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Jacques Parsi (Traducteur)
EAN : 9782742726219
260 pages
Éditeur : Actes Sud (08/03/2000)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Il y a du Roméo et Juliette chez Simon et Thérèse. Voisins mais issus de familles ennemies, leur passion fortifiée par les obstacles les conduira à un destin tragique. Un roman d'un romantisme noir qui est une des références majeures de la littérature portugaise.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
araucaria
  01 février 2020
Voici un roman que je désirai lire depuis très longtemps déjà, et que j'ai cherché vainement à acheter l'an passé à Porto où se déroule une partie de l'histoire. Sur une place de la ville se trouve d'ailleurs une grande statue de bronze rendant hommage aux deux héros, Thérèse et Simon... Et si vous faites une promenade en bateau sur le Douro, le guide ne manquera pas de mentionner le couvent à flanc de coteau où était captive la pauvre demoiselle.
L'auteur, Camilo Castelo Branco, qualifie son texte de roman, mais il ajoute au titre "AMOUR DE PERDITION" : Mémoires d'une famille...
Cette histoire ressemble beaucoup à celle de Roméo et Juliette, elle est simplement transposée au 19 ème siècle et transportée au Portugal. Les protagonistes, sont jeunes, voisins ils s'aiment sans espoir parce que leurs deux familles se détestent. S'il existe des personnages de fiction, le héros Simon Botelho, est l'oncle paternel de l'écrivain.
Ce livre est un classique de la littérature portugaise, considéré comme un texte romantique noir. Oui, effectivement il s'agit bien d'un drame, mettant en scène des nobles très sourcilleux qui n'hésitent pas à tirer l'épée ou qui ont la gâchette facile. Les uns comme les autres présentent des faces sombres, et aucun des protagonistes (sauf quelques femmes) ont la conscience pure. le héros, Simon, au début du roman se comporte d'ailleurs comme un parfait voyou, et il n'est pas le seul.
L'auteur pointe aussi du doigt la vie dissolue qui règne dans les congrégations religieuses, et il doit être très bien renseigné car alors qu'il était lui-même séminariste il fut l'amant d'une religieuse d'une cinquantaine d'années...
Un roman violent, dramatique, d'amour et d'aventure... Quelques notes de l'auteur aussi, faisant référence à l'Histoire du Portugal, à des personnages et évènements marquants.
J'aurais aimé que ce livre soit un coup de coeur, il ne l'est pas car j'ai conservé quelques distances avec les personnages et n'ai pas ressenti de véritable empathie, cela reste toutefois un bon roman agréable à lire.
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missmolko1
  13 juin 2016
Déniché dans une petite librairie de Lisbonne, le week-end dernier, j'ai été ravie de découvrir Camilo Castelo Branco.
Amour de perdition est un roman qui n'a pas pris une ride, et nous fait découvrir les amours malheureux entre Simon et sa voisine Thérèse. Ils sont issus de deux familles qui se détestent et ne peuvent donc pas se marier et vivre leur amour.
Ils persistent et s'écrivent énormément de lettres mais le sort s'acharne sans cesse à les séparer.
"Simon Botelho aimait. Voici un mot, un seul, pour expliquer ce qui semblait un revirement absurde à dix-sept ans. Il aimait une voisine, une jeune de quinze ans, riche héritière d'une beauté sans éclat et de bonne naissance. C'est de la fenêtre de sa chambre qu'il l'avait vue pour la première fois, pour l'aimer à jamais. Elle n'était pas restée insensible à la blessure qu'elle avait faite dans le coeur de son voisin, elle l'aima aussi et avec plus de sérieux qu'il n'est habituel à cet age.
Les poètes abusent de notre patience quand ils parlent de l'amour de la femme à quinze ans comme d'une passion dangereuse, unique et inflexible. Certains prosateurs disent la même chose dans les romans. Ils se trompent tous. A quinze ans, l'amour est une amusette. C'est la dernière manifestation de l'amour pour les poupées. C'est la tentative du petit oiseau pour essayer de voler hors du nid, les yeux toujours fixés sur sa mère qui l'appelle de la branche voisine. Lui, il sait ce qu'est aimer beaucoup, comme elle, elle sait ce qu'est voler loin."
On peut dire que ce roman est une sorte de "Romeo et Juliette" version portugaise et le lecteur prend énormément de plaisir à la lecture.
C'est une très belle découverte et il me tarde de découvrir d'autres romans de l'auteur, malheureusement peu traduit en français.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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5Arabella
  02 septembre 2017
Il s'agit du roman le plus connu de l'auteur, qualifié du plus grand roman d'amour portugais. L'auteur l'aurait écrit en 15 jours, pendant un séjour en prison. Il nous conte la tragique histoire d'amour entre une jeune fille, et son oncle paternel, Simon. Les aventures amoureuses et tumultueuse du propre père de l'écrivain y sont aussi brièvement racontées.
Simon et Thérèse jeunes adolescents tombent amoureux en se voyant par la fenêtre. Malheureusement pour eux, leurs familles sont mortellement brouillées, et s'opposent à toute union éventuelle. En plus Simon a déjà commis quelques frasques qui font que son père n'a aucune envie de passe sur de nouvelles erreurs. Lorsque les familles apprennent l'amour des jeunes gens, elles feront tout ce qu'elles peuvent pour les séparer, et il y aura tentatives d'assassinat, un enferment au couvent, et autres péripéties.
C'est terriblement romanesque, les péripéties s'enchaînent et on peu mourir d'amour à volonté. La société portugaise de l'époque, terriblement archaïque nous est rendue avec toutes ses couleurs violentes, tuer un homme ne semble pas y être grand chose, surtout si la famille a des appuis solides. Cela date par moment terriblement, mais garde un charme un tant soit peu désuet, comme un album de photos aux couleurs un peu passées. L'écriture est un de grands atouts du livre, sobre et en même temps imagée, un petit quelque chose d'élégant qui rend tous les débordement de passion finalement digestes. J'ai tout particulièrement apprécié le personnage de Mariana, qui est une jeune femme active et décidée, plus attachante que la malheureuse Thérèse, que l'on enferme et que l'on fait passer d'un couvent à un autre.
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miriam
  30 juillet 2015
Quelle est la différence entre un chef d'oeuvre du Romantisme portugais et un roman populaire, voire à l'eau de rose?
LLe titre "Amour de perdition" inciterait plutôt à le classer dans la seconde (3ème) catégorie d'autant plus que l'auteur préférant écrire pour l'élite a renié ce succès populaire qui a continué sa carrière avec plusieurs adaptations au cinéma.
Roman d'amour, amours adolescentes, amours impossibles de Simon et Thérèse dont les familles sont ennemies. Romeo et Juliette à Viseu, en 1803.
Par amour pour Thérèse, Simon qui était plutôt mauvais garçon, matamore et révolutionnaire, est devenu un étudiant appliqué à Coimbra. Par amour pour Simon, Thérèse, fille unique et obéissante, refuse de se marier avec son cousin comme lui ordonne son père et se trouve enfermée au couvent puis exilée à Porto. Malgré leurs familles, malgré la clôture du couvent, les deux amoureux s'écrivent des lettres d'amour. Rendez vous secrets nocturnes, enlèvement, guet-apens....Simon devient meurtrier de son rival. Il risque la potence. Et ce n'est pas son père le corregidor qui le tirera de ce faux pas. Sa peine est commuée en déportation au bagne aux Indes. de son couvent Thérèse verra le bateau qui emporte son amant et mourra d'amour (ou de phtisie).
Résumé ainsi, ce pourrait être un roman à l'eau de rose.
Ce qui fait la bonne littérature est d'abord l'écriture. Malheureusement je ne lis pas le Portugais.
C'est aussi l'humour ou l'ironie.
L'auteur prend de la distance pour critiquer la noblesse portugaise qui se soucie plus de la réputation de son nom et de ses ancêtres que de la conduite de ses enfants (inénarrable ancêtre , général frit dans un chaudron sarrazin). Acide description de l'hypocrisie des bonnes soeurs au couvent, l'une méchante, l'autre ivrogne, toutes médisantes, c'est très amusant.
Enfin la consistance des personnages secondaires donne de l'étoffe au roman. L'auteur campe d'abord la personnalité des parents de Simon, le père corregidor terne mais rigide et inflexible, la mère de grande noblesse, hautaine qui s'humanise lorsque son fils est en danger. Enfin, le roman se déroule dans plusieurs milieux, à Viseu dans la bonne société, parmi les étudiants de Coimbra, et chez un maréchal ferrant de grand coeur et de grand courage . Sa fille Mariana s'éprend de Simon, amour désintéressé, tendre et admirable. Elle aussi mourra d'amour.

J'ai "rencontré" Camilo Castelo Branco au Musée Francisco Martins Sarmento à Briteiros -près de Guimaraes. l'écriant, fuyant la justice s'était réfugié chez son ami dans le Solare da ponte , manoir de l'archéologue devenu son ami. Je ne savais pas qu'au 19ème siècle on pouvait être incarcéré pour adultère. La vie de l'écrivain est encore plus romanesque que son livre : fils naturel d'un noble, Camilo Castelo Branco voudra prendre sa revanche sur sa naissance illégitime et proclamera la noblesse de son sang. Aux études il préfère la vie de bohème des caves de Porto, ressemblant à son héros Simon avant sas rencontre avec Thérèse. Adultère il sera incarcéré c'est au cours de sa détention qu'il rédige Amour et Perdition. Il organise l'enlèvement d'une jeune fille.
Enlèvement, crimes d'amour, exhumation de cadavres sont des pratiques courantes à l'époque.
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Lali
  28 janvier 2011
« Personnages de roman, ils vivent leur vie comme des acteurs jouent une pièce, et ils brouillent à volonté les frontières entre le réel et le romanesque. Les personnages d'Amour de perdition agissent exactement comme les romantiques de 1850. On peut dire qu'ils sont de la même trempe. Simon Botelho et Thérèse d'Albuquerque appartiennent à cette génération de Portugais qui entend faire de la vie une destinée et parfaire cette destinée comme une oeuvre d'art, ciselant l'adversité comme une stèle de marbre. »
Cette citation, tirée de la préface de Jacques Parsi, le traducteur, exprime à elle seule et mieux que je ne le ferais ce qu'est et ce que représente Amour de perdition, le grand roman d'amour portugais à quelques reprises adapté pour le cinéma et dont la version cinématographique de Manuel de Oliveira est, paraît-il, remarquable.
Roman écrit en prison alors que Camilo Castelo Branco et la femme mariée qu'il avait enlevée étaient incarcérés pour adultère, l'auteur a affirmé à propos de celui-ci : « J'ai écrit ce roman en quinze jours, les plus tourmentés de ma vie. » Inspiré par les amours contrariées de son propre oncle (Simon), le roman relate la passion de celui-ci pour Thérèse, sa jeune voisine, une passion partagée par celle-ci.
Mais c'est sans compter sur la haine du père de Thérèse envers le père du jeune homme. Tadeu d'Albuquerque a d'autres intentions pour sa fille que celle de la voir unie à ce vaurien, fils de son ennemi juré et promet celle-ci à Balthasar, son neveu, lequel sera tué par Simon après nombre de péripéties que je n'énumérerai pas. Un crime pour lequel il sera emprisonné tandis que la belle Thérèse sera enfermée au couvent.
Loin l'un de l'autre et s'appartenant à jamais, ils trouveront bien entendu le repos dans une mort qui les réunira puisque dans cette vie il ne leur a pas été permis de s'aimer en toute liberté.
Un roman teinté du plus pur romantisme qui propose en plus de l'histoire d'amour qui nous est contée un regard sur cette société où on se débarrasse facilement de qui nous nuit et où les saintes ne se trouvent pas dans les couvents.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   13 juin 2016
Simon Botelho aimait. Voici un mot, un seul, pour expliquer ce qui semblait un revirement absurde à dix-sept ans. Il aimait une voisine, une jeune de quinze ans, riche héritière d'une beauté sans éclat et de bonne naissance. C'est de la fenêtre de sa chambre qu'il l'avait vue pour la première fois, pour l'aimer à jamais. Elle n’était pas restée insensible à la blessure qu'elle avait faite dans le cœur de son voisin, elle l'aima aussi et avec plus de sérieux qu'il n'est habituel à cet age.
Les poètes abusent de notre patience quand ils parlent de l'amour de la femme à quinze ans comme d'une passion dangereuse, unique et inflexible. Certains prosateurs disent la même chose dans les romans. Ils se trompent tous. A quinze ans, l'amour est une amusette. C'est la dernière manifestation de l'amour pour les poupées. C'est la tentative du petit oiseau pour essayer de voler hors du nid, les yeux toujours fixés sur sa mère qui l'appelle de la branche voisine. Lui, il sait ce qu'est aimer beaucoup, comme elle, elle sait ce qu'est voler loin.
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araucariaaraucaria   14 juillet 2019
En feuilletant les anciens registres dans les archives de la prison de la Relation de Porto, j'ai lu dans celui des entrées des prisonniers, de 1803 à 1805, à la page 232, ce texte :
"Simon Antonio Botelho, ainsi qu'il dit se nommer, célibataire, étudiant à l'Université de Coimbre, né à Lisbonne, et fréquentant les cours au moment de son arrestation dans la ville de Viseu, âgé de dix-huit ans, fils de Domingos José Correia Botelho et de Dona Rita Preciosa Caldeirao Castelo Branco; corpulence moyenne, visage rond, yeux marrons, cheveux et barbe noirs, vêtu d'une veste de bayette bleue, d'un gilet de futaine teinte et d'un pantalon de tissu moucheté. J'ai fait cet enregistrement et je signe. Filipe Moreira Dias."
Dans la marge, à la gauche du texte, est écrit : "Parti pour l'Inde le 17 mars 1807."
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araucariaaraucaria   29 janvier 2020
Lorsque Thérèse fut avertie que son père l'attendait, la fraîche couleur qui réjouissait les dames religieuses céda la place soudain à la pâleur habituelle. Sa tante ne voulut pas en la voyant ainsi qu'elle sortit de sa chambre, et prenait sur elle d'ajourner la visite du père.
- Il ne faut pas s'y dérober, dit Thérèse. J'y vais, ma tante.
Son père en la voyant eut un frisson et blêmit. Il s'attendait à un changement mais non d'une telle importance. Il pensa qu'il ne l'aurait point reconnue s'il n'avait été prévenu qu'il allait voir sa fille.
- Comme je te retrouve, Thérèse! s'exclama-t-il, bouleversé. Pourquoi ne m'as-tu pas dit ton état plus tôt?
Thérèse sourit et dit :
- Je ne suis pas aussi mal que mes amies se l'imaginent.
- Auras-tu la force de venir avec moi à Viseu?
- Non, mon père. Je n'ai même pas la force de vous dire en peu de mots que je ne retournerai pas à Viseu.
- Pourquoi pas? Si ta santé en dépend?
- Ma santé dépend du contraire. Je vivrai ici, ou je mourrai.
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araucariaaraucaria   28 janvier 2020
C'est à ce moment-là que le juge entra dans l'antichambre. Le corrégidor alla le recevoir, mais non point de l'air aimable d'une personne qui va remercier d'une politesse et implorer l'indulgence. De l'air renfrogné avec lequel il allait, il semblait bien plutôt aller reprocher au juge de laisser penser par cette visite que la balance de la justice tremblait parfois dans sa main.
- Je voudrais commencer par vous dire, combien je suis désolé du malheur de votre fils, dit le juge.
- Je vous en remercie. Je sais tout. Le procès est-il instauré?
- Je ne pouvais m'y dérober.
- Si vous ne l'aviez pas fait, je vous aurais obligé d'accomplir votre devoir.
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araucariaaraucaria   25 janvier 2020
Personne ne sent en soi le poids de l'amour qu'on inspiré et que l'on ne partage pas. Dans les plus grandes douleurs, dans les derniers instants du cœur et de la vie, il est doux encore de se sentir aimé quand on ne peut déjà plus trouver dans l'amour une diversion pour ses peines, ou renouer le dernier fil qui vient de casser. Orgueil ou insasiabilite du cœur humain, peu importe, c'est par l'amour que l'on nous porte que nous estimons ce que nous valons dans notre conscience
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Vidéo de Camilo Castelo Branco
João Viegas, traducteur de "Récits de la prison de Porto" de Camilo Castelo Branco et des "Eaux de Joana" de Valério Romão nous parle de l'auteur Aquilino Ribeiro dont les éditions Chandeigne ont publié "Le roman de la renarde" et "Les sentiers du démon".
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