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EAN : 9791027800872
800 pages
Le Castor Astral (10/11/2016)
4.16/5   31 notes
Résumé :
Sa vie se partageait entre le San Francisco des Diggers, le Japon adulé et son ranch dans le Montana auprès de ses amis Jim Harrison, Tom McGuane, Peter Fonda et Sam Peckinpah. Il aimait Baudelaire, le Grateful Dead et Janis Joplin, Emily Dickinson et William Carlos Williams, les haïkus de Bashô et Issa, les winchesters et le whisky. Ses poèmes, qu’il nommait ses « fleurs de papier avec de l’amour et de la mort », figurent parmi les plus réjouissants et les plus inv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Brautigan vous invite à son mariage avec Emily Dickinson. Les témoins seront Charles Baudelaire et le chapeau de Kafka. le premier assurera les offices religieux, avec ses « petites prières de la taille d'oiseaux morts ». le second ne fera rien : c'est un chapeau.

La lune de miel se déroulera en Égypte. Là, les « légions de sable mouvants de l'Histoire » engloutissent les armées humaines sans discontinuer, de Ramsès II à Rommel, comme si l'on marchait sur la partie supérieure d'un sablier.

Face à la fuite du temps, notre couple mélancolique trouvera néanmoins du réconfort dans la nuit japonaise, mâtinée d'ivresse et de visions condensées de la voie lactée, semblables à des grains de poussière, ou à « une espèce d'acier trempé dans la rosée ».

De même que Dickinson pratiquait l'art du jardinage, Brautigan invitait à planter la première édition d'un de ses recueils, accompagnée de graines. le lecteur gagnerait peut-être à laisser ces poèmes germer en lui. Il pourrait en ressortir une filiation, ou du moins une correspondance.
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Merci au Castor Astral! Magnifique édition bilingue des poésies de Brautigan. Ceux qui ont lu ses romans le connaîtront mieux, les autres découvriront un trésor de la littérature américaine. Considéré comme faisant partie de la clique des écrivains du Montana, et ami d'Harrisson ou de McGuane. Ici, Baudelaire vent des fleurburgers et Emily Dickinson se marie. On pourrait croire à du burlesque, à un Oulipien perdu outre atlantique et ne maîtrisant pas trop les règles. On y verra du Vian parfois, moi j'y vois l'enfant de Bukowski et de Szymborska (Castor Astral, à quand l'intégrale de Szymborska ??). Mais soyons sérieux! Brautigan est un poète de l'instant, de l'expérience du moment présent, presque un phénoménologiste, qui se demande continuellement: la vie ne peut quand même pas se résumer à ça ? Alors parfois, il poétise la réalité... Je vous défie de ne pas sourire à cette lecture, et je sais que vous pleurerez quelque part... Oh, quel cadeau cette édition!!
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L'intégrale (ou presque) des poésies de Richard Brautigan en édition bilingue.
Né en 1935 et décédé en 1984, romancier et poète, il a fréquenté les artistes de la Beat Generation à San Francisco. et est surnommé comme « le dernier des Beats ».
Autobiographiques et parfois indéfinissables, souvent de forme courte, ces poésies, qui décrivent le quotidien ou des instants fugaces, beaucoup touché.
« C'est le bon moment pour mélanger des phrases,
des phrases et de la terre, le soleil
et la ponctuation, la pluie et
des verbes, que les asticots traversent
les points d'interrogation,
que les étoiles éclairent les noms
bourgeonnants, et que la rosée se forme
sur
des paragraphes ».
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Juste pour information. Cette intégrale n'en est pas vraiment une. Vous n'y trouverez pas les poèmes laissés par Richard à Edna Webster. Nous pouvons nous demander pourquoi d'ailleurs. le même éditeur les publie dans un autre recueil "Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus". Cela n'enlève rien à la richesse de cette "intégrale". Kenavo.
Lien : https://jakezkerhom.bzh@gmai..
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La somptueuse intégrale bilingue de la poésie de Richard Brautigan. Un immense must.

Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/11/17/note-de-lecture-cest-tout-ce-que-jai-a-declarer-richard-brautigan/
Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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critiques presse (1)
Telerama
05 juillet 2017
Tantôt drôles, tantôt sombres, les poèmes minimalistes du romancier au look hippie portaient aux nues l'incongruité. Son arme pour résister à l'hostilité du monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
The rain

I was born in the junkyard.
A dead man came out of a tin shack
covered with dark roses
and said, It’s going to rain.
Would you like to buy an old car
that looks just like an umbrella?
I have the man fifty dollars.
He put some gas in the car
and I drove away.
When I looked back,
the junkyard was gone
and in its place
was a famous castle.
A beautiful woman
was standing 
at the top
of the waterfall. 
She had long hair
like fish.
I think she was the queen
and I was the king.
Good-bye.
Good-bye.


La pluie

Je suis né dans une décharge.
Un homme est sorti d’une cabane en tôle
couverte de roses sombres
et a dit : Va pleuvoir.
T’aimerais acheter une vieille voiture
qui ressemble à un parapluie ?
Je lui ai donné cinquante dollars.
Il a mis de l’essence dans la voiture
et je suis parti.
Lorsque j’ai regardé derrière moi,
la décharge avait disparu
et à sa place
se trouvait un célèbre château.
Une belle femme
se tenait
tout en haut
de la cascade.
Elle avait de longs cheveux
comme des poissons.
Je pense que c’était la reine
et que j’étais le roi.
Au revoir.
Au revoir.
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All Watched Over by Machines of loving Grace
 
I like to think ( and
the sooner the better! )
of a cybernetic meadow
where mammals and computers
live together in mutually
programming harmony
like pure water
touching clear sky.
 
I like to think
        ( right now please! )
of a cybernetic forest
filled with pines and electronics
where deer stroll peacefully
past computers
as if they were flowers 
with spinning blossoms.
 
I like to think
        ( it as to be!)
of a cybernetic ecology
where we are free of our labors
and joined back to nature,
returned to our mammal
brothers and sisters,
and all watched over
by machines of loving grace.


Tous surveillés par des machines d’amour et de grâce

Il me plaît d’imaginer (et
le plus tôt sera le mieux !)
une prairie cybernétique
où mammifères et ordinateurs
vivent ensemble dans une harmonie
mutuellement programmée
comme de l’eau pure
effleurant un ciel serein.

Il me plaît d’imaginer
(tout de suite s’il vous plaît !)
une forêt cybernétique
peuplée de pins et d’électronique
où le cerf flâne en paix
au milieu des ordinateurs
comme s’ils étaient des fleurs
à boutons rotatifs.

Il me plaît d’imaginer
(et ça doit arriver !)
une écologie cybernétique
où, libérés de nos labeurs
et retournés à la nature
auprès de nos frères et sœurs
mammifères,
nous sommes tous surveillés
par des machines d’amour et de grâce.
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LA DERNIÈRE SURPRISE

La dernière surprise c'est quand tu en viens petit à petit à te rendre compte que plus rien ne te surprend.

The last surprise is when you come
gradually to realize that nothing
surprises you any more.
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Parcourons la nouvelle maison américaine



Il y a des portes
qui veulent être libres
de leurs gonds pour
voler avec de parfaits nuages.

Il y a des fenêtres
qui veulent être
détachées de leur
chambranle pour courir avec
les daims à travers les prés
de l’arrière-pays.

Il y a des murs
qui veulent rôder
avec les montagnes
à travers les premières
lueurs de l’aube.

Il y a des sols
qui veulent digérer
leurs meubles pour en faire
des fleurs et des arbres.

Il y a des toits
qui veulent voyager
gracieusement avec
les étoiles à travers
des cercles d’obscurité.
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There is darkness on your lantern
and pumpkins in your wind,
and Oh, they clutter up your mind
with their senseless bumping
while your heart is like a sea gull
frozen into a long distance telephone
call.

I’d like to take the darkness
off your lantern and change the pumpkins
sky fields of ordered comets
and disconnect the refrigerator telephone
that frightens your heart into standing

still.


Il y a de l'obscurité sur ta lanterne
et des potirons dans ton vent,
et Oh, ils encombrent ton esprit
avec leur secousses insensées
pendant que ton cœur est comme une mouette
congelée dans un appel téléphonique longue distance.

J’aimerais ôter l’obscurité
de ta lanterne et changer les potirons
en champs célestes de comètes ordonnées
et débrancher le téléphone réfrigérateur
qui glace d’effroi
ton cœur.
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