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Octavia-E Butler (Autre)Iawa Tate (Traducteur)
EAN : 9791030703771
555 pages
Éditeur : Au Diable Vauvert (28/01/2021)
3.96/5   46 notes
Résumé :
Californie 2032. La fille de Lauren, Asha, créatrice de jeux virtuels, découvre le journal dans lequel Lauren a posé les bases de Semence de la Terre, bible humaniste et pacifiste.
Dans un pays au comble du chaos, les élections portent au pouvoir le révérend Jarret, un chrétien fondamentaliste. L'Amérique renoue avec la grande tradition de l'esclavagisme, dernière étape avant l'ouverture de camps de détentions destinés aux rebelles. C'est le sort réservé à la... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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julspirit
  11 avril 2021
Je me demande ce qui provoque le désir de lire un livre plutôt qu'un autre. le nom de l'auteur.e, d'abord. le titre, sans doute. La couverture, parfois. le genre, peut-être. La recommandation d'un.e ami.e, évidemment. En ce qui me concerne, tous ces éléments ont une importance. Mais il y a une chose à laquelle je me reporte toujours, sans aucune exception : l'argument donné en 4ème de couverture. Rien ne me donne plus envie de lire un livre ou de ne pas le lire que ces quelques lignes qui me permettent de me projeter dans ma future lecture et d'évaluer si cela pourrait me plaire.

Mais plus le temps passe, plus m'apparaît clairement le défaut majeur de cette habitude. Ma lecture est en effet modelée par cette courte présentation, contrainte en quelque sorte. Dans le livre dont il est question ici, j'ai ressenti cela de manière flagrante. Attention je ne parle pas du fait de dévoiler des éléments-clés de l'intrigue, à la manière de certaines bandes-annonces, dont la vision se termine invariablement par un commentaire du type « Bon bah c'est bon, on a tout vu, pas la peine d'aller au ciné ».

Ici, le synopsis, au lieu d'introduire l'intrigue, la détourne. le roman, tel que je l'ai lu, fait le récit des aventures de Lauren Oya Olamina, prêcheuse païenne à la tête d'une petite communauté de fidèles, mais vu à travers les yeux de sa fille, Asha, qui lit et commente le journal écrit par sa mère. Cette relation à distance entre la mère et la fille est au coeur de l'ouvrage, son ambiguïté en est l'intérêt profond, bien plus à mon sens que la vision dystopique d'une Amérique déclassée et en proie à la violence.

Or cette analyse rétrospective du roman a été polluée tout au long de la lecture par l'idée que j'avais en tête depuis le départ, suite à ma consultation de la 4ème de couverture. J'étais ainsi persuadé que La Parabole des talents, suite de la Parabole du semeur, narrerait les aventures d'Asha en 2032, « célèbre créatrice de jeux virtuels », qui « entre en résistance à son tour », à la suite de sa mère. C'est triplement trompeur. D'abord parce que si l'action démarre en 2032, la lecture du journal débute elle au plus tôt en 2090. Ensuite parce que la profession d'Asha n'est évoquée qu'en passant, dans les dernières pages, mais que cela n'influe nullement sur l'histoire dont il est question. Enfin parce que,

Pourquoi insister sur ces quelques lignes et pas sur le roman ? Parce que je me suis rendu compte à cette occasion à quel point ma lecture s'est retrouvée prisonnière de ce résumé, à quel point je suis passé à côté du sujet en me demandant quand, enfin, le roman rejoindrait le chemin tracé par le synopsis de la 4ème de couverture, quand la fille succèderait à la mère en tant qu'héroïne. Cela ne s'est jamais produit.

C'est bien dommage, car le travail d'Octavia E. Butler sur la foi, la filiation, l'absence, la construction de l'identité est à bien des égards passionnant. J'en tirerai une leçon pour l'avenir : pour se laisser porter et emporter par un roman, mieux vaut en savoir le moins possible !

Je remercie néanmoins sincèrement Babelio et la maison d'édition de m'avoir offert cette lecture dans le cadre de l'opération « Masse Critique ».
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julspirit
  16 avril 2021
[Nouvelle publication d'une critique parue sur une autre édition du livre, ce que je me dois de corriger pour remplir mon engagement dans le cadre de l'opération "Masse critique"]
Je me demande ce qui provoque le désir de lire un livre plutôt qu'un autre. le nom de l'auteur.e, d'abord. le titre, sans doute. La couverture, parfois. le genre, peut-être. La recommandation d'un.e ami.e, évidemment. En ce qui me concerne, tous ces éléments ont une importance. Mais il y a une chose à laquelle je me reporte toujours, sans aucune exception : l'argument donné en 4ème de couverture. Rien ne me donne plus envie de lire un livre ou de ne pas le lire que ces quelques lignes qui me permettent de me projeter dans ma future lecture et d'évaluer si cela pourrait me plaire.

Mais plus le temps passe, plus m'apparaît clairement le défaut majeur de cette habitude. Ma lecture est en effet modelée par cette courte présentation, contrainte en quelque sorte. Dans le livre dont il est question ici, j'ai ressenti cela de manière flagrante. Attention je ne parle pas du fait de dévoiler des éléments-clés de l'intrigue, à la manière de certaines bandes-annonces, dont la vision se termine invariablement par un commentaire du type « Bon bah c'est bon, on a tout vu, pas la peine d'aller au ciné ».

Ici, le synopsis, au lieu d'introduire l'intrigue, la détourne. le roman, tel que je l'ai lu, fait le récit des aventures de Lauren Oya Olamina, prêcheuse païenne à la tête d'une petite communauté de fidèles, mais vu à travers les yeux de sa fille, Asha, qui lit et commente le journal écrit par sa mère. Cette relation à distance entre la mère et la fille est au coeur de l'ouvrage, son ambiguïté en est l'intérêt profond, bien plus à mon sens que la vision dystopique d'une Amérique déclassée et en proie à la violence.

Or cette analyse rétrospective du roman a été polluée tout au long de la lecture par l'idée que j'avais en tête depuis le départ, suite à ma consultation de la 4ème de couverture. J'étais ainsi persuadé que La Parabole des talents, suite de la Parabole du semeur, narrerait les aventures d'Asha en 2032, « célèbre créatrice de jeux virtuels », qui « entre en résistance à son tour », à la suite de sa mère. C'est triplement trompeur. D'abord parce que si l'action démarre en 2032, la lecture du journal débute elle au plus tôt en 2090. Ensuite parce que la profession d'Asha n'est évoquée qu'en passant, dans les dernières pages, mais que cela n'influe nullement sur l'histoire dont il est question. Enfin parce que,

Pourquoi insister sur ces quelques lignes et pas sur le roman ? Parce que je me suis rendu compte à cette occasion à quel point ma lecture s'est retrouvée prisonnière de ce résumé, à quel point je suis passé à côté du sujet en me demandant quand, enfin, le roman rejoindrait le chemin tracé par le synopsis de la 4ème de couverture, quand la fille succèderait à la mère en tant qu'héroïne. Cela ne s'est jamais produit.

C'est bien dommage, car le travail d'Octavia E. Butler sur la foi, la filiation, l'absence, la construction de l'identité est à bien des égards passionnant. J'en tirerai une leçon pour l'avenir : pour se laisser porter et emporter par un roman, mieux vaut en savoir le moins possible !

Je remercie néanmoins sincèrement Babelio et la maison d'édition de m'avoir offert cette lecture dans le cadre de l'opération « Masse Critique ».
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Malahide75
  10 octobre 2021
« La Parabole des talents » débute à peu près à la fin de « La Parabole du semeur ». Pas de coupure chronologique donc, mais un changement de narration, puisque nous est donné à lire le journal de Lauren Oya Olamina dans un long flash-back (nous sommes en fait en 2090) et à l'aune du ressenti de sa fille Larkin, alias Asha Vere.
La première communauté Semence de la Terre a vu jour sur la propriété de Bankole, La Chênaie. La vie s'organise autour de la nouvelle religion promulguée par Lauren. Mais en cette année 2033, un nouvel ennemi se fait jour en la personne de Jarret, le nouveau président des États-Unis, extrémiste de droite prônant l'élimination (entre autres) des sectes païennes hors de l'Église chrétienne d'Amérique.
La dystopie proposée par Octavia E. Butler est profondément sombre : pays en cendres, racisme, es-clavagisme, régression du droit en général et celui des femmes en particulier… à bien des égards, « La Parabole des talents » fait écho à « La Servante écarlate », avec notamment la prédominance de la reli-gion étatique et la mise sous le joug des femmes.
Cependant, l'ouvrage d'O. E. Butler met avant tout en lumière la religion, la foi, la vocation à se dé-passer et à prendre des risques pour accomplir sa mission sur terre.
Les propos d'Olamina, poétiques dans le premier tome, sont ici beaucoup plus prosélytiques : tous les événements, toutes les pensées de la narratrice sont tournés vers le développement et la diffusion de ses croyances. La destruction de la communauté, l'esclavage subi durant pratiquement deux ans, le vol de sa fille, même la mort de son mari, sont transformés par Olamina en des briques supplémentaires pour l'élévation de sa religion.
L'auteure ne fait pas dans la dentelle et soumet le lecteur à toutes les horreurs possibles et inimaginables : perte de liberté, torture, viol, vol de tous les biens, kidnapping d'enfants, « rééducation » imposée… Mais ce n'est pas cette violence dans les propos qui m'a le plus gênée. En fait, je n'ai pas réussi, lors de cette lecture, à adhérer, même provisoirement, à la religion et à la « vérité » d'Olamina. Malgré ses promesses humanistes, malgré son respect des autres, malgré sa « noble » mission, tout mon être s'est hérissé à la lecture des mots « religion » et « vérité » accolés.
« La Parabole des talents » est un roman écrit en 1998. Constater, en cette fin de 2021 que Octovia E. Butler a commis un texte si visionnaire est proprement alarmant. La lectrice, et au-delà, l'être humain que je suis, a peine à adhérer à l'idée que l'éducation, la santé, le progrès, l'intérêt pour les autres… ne puissent se concevoir qu'au sein d'une religion, fût-elle « pacifique et humaniste ».
Voilà bien longtemps que je n'avais pas réagi aussi violemment, de façon quasi allergique, à un roman… Preuve s'il en est du talent d'O. E. Butler…
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MarieC
  26 juillet 2014
La suite des aventures de Lauren, qu'on avait laissé décidée à créer une petite communauté rurale avec quelques adeptes de la nouvelle religion qu'elle a ébauché.
Quelques années plus tard, la petite communauté est florissante : de nouveaux membres s'y sont adjoints, fuyant la violence du monde. Leader non contesté du petit groupe, qui vit selon les principes qu'elle a posé, elle attend son premier enfant... Mais le fanatisme se développe dans l'Amérique de ces années 2030, la communauté va en faire les frais.
J'ai retrouvé avec plaisir les personnages et l'ambiance du précédent volume, mais l'ai tout de même trouvé moins intéressant. Raconté du point de vue de la fille de Lauren, qui n'a jamais pardonné à sa mère de ne pas avoir réussi à la protéger, il n'a pas la même profondeur psychologique que "La paraoble du semeur", et la fin m'a paru un peu rapide.
A lire surtout pour aller au bout de l'intrigue commencée dans le premier tome.
Commenter  J’apprécie          100
LeCombatOculaire
  24 juin 2019
Le livre prend plus de temps à s'installer que le premier tome (presque 600 pages ici, soit 200 en plus que dans La parabole du semeur), et on peut un peu mieux prendre la mesure de ce qui se passe dans les États-Unis à cette époque, pour comprendre les enjeux, pour visiter plusieurs communautés, voir ce qui les soude ou les divise. La religion prend une place d'autant plus importante qu'il ne s'agit plus de quelques paroles disséminées mais bien de préceptes ancrés dans la vie quotidienne. Moins de violences que dans le premier sur l'ensemble du livre, bien qu'on n'échappe pas du tout à une nouvelle forme de violence, encore plus pernicieuse, parce qu'approuvée par l'État-Religion - attention donc encore une fois, le contenu est très explicite et peut heurter la sensibilité.
Plus brouillon dans sa temporalité et dans les différents points de vue que le premier livre qui se donnait sous forme de journal intime au jour le jour, écrit par Olamina, La parabole des talents se présente à la fois comme la suite de ce journal intime, avec des extraits d'écrits de son mari Bankole, et un texte de narration qui se situe dans le futur de ces évènements, de la bouche de la fille devenue femme, qui cherche à comprendre ce qui a animé ses parents, cette nouvelle religion, à comprendre son propre parcours à elle. Sans oublier, bien entendu, les passages-éclair de la philosophie/foi de Semence de la Terre.
J'ai trouvé que ce livre apportait des solutions au premier : La parabole des semeurs était tout dans la survie, l'instant, la course, l'instinct, la peur, la fuite, le manque de perspectives d'avenirs, tandis qu'ici on trouve un peu d'espoir, de solidarité, de construction, d'apprentissage, de volonté, de force et de foi. Une utopie qui se forge dans le creuset du totalitarisme et de la barbarie. Les Semences de la Terre finiront-elles par aller se disséminer dans les étoiles ? En tout cas, impossible de ne pas faire le rapprochement avec ce qui se passe déjà / pourrait se passer si rien ne change à un niveau politique, social, économique et environnemental. Quant à la parabole des talents (l'originale), je m'y connais pas vraiment niveau étude biblique, mais selon mon interprétation et en regard de l'histoire écrite par Octavia E. Butler, elle résume bien l'histoire du monde : aux riches le droit d'exploiter planètes, gens et biens, et aux pauvres, aux marginaux et aux exclus le droit de crever tous seuls après épuisement complet (en tout cas c'est ce qui ressort ici).
(voir la critique intégrale sur le blog)
Lien : https://lecombatoculaire.blo..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
julspiritjulspirit   30 mars 2021
Pourquoi s'exposer inutilement à la souffrance et à la mort? Nous mentirons de notre mieux à ces assassins, kidnappeurs, pillards, esclavagistes. Nous leur dirons ce qu'ils veulent entendre, nous accepterons toutes les besognes qu'ils exigeront de nous. Un jour, leur vigilance se relâchera, leur matériel sera défaillant. Une échappée se présentera à la faveur de la chance ou bien nous parviendrons à ouvrir une brèche dans laquelle notre haine s'engouffrera. Nous les tuerons tous.
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julspiritjulspirit   06 avril 2021
La douceur facilite le Changement
L'amour apaise les craintes.
Rien de tel qu'une obsession
Magnifique et constructive
Pour rendre supportable la douleur (...)
Pour détourner la colère,
Engager chacun d'entre nous
Dans la plus intense,
La plus décisive
De toutes les luttes qu'il nous appartient de mener.
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finitysendfinitysend   21 août 2012
On adresse jamais de prières
Qu'à soit-même
Et , d'une manière ou d'une autre ,
Toute prière reçoit sa réponse .
Priez donc ,
mais prenez garde .
Vos desirs , Qu'ils trouvent ou non leur accomplissement ,
Détermineront celui ou celle que vous deviendrez .
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julspiritjulspirit   06 avril 2021
Êtes-vous adepte de Semence de la Terre,
Êtes-vous croyant?
La foi ne vous sauvera pas.
Seule l'action,
Guidée et déterminée par la foi et la connaissance,
Vous sauvera.
La foi
Amorce et oriente l'action,
Ou elle ne sert à rien.
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julspiritjulspirit   05 avril 2021
Homme ou femme, un être doté d'une telle séduction peut se permettre de dire et de faire certaines choses qui sembleraient déplacées ou dangereuses chez une personne ordinaire.
Commenter  J’apprécie          160

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