Boyle fait alterner deux voix, celle d'une mère et de son fils.
La mère c'est Erica, la cinquantaine fatiguée par une vie d'une monotonie désespérante, les deuils et les difficultés financiaires .
Le fils, c'est Jim qui a 23 ans traîne ses baskets et son cafard chronique. Incapable de faire face à la dureté de la vie, il zone et noie sa désolation dans l'alcool.
Alors que le lien entre la mère et le fils semblait définitivement brisé depuis que Jim a quitté la maison, une lueur d'espoir apparaît quand celui-ci revient.
Erica va tout faire pour renouer le lien...
A travers cette histoire, ce roman raconte la vie de tous les jours, les petits moments avec ses peines mais aussi les rares instants de chaleur passés ensemble autour d'un verre, d'une cigarette. Une lecture pas follement gaie mais dont il se dégage une musique émouvante, déchirante comme celle d'un blues de Tom Waits.
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critiques presse (1)
Actualitte   21 décembre 2017
Tout est brisé est une leçon de combativité et d’espoir portée par des losers qui ne sont pas magnifiques. William Boyle signe avec ce second roman quelque chose d’unique, loin des standards littéraires américains trop bien formatés.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   26 juillet 2018
C'était un homme bon, un père tendre, et de toute façon les pères n'étaient pas censés être trop câlins, ni vous dire qu'ils vous aimaient, ni vous embrasser le front pour vous souhaiter bonne nuit. Ils étaient censés être durs, n'est-ce pas ? Quelles conneries, tout ça.
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BazartBazart   13 février 2019
Rien ne lui avait été épargné. Ça avait commencé par Jimmy qui avait déménagé au Texas et ne l’appelait jamais.Puis Eddie était mort d’une tumeur au cerveau à l’hospice de l’hôpital Lutheran, et elle avait englouti toutes ses économies dans les funérailles. Lorsque sa mère s’était cassé la hanche en se rendant chez Augie’s pour faire un loto, Erica s’était demandé pourquoi Dieu tenait tant à la punir
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marina53marina53   28 juillet 2018
Aucun rêve, une fois réalisé, ne ressemblait jamais à ce qu'il était à l'état de rêve.
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marina53marina53   27 juillet 2018
On s'en fiche de savoir de quoi tu es le roi. Peut-être que tu es le Roi des Paumés ! Dresse-toi et annonce-le à l'univers !
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JIEMDEJIEMDE   25 juillet 2017
Dehors, le monde parut à Jimmy beaucoup plus éclatant qu'il n'aurait dû l'être, les arbres plus verts, le ciel plus bleu. Ça l'avait toujours étonné. À jeun, il passait son temps à se plaindre de la laideur généralisée. Ivre ou avec la gueule de bois, le monde lui semblait d'une beauté parfaite et il n'y voyait qu'un défaut, lui-même.
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Vidéo de William Boyle
Les Éditions Gallmeister vous présentent leur rentrée littéraire 2021. Au programme : TRUE STORY de Kate Reed Petty (traduit de l'américain par Jacques Mailhos), LES DENTS DE LAIT d'Helen Bukowski (traduit de l'allemand par Elisa Crabeil et Sarah Raquillet), LA CITÉ DES MARGES de William Boyle (traduit de l'américain par Simon Baril) et LE CERCUEIL DE JOB de Lance Weller (traduit de l'américain par François Happe).
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