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ISBN : 2351781619
Éditeur : Gallmeister (07/09/2017)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Tout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule avec son vieux père tyrannique tout juste sorti de l'hôpital, elle n'a plus de nouvelles de son fils Jimmy, un jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà qu'après un long silence, Jimmy revient à l'improviste, en piteux état. Erica fera tout pour l'aider, décidée à mieux le comprendre et à rattraper le temps perdu. Mais Jimmy se sent trop mal à l'aise face à sa mère, dans c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
JIMEDE
07 septembre 2017
Débarqué chez Gallmeister en début d'année en provenance directe de Rivages Noir, François Guérif n'est pas arrivé les mains vides.
Dans sa musette, il apportait quelques pépites, parmi lesquelles William Boyle qui m'avait emballé avec Gravesend son premier roman et dont j'attendais le deuxième avec gourmandise. Mais aussi, il faut l'avouer, avec une pointe d'inquiétude tant les deuxièmes livres peuvent souvent être compliqués à écrire pour leurs auteurs quand ils suivent un premier succès. Un manque de confiance inutile de ma part car Tout est brisé est à nouveau une magistrale réussite !
Boyle y évoque le croisement de deux vies brisées qui se retrouvent, s'entrechoquent, puis s'éloignent à nouveau pour enfin mieux se retrouver.
Celle d'Erica, abandonnée de ses proches (sa mère et son mari sont décédés, sa soeur s'est éloignée et son fils a disparu) et retournée vivre à la cinquantaine dans le quartier de Bensonhurst, bas faubourg de Brooklyn, chez son père radin, hystérique et dépendant. Pas de pause dans la vie d'Erica et finalement, ça n'est pas plus mal : ça l'empêche de penser. Mais cela ne la rapproche pas de son fils perdu dont le souvenir la hante. « Et perdre quelqu'un, ça donne du sens à la vie, ça donne un but ».

Jimmy son fils, est également en pleine déroute, au Texas, loin de Brooklyn. Galère financière, galère alcoolique, galère amoureuse… Rester n'est plus possible, mais rentrer est impossible. Il va pourtant essayer. Sans succès. Reste alors la nostalgie, et le retour vers les jours heureux et insouciants de son passé étudiant à New Platz. Mais là-bas non plus, l'herbe n'est pas plus verte qu'ailleurs. « Il voulait de l'amour, il voulait que la vie soit facile… ». Où qu'il aille, Jimmy comprend que cela ne résout rien à ses angoisses et que la fuite n'est pas une solution : les démons courent aussi vite que lui, voire plus. « Peut-être était-ce partout le même désert ? ».
Alors, dans la tempête et le chaos, il reste à ces deux-là à se retrouver et à se ré-apprivoiser. Et à revivre. « Écoutant le grondement de la tempête à travers les murs, il se sentit calme ».
Dans Tout est brisé, on retrouve l'exceptionnelle capacité de William Boyle à décrire la solitude, la nostalgie, l'angoisse, la désespérance et le besoin d'amour. L'écriture est sensible, délicate et souvent avare de mots superflus, signe des grands.
On y retrouve également cette peinture du Brooklyn cheap - « cette ville tenait les fantômes de Jimmy dans le creux de sa main » - si près de New-York via un simple trajet de Greyhound et en même temps si loin.
Boyle n'est pas avare du partage de ses passions : la musique et les vinyles, ceux de Buckley, Cohen ou Dylan, le cinéma et la littérature, avouant même son admiration pour Flaubert et Camus au détour d'un bas de page.
Enfin, Boyle nous plonge à nouveau dans les thèmes abordés dans Gravesend : l'homosexualité, l'alcoolisme, le mal-être et la désespérance, la fuite en avant et le difficile retour vers son passé…
Peintre talentueux de la mélancolie, Boyle n'en oublie pas pour autant d'y ajouter quelques touches d'espérance renaissante ci-et-là : un bouquet de lys violets, la bienveillante Ludmilla, Franck le poète alcoolique, sorti de nulle-part pour mieux y retourner après avoir joué son rôle de trait d'union entre Erica et Jimmy.
Une vraie réussite donc, qui alimente une gourmandise littéraire encore plus forte pour le prochain opus de Boyle.
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nadiouchka
26 août 2017
Après son premier roman « Gravesend » publié en 2016 et couronné de succès, William Boyle, écrivain américain né à Brooklyn, qui vit aujourd'hui dans le Mississipi, revient avec « Tout est brisé » (titre tiré d'une chanson de Bob Dylan : « Everything is broken »).
Il a dédié ce roman à sa mère et il y fait entendre deux voix, celle d'Erica, la mère, et celle de Jimmy, son fils.
Erica, la cinquantaine, est très fatiguée : elle doit s'occuper de son père qui refuse de rester à l'hôpital et elle a beaucoup de soucis à cause de Jimmy, parti sans prévenir et sans donner de ses nouvelles.
Erica est prête à tout pour retrouver son fils, à surmonter tous ses tourments engendrés par ses difficultés financières, sa vie monotone… On assiste à tous ses soucis, ses nombreux chagrins, autant dire une vie brisée.
Mais quand Jimmy se manifeste enfin car il a besoin de secours, Erica n'hésite pas une seconde et prend la route pour le retrouver.
Elle fait tout son possible pour ce fils plongé dans l'alcool, qui éprouve un mal de vivre et qui est homosexuel.
Cela donne un roman plein de suspense quant au dénouement et c'est à lire jusqu'à la fin.
Cette relation mère-fils est très émouvante car c'est également ce lien qui avait été brisé. On guette une lueur d'espoir.
Si le premier livre de William Boyle, « Gravesend » avait été choisi comme numéro 1.000 de la collection Rivages/Noir, c'était un choix symbolique car l'éditeur voulait prouver sa confiance en l'auteur.
A présent, cette confiance continue chez Gallmeister, maison d'éditions qui recherche toujours la qualité.
Et en effet, « Tout est brisé » est une jolie réussite malgré le sujet pas très réjouissant, très mélancolique.
Avec la critique de Rolling Stone : « L'écriture de William Boyle est exceptionnelle », il est parfaitement exact que l'écrivain sait nous happer et nous tenir sous sa coupe, sans avoir besoin de décrire des scènes choquantes. Non, c'est la vie de tous les jours avec ses hauts et ses bas, le combat d'une mère bien courageuse.
C'est donc une belle réussite que ce second roman dans la lignée du premier.
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Killing79
19 septembre 2017
William Boyle nous propose avec ce livre d'entrer dans le quotidien de personnes ordinaires. Ce sont pour la plupart des laissés pour compte que l'on va suivre pendant 200 pages. On va rencontrer Elisa, la femme seule, qui après la mort de son mari, doit s'occuper de son père grabataire et Jimmy, son fils, qui revient au bercail après s'être égaré.
Autant vous dire que tout ceci n'est pas joyeux. Ces destins transpirent le désespoir et l'ambiance est plutôt sombre. Mais pour créer son atmosphère, l'auteur ne rajoute pas de péripéties ou de drames supplémentaires. Il ne joue pas la carte de la surenchère et se concentre sur la simple vérité. Il place le lecteur au plus près de la vie de ses protagonistes. Pour ce faire, on assiste à des moments de leur vie et pas forcément les plus glorieux. Les travers des personnages sont mis en exergue lors d'échanges très réalistes. le manque de communication et le relationnel compliqué de cette famille créent des situations assez gênantes dans lesquelles les acteurs ne semblent jamais trouver leur place. La tension est telle que l'on se sent, nous aussi, mal à l'aise.
La relation mère/fils est à la base de cette histoire mais plusieurs thèmes sont aussi traités. Avec Jimmy, l'auteur s'attache à montrer les ravages de l'alcool et de l'homophobie sur l'existence d'un jeune homme et avec Elisa, il développe l'amour inconditionnel d'une mère et l'espoir d'un jour meilleur.
Grâce à ce texte très ancré dans la réalité, William Boyle nous livre une tranche de vie d'individus sans défense, qui se recroquevillent sous les coups du destin. Ces esprits tourmentés combattent quotidiennement pour refaire surface. Leurs retrouvailles forcées donnent lieu à des scènes oppressantes mais qui débordent d'humanité. On comprend alors que tout devient plus complexe quand « tout est brisé » !
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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mollymon
02 août 2017
Dans ce roman dédié à sa mère William Boyle fait alterner deux voix, celle d'une mère et de son fils.
La mère c'est Erica, la cinquantaine fatiguée par une vie d'une monotonie désespérante, les deuils et les difficultés financiaires .
Le fils, c'est Jim qui a 23 ans traîne ses baskets et son cafard chronique. Incapable de faire face à la dureté de la vie, il zone et noie sa désolation dans l'alcool.
Alors que le lien entre la mère et le fils semblait définitivement brisé depuis que Jim a quitté la maison, une lueur d'espoir apparaît quand celui-ci revient.
Erica va tout faire pour renouer le lien...
A travers cette histoire, ce roman raconte la vie de tous les jours, les petits moments avec ses peines mais aussi les rares instants de chaleur passés ensemble autour d'un verre, d'une cigarette. Une lecture pas follement gaie mais dont il se dégage une musique émouvante, déchirante comme celle d'un blues de Tom Waits.
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doyoulikefrogs
08 septembre 2017
Il y a quelque chose de brisé, de fêlé, de blessé dans l'ouvrage que propose William Boyle. Oui, dès les premières pages, vous sentez que quelque chose n'est plus comme avant. Et c'est avec cet élan de mélancolie que l'auteur nous entraîne dans les tranches de vies d'Erica, la mère (et la fille aussi) et de Jimmy, le fils. Chacun est là, sur Terre, et ils se demandent bien pourquoi. Erica sent bien qu'elle s'est sacrifiée toute sa vie, et qu'elle ne peut échapper à ce sacrifice : aider son vieux père, aider son fils alcoolique... On ne peut fuir son destin que si on blesse les proches. Et pourtant, son père la déteste parce qu'elle a décidé de le mettre en maison de repos et de rééducation. Et Jimmy, son fils, la déteste parce qu'elle ne le comprend pas, elle ne comprend pas son mal être. Et ils évoluent tous, comme des étrangers l'un pour l'autre. Ils sont là et en même temps, ils ne le sont pas vraiment.
C'est sur ce fil ténu de la vie que William Boyle nous raconte les déboires et les malheurs d'une famille. Il raconte avec douceur et beaucoup de poésie dans ses mots, la société d'aujourd'hui, la vie, la vraie. L'auteur a cette écriture presque cinématographique qui colle parfaitement à une oeuvre d'analyse de la société américaine. Cette société qui semble stagner, s'enorgueillir du progrès, mais qui ignore les laissés pour compte, ceux sur le bas-côté, ceux qui n'en valent pas la peine de toute évidence... Au fur à mesure du récit, on entre plus profondément dans les pensées des uns et des autres, on essaye de comprendre l'alcoolisme de Jimmy, les indécisions et les doutes d'Erica. On voudrait leur donner des claques, on voudrait qu'ils se bougent, qu'ils entrent dans la vie, la Vie avec un grand V, qu'ils profitent, qu'ils sourient un peu... Et puis, soudain, alors qu'on penserait que le roman s'enfonce dans le désespoir et la tristesse, un rayon d'humanité traverse le roman.
C'est un roman sur la solitude des êtres, sur le passé, sur la famille. Ce roman nous dit qu'on ne peut pas vivre seul, qu'on ne peut pas laisser les souvenirs envahir le présent. C'est un roman qui fait qu'on ne peut pas rester passif, dans l'inaction. Un roman sur les retrouvailles. Faire table rase du passé, pardonner, avancer.
J'ai trouvé ce roman très juste et empreint de poésie, avec une pellicule de mélancolie qui recouvre chaque page. C'est comme un vieux vinyle, dont le chanteur à la voix éraillée chante une litanie emplie de spleen. Une belle lecture.
Lien : http://www.unefrancaisedansl..
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
valamarsvalamars25 septembre 2017
Tu n'es pas si différent que ça. Tu ne peux pas changer d'où tu viens. Tu ne peux pas changer ton sang.
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valamarsvalamars25 septembre 2017
Même si c'est vrai, de toute façon s'engueuler avec son père fait partie des choses de la vie. Tu ne peux pas mettre tous tes problèmes sur ce compte-là.
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JazzynewyorkJazzynewyork20 septembre 2017
Il savait que Nick lui manquerait alors encore plus désespérément. Pas à cause des baisers ni des caresses. Mais à cause de la conversation, de la compagnie, de ce qui l'empêchait de se sentir aussi seul qu'il se sentait à présent. Il n'était pas fait pour être célibataire. Il avait besoin de quelqu'un. Ne pas avoir d'amour, c'était se sentir oublié, totalement vide et totalement seule.
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JazzynewyorkJazzynewyork20 septembre 2017
Ça l'avait toujours étonné. À jeun, il passait son temps à se plaindre de la laideur généralisée. Ivre ou avec la gueule de bois, le monde lui semblait d'une beauté parfaite, et il n'y voyait qu'un défaut, lui-même;
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nadiouchkanadiouchka13 septembre 2017
This ain’t all there is
But if it’s all that I have
What’s broken will become better
If we can.
Jason Molina
What’s nroken necomes better

(Ce n’est pas tout ce qu’il y a/Mais c’est tout ce que j’ai/Ce qui est brisé va aller mieux/Si on y arrive).
Préface
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