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EAN : 9782253935100
288 pages
Le Livre de Poche (01/06/2022)
4.24/5   1157 notes
Résumé :
Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d’autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.

Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l’amour maternel et sa famill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (220) Voir plus Ajouter une critique
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Ma libraire m'a carrément mis cet ouvrage dans les mains ...si , si je vous assure . Ah ben oui , ça se passe comme ça et comme je suis bien élevé, obéissant, timide , ben je me suis laissé faire . Vous pensez que je suis "faible" et que les femmes me mènent par le bout du nez , tout faux . Non , ma libraire , elle a un goût incroyable ( pour les livres , hein , pour le reste , je ne sais pas ... ) Et le court résumé qu'elle m'a fait m'a séduit. D'ailleurs , le résumé qu'elle m'a fait , vous le trouverez sur la quatrième de couverture , ça devrait largement suffire pour vous intriguer .Ah , oui , et puis le bandeau rouge ...un adjectif qualificatif , " bouleversant " , un roman bouleversant , je confirme . Mais attention , pas de mélo, pas de pathos , pas de bons sentiments " mode Bisounours " , non , rien à voir . On rit , on est grave , on est ému, on réfléchit , on poursuit l'aventure du petit Amerigo . On est en 1946 , il a huit ans ....Et c'est lui qui se raconte , qui raconte sa mère, ses copains, ses joies , ses chagrins , ses peines , ses regrets . Une petite voix de huit ans avec des mots et des phrases que seuls les enfants sont capables d'utiliser ...Vous aimez l'émotion, les émotions, vous êtes au bon endroit ...
Vous allez en avoir pour votre argent . le petit , c'est un peu le " Peppino des Choristes " , l'émotion, celle qui fait vibrer comme dans " le grand chemin" au cinéma...
Tous les personnages sont attachants , dépeints sans fard dans des situations parfois sobres ou ambiguës. Des personnages délicats, ni tout blancs , ni tout noirs , simplement humains .Et que dire de la relation Antonietta- Amerigo ? Que dire ? Ben rien , rien du tout . Ce livre ne se " divulgache pas " , il se prend sur un rayon , il " saute dans vos mains " et , pour le reste , c'est une histoire extraordinaire entre lui et vous , ou plutôt entre vous , Amérigo et tous les autres . Je vous laisse car je serais tenté de vous en dire trop et ça, pour moi , ce serait vous gâcher l'immense bonheur de lecture qui vous attend .Un crime .
Ah , une dernière chose .Sur le bandeau , on lit " un succès mondial " .Vous ne voudriez tout de même pas passer à côté ? La PAL ? Oui , bien sûr mais , ce livre , on le commence , on le finit (à regret ..) dans la foulée.
PS: Naples , communistes , train ,misére , fils , mère , sud , nord , 1946 , bouleversement , violon , mortadelle , repères, basso,
ruelle , sauce genovese et chaussures , oui , chaussures .....Ça vous intrigue ? Moi aussi...mais je me comprends .
Superbe , tout simplement.

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Quelle histoire que ce Train des enfants que nous raconte Viola Ardone ! Une histoire qui est un roman, un roman basé sur L Histoire, sur un épisode méconnu de l'après-guerre. En 1946, un an après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les camarades du Parti communiste italien et l'Union des femmes italiennes ont eu l'idée d'envoyer dans le nord de l'Italie où la nourriture était plus abondante le maximum d'enfants défavorisés issus des villes du sud. Et ce sont en train que pas moins de 70 000 enfants de quatre à dix ans ont pu ainsi être acheminés, afin qu'ils soient logés, nourris, blanchis et instruits, vers ces familles d'accueil, pendant quelques mois.
S'inspirant de ce fait historique, l'auteure nous raconte comment Amerigo Speranza, 7 ans, qui vit avec sa mère Antonetta, n'a jamais connu son père ni son frère Luigi mort d'asthme bronchique va se retrouver le coeur coupé en deux. Son surnom est Nobel car il connaît déjà beaucoup de choses et s'il ne sait pas encore lire, il se défend très bien avec les chiffres et se débrouille déjà à récolter de vieux chiffons que sa mère lave et réussit à revendre ce qui leur permet de survivre. Très rusé, il n'hésite pas avec son copain Tommasino à capturer des rats, à les peindre en blanc et marron avec du cirage à chaussures, leur couper la queue pour les faire passer pour des hamsters, très prisés par les dames riches « qui n'étaient plus tellement riches » à qui ils les vendent. C'est sans compter sur une averse subite qui ne leur laisse pas le temps de mettre leur étal à l'abri et ainsi révèle la supercherie. Telles étaient les astuces pour ces familles et ces gamins des « bassi », ces vieux quartiers populaires de Naples pour subsister.
Mais un jour de 1946, quand Maddalena Criscuolo, figure du parti communiste napolitain pour actes de résistance pendant la guerre, proposera à Antonetta d'emmener Amerigo dans le Nord, celle-ci bien que très réservée, car de nombreuses rumeurs circulent, accepte pour donner à cet enfant qu‘elle chérit toutes ses chances. Lors du départ, le fait de retrouver dans la file d'attente Tommasino, son copain et Mariuccia, la fille du savetier rassure un petit peu l'enfant.
Ainsi, Amerigo sera accueilli à Bologne par Derna, et confié pendant qu'elle travaille aux cousins de celle-ci Rosa et Alcide et leurs trois enfants.
Quatre parties composent ce roman, la première décrit la vie dans le basso à Naples jusqu'à l'opportunité offerte aux familles d'envoyer leurs enfants dont Amerigo vers le Nord dans des familles plus aisées, la deuxième permet de le suivre dans sa famille d'accueil, la troisième raconte son retour chez sa mère et la dernière, intitulée 1994, l'homme qu'il est devenu.
C'est un roman très riche et ô combien bouleversant.
Il est d'abord le constat de la misère qui sévit notamment dans le sud de l'Italie à la fin de le Deuxième Guerre mondiale mais aussi de la générosité et de la solidarité dont ont fait preuve de nombreuses familles italiennes.
Il est également un grand roman psychologique qui interroge sur le ressenti qu'ont pu avoir ces tout jeunes enfants obligés de quitter leur famille pour partir ailleurs, sans savoir où, le sentiment d'abandon qui les a nécessairement envahis puis l'arrivée dans un nouveau foyer avec de nouvelles règles à s'approprier. Qu'en a-t-il été également des parents qui ont dû, par amour pour leurs enfants, s'en séparer pour leur bien-être et assister à leur départ?
Pour ce qui est du retour, Viola Ardone montre avec beaucoup de finesse combien il a dû être difficile pour beaucoup, après s'être attachés à leur famille d'accueil de la laisser et de rentrer dans leur foyer et retrouver, certes l'amour de leur famille mais à nouveau des conditions difficiles et comment ils ont dû se retrouver partagés entre leurs deux familles aux modes de vie si différents. L'écrivaine a su, en choisissant de suivre le parcours de plusieurs enfants, montrer, selon le caractère de l'enfant et son environnement familial, tout ce que cette expérience avait pu avoir des répercussions tout à fait différentes selon que les liens entre les deux familles avaient pu être préservés ou non.
En se mettant à hauteur d'enfant et en donnant la parole à Amerigo pour nous raconter son histoire, Viola Ardone a trouvé le ton juste pour nous faire partager toutes les difficultés et les multiples émotions auxquelles il a été confronté. Une belle réussite !
J'ai bien apprécié les quelques couplets de chansons de lutte italiennes qui contribuent à renforcer ce sentiment de solidarité et une note joyeuse bienvenue.
Ce très beau roman, touchant, bouleversant, déchirant, tout en abordant des sujets très graves et très sérieux réussit à nous balader entre le sourire et les larmes dans un monde de tendresse où l'émotion est omniprésente.

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Le Train des enfants, roman plein d'humour, de tendresse et d'émotion qui met en lumière un moment d'Histoire trop vite oublié, m'a emmené dans cette Italie de l'après seconde guerre mondiale, à Naples.
Dans cette ville, comme dans le sud du pays, une grande partie de la population vit dans la misère. Les enfants ont faim, ne sont pas scolarisés, vivent de chapardages ou de ce qu'ils peuvent trouver en accomplissant de petits boulots.
Le Parti Communiste italien (PCI) est sorti grandi de la défaite du fascisme. Ses responsables décident alors de sauver un maximum d'enfants de la misère et de la faim. Pour cela, ils trouvent des familles du Nord pour accueillir, nourrir, choyer ces gosses pendant l'hiver qui approche.
Celui qui raconte, Amerigo Speranza, est d'une spontanéité, d'une franchise impressionnantes. Il observe constamment les chaussures que portent les gens, lui qui marche trop souvent pieds nus. Viola Ardone le fait parler alors qu'il a huit ans et que les bruits les plus fous circulent, mensonges propagés par les anti-communistes, les royalistes… Ils font croire aux gosses qu'ils vont partir en Russie, qu'on va leur couper la langue et les mains, les manger, etc…
Enfin, c'est le départ, en train. Amerigo se rassure auprès de Tommasino et Mariuccia, deux camarades de son quartier. Ils sont impressionnés par les chansons : « bella ciao, ciao ciao » ou encore « sebben che siamo donne, paura non abbiamo, per amor dei nostri figli, per amor dei nostri figli… », c'est La Lega, fameuse chanson des mondine, ces piqueuses de riz de la vallée du Pô en révolte contre les patrons, reprise ensuite par toutes les femmes en lutte contre les injustices.
Maddalena Criscuolo les a bien préparés. Maurizio les a même dessinés. Au dernier moment, ils ont jeté leurs manteaux tout neufs depuis le train pour ceux qui restent et les voilà, après un long voyage, en gare de Bologne où l'accueil est festif. Les familles d'accueil récupèrent l'enfant qui leur a été attribué. Amerigo est chez Derna, militante syndicale qui vit seule à Modène mais, en face, Rosa, sa cousine, et Alcide, son mari, avec leurs trois enfants : Rivo (10 ans), Luzio (7 ans) et Nario (pas un an) – essayez de réunir ces trois prénoms… - deviennent une belle famille d'accueil pour Amerigo.
Grâce à Alcide qui est accordeur de pianos, Amerigo découvre la musique, les instruments, le violon. Il se distingue à l'école, découvre le potager, les animaux de ferme et surtout mange à satiété, est bien habillé. Quand il retrouve Mariuccia, il réalise qu'elle est belle et que Tommasino a même grossi !
Enfin, c'est le retour à Naples et quand Amerigo raconte ce qu'il a vécu à sa mère, celle-ci ne l'écoute pas. À partir de là, le roman devient beaucoup moins amusant.
Grâce au talent d'écriture de Viola Ardone et son excellente traduction par Laura Brignon, je ressens toute la frustration de ce garçon qui aime sa mère, apprécie sa ville mais regrette tout ce qu'il a connu dans le Nord du pays. de vexation en privation, il sent monter en lui une profonde amertume qui ne peut que déboucher sur une seule issue.
Dans la quatrième partie de ce roman si émouvant, Viola Ardone fait un grand saut dans le temps. Toujours à Naples, notre narrateur se confronte à son passé, aux échecs, surtout aux non-dits. Même s'il n'est jamais trop tard, que de regrets après tant d'années passées chacun dans son monde sans pouvoir communiquer !
Même si l'amour est toujours le plus fort, il est impossible de ne pas être touché, bouleversé même par ces échanges manqués ou refusés avec ceux qu'on aime. La vie puis la mort accomplissent leur oeuvre. D'autres prennent notre place mais avant de nous en aller, essayons de le faire avec le moins de regrets possible, à condition de savoir et de pouvoir écouter.

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Naples, 1946. Au coeur des ruelles des Quartiers espagnols, Amerigo peine à suivre sa maman, Antonietta, qui marche d'un pas vif. Ils ont rendez-vous chez une certaine Maddalena Criscuolo. L'enfant ne comprend pas tout le sens des paroles échangées mais il y est question de trains spéciaux, de cadeau fait aux enfants, de honte que certains ressentent. Une fois sortis de là, Amerigo sent que quelque chose cloche : sa maman lui offre une pizza frite en pleine matinée. Il est, évidemment, surpris, lui qui n'a jamais eu de cadeau, ni beaucoup de tendresse. Dans son quartier, des rumeurs circulent. Certains disent que les enfants seront envoyés en Amérique pour trimer, d'autres affirment qu'ils iront en Russie pour être cuits dans des fours. Son copain, Tommasino, lui, est certain qu'il ne partira pas, sa maman ayant trop besoin de lui. Et pourtant, il partira dans le Nord de l'Italie, tout comme Amerigo, dans une famille désireuse d'aider celles, plus pauvres, du Sud...

Au coeur de ce roman, Viola Ardone revient sur un fait historique assez méconnu : "Les trains du bonheur". Après la guerre, l'Union des Femmes Italiennes, en collaboration avec le parti communiste, organise des convois d'enfants pauvres du Sud afin qu'ils soient accueillis dans des familles du Nord, plus aisées, où ils pourront être habillés et nourris correctement et fréquenter l'école. Soixante-dix mille enfants seront ainsi acheminés. de ce fait, l'auteure imagine et raconte l'histoire d'Amerigo. Petit garçon âgé de presque 8 ans, il vit auprès de sa mère qui peine à ramener de l'argent à la maison, son père étant, aux dires de cette dernière, parti faire fortune en Amérique. Enfant espiègle et malin, en manque de câlins et d'amour, il voit cet exode comme une chance. Une chance mais à quel prix ? le narrateur, qui n'est autre qu'Amerigo, nous raconte son histoire, avec ses mots d'enfant, sa naïveté, ce qui rend ce roman d'autant plus touchant, fort et émouvant. Viola Ardone dépeint parfaitement ses sentiments, ses craintes, ses espoirs, ses contradictions, ses déchirements, et ce jusqu'à des décennies plus tard. Un roman doux-amer, mélancolique et tristement beau...
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Un siècle après sa mort Hector Malot se réincarne en Viola Ardone et Rémi revit en Amerigo en reprenant les ressorts qui ont fait le succès de « Sans Famille », « En Famille » ou de « Romain Kalbris ».

Au lendemain de la guerre, en 1946, les communistes proposent aux enfants de Milan, de passer quelques mois dans une famille du nord de l'Italie et affrètent « Le train des enfants ». Amerigo Speranza, accueilli par la famille Benvenuti, s'éloigne progressivement de sa mère Antonietta et devient un violoniste réputé.
En 1994, Antonietta meurt, à une époque d'affaiblissement de l'idéal communiste. Amerigo retourne à Naples et découvre son neveu Carmine dont les parents sont « absents »…

L'intrigue m'a rappelé celle de « Par amour » où Valerie Tong-Cuong évoquait ces enfants normands réfugiés au Maroc en 1941 et 1942 pour échapper au rationnement et aux bombardements et que le débarquement anglo-saxon de novembre 1942 sépara de leurs parents. Aussi bouleversante cette aventure italienne se lit d'une traite et ne laissera aucun lecteur insensible. J'ai particulièrement apprécié la quatrième partie, quand Amerigo est adulte, car j'avoue que le style « enfantin » des trois premières m'agace en massacrant continuellement notre langue.

« Rhapsodie italienne » avait été l'un de mes coups de foudre 2019 et c'est un plaisir de retrouver ici l'Italie, son histoire mouvementée et ses contrastes nord sud … Mais la romancière ne s'interroge pas sur les causes de la décadence napolitaine alors qu'il y aurait beaucoup à dire.

Rappelons qu'au XIX siècle, Naples était l'une des villes les plus prospères d'Europe, au même rang que Francfort-sur-le-Main, Vienne, Naples, Londres, et Paris, c'était l'une des cinq branches de l'empire Rotschild. L'unité italienne, sous la gouverne de la famille de Savoie, a ruiné le sud et l'a abandonné aux mafias pour le malheur d'Amerigo, Carmine et tant d'autres enfants.

PS : mon avis sur Rhapsodie italienne :
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec
14 novembre 2022
Un pan incroyable de l’Histoire ici magnifiquement romancé et raconté.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaCroix
27 janvier 2021
En 1946, un enfant pauvre du sud de l'Italie est accueilli dans une famille du Nord et découvre qu'il peut changer son destin.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (214) Voir plus Ajouter une citation
Moi dans la ruelle on m'appelle Nobel parce que je sais plein de trucs, même si j'ai arrêté d'aller à l'école. J'apprends dans la rue : je me balade, j'écoute les histoires, je mêle des affaires des autres. Personne ne naît avec la science en infusion.
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Je pense à ma maman Antonietta. Le soir, au lit, je collais mes pieds froids contre sa cuisse. Elle s’énervait : « Tu me prends pour ton radiateur ? Enlève-moi ces bouts de morue de là ! » Mais après, elle m’attrapait les pieds et les réchauffait entre ses mains, orteil par orteil. Et je m’endormais, mes doigts de pied au chaud entre ses doigts de main.
(pages 70-71)
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Dans cette école, la maîtresse est un monsieur qui s’appelle M. Ferrari. Il est jeune, il n’a pas de moustache et ne roule pas les r. Il dit aux autres que je suis un des enfants du train, qu’ils doivent m’accueillir et me faire me sentir comme chez moi. Chez moi, je n’avais rien, je me dis. Alors ce serait mieux qu’ils me fassent me sentir comme chez eux.
(page 124)
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En les voyant arriver dans la ruelle, La Jacasse faisait la grimace et disait : « Les dames de la charité sont là. » Nous, au début on était contents parce qu’elles nous apportaient des colis avec de la nourriture, sauf que petit à petit on s’est aperçus que dans les colis, il n’y avait ni pâtes ni viande ni fromage. Il y avait du riz. Toujours du riz, rien que du riz. Chaque fois qu’elles venaient, ma maman Antonietta levait les yeux au ciel et disait : « Fais riz-ette, on va faire riz-paille. »
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L'après-midi, à l'atelier, alors qu'on cirait un piano qu'on devait rendre, Alcide m'avait dit que les enfants méchants ça n'existe pas. C'est que des préjugés. Les préjugés, c'est quand tu penses quelque chose avant même de la penser parce que quelqu'un te l'a mise dans la cervelle et qu'elle y est restée bien plantée. Il a dit que c'est comme une sorte d'ignorance, et que tout le monde, pas seulement mes camarades d'école, doit faire attention à ne pas penser avec des préjugés.
Le lendemain, quand Benito m'a appelé Naples, Uliano s'est approché et il lui a fait : « Boucle-la, toi, avec ton prénom de faziste ! » Benito est allé se rasseoir au dernier rang sans rien répondre. Je me suis dit que c'était pas sa faute si ses parents lui avaient donné un mauvais prénom et que c'est bien vrai que les gentils aussi ont des préjugés.
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Vidéo de Viola Ardone
Extrait du livre audio « le Choix » de Viola Ardone, traduit par Laura Brignon, lu par Marie du Bled et Jean-Marc Delhausse. Parution numérique le 19 juillet 2023.
https://www.audiolib.fr/livre/le-choix-9791035412777/
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