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EAN : 9791027800872
800 pages
Éditeur : Le Castor Astral (10/11/2016)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Sa vie se partageait entre le San Francisco des Diggers, le Japon adulé et son ranch dans le Montana auprès de ses amis Jim Harrison, Tom McGuane, Peter Fonda et Sam Peckinpah. Il aimait Baudelaire, le Grateful Dead et Janis Joplin, Emily Dickinson et William Carlos Williams, les haïkus de Bashô et Issa, les winchesters et le whisky. Ses poèmes, qu’il nommait ses « fleurs de papier avec de l’amour et de la mort », figurent parmi les plus réjouissants et les plus inv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
batlamb
  22 novembre 2020
Brautigan vous invite à son mariage avec Emily Dickinson. Les témoins seront Charles Baudelaire et le chapeau de Kafka. le premier assurera les offices religieux, avec ses « petites prières de la taille d'oiseaux morts ». le second ne fera rien : c'est un chapeau.
La lune de miel se déroulera en Égypte. Là, les « légions de sable mouvants de l'Histoire » engloutissent les armées humaines sans discontinuer, de Ramsès II à Rommel, comme si elles marchaient sur la partie supérieure d'un sablier.
Face à la fuite du temps, notre couple mélancolique trouvera néanmoins du réconfort dans la nuit japonaise, mâtinée d'ivresse et de visions condensées de la voie lactée, semblables à des grains de poussière, ou à « une espèce d'acier trempé dans la rosée ».
De même que Dickinson pratiquait l'art du jardinage, Brautigan invitait à planter la première édition d'un de ses recueils, accompagnée de graines. le lecteur gagnerait peut-être à laisser ces poèmes germer en lui. Il pourrait en ressortir une filiation, ou du moins une correspondance.
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Blackbooks
  22 décembre 2019
Au bar des souvenirs j'ai éclusé la vie.Tournée de soupirs, fumée de mélancolie. Au bar des souvenirs j'ai grillé l'envie. Bouffé l'avenir, dégusté jusqu'au déni. Volutes d'espoir dissipées dans les cendres du mensonge. Vapeurs de rêve délétères.Au bar de la vie, ma soif est tarie.Abreuvé aux échecs dans l'ombre de la vie, j'ai cotoyé votre table, votre poévie.Au bar de la vie, mon âme est partie.Asséchée aux rumeurs dans la lumière de sa vie, j'ai misé au poker de la survie.Au bar des souvenirs j'ai croisé votre sourire. Dents blanches, sur idées noires, mélodie absurde.Mots envolés sur les fleurs de l'instant.Rimes butineuses de votre plume rêveuse.Vers brisés de vos tourments distantsDélices tumultueuses cimes pluvieusesAu bar des souvenirs, j'ai connu votre ire. Arpège de tristesse, octave solitaire, partition absurde.Piano du bonheur, croche de vie, adagio du présent, l'ivresse s'infuse.Dans la noirceur des bars atrabilaires, la douceur de vos mots dialyse les âmes, les coeurs blémis. Ivrogne de rêverie, je me grise de votre absurdie. Qu'importe la beauté du sens si elle me touche, me couche. Les mots vadrouillent, emportent les points, les virgules. Les corps conjuguent, les coeurs déclinent, s'accordent aux émotions. Qu'importe les règles, la poévie dérive sur les rives des êtres. Tempête d'idée dévastatrice de joie, « mémoires sauvées du vent », grains de sable qui ondulent sur les grèves abandonnées du souvenir, houle d'émotions sépias ressurgies de l'enfance. Des instantanés du quotidien, des miettes de rêve tombées au hasard des balades échoient devant nos yeux. Effeuillage des instants de vie, des pétales de poésie à l'inflorescence complexe, des bouquets de rêve enivrants. Herbiers de futilité, albums épars, irisés de tendresse, d'amour. On effleure les nuages oniriques, les mots cotonneux qui nous bercent, nous transportent. Qu'importe la structure si les vers caressent nos peurs, déchirent nos armures de peau. La littérature emporte, dévaste, enrage. Absurde peut-être ? Au son de vos mots bat mon coeur d'être perfectible. Je suis faible, faible de rêver, de croire, d'aimer. Au bar de vos souvenirs, j'ai trouvé ma vie. Tournée d'espoir, fumée de rêverie. Au bar de vos souvenirs, j'ai vu l'envie. Dégusté l'avenir, bouffé le déni. Au bar de vos souvenirs j'en reprendrais volontiers... C'est tout ce que j'ai à déclarer....
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Szymborska
  30 décembre 2016
Merci au Castor Astral! Magnifique édition bilingue des poésies de Brautigan. Ceux qui ont lu ses romans le connaîtront mieux, les autres découvriront un trésor de la littérature américaine. Considéré comme faisant partie de la clique des écrivains du Montana, et ami d'Harrisson ou de McGuane. Ici, Baudelaire vent des fleurburgers et Emily Dickinson se marie. On pourrait croire à du burlesque, à un Oulipien perdu outre atlantique et ne maîtrisant pas trop les règles. On y verra du Vian parfois, moi j'y vois l'enfant de Bukowski et de Szymborska (Castor Astral, à quand l'intégrale de Szymborska ??). Mais soyons sérieux! Brautigan est un poète de l'instant, de l'expérience du moment présent, presque un phénoménologiste, qui se demande continuellement: la vie ne peut quand même pas se résumer à ça ? Alors parfois, il poétise la réalité... Je vous défie de ne pas sourire à cette lecture, et je sais que vous pleurerez quelque part... Oh, quel cadeau cette édition!!
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Jakez
  11 août 2017
Juste pour information. Cette intégrale n'en est pas vraiment une. Vous n'y trouverez pas les poèmes laissés par Richard à Edna Webster. Nous pouvons nous demander pourquoi d'ailleurs. le même éditeur les publie dans un autre recueil "Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus". Cela n'enlève rien à la richesse de cette "intégrale". Kenavo.
Lien : https://jakezkerhom.bzh@gmai..
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Charybde2
  17 novembre 2016
La somptueuse intégrale bilingue de la poésie de Richard Brautigan. Un immense must.
Sur mon blog : https://charybde2.wordpress.com/2016/11/17/note-de-lecture-cest-tout-ce-que-jai-a-declarer-richard-brautigan/
Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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critiques presse (1)
Telerama   05 juillet 2017
Tantôt drôles, tantôt sombres, les poèmes minimalistes du romancier au look hippie portaient aux nues l'incongruité. Son arme pour résister à l'hostilité du monde.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
batlambbatlamb   24 novembre 2020
The Second Kingdom

In the first kingdom
of the stars,
everything is always
half-beautiful.

Your fingernails
are angels
sleeping after
a long night
of making love.

The sound of
your eyes: snow
coming down
the stairs
of the wind.

Your hair
is the color
of God picking
flowers.

In the second
kingdom of the stars
there is only

you.


Le second royaume

Dans le premier royaume
des étoiles,
tout est toujours
à moitié beau.

Tes ongles
sont des anges
dormant après
une longue nuit
d’amour.

Le bruit de
tes yeux : la neige
tombant
dans l’escalier
du vent.

Tes cheveux
sont la couleur
de Dieu cueillant
des fleurs.

Dans le second
royaume des étoiles
il n’y a que

toi.
+ Lire la suite
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batlambbatlamb   22 novembre 2020
There is darkness on your lantern

and pumpkins in your wind,

and Oh, they clutter up your mind

with their senseless bumping

while your heart is like a sea gull

frozen into a long distance telephone

call.



I’d like to take the darkness

off your lantern and change the pumpkins

into sky fields of ordered comets

and disconnect the refrigerator telephone

that frightens your heart into standing

still.


Il y a de l'obscurité sur ta lanterne
et des potirons dans ton vent,
et Oh, ils encombrent ton esprit
avec leur secousses insensées
pendant que ton cœur est comme une mouette
congelée dans un appel téléphonique longue distance.

J’aimerais ôter l’obscurité
de ta lanterne et changer les potirons
en champs célestes de comètes ordonnées
et débrancher le téléphone réfrigérateur
qui glace d’effroi
ton cœur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
batlambbatlamb   20 novembre 2020
Death is a beautiful car parked only
to be stolen on a street lined with trees
whose branches are like the intestines
of an emerald.

You hotwire death, get in, and drive away
like a flag made from a thousand burning
funeral parlors.

You have stolen death because you’re bored.
There’s nothing good playing at the movies
in San Francisco.

You joyride around for a while listening
to the radio, and then abandon death, walk
away, and leave death for the police
to find. 


La mort est une magnifique voiture garée uniquement
pour être volée dans une rue bordée d’arbres
dont les branches sont comme les intestins
d’une émeraude.

Tu démarres la mort avec les câbles de contact,
tu montes et tu t’en vas comme un drapeau
fait de milliers de pompes funèbres en feu.

Tu as volé la mort parce que tu t’ennuyais.
Il n’y a rien de bien au cinéma à San Francisco.

Tu roules un moment au volant de la voiture volée
en écoutant la radio, puis tu abandonnes la mort,
tu t’éloignes à pied, et tu laisses la mort que la police finira par
retrouver.
+ Lire la suite
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batlambbatlamb   22 novembre 2020
Japan

Japan begins and ends
with Japan.

Nobody else knows the
story.

… Japanese dust
in the Milky Way.

Tokyo
May 18, 1976


Japon

Le Japon commence et s’achève
avec le Japon.

Personne d'autre ne connaît
l'histoire.

… Poussière japonaise
dans la Voie lactée.

Tokyo 18 mai 1976
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batlambbatlamb   22 septembre 2020
All Watched Over by Machines of loving Grace
 
I like to think ( and
the sooner the better! )
of a cybernetic meadow
where mammals and computers
live together in mutually
programming harmony
like pure water
touching clear sky.
 
I like to think
        ( right now please! )
of a cybernetic forest
filled with pines and electronics
where deer stroll peacefully
past computers
as if they were flowers 
with spinning blossoms.
 
I like to think
        ( it as to be!)
of a cybernetic ecology
where we are free of our labors
and joined back to nature,
returned to our mammal
brothers and sisters,
and all watched over
by machines of loving grace.


Tous surveillés par des machines d’amour et de grâce

Il me plaît d’imaginer (et
le plus tôt sera le mieux !)
une prairie cybernétique
où mammifères et ordinateurs
vivent ensemble dans une harmonie
mutuellement programmée
comme de l’eau pure
effleurant un ciel serein.

Il me plaît d’imaginer
(tout de suite s’il vous plaît !)
une forêt cybernétique
peuplée de pins et d’électronique
où le cerf flâne en paix
au milieu des ordinateurs
comme s’ils étaient des fleurs
à boutons rotatifs.

Il me plaît d’imaginer
(et ça doit arriver !)
une écologie cybernétique
où, libérés de nos labeurs
et retournés à la nature
auprès de nos frères et sœurs
mammifères,
nous sommes tous surveillés
par des machines d’amour et de grâce.
+ Lire la suite
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