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ISBN : 2221134087
Éditeur : Robert Laffont (04/01/2018)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Jeanne pense souvent au point de bascule. L’instant où la vie change de cours. Où l’homme qui n’était qu’un voisin, un parent, un amant, un fonctionnaire, un commerçant, devient un criminel ou une victime. Quand elle compulse ses dossiers, quand elle punaise une coupure de presse sur son mur, c’est ce mystère qui la hante. L’instant où le passé, le présent et l’avenir cristallisent sans remède. »
Paris, 2017. Saint-Pétersbourg, 1909. Une rencontre sur un qua... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Dixie39
  08 février 2018
Premier coup de coeur de l'année que je dois à Babelio et aux éditions Robert Laffont ! Eve de Castro dans La femme qui tuait les hommes nous offre deux portraits de femmes saisissants. La première vit en Russie au tout début du XXe siècle. Elle se fait appeler Léna et est une sorte de justicière se portant au secours des femmes russes, battues et asservies par des maris violents dont elle se presse de les débarrasser… ce que d'aucuns appellent une tueuse d'hommes !
"la tête haute, les épaules ouvertes, le torse bombé. Je voulais ressembler à une guerrière, à la figure de proue d'un navire."
Rude femme du peuple, elle n'a d'yeux que pour le jeune Vladimir Illich.
"Je voulais que tu sois là comme on veut que Dieu existe et que la mort soit un début".
La seconde, Jeanne vit à Paris à notre époque. Elle est une vieille femme qui a traversé la vie comme une feuille emportée par le vent : sans liberté ni rébellion. Seulement une sorte de fatalisme et de passivité. Retraitée, elle organise sa vie à la minute près pour ne pas sombrer.
"On finit par s'habituer, oui. On trouve des fils auxquels s'arrimer, on les tisse, on s'en enveloppe, on se calfeutre."
Jusqu'au jour où elle croise le chemin de Lucie… et celui de Paul Brideau, écrivain qui collectionne les conquêtes comme d'autres les trophées de chasse.
Eve de Castro nous plonge dans une Russie en plein bouleversement, où la famine sévit et les consciences s'éveillent. Il y a des pages sublimes dans ce livre sur la Grande Famine ; en très peu de mots, l'autrice pose tout de suite le décor et on se retrouve littéralement plongé dans cet enfer.
La vie de Jeanne n'est guère plus clémente, bien que celle-ci semble souvent être plus spectatrice qu'actrice des événements qui la composent. Un peu comme si elle vivait par procuration :
"Tu me rapporteras des souvenirs ?"
On suit en parallèle ces deux histoires sur deux époques différentes, en se demandant quel sera le lien qui finira par les unir. Puis, Paul Brideau, cet écrivain qui "pose des rails pour que d'autres voyagent" entre dans la danse. Et là, tout prend sens… jusqu'au rebondissement final.
"Toi qui me lis et pour qui j'ai vécu, me vois-tu enfin ?"
Lien : https://wordpress.com/read/f..
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Pancrace
  10 février 2018
« le titre est cool, je pense qu'il y a plein de nanas qui voudraient en tuer des tas de mecs. Non ? »
Lena en tuera 272 ! Par amour d'un homme ! Pour sauver des femmes.
Jeanne racontera l'histoire de Lena, son histoire et celle de Lucie.
Lena et Jeanne se vengeront à deux voix des hommes qui violent, qui battent, qui humilient les femmes. Chacune à leur manière mais avec le même chant, celui de la colère, celui de la lassitude d'être bafouée, abandonnée.
Retrouvez les pièces manquantes de cette critique façon « puzzle » en lisant ce roman lourd et illuminé où les mots d'Eve de Castro accrochent parfois abrupts comme du Teulé ou fins comme du Brontë mais toujours enrobés d'un souffle romanesque sans pareil.
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som
  14 mai 2018
Quelle femme ? Combien d'hommes trucidés ? Et pourquoi ? Derrière ce titre bien énigmatique, quoique séduisant, se cache un double récit. La confession d'Alexandra Grigorievna Popova dite Lena et l'histoire de Jeanne Murier-Charançonnet. La première oeuvre dans les limbes d'un empire russe qui va bientôt disparaitre. Adressé au fantôme d'un jeune Lénine, son récit relate les horreurs que provoquent la misère, la violence sociale d'un système autocrate, dont les victimes sont en premier lieu les pauvres et les femmes. Vengeance, vous avez dit vengeance ?
La seconde, modeste couturière de presque 80 ans, a quitté sa Savoie natale pour les routes de France dans un drôle de cirque. Débarquée au propre comme au figuré à Paris, elle s'enterre dans les coulisses de l'Opéra où elle prend soin des costumes avant de passer sa retraite sur les quais du métro. Un regard porté sur Lucie, une jeune femme désespérée, l'amène dans l'intimité de Paul, un écrivain plus en veine avec les femmes qu'avec le succès. Jeanne va le ramener progressivement à sa table de travail. Vengeance, vous avez dit vengeance ?
Bien que classique dans sa construction (récits alternés débouchant, on peut l'imaginer, vers un potentiel point de convergence), « la femme qui tuait les hommes » nous entraîne dans une aventure romanesque en diable. le choix des lieux, des époques et de personnages qu'à la fois tout opposent et tout lient, forme un puzzle diablement sophistiqué. La rupture de style entre les deux histoires renforce la dramaturgie de base. Beaucoup est dit, le pire est suggéré. Autant dire, que le lecteur est tenu en haleine. Progressivement, des jeux de ressemblance s'établissent entre les deux héroïnes, à moins que tout cela soit un miroir tendu à une réalité malheureusement toujours contemporaine. Allez savoir… Je ne dirais évidemment rien sur le dénouement final. Courrez et lisez.
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MelleFifi
  01 mars 2018
Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont pour la découverte de ce titre.
Voyage entre Paris (2017) et Saint Pétersbourg (1909) deux destins de femmes avec le même objectif...
"Lena" fervente adoratrice de Lenine commet 272 meurtres pour lui plaire. Elle a choisi de tuer les hommes violents avec leurs épouses et leurs enfants. Elle tue gratuitement mais aussi sur commande. Nous assistons donc à ses derniers jours avant son exécution. Durant ses dernières heures, elle écrit une lettre à Lenine. Dans cette lettre, elle lui explique les raisons de ces meurtres et son histoire...
En parallèle, l'auteur nous fait suivre l'histoire de Jeanne fraichement retraitée. Elle travaillait comme couturière à l'Opéra. Aujourd'hui elle passe ses journées dans le métro, même station même banc. C'est là qu'elle rencontre Lucie. Lucie lui parle de Paul, son amant écrivain qui la fait souffrir. Jeanne écrit une lettre à Paul qui lui permet de s'insinuer dans la vie de l'écrivain jusqu'à se rendre indispensable...
Un roman parfaitement construit qui nous fait voyager entre la Russie d'avant la Révolution et Paris aujourd'hui. Elle nous fait assister aux coulisses de la création d'un roman, les incertitudes et certitudes de l'écrivain... Eve de Castro est très habile pour nous montrer l'art de la manipulation de Jeanne.
Un peu de longueur dans la lettre de Lena, c'est le seul petit défaut.
Ce roman restera longtemps dans ma mémoire.
L'auteur sait transporter le lecteur ailleurs. L'atmosphère est palpable. On sent le froid et la misère en Russie jusqu'aux petits plats mitonnés par Jeanne et le parfum de violette...
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Pixie-Flore
  27 juin 2018
Eve de Castro nous raconte une histoire à deux voix. Deux voix féminines qui se dévoilent progressivement pour se rejoindre sur une note finale pleine de douleurs et d'abnégation.
Jeanne et Alexandra Grigorievna Popova, qui se surnomme Lena, n'ont à première vue rien en commun. Pourtant leurs histoires se rejoignent sur bien des points. J'ai tout de suite été prise dans l'histoire de Lena ; j'ai mis un peu plus de temps pour comprendre où voulait en venir l'auteur avec l'histoire de Jeanne. J'avais hâte de repartir en Russie tant l'histoire française m'ennuyait un peu. C'était trop énigmatique pour avoir un sens cohérent de prime abord. de plus, l'auteur a fait un travail historique sur la Russie et la condition féminine vraiment superbe.
Et puis, à un moment la situation se débloque et on prend plaisir à suivre les deux histoires en parallèle. Elles sont durs, poignantes mais tellement réalistes... On en sort pas indemne.
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   19 mars 2018
Ève de Castro s’est inspirée de la vie d’une tueuse en série russe du début du 20e siècle, Lena Popova, pour écrire un nouveau thriller historique très prenant, mis en parallèle avec une histoire contemporaine se déroulant à Paris : La femme qui tuait les hommes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   01 février 2018
A cette époque, je parlais souvent à Dieu. Je lui ai parlé longtemps, et beaucoup. Quand j'ai compris que l'homme creuse sa tombe sans que le ciel réagisse, j'ai arrêté. Pries-tu encore, Volodia ?
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Dixie39Dixie39   02 février 2018
Tu prônes la nécessité du sacrifice sur l'autel de la liberté. Tu prétends lutter pour la délivrance du peuple russe. Mais que sais-tu de nos souffrances, camarade Lénine ? Dans ta chair, qu'en sais-tu ?
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PancracePancrace   05 février 2018
Les coups ne sont rien à côté de la faim. Tu peux te sauver devant les poings et le fouet, tu peux te cacher, parfois tu peux rendre les gifles. Tu n'échappes pas au garde-manger vide et au puits à sec.
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Pixie-FlorePixie-Flore   25 juin 2018
Les femmes devraient avoir la même liberté d'être et d'agir que les hommes. Elles ont autant d'intelligence, souvent plus de réflexion. Elles ont aussi la force morale, qui vaut mieux que la force physique. Si on ne leur donne pas le droit de faire ce que font les hommes, elles doivent le prendre. Leur destin leur appartient.

[p63]
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Dixie39Dixie39   01 février 2018
On s'habitue aux coups. Le corps apprend à esquiver les plus vicieux, l'esprit à s'évader pour échapper au désespoir. Mais pas toujours. As-tu recensé combien de femmes russes se pendent ou se jettent dans le puits parce que mourir vaut mieux qu'endurer ce qu'elles vivent ?
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