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Claude Sophie Mazéas (Traducteur)
ISBN : 2743617993
Éditeur : Payot et Rivages (13/03/2008)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Guido Guerrieri, avocat à Bari, voit débarquer dans son bureau l'inspecteur Tancredi, accompagné d'une femme en blouson de cuir qu'il prend d'abord pour un officier de police. Il s'agit en fait de sœur Claudia, directrice d'un foyer d'accueil pour femmes battues, et accessoirement professeur de boxe chinoise. Tous deux demandent Guido de se constituer partie civile pour une jeune femme harcelée et frappée par son ex-compagnon, à qui personne n'ose s'attaquer dans ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  16 mai 2016
La Feuille Volante n°1042– Mai 2016
AD OCCHI CHIUSIGianrico Carofiglio – Sellerio Editore Palermo.
Guido Guerrieri est un avocat de Bari, pas vraiment âpre au gain, plutôt intègre, conscient de ses fragilités et dédié aux bonnes causes, même si elles sont perdues d'avance. Sa vie se déroule au quotidien sans événement vraiment marquant quand le hasard de son métier lui permet de rencontrer, par le truchement de « soeur Claudia », une religieuse aussi belle que mystérieuse, une jeune femme, Martina, qui après quelques années de vie maritale mouvementées avec un médecin qui la maltraite et la harcèle, a dû fuir le domicile conjugal et souhaite se porter partie civile contre lui. Or, cet homme est à la fois un notable mais surtout le fils de l'un des juges les plus influents de la Cour d'Appel. du coup tous les confrères de Guido lui ont refusé leur concours et leur aide. Ce sera donc une affaire pour lui, même si chacun le met en garde et lui déconseille de se fourrer dans ce guêpier. de plus, la pauvre Martina, fragile et déstabilisée devant la Cour, est accusée de maladies mentales, ce qui, selon l'avocat de la partie adverse, altère son jugement et jette le doute sur la qualité de son témoignage. Guido, quant à lui devra faire face à un avocat retors et un juge pas vraiment bien disposé envers lui, une sorte de bataille de David contre Goliath !
Ce texte est l'occasion pour Guerrieri de puiser dans les souvenirs, bons ou mauvais de son enfance avec ses odeurs de nourriture qui maintenant se mêlent à celles des livres. C'est aussi pour l'auteur l'occasion d'offrir à son lecteur une galerie de nombreux portraits. Je retiens volontiers celui de « Soeur Claudia », une religieuse atypique, qu'il prend d'abord pour un officier de police puisqu'elle porte jeans, veste de cuir et enseigne la boxe chinoise. Elle est directrice du foyer d'accueil pour femmes battues et a bien entendu présenté Martina, une femme pauvre et anonyme à Guido pour qu'il la défende. Pour autant, les femmes qu'il croise lui font toujours de l'effet et notamment soeur Claudia et les informations qu'elle lui donne à propos des arts martiaux dépassent largement le cadre de ses cours sur la boxe chinoise. Chacune de leurs rencontres a quelque chose d'électrique, de magnétique même, un peu comme si Guido était subjugué par elle, tout comme elle d'ailleurs. Cela en fait un personnage assez énigmatique qui, à la fin, lui raconte son histoire ! Pourtant, il vit avec Margherita dont il est amoureux. C'est un homme cultivé, humain, humaniste, intuitif, consciencieux que nous voyons dans l'exercice de son métier d'avocat dans d'autres affaires qu'il est amené à défendre, ce qui égare un peu le lecteur. Cela en fait, non pas un « giallo » comme disent nos amis italiens, puisqu'il il n'y a pas vraiment d'enquête, mais un compte rendu des débats devant la Cour, ce qui en fait un authentique roman judiciaire qui ne fait pourtant pas l'impasse sur le suspense.
Ce roman (son deuxième) se lit bien, même pour moi en italien, et c'est toujours un plaisir d'aborder cet auteur comme je l'avais fait un peu par hasard avec « Testimone inconsapevole »[Il s'agissait de son premier roman auquel il fait d'ailleurs plusieurs allusions]. J'ai apprécié les descriptions du texte, sa sensibilité et son humour, mais peut-être un peu moins les références au code pénal italien, ce qui, chez Carofiglio est pardonnable puisqu'il est lui-même magistrat. Ce roman mêle la violence faite aux femmes, l'inceste mais aussi le temps qui passe pour Guido, la vieillesse qui vient et la déprime qui accompagne tout cela. Quant à l'épilogue, il est assez inattendu et présente soeur Claudia comme une femme vraiment hors du commun .
© Hervé GAUTIER – Mai 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Godefroid
  02 octobre 2015
Carofilio met en scène pour la deuxième fois Guido Guerrieri, un avocat plutôt sympathique : intelligent, sensible, avenant, intègre, indépendant, au service de bonnes causes (quand il s'agit d'affaires graves), et bien conscient de ses faiblesses. Corrélativement, il n'hésite pas à se remettre en cause dès que les circonstances l'y incitent ; c'est finalement un type très modeste, mais qui n'en est pas moins efficace. le lecteur découvre tout cela en douceur ; dans ce roman à la première personne, les différents traits Guido se construisent à petites touches au fil d'une narration axée sur des faits, des rencontres, et quelques états d'âme.
Soutenue par une jeune religieuse aussi belle que sévère, la jeune femme un peu fragile qui vient se présenter à Guido est vraiment dans une mauvaise passe : après quelques années de vie maritale avec un médecin prestigieux qui l'a salement maltraitée, elle prend la fuite. Et bien sûr, le salaud la harcèle sans relâche. La jeune femme parcourt les cabinets d'avocat en essuyant refus sur refus, et pour cause, le papa de l'ex compagnon étant l'un des juges les plus influents de la cour d'appel.
Ce roman est excellent. le style très direct, sans chichi ni effet de style m'as-tu-vu, et le vocabulaire familier utilisé par Guido crée une proximité immédiate avec le lecteur. Au passage, la traduction de Claude Sophie Mazéas est impeccable. Mais je suis tout de même resté un peu sur ma faim. Dans la lignée de ses compatriotes Carlotto, Di Cara et Lucarelli, Carofiglio adopte un format relativement court. Chez d'autres auteurs, cela ne m'a pas causé d'autre frustration que celle de quitter à regret des personnages et une ambiance magnétiques. Ici, il y a un certain nombre de trous que j'aurais bien aimé voir comblés : Carofiglio focalise son texte sur l'affaire qui constitue son argument principal sans négliger son personnage d'avocat. Pourtant, entre deux renvois, plusieurs semaines se passent sans laisser aucune trace dans le roman. Certes, cela permet à l'auteur de maintenir une ambiance très tendue sans véritable relâche. On pourrait ne pas s'en plaindre. Mais du coup, on n'a pas le plaisir de l'attente, et peu celui de la digression ; l'auteur aurait pu mettre à profit ces longs intermèdes (bien réels dans son histoire) pour évoquer, même brièvement comme au tout début du roman, les autres affaires de Guido (on suppose qu'il ne reste pas inactif), et éclairer davantage son personnage tout en gagnant en réalisme. Voilà, c'est mon petit regret.
J'en ai un autre, plus personnel : Guido est présenté comme un homme relativement cultivé et de bon goût, mais on le voit se pâmer sur des musiques plutôt courues, voire fort peu inspirées. En particulier, lors la scène où la jeune bonne soeur succombe à son charme, elle lui avoue que tourne en boucle dans sa tête "Losing my religion" (c'est original), cette rengaine creuse des REM, ultra rabâchée (certes, ils n'y sont pour rien), que Guido s'empresse de mettre sur sa platine une fois rentré chez lui. Bon, faut pas trop en demander.
En ce qui me concerne, cela fait quand même un italien de plus à suivre de très près. Merci Rivages !
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Fromtheavenue
  06 décembre 2013
J'ai enfin pris le temps de lire cet écrivain qui me faisait de l'oeil depuis longtemps. Pourtant, je l'avais mis de côté ayant quelques craintes : pourquoi l'avais-je estampiller négativement "roman procédural" (c'est comme ça qu'on dit ? ou "trhiller judiciaire" à la John Grisham ?) Parce que tout ce vocabulaire de procédure judiciaire, avocats et silence sinon je fais évacuer la salle...très peu pour moi. Et paf, une fois de plus, je me suis bien planté et je regrette déjà d'avoir attendu si longtemps. Car il s'agit effectivement bien d'un procès, mais accessible pour un néophyte court, efficace, bien écrit...enfin le top quoi.
Côté histoire, ça part direct, sans préambule et de manière assez classique. Guido Guerrieri est avocat à Bari. Un poil moqueur de lui-même et sur son métier, le voilà prêt à défendre une jeune femme sans défense contre un gros méchant. Il reçoit dans son cabinet une femme battue. Elle souhaite se constituer partie civile contre son ex amant qui n'est d'autre que le fils d'un grand magistrat de l'Italie du Sud, contre lequel personne n'ose s'attaquer. Alors bien sûr notre avocat prend les paris, décide de la défendre mais s'aperçoit rapidement qu'il est dans le pétrin. Très peu de preuves, parole contre parole et des collègues avocats le dissuadant de se lancer dans ce dossier pourri. Commence alors la constitution des preuves, l'ouverture du procès...
Le personnage de l'avocat m'a tout de suite plu. On se lie d'amitié avec lui rapidement, l'auteur utilisant un langage familier et un humour qui crée une proximité immédiate avec le lecteur. Carofiglio ne fait pas dans le détail, enchaîne les choses les unes après les autres, et donne une fluidité au récit.
Le 2ème personnage qui a retenu mon attention n'est pas forcément la femme défendue mais son acolyte : soeur Claudia, directrice d'un foyer d'accueil pour femmes battues. Elle est plutôt canon, jean et veste en cuir et prof de boxe chinoise à ses heures perdues. Son côté glacial et son regard impénétrable m'ont fait douté sur son rôle dans l'histoire tout au long du roman.
On avance donc très rapidement. le procès se dilue dans le temps pour laisser place à la vie de l'avocat et sa relation avec son amie, ses angoisses et ses doutes. Ce qui renforce la proximité avec le lecteur et le rend encore plus humain et perfectible.
Et puis on croit deviner assez rapidement l'issue du procès et vlan coup de théâtre ! (pas d'arriver de témoin à la dernière minute je vous rassure) le roman prend alors un virage inattendu. J'ai aimé me faire surprendre et je suis resté un peu sur ma faim, regrettant que le livre soit si court. Bilan, c'est une très belle surprise.
Lien : http://fromtheavenue.blogspo..
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Pirouette0001
  18 juillet 2013
Comme d'habitude, Carofiglio nous emmène par la main. Il n'y a qu'à se laisser faire, se laisser bercer par cette narration aux douces effluves de l'Italie méridionale et se laisser prendre par l'intrigue policière menée de main de maître par ce juge de Bari. Et si vous lisez l'italien, un conseil, surtout ruez-vous sur l'édition originale.
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Lve
  10 juillet 2010
Très bon polar judiciaire. le ton y est mélancolique, noir, parfois triste. Mais parfois avec une pointe d'humour. Une écriture toute en finesse. Guido, l'avocat, est un personnage très attachant. L'auteur se concentre surtout sur ses personnages. La phase judiciare est bien présente, mais pas de grandiloquence, tout y est juste, bien pensé et efficace. J'aime ces romans où les personnages ont une place importante et où le ton est mélancolique.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   01 février 2018
Personne ne s’est jamais arrêté de fumer.
Tout au plus, on suspend. Pendant quelques jours. Quelques mois ; ou quelques années. Mais personne n’arrête. La cigarette est toujours là, aux aguets. Elle surgit parfois au beau milieu d’un rêve, peut-être cinq ou dix ans après qu’on a « arrêté ».
C’est alors qu’on sent le contact des doigts sur le papier ; on entend le bruit léger, sourd, rassurant d’une cigarette tapotée sur le bureau ; on sent le contact des lèvres sur le filtre couleur ocre ; on entend le scratch de l’allumette et on voit la flamme jaune à la racine bleutée.
On sent ses poumons se lacérer ; on voit la fumée se répandre parmi les paperasses et les livres ; au-dessus de la tasse de café. C’est alors qu’on se réveille. Et on pense qu’une cigarette, une seule, ça ne fait aucune différence. Qu’on pourrait l’allumer, parce qu’on a toujours ce paquet de secours dans le tiroir du bureau ou autre part. Et puis, naturellement, on se dit que ça ne fonctionne pas comme ça ; que si on en allume une, on en allumera une autre et ainsi de suite.
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BMRBMR   22 janvier 2015
[...] Des légendes [...] il en existe sur tous les arts martiaux. La plus belle est celle des origines de Ju-Jutsu. Celle du médecin japonais et du saule pleureur. Tu la connais ?
- Non, je t'écoute.
- Il était une fois un médecin, dans le Japon ancien, qui avait passé de nombreuses années à étudier les méthodes de combat. Il voulait découvrir le secret de la victoire mais il était insatisfait, parce que, en fin de compte, dans tous les systèmes, ce qui prévalait était la force, ou la qualité des armes, ou des expédients ignobles. Ce qui voulait dire qu'on pouvait toujours s'entraîner et étudier les arts martiaux, qu'on pouvait toujours être fort et préparé, on rencontrerait quelqu'un de plus fort, d emieux armé, de plus rusé, qui remporterait la victoire. [...]
- Bref, ce médecin était découragé, parce qu'il ne progressait pas dans sa recherche. Un jour d'hiver, il était assis auprès d'une fenêtre tandis que dehors, il neigeait depuis des heures. Il regardait dehors en suivant ses pensées. Le paysage était tout blanc; il y avait beaucoup, beaucoup de neige. Soudain, le médecin vit une branche de cerisier céder sous le poids de la neige et se briser. Puis ce fut au tour d'un grand chêne. On n'avait jamais vu pareille tempête de neige. [...]
Dans le jardin, par-delà la fenêtre, il y avait un étang et , tout autour, des saules pleureurs. La neige tombait sur les branches des saules, mais dès qu'elle commençait à s'amasser, ces branches ployaient et la neige tombait par terre. Les branches des saules ne se brisaient pas. Voyant ce spectacle, le médecin éprouva soudainement un sentiment d'exaltation et se rendit compte qu'il était arrivé au terme de sa recherche. Le secret du combat était la non-résistance. Ce qui cède passe l'épreuve; ce qui est dur, raide, un jour ou l'autre succombe, se brise. Un jour ou l'autre, on trouvera quelqu'un de plus fort que soi. Ju-Jutsu, ça veut dire : art de la malléabilité.

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BMRBMR   24 janvier 2015
[...] Claudia. Un nom qui ne figure pas sur ses papiers d'identité, ce qui n'a guère d'importance, sinon aucune. Son vrai nom, c'est Claudia. Le nom qui écrit sur ses papiers, c'est celui que lui ont donné ses parents naturels. Quelque soit la signification du mot naturel pour un père qui inflige un tel supplice à sa fille. Pour une mère qui laisse faire, qui fait semblant de ne rien voir, de ne rien entendre.
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rkhettaouirkhettaoui   01 février 2018
La persécution est une forme de terrorisme qui ne s’adresse qu’à un seul individu, dans le but d’établir un contact avec celui-ci et de le dominer. C’est un crime souvent invisible, jusqu’à l’explosion d’une violence parfois homicide. C’est généralement à ce moment-là qu’intervient la police ; et c’est généralement trop tard.
L’auteur montrait que la plupart des hommes appartenant à la catégorie des persécuteurs cachaient leur propre sentiment de dépendance derrière une image ultra-machiste, stéréotypée, et qu’ils présentaient une agressivité chronique envers les femmes.
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rkhettaouirkhettaoui   01 février 2018
Pendant des années, la plus grande partie de l’argent que j’avais gagné, je l’avais gagné au noir. Ensuite, beaucoup de choses avaient changé dans ma vie ; j’ai commencé à avoir honte. Il ne s’agissait pas d’une réflexion lucide, articulée. J’avais simplement honte de frauder ; alors – presque toujours, et conformément à une évaluation personnelle de ce qu’il fallait verser au fisc pour faire mon devoir – j’émettais des factures et je donnais un fric monstre aux impôts. J’étais l’un des quatre ou cinq avocats les plus riches de Bari. Tout au moins d’après ma déclaration d’impôts.
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La raison du doute - Gianrico Carofiglio Margue Page 05-10-2010
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