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ISBN : 2221112288
Éditeur : Robert Laffont (18/10/2012)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Le Versailles de Louis XIV est un théâtre où la monarchie absolue se construit en se donnant en spectacle. Un panier à crabes où vingt mille personnes du plus haut au plus bas de l’échelle sociale s’agitent dans les ors et les gravats, l’inconfort et la puanteur, les complots et les coucheries, les passions et les trahisons, avec, pour tous, le rêve de grimper vers la lumière.
Le Roi des Ombres est l’aventure de ceux dont personne n’a jamais parlé. Les petits... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  12 janvier 2013
« Certes, Versailles est un prodige. Mais ne vous y trompez pas. Versailles est aussi un monstre. »
En 1665, le chantier de Versailles, titanesque et meurtrier, emploie des milliers d'ouvriers et d'artisans qui s'échinent à assécher les marais insalubres, à terrasser, maçonner, planter, sculpter, creuser canaux et bassins, transformant peu à peu un pavillon de chasse en un palais à la démesure du Roi Soleil.
Avec sa couverture imprimée à la manière d'une pièce de Molière et rehaussée d'un soleil doré, le dernier roman d'Ève de Castro m'a attirée comme un aimant. Puis l'attraction s'est muée en addiction, car "Le Roi des Ombres" ne se contente pas de fournir une mine d'informations sur la création de Versailles, Louis XIV et Monsieur son frère, Philippe d'Orléans. C'est une fresque passionnante qui plonge le lecteur dans le quotidien des grands personnages comme des petites gens qui les servaient, avec, à la clé, un déchirant secret.
Étuviers, barbiers, perruquiers, terrassiers, fontainiers, jardiniers, cuisinières, servantes et valets... Grâce au mystérieux narrateur qui, à la veillée, vous livre ses souvenirs, les voilà qui s'animent sous vos yeux comme dans un théâtre d'ombres. Des ombres, justement, que le Roi Soleil écrase ou croise sans leur prêter attention, mais qui, toutes, servent ses rêves de grandeur. Et parmi ces ombres, certaines sont particulièrement attachantes, comme la très jeune Nine La Vienne, perruquière et guérisseuse, ou le rusé Batiste le Jongleur, apprenti fontainier.
Spécialiste du Grand Siècle, Ève de Castro peint avec couleur et vivacité L Histoire et les sentiments, les vices des puissants, la brutalité de la vie des plus humbles, ainsi que l'abominable condition des femmes à tous les niveaux de l'échelle sociale. Découverts il y a bien longtemps avec "Ayez pitié du coeur des hommes", ses talents de conteuse et d'historienne n'ont pas fini de me subjuguer.
Une pépite... aussi brillante que les ors de Versailles !
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Tempuslegendae
  17 mai 2013
Quand ses maitresses étaient grosses, le roi allait prendre des bains de vapeur chez son ami la Vienne. Derrière le rideau de toile et le brouillard, son corps nu offert à d'indiscrets regards redevenait celui d'un homme. Un homme vraiment, ce monarque qui a ruminé sa grandeur dans ses étuves et l'a bâtie dans les grandes eaux de la révolution hydraulique menée avec ce colossal chantier de Versailles? le château? Pas tant. Non, celui des eaux gravitaires, des 50 fontaines, des 670 effets d'eau, des bassins, étangs, canaux, rigoles, rivières artificielles, aqueducs, réservoirs, moulins et géniales machines… Un titanesque projet, épié par toute l'Europe.
Folie, que ce roi exigeait: faire monter les eaux de la Seine jusqu'à son palais en genèse. Une prouesse en somme. Sur un pic à sec. Les meilleurs ingénieurs sont mandés. On invente l'industrie du plomb, Vingt à trente mille ouvriers sont requis, et quand ils meurent des fièvres, eux qui montent une eau limpide à Versailles, le roi y envoie des soldats revêches crever du scorbut dans la glaise bleue plutôt que d'un coup d'arquebuse.
Fontainier. Une position à peine plus noble que celle de Bontemps. Denis Jolly, François Francine, le jongleur, ils ont laissé leurs registres. Dans lesquels Eve de CASTRO a puisé la matière de ses ombres. C'était eux qui l'intéressaient, ces milliers d'anonymes ouvriers des eaux qui vivaient dans les entrailles du parc et gravaient leur marque en fleur de lys sur les énormes conduites de plomb qui sillonnent toujours le Versailles souterrain en un impressionnant réseau de plus de 35 kilomètres. Et ces valets qui jetaient des tentures dans les jardins pour cacher les chantiers et mettre un bassin en eau, illusion éphémère d'un Versailles toujours futur.
Sacré Louis, tout de même. Avec lui, ce sont les ombres qui font la lumière. Quelle démonstration… Quel paradoxe aussi, dans un siècle où la femme n'est qu'un ballot creux qui meurt en couche. Les hommes, eux, n'ont qu'à faire valoir leur talent pour penser fortune et ainsi sortir de la pénombre.
Des grands, habituellement, Eve de Castro met en scène des failles. Un Louis XIV, déjà, dans son premier roman, «Les Bâtards du Soleil», aux prises avec ses enfants naturels, entre roi et père; les amours incestueuses du Régent et de la duchesse de Berty, la charmante Joufflote, sous ce très joli titre «Nous serons comme les dieux»; la déchéance de la Galigaï à la cour des Médicis…
Madame de CASTRO, mi romancière mi historienne, décortique ici les mécanismes tentaculaires de l'avènement d'un immortel monarque. Précis, riche, romanesque, tellement fluide et passionnant à lire, dans ce style un peu suranné inspiré par l'époque, mais sans affectation.
Louis XIV avait rédigé lui-même, à l'attention de ses hôtes émerveillés, un plan de visite, une «Manière de montrer les jardins de Versailles», de la cour de marbre aux jardins d'Apollon. Eve de CASTRO nous donne la manière des «petites» gens. Encore plus époustouflant, cela va sans dire…
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Maxie
  12 janvier 2016
Paris, règne de Louis XIV, au moment de la construction du château de Versailles, symbole de la démesure et de la folie des grandeurs du Roi Soleil. le père du jeune Charles, comte de Cholay, vient de mourir, et Ange Lacarpe, qui s'est occupé de lui depuis qu'il est petit, lui laisse une lettre qui lui raconte les années qui ont précédé sa naissance, et lui donne les clés de son avenir. Et nous voilà embarqués chez les petites gens qui vivaient dans le Paris du roi Louis XIV et à Versailles : baigneurs, perruquiers, terrassiers, maçons, fontainiers, cuisiniers, valets … pour vivre la vie qui était la leur, comprendre quel était leur sort au service de ce roi mégalomane et cruel. Mais Eve de Castro nous permet également par son récit d'appréhender cette portion de l'Histoire du règne de Louis XIV, avec la Fronde et les campagnes militaires, de suivre la construction du château et de ses jardins (cela donne très envie d'y retourner d'ailleurs), et de comprendre ce qu'étaient les moeurs de l'époque, le sort réservé aux femmes, la médecine des saignées et des lavements, la faim et la misère du petit Paris… Sur ce fond parfois très cru et violent vient se greffer une belle histoire d'amour. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour un magnifique moment de lecture.
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Annette55
  14 avril 2014
L'histoire se déroule à la Cour de Louis XIV au milieu du 17°siècle.
La reine Anne d'Autriche meurt en 1666 et Louis XIV, âgé de 28 ans, ayant refusé de prendre un ministre principal à la mort de Mazarin en 1661, exerce désormais seul le pouvoir.
Dès les premières années de son règne, il s'intéresse au domaine de Versailles, sur lequel son père, louis XIII, a fait construire un pavillon de chasse peu confortable.
Louis XIV entreprend la construction du château de Versailles, en confiant la réalisation à le Vau.
La vie quotidienne est alors très dure pour les quelques vingt mille personnes qui oeuvrent à la construction de cet édifice pendant que le Roi et sa cour batifolent.
Le Roi des Ombres est une fresque brillante qui raconte ( mais pas seulement) la vie quotidienne des ouvriers qui travaillent sur le chantier du château de Versailles.
Passionnant à lire, cet ouvrage, dans lequel l'auteur fait aisément se côtoyer personnages historiques et héros fictifs est très bien construit.
Il est présenté comme une lettre, laissée par Ange Lacarpe, adressée à Charles, jeune garçon de treize ans.
Ce personnage mystérieux d' Ange Lacarpe tient en haleine le lecteur avec un récit qui évoque, à travers le destin de Nine La Vienne et Batiste le Jongleur, la vie à Versailles du plus haut au plus bas de l'échelle sociale.
Elle évoque les trahisons, les complots, les jalousies meurtrières, les adultères des nobles qui vivent à côté du petit peuple sans le voir.
La merveilleuse conteuse Ève de Castro nous fait partager le quotidien et rencontrer ceux qui creusent la terre, dressent les murs,posent des fards et des perruques, massent les pieds , guérissent les humeurs ....
Nous côtoyons barbiers, étuviers, terrassiers, fontainiers, jardiniers, cuisinières, servantes et valets....
Ces hommes et ces femmes sont ignorés aux yeux de ceux qu'ils servent, ils ne sont que des fonctions...
Ces "Ombres", comme l'évoque le titre, sont dans la misère absolue, rongées par la faim, le manque d'hygiène, les maladies et travaillent ardemment pour satisfaire le plaisir et la gloire du roi et de sa cour.
Ève de Castro nous malmène parfois avec des détails sordides et répugnants sur ces conditions de vie.
Très bien documentée, cette histoire présente également les us et coutumes de l'époque, avec beaucoup de descriptions.
Grâce au personnage de Nine La Vienne, passionnée par la médecine et qui s'emploie à tordre le coup à toute sortes de croyances et superstitions de l'époque, le lecteur découvre, avec beaucoup de précisions, ses préparations de remèdes et pommades pour guérir bon nombre de maux à la cour du roi.
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Marionrey
  08 novembre 2016
Dans son roman Eve de Castro nous décrit le Versailles de Louis XIV aussi connu sous le nom du Roi Soleil. Une époque où ce Roi difficile, capricieux et extravaguant règne d'une main de fer. Mais pour autant ce livre ne se concentre pas du tout sur Louis XIV mais plutôt sur les » petites gens » qui entoure le roi et qui d'une manière ou d'une autre seront en relation avec le souverain. L'auteur nous livre le côté que l'on ne connait pas de cette époque, elle nous décrit la face sombre de toute cette beauté qu'est le palais de Versailles. Entre les coucheries, les manigances et les exigences extrêmes d'un Louis XIV au sommet de sa gloire, Eve de Castro dépeint un portrait finalement assez difficile des conditions dans lesquelles vivaient les gens appartenant au plus bas de l'échelle sociale ainsi que la condition des femmes à cette époque.
Le début de ma lecture a été assez compliqué, l'auteur nous présente ses personnages qui sont assez nombreux et il est un peu difficile de s'y retrouver mais tout vient au fur et à mesure et cette confusion se dissipe assez rapidement. Plus on avance dans le roman plus tout les détails et les personnages se mettent en place et tout nous apparaît plus clair. Malgré ces petites longueurs, le mystère fait que nous voulons poursuivre notre lecture.
Dans ce roman nous suivons plusieurs personnages bien qu'il soit plutôt concentré sur deux personnes qui sont Batiste le Jongleur et Nine La Vienne. Batiste, un jeune homme qui s'attire souvent des ennuis, assez pauvre mais très ambitieux fera tout ce qui est en son pouvoir pour travailler sur le chantier du château de Versailles afin de grimper les échelons et pouvoir venir en aide financièrement à sa famille composée de sa maman, de son frère et de sa petite soeur. Puis Nine La Vienne, mon personnage préféré du roman est une très jeune fille passionnée de médecine. Nous suivons l'évolution de ces deux personnages tout au long du livre. Nous les voyons grimper l'échelle sociale au fur et à mesure et sommes témoin de tout ce qu'ils devront faire pour y parvenir.
Eve de Castro a un sens du détail qui m'a beaucoup plu et qui m'a immergé complètement à l'époque de Louis XIV. Les traditions de cette époque ont été très intéressantes à découvrir et l'auteur a dû énormément se documenter pour écrire son roman, ce qui se ressent beaucoup à la lecture du Roi des Ombres.
La fin du roman est géniale, nous comprenons tout ce qui nous a été raconté précédemment et la révélation finale est vraiment super, bien que je me doutais un tout petit peu de ce dénouement.Si vous êtes amateurs de romans historiques, et spécialement de l'époque de Louis XIV je vous conseille vivement de lire ce roman .
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Les critiques presse (1)
Lexpress   20 décembre 2012
Un roman haletant, remarquablement construit, qui retrace autant la construction du château de Versailles que la vie quotidienne des princes et des gueux au Grand Siècle.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   30 décembre 2012
Le cœur des hommes est un chaudron de sorcière, Monsieur, le siècle où nous vivons cache la crasse sous les dentelles et la sanie de l'âme sous la poudre, les courbettes et les faux repentirs. Je sais des prêtres vautrés dans le crime, des manants qui battent à mort leur femme, des bourgeois qui vendent leur fille à des monstres, des seigneurs qui torturent les enfants, des princes qui tirent au fusil les gens comme des lapins, et des rois qui au lieu de donner l'exemple de la vertu, violent, mentent et trahissent.
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OdeOde   01 janvier 2013
Mathilde plume les volailles de la reine Marie-Thérèse, la femme du roi, qu'on surnomme l'Espagnole parce qu'elle a des suivantes et des chiens pareillement nains, qu'elle prononce « cétté poute » en parlant de Mademoiselle de La Vallière, la maîtresse de son mari, et qu'elle se barbouille à toute heure de chocolat chaud. Lorsque le roi est au château avec sa famille, ce qui n'est guère plus de deux fois le mois parce qu'il réside principalement au Louvre ou à Saint-Germain, Mathilde plume en moyenne quinze poulets, faisans, oies, canards, pintades par repas, plus les cailles, les ortolans, les grives et les palombes lorsque c'est la saison.
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OdeOde   10 janvier 2013
La guerre de Sa Majesté ressemble à un opéra de Monsieur Lully. De la musique, des héros sanglés dans des cuirasses très seyantes, des plumes et des rubans un peu partout, des armes étincelantes sur lesquelles les taches de sang font comme des mouches sur la gorge des dames, des dames, justement, nombreuses, ravissantes et largement décolletées, de la poudre aux yeux et des forteresses qui tombent aussi courtoisement que des châteaux de cartes.
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OdeOde   11 janvier 2013
– En Italie, d'où vient ma famille, nous avons une prière qui dit : « Seigneur, donnez-moi la force de changer ce que je peux changer, l'humilité d'accepter ce que je ne puis changer, et la sagesse de reconnaître la différence. » C'est une prière qui s'adresse plus à soi-même qu'à Dieu, mais à l'occasion elle pourrait vous servir.
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cecilitcecilit   18 juin 2016
Oui, Monsieur, à la Cour, il vous faudra porter perruque. Le roi sous l'impressionnant échafaudage capillaire que vous lui verrez n'a plus aujourd'hui le poil vaillant , il se fait raser le peu qu'il lui reste et personne n'oserait afficher près de lui une chevelure en pleine santé. Mais ne vous souciez pas d'acheter un postiche, il s'en loue à chaque coin du château. Vous choisirez une coiffure courte pour assister à la messe de sa Majesté, une bien serrée pour jouer à la paume ou chasser, et une mi-longue pour le jeu ou le bal. Demandez ce qui sied à votre âge, et si vous hésitez, prenez conseil du Duc de Chartres, le fils de Monsieur, il saura ce qui convient. Par contre dans les rues de Paris, dans les jardins du palais-Royal ou à la Comédie, vous pourrez aller au naturel. Tirez vos boucles en arrière en les faisant un peu bouffer, comme je vous ai montrė et poudrez les å l'amidon de riz plutôt que de maïs, legèrement le matin, généreusement le soir. Lavez votre tête au moins une fois le mois, peignez-vous en veillant à décoller les croûtes, usez de la lotion vivifiante que je vous ai laissé et je vous promets qu'à mon âge vous ne serez pas chauve.
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Ève de Castro vous présente son ouvrage "Le roi des ombres" aux éditions Robert Laffont.
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