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ISBN : 2267031000
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (25/10/2018)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 320 notes)
Résumé :
"Faut bien le reconnaître, ce livre m’a énervé. Moi aussi, j’ai fait des polars: j’ai encore la série complète sur mon étagère ; je les donne presque tous pour avoir pondu les aventures du type qui se retrouve un matin dans un cimetière de San Francisco avec quatre Noirs pleins de rasoirs autour de lui, une mère grondeuse qui l’accuse d’avoir tué son père à l’âge de quatre ans avec une balle en caoutchouc, qui possède en prime un cadavre dans le réfrigérateur et, da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
tamara29
  28 mai 2016
Je dois vous faire un aveu. Richard Brautigan titillait la lectrice que je suis depuis quelques années. Par les bonnes critiques de ses différents romans, les belles évocations d'auteurs français notamment, j'avais depuis longtemps envie de découvrir cet écrivain.
Et là, je vous fais mon deuxième aveu dont je ne suis pas très fière : je l'ai abordé un jour, un peu intimidée, dans les « Mémoires sauvées du vent ». Et, à mon grand désarroi, je n'ai pas été transportée autant que je pensais l'être. Je n'étais peut-être pas prête ou j'en attendais peut-être trop pour cette première rencontre. Ressentir tout de suite les effusions du coeur, les étreintes, une chaleur diffuse et le sourire bêtement aux lèvres… Il n'y a pas eu tout cela. Pas aussi fort en tout cas.
Certes, je n'étais pas déçue au point de tirer un trait définitif, de décider de l'oublier et de passer à un autre. Parce que cette première rencontre m'avait tout de même donnée envie d'un autre rendez-vous. J'avais entrevu sa sensibilité, son humour, sa poésie. Je voulais que Brautigan s'ouvre à moi, qu'il me permette de le connaître mieux. Mais, peut-être, étais-je trop entreprenante pour qu'il se laisse amadouer comme ça. En plus, il ne devait pas manquer de plus jeunes et pimpantes entichées, je devais l'accepter. Et je continuais de lire les critiques enthousiastes, et j'avoue que j'avais envie de faire partie de la bande, moi aussi, des admirateurs, des amoureux(ses).
Heureusement, l'âge aidant, je savais depuis longtemps que l'amour ça se travaille. Il ne faut jamais baisser les bras. Croire les choses acquises. Se contenter de la première impression. Faut dire aussi que le coup de foudre j'avais connu, et ce n'était franchement pas beau à voir, comment j'en étais sortie.
Alors à choisir entre un coup de foudre (passionnel) qui trépasse obligatoirement et un amour durable, je préférais la seconde alternative entre nous.
Non, Richard, moi, je ne veux pas d'une passion qui se consume en quelques pages et qui laisse le coeur vide ou douloureux. Je ne veux pas qu'entre nous ce soit juste une histoire d'un soir, vite oubliée. Une histoire qui n'aura pas duré.
Entre toi et moi, je préférais une relation qui se construit peu à peu, mois après mois, roman après roman, mais qui se soude, solide car construite sur de meilleures bases. Et cette relation-là n'interdit/n'empêche en rien les étincelles, les pulsations du coeur, les étreintes…
J'ai l'utopie de croire en de possibles sentiments « longue durée ». A une complicité sur du long terme. Pouvoir toujours compter au fil des ans sur quelqu'un, les mots rassurants d'un être cher, d'un vieil ami, d'un long amour. A perpet'. Je veux qu'à 80 balais on me raconte encore de belles histoires, qu'on éveille ma curiosité, qu'on me dise des mots doux et virevoltants. Je veux de l'échange et des rires. Qu'on réussisse encore à me faire rêver et à faire battre mon coeur -quitte à ce qu'il claque parce qu'il n'est plus de toute première jeunesse mais, au moins, il aura claqué avec beauté-. J'en vois qui ricanent derrière leur écran sur moi et mes utopies. Mais, sincèrement, je ne veux pas à cet âge (si j'arrive jusque-là, certes) ne faire plus que me remémorer avec nostalgie mes belles années, sans plus rien ressentir, sans plus savoir m'émerveiller, et ne savoir que m'ennuyer dans mon fauteuil roulant à regarder pousser les fleurs dans le parc de la maison de retraite, ou encore que mon seul bonheur soit de (re)lire les oeuvres que je ne me souviendrais plus avoir lu, avec cette mémoire qui flanche ou plus.
Alors, c'était dit, je ne baissais pas les bras. Je voulais une autre soirée tous les deux, un autre roman entre nous, et tout le tralala, parce que je croyais toujours que mon coeur allait s'emballer pour toi.
C'est par l'entremise d'« un privé à Babylone » que j'ai eu la chance d'enfin te connaître et de sentir mon coeur s'ouvrir et s'enflammer. Dès la première page, tu me faisais sourire et tu me faisais entrer dans ton monde, avec bonheur. J'étais admirative, impressionnée par tes mots, ton imagination, ton imaginaire, ta poésie déjantée, ton jeu entre la finesse et le brut. En quelques minutes, tu m'avais donnée l'envie de te suivre, même jusqu'à Babylone, s'il le fallait. Tu m'avais conquise. Ce privé rêveur je savais que c'était un peu de toi que tu m'offrais.
Parfois, ça vaut vraiment le coup d'y croire encore. Et je dois te remercier de n'avoir pas cassé mon rêve. Faut que je te le dise, je vais me faire pardonner de ne pas t'avoir comprise tout de suite. Promis, je relirai « Mémoires sauvées du vent » après avoir découvert tes autres trésors, tes autres rêves. Quand j'aime, je ne compte pas… et je ne lâche plus. Je lis toutes les oeuvres, tous les romans de cet écrivain dont je me sens si proche (car il sait parler à une part de moi-même), soit avec frénésie, soit lentement, en savourant. Faut bien que je tienne jusqu'à mes 80 ans…
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iris29
  01 janvier 2017
Quand le polar n'est qu'un prétexte à des digressions farfelues immensément poétiques et humoristiques ...
C Card est un détective privé sans secrétaire, sans téléphone , sans bureau, sans voiture , sans client ...Sans ...Sans ...
C Card , c'est la loose intégrale , il habite un taudis auquel il redonne des lettres de noblesse en n'y faisant jamais le ménage . Il doit de l'argent à tous ces proches et a même volé un clochard un jour .
Mais il est riche de rêves , quand ça va mal , il peut toujours s'évader à Babylone, son pays imaginaire à lui . ♫ Monsieur rêve ♫...à une secrétaire hyper sexy , à un roman , à son personnage de fiction , Smith Smith .
Bien sûr son "don" pour cet ailleurs , crée des failles spacio-temporelles dans son emploi du temps qui font de cette particularité , un handicap . C'est à cause de cela qu'il n'a pas été reçu à l'école de police et qu'il fait un Privé minable .
Mais un jour une splendide blonde lui offre 1000 dollars en échange de ses services et sa situation financière s'en trouve grandement améliorée, à moins que ce ne soit que la continuité des ennuis .
" Elle m'a fait un geste des yeux pour m'inviter à monter [dans sa voiture ] . C'était un geste bleu ".
Des mots d'une infinie poésie , des passages qui auraient pu être écrits par Boris Vian , des "gestes " bleus et du noir très noir.
Un roman qui vaut pour la plume , plus que pour le suspens et une lecture très agréable .
Merci à Fleitour ....
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le_Bison
  10 mai 2012
C. Card aurait pu faire un bon flic. Il aurait pu devenir un excellent inspecteur s'il avait réussi son examen d'entrée. Seulement en plein milieu de l'épreuve, il s'est mis à rêver de Babylone. Et lorsque son esprit s'éprend de Babylone, il peut y rester des heures dans ce paradis. Alors C. Card est devenu détective, « un privé à Babylone ». La réussite n'est plus vraiment au rendez-vous, plus de bureau, plus de secrétaire, plus de voiture, et même plus le moindre sou pour se payer quelques balles pour charger son revolver vide. La misère et la déchéance d'un privé qui rêve trop. Parce que la vie est belle, dans ses rêves : une magnifique secrétaire, belle et intelligente, amoureuse de lui ; il est le plus beau, le plus fort, le maître de Babylone. Mais le rêve fini, la chute brutale dans la réalité est encore plus dure.
Mais cela va changer ! C. Card est sur un coup, le genre de coup qui vous permet de vous renflouer, qui va lui permettre de relouer un bureau, de repayer une secrétaire, et une belle en plus ! Il a déniché une nouvelle cliente, la femme idéale (si, si ! Vous ne me croirez peut-être pas, mais elle ‘semble' exister) : belle, riche et capable de boire des litres de bière sans éprouver le besoin d'aller aux toilettes (cette femme est unique ! – je l'aime déjà !).
Je vous le dit : ça c'est du roman policier ! Un vrai polar américain avec un privé doux rêveur mais tout aussi philosophe. Un régal désopilant qui fait de ce roman de Richard Brautigan plus qu'un simple pastiche de polar : l'histoire d'un homme seul qui à force de rêver à Babylone atteint le sommet de la déchéance humaine ; même le pauvre aveugle SDF au bas de sa rue semble mieux loti que lui, mais C. Card s'en fout carrément car il a une chose bien plus précieuse que les quelques billets pouvant lui servir à louer un bureau pour son agence ou à payer une secrétaire, même moche avec des boutons : il a un RÊVE !
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Fleitour
  15 octobre 2015
Richard Brautigan, l'auteur de Un privé de Babylone, s'est donné la mort le 25 octobre 1984, ce jour là sont pistolet n'a pas fait clic, il a bien fonctionné. Et pourtant avec l'imagination qu'il a su déployer tout au long de sa courte vie littéraire il aurait pu pour ses lecteurs, continuer à nous tenir en haleine avec ses multiples facéties .
Il aura surtout, avec sa révérence, frustré quelques uns de nos meilleurs auteurs de polars et d'humour noir.Il a créé un genre burlesque à la San Antonio.
A le relire on est bien sur des partitions largement jouées, il reste son personnage de détective privé, L Oeil comme dit Pilon, qui ne boit que de l'Old Crow, qui se venge sur le téléphone « histoire de montrer qu'il y a des gens qui ne se laissent pas dévaliser sans se battre »p153, un bras cassé, toujours fauché prêt à tout pour gagner quelques cents.
Alors pourquoi ne pas imaginer son héros à la recherche de trois balles perdues pour un pétard, finalement il en trouve une mais pour du 32, or lui c'est un 38 « comment t'as deviné « quand on te connaît c'est pas difficile « 
En mauvais détective le Card ou le Cave joue chaque moment, chaque événement comme au poker, le plus souvent c'est au bluff, et comme la marée, quand la chance monte ça monte ... ou ça devrait.
Le sergent Rink son alter Ego dans la police, aussi imprévisible que coriace, posant sur les truands un regard blasé, le Médecin légiste Pilon et L Oeil nous offrent une scène hilarante dans la morgue de San Francisco à la recherche de cadavres kidnappés par des truands .
Dans ce roman même les truands ont de l'humour, chez Sourire, p'tite Daube, Fabrique d'enclumes...
Ce polar loufoque, met en scène le Looser, le vrai, l'authentique l'unique, Richard Brautigan, poète de l'absurde, nous offre avec ce roman une comédie déjantée, un pastiche du roman noir à travers les tribulations d'un rêveur accro à Babylone et aux milles et une nuits .
Du grand art et quel beau plaisir de lecture.
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gouelan
  05 juillet 2017
Un détective privé qui dès le départ, il faut l'avouer, n'a pas toutes les munitions, pour faire carrière.
Enfant, sa balle de caoutchouc s'égare sur la chaussée, sa vie dérape. Celle de son père s'écrase.
Au baseball, la balle lui fracasse les idées en plein vol, il ne sera plus jamais le même.
Puis, à la guerre, à laquelle il est venu par erreur, par un rêve d'ailleurs qui n'a guère à voir avec la guerre, il reçoit deux balles à un endroit et dans des conditions telles, qu'elles ne feront jamais de lui un héros.
Et enfin, devenu l'oeil (Private Eye), le privé sans balles, ni cent balles, plus pauvre que le clochard en sandales, ne risque pas de tirer les conclusions judicieuses pour résoudre ses affaires.
Mais, il s'en fiche. Il s'évade à Babylone, s'invente des histoires où la vie ne peut décidément pas être pire que la réalité. Des histoires de détective privé qui ne craint pas les ombres et sait se faire aimer. Il pourrait en faire des romans.
De retour à la réalité, dans son ombre de vie, Il est privé de tout. Il ne se passe rien, mais pas que dalle. Il a un RÊVE.
Une lecture poétiquement absurde, où le polar en perd ses frissons.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   31 décembre 2016
Après ça, je pourrais donner quelques dollars à ma propriétaire et lui dire que le fourgon blindé dans lequel on m'envoyait mon million de dollars s'était perdu dans le brouillard de cactus près de Phoenix , dans l'Arizona , mais qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète : il était maintenant certain que le brouillard allait se lever d'un jour à l'autre et l'argent arriver .
Si elle me demandait ce que c'était qu'un brouillard de cactus, je lui dirais que c'était le genre de brouillard le plus terrible parce qu'il était plein de piquants . Qu'une fois pris dedans , il était extrèmement risqué de se déplacer . Que le mieux c'était de rester sur place et d'attendre qu'il s'en aille .
Mon million de dollars attend que le brouillard se dissipe .
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VALENTYNEVALENTYNE   09 juillet 2015
Finalement, elle a parlé, après s’être humecté les lèvres.
« Ecoutez, espèce de gros flic, dit-elle. Pour commencer, les menottes sont trop serrées. Ensuite, j’ai envie de boire une bière. Tertio, je suis riche et je m’en tire déjà pas mal comme çà. Et puis, en plus, vous ne pouvez rien prouver. Tout ce que vous avez, c’est une série de preuves indirectes, et mes avocats se feront un plaisir de les mettre en pièces, que c’en sera un vrai bonheur. Quand ils vous auront amené à la barre, une fois qu’ils en auront fini avec vous, le commissariat de police vous mettra en retraite anticipée pour troubles mentaux. Cela ou alors la prochaine affaire sur laquelle vous vous retrouverez consistera à balayer derrière les chevaux avec une petite pelle dans les écuries de la police. Cela vous paraît un peu plus clair maintenant ? »
Personne n’avait jamais dit au sergent Rink avant qu’il était une espèce de gros flic.
Il est resté planté là, incrédule.
Il avait joué et il fallait qu’il abatte sa main.
« Réfléchissez-bien » dit-elle.. Et puis elle a baissé les yeux vers ses poignets entravés en prenant un air exaspéré, quelque chose de très bien fait. Après ça, elle a regardé le sergent droit dans les yeux. Elle n’a pas baissé les siens.
Moi je suis resté là, comme au cinéma, à regarder tout cela se dérouler sous mes yeux. Le prix du billet ne s’élevait qu’à un voyage au cimetière à minuit dans une voiture volée après avoir tiré dans la jambe d’un nègre plus un arrêt chez moi pour mettre le corps d’une prostituée assassinée dans mon réfrigérateur.
Pas cher.
« Je crois que vous bluffez, dit le sergent Rink.
– Vous n’êtes tout de même pas aussi bête que vous en avez l’air, dit la blonde riche. Vous savez à quoi ça ressemble vingt-cinq ans de crottin?
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le_Bisonle_Bison   10 mai 2012
Ma cliente savourait une bière.
La boire lui procurait un plaisir infini. Elle ne buvait pas comme on aurait pu s’y attendre. Elle n’avait rien d’une dame dans sa façon de boire sa bière. Elle buvait de la bière comme un docker le jour de paye.
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iris29iris29   30 décembre 2016
Ils ont fait glisser son corps à l'arrière de la fourgonnette de la morgue . Il y avait déjà un autre cadavre dedans ; ça lui ferait un peu de compagnie pour descendre en ville , sur le chemin de la morgue . Je suppose que c'est mieux que d'y aller tout seul .
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AmbagesAmbages   04 mai 2016
Il y a des années de ça, j'ai passé la nuit avec une femme, à l'époque où je vivais dans un appartement plus chic. Elle était secrétaire chez un gars qui vendait des voitures d'occasion. Je l'aimais vraiment beaucoup cette fille. J'avais espoir que ça devienne très très sérieux entre nous. Voire d'obtenir une réduction de quelques dollars sur une voiture d'occasion.
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