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EAN : 9791031201573
275 pages
Éditeur : Editions Ateliers Henry Dougier (11/06/2020)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Elles s'appelaient Flora, Begonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient soeurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu'aujourd'hui j'habite. Sous leurs fenêtres l'histoire roulait des flots d'hommes et de femmes. Sous leurs fenêtres la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné ».

Seul, blessé, Gabriele s'installe à Cerbère pour commencer une nouvelle vie. Il achète la Maison des fleurs, une grand... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  05 juin 2020
La Feuille Volante n° 1472 – Juin 2020.
Les trois soeurs qui faisaient danser les exilés – Aurélia Cassigneul-Ojeda – Ateliers Henry Dougier.
Je remercie l'éditeur de m'avoir fait parvenir cet ouvrage.
Quand on achète une vieille maison, on acquiert aussi un peu de son histoire, de celle des gens qui l'ont habitée, surtout si on y découvre de vielles photos, des souvenirs cachés, de vieux cahiers, autant de jalons, de bribes de souvenirs laissés par les anciens occupants. C'est ce qui arrive à Gabriele, la quarantaine, fraîchement divorcé, fils de pauvres immigrés italiens des Pouilles, qui vient de faire l'acquisition, un peu par hasard d'une vieille bâtisse où il vit seul, à Cerbère, cette ville coincée entre la mer et la montagne, à la frontière espagnole. On appelle cette maison rose « La maison des Fleurs » parce ses dernières habitantes, trois soeurs espagnoles bien différentes les unes des autres, parties depuis longtemps, s'appelaient Bégonia, Rosa et Flora et y vivaient avec leur père Diego Sevilla, un artiste peintre. Après leur défaite en 1939, les républicains, fuyant à pied le franquisme, y ont été accueillis, une façon pour elles de gommer la culpabilité d'avoir été épargnées par cette guerre fratricide et meurtrière, alors que la France, « pays des droits de l'homme », les recevait si mal. Gabriele retrouve des clichés, des lettres, des carnets, des traces de cette période de la « Retirada », rédigés par Flora, l'aînée, qui témoignent de la détresse, du désespoir de ces pauvres gens qui ont tout abandonné, un peu comme ses parents partis des Pouilles. C'est comme un livre de bord qui témoigne de l'histoire de Clara, d'Alfredo, Eleidora, Raoul, Pedro qui ont passé ici quelques jours, cachés, pour repartir ensuite dans des camps indignes de la France, « les camps de la honte » a-t-on pu dire, avec la misère et la mort ou vers un autre destin d'exilés. Ils ont marqué leur passage dans cette maison et les « Fleurs » en ont gardé la mémoire. Plus tard, après la déclaration de guerre, ce seront des juifs en fuite, les maquisards et la Résistance, malgré les Allemands et l'Occupation, (plus tard des rapatriés d'Algérie s'y retrouveront) et toujours cette chronique en pointillés, entre témoignages, confidences et non-dits. Bien sûr, au cours de cette période troublée, les « Fleurs » ont connu l'amour, la peur, la cruauté, la trahison, le désespoir, la honte, le deuil, la lâcheté, la solitude et finalement ont quitté chacune leur tour cette bâtisse, son histoire, ses fantômes pour un ailleurs… Grace à ces vies qu'il a connues, en quelque sorte, par effraction, Gabriele s'est retrouvé lui-même à travers les carnets de sa mère qu'il n'avait pas pu lire auparavant .
Plus qu'un roman, c'est une évocation de cette période qui a déchiré l'Espagne et qui s'est prolongée par une dictature de quarante années, privant pour longtemps les républicains de leur pays, les contraignant à s'établir ailleurs où ils n'ont été que des étrangers, condamnés plus que les autres à réussir leur vie en oubliant leur langue et leurs racines pour s'intégrer à leur nouvelle patrie. Cette obligation d'exil rejoint, mais dans un autre contexte, celle des parents de Gabriele qui eux aussi ont été des « ritals » à leur arrivée en France, un peu trop vite qualifiée de « pays de la liberté ». Cet ouvrage est d'une brûlante actualité quand les immigrés frappent encore aujourd'hui à nos portes.
C'est une réflexion sur la mémoire, sur la vie de ces trois femmes qui ont vu dans cette maison se dérouler sous leurs yeux une page d'histoire, une réflexion sur la manière dont on mène sa propre vie, à la recherche légitime du bonheur, concept un peu vague construit intimement à coups de certitudes personnelles, de rêves de jeunesse, d'espoirs et d'illusions, qui peut être un rendez-vous manqué sans qu'on n'y puisse rien parce que des événements extérieurs ou simplement les autres sont venus bousculer cette quête et en ont fait une impossibilité définitive, douloureusement frustrante. Flora, l'auteur de ces carnets fait en quelque sorte le bilan de leurs vies aussi contrastées qu'elles ont été différentes et cela consacre l'effet cathartique de l'écriture, des mots écrits qui conservent la mémoire, qu'on ne garde plus pour soi et qu'on confie au fragile support du papier pour exorciser sa souffrance intime.
C'est un témoignage poignant fort bien écrit avec des descriptions poétiques somptueuses. Cela fut pour moi un bon moment de lecture et un réel plaisir. ©Hervé Gautier http:// hervegautier.e-monsite
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manonlitaussi
  25 juin 2020

A 40 ans après une douloureuse séparation, Gabriele s'installe à Cerbère pour un nouveau départ. Il succombe au charme d'une maison connue dans le village pour être celle de trois soeurs qui ont marqué les esprits et dont la boulangère lui dévoile l'histoire. Il achète la maison, y découvre les lettres de l'aînée des soeurs.
La plume est belle et suave et concorde parfaitement avec l'histoire de ces soeurs durant les années 1930-1940 marquées par le franquisme et l'occupation Allemande qui nous est contée par la boulangère, les carnets de Flora et les recherches de Gabriele. Gabriele nous fait rencontrer Flora l'aînée maternelle et protectrice, Rosa, la silencieuse  et Begonia la téméraire et frondeuse. 
Leurs points communs ce sont leur amour pour l'art transmis par un père peintre et leur générosité envers les plus malchanceux, victimes du régime franquiste qui cherchent refuge de l'autre côté de la frontière. Malchanceux qu'on découvre à travers les bribes de leurs histoires décrites dans les carnets de Flora. Ce sont aussi les amours des soeurs qu'on découvre leurs déceptions, leurs tourments. 
J'ai tout de suite j'ai été charmée par une plume pleine de tendresse et imagée. Dès les premières lignes, l'histoire annonce tout l'amour qui va se dégager de ce livre, l'amour des soeurs pour leur père, leur mère, entre elles, les hommes qu'elles ont aimé mais également ceux de Gabriele, son amour pour son ex-femme, pour sa famille et plus particulièreme sa grand-mère. Car se sont également ses origines qu'il va se rappeler. 
Ce roman c'est l'air marin et le soleil qui vous caressent. Une bouffée d'humanité et de tendresse. 
Une ambiance paisible troublée par la quête de l'auteur, la vie troublée des soeurs auquel il se rattache et qui lui permet de se relever.
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Valmyvoyou_lit
  14 juin 2020
Après son divorce, Gabriele quitte Agen pour Cerbère, dans les Pyrénées-Orientales, à la frontière espagnole. Il jette son dévolu sur la « maison des Fleurs ». Cette bâtisse est appelée ainsi, en raison des prénoms des trois soeurs qui y vivaient : Flora, Bégonia et Rosa. Après le décès de leur mère, leur père et elles s'étaient installées, dans le village, au début des années 1930.

Grâce aux témoignages des habitants de Cerbère, en particulier celui de Clotilde, la boulangère, de tapisseries brodées, de correspondance et de carnets laissés par les trois femmes, Gabriele découvre l'histoire de cette famille. Les trois femmes ont risqué leur vie, en accueillant des Républicains qui fuyaient le régime franquiste, puis des personnes qui voulaient échapper aux nazis. Ces réfugiés sont restés, parfois, plusieurs mois : des amitiés et des amours sont nés. Gabriele reconstitue l'essence de cette maison qui a abrité Clara, Pedro, Anton et tant d'autres, et qui a été témoin de rires et de pleurs, d'abnégation et de trahison, de musique et de peine, de beauté d'art et de lâcheté. Puis, les unes après les autres, les soeurs ont quitté ce lieu de mémoire.

Gabriele est aussi un exilé. Italien d'origine, il n'a jamais affronté ce passé qui le ronge, sans qu'il en comprenne la raison véritable. En reconstituant l'histoire de Flora, Bégonia et de Rosa, il se rapproche de la sienne. Chaque pas le mène vers la possibilité d'acceptation : celle de découvrir sa vérité.

Les phrases sont souvent courtes et percutantes. Dans certaines, la suite du message n'est pas dite, et pourtant, nous l'entendons. […]

La suite sur mon blog...


Lien : https://valmyvoyoulit.com/20..
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GoodBooksGoodFriends
  18 juin 2020
Ça commence comme une mélopée, des phrases courtes, hachées, parfois sans verbe.
Puis je tends l'oreille, je prête attention à l'histoire qui m'est racontée.
Gabriele, après un divorce, s'installe à Ceret, près de la frontière espagnole, dans une maison ayant auparavant appartenu à un peintre et ses trois filles. Au début des années 40, celles-ci ont accueilli les réfugiés espagnols passant la frontière.
Gabriele explore la maison, y découvre des fresques, des carnets et la repeuple de souvenirs.
Il pressent, ou espère, que les vies racontées dans les carnets expliquent la sienne, que leurs chemins sont liés...
Rosa la silencieuse.
Begonia la passionnée.
Flora la conteuse.
Près de trente ans plus tard, les soeurs vont aider Gabriele à trouver un sens à sa vie.
En tant que petite-fille d'un républicain espagnol ayant du fuir son pays, cette histoire a forcément trouvé une résonance en moi.
Mais l'émotion va au-delà d'une histoire douloureuse commune ; l'exil, les racines de chacun, sont des thèmes universels, que l'auteure aborde avec finesse dans ce roman émouvant.
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BGaelle
  18 juin 2020
Les trois soeurs font danser les exilés et nous emmènent nous, lecteurs dans le tourbillon de leur vie . En même temps que Gabriele on se laisse prendre, on suit le fil de leur histoire mais aussi celle de Gabriele. Certains seront touchés par l Histoire, la guerre et l'exil faisant écho à leur passé, d autres par la vie intime de ces personnages , les épreuves qu'ils traversent et la force qu'ils ou elles ont. On oublie que c est Gabriele qui lit les carnets et on voudrait qu'il ne les referme pas.
L'écriture est parfois saccadée et presque brutale comme les épreuves que traversent les 3 soeurs , les non dits inséparables de la clandestinité ; elle peut être au contraire déliée comme les longues brasses de Gabriele le nageur , mais elle est surtout poétique emmenant le lecteur de Cerbère en Andalousie en passant par les Pouilles pour un voyage beaucoup plus intime touchant ce que chacun a en soi de plus profond, la quête de son identité et de son passé.... plongez dans cette lecture , vous « survolerez les époques » et comprendrez que « le temps n est rien ».
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Herve-LionelHerve-Lionel   31 mai 2020
Vous connaissez Jackson Pollock... C'était un génie. Sa femme, Lee Krasner, était peintre. Ils ont commencé ensemble , on peut même dire qu'elle l'a influencé. Mais tout le temps qu'il a été vivant elle s'est mise au service de son génie à lui. Elle devait sentir qu'il y avait dans cet homme quelque chose de grand alors elle s'est mise en attente et l' aidé à accoucher de son art. Parce que c'est bien ça une oeuvre, c'est une gestation. Quand ça sort ça fait mal et ça libère...
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Herve-LionelHerve-Lionel   30 mai 2020
Elles s'appelaient Flora, Bégonia, Rosa. Elles étaient trois, elles étaient sœurs. Elles habitaient cette maison, à Cerbère, cette grande maison qu'aujourd'hui j'habite. Sous leurs fenêtres l'histoire roulait des flots d'hommes et de femmes. Sous leur fenêtre la mer se balançait. Un jour elles sont parties, ont tout abandonné.
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Herve-LionelHerve-Lionel   31 mai 2020
Ne vous inquiétez pas, Gabriele,, même si c'est difficile je suis contente de pouvoir enfin sortir de cette histoire de moi. A garder les choses pour soi, elles s'enveniment.
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Herve-LionelHerve-Lionel   30 mai 2020
C'est ça l'exil, on ne sait plus d'où l'on est, personne ne nous reconnait plus vraiment, on est fait de trop d'expériences différentes, les cultures se mélangent et l'identité s'embrouille.
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Herve-LionelHerve-Lionel   30 mai 2020
En France, on aime le silence et les mots tus, la retenue, la pudeur dans les choses profondes.
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