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ISBN : 2221193334
Éditeur : R-jeunes adultes (01/09/2016)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 156 notes)
Résumé :
Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu'une chose : à la fin de l'année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther, sujet de tous ses fantasmes, se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un "plus si affinités..." Nous sommes le mardi 6 jan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
jujuramp
  26 avril 2018
Je lis peu de littérature Young Adult, dite adolescente. A tort je pense. Ce livre en est la preuve.
Ce premier volume de ce qui semble être une trilogie m'a donné envie de me lancer de par son sujet. En effet, Arnaud Cathrine se lance dans un récit évoquant les attentats de Charlie Hebdo en racontant en parallèle une histoire d'amour vécue par Caumes, 17 ans.
Déjà, le ton est moderne, vrai. Pas édulcoré.
Ensuite l'histoire de Caumes dans l'Histoire d'un pays en ce mois de janvier 2015. Une semaine effarante.
C'est vrai, touchant, terrifiant. Ca pose les bonnes questions, sans s'approprier les réponses. On évite l'écueil politique même s'il est parfois effleuré. Ca parle d'une jeunesse qui ne comprend pas ce qui arrive à ce monde.
Témoignage d'une époque, j'ai pensé à ceux qui le liront dans cinq ans, dix ans, vingt ans … C'est une période difficile que l'auteur raconte, une façon d'appréhender le quotidien une fois que l'impensable est arrivé. Ce moment où une civilisation se rend compte des fossés qu'elle a crée.
Je vais lire la suite (les suites, il ya deux autres tomes à ce jour) même si je la redoute.
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AliceNeverland
  26 juillet 2016
Difficile de savoir comment appréhender ce livre. J'étais à la fois intriguée de le découvrir mais, en même temps, j'en redoutais quelque peu sa lecture. J'avais tout de même envie de savoir de quelle façon l'auteur allait réussir à aborder une thématique aussi brûlante qu'inadaptée (pour moi) à l'univers young adult tant sa réalité parait ne pas être à sa place dans ce genre.
C'était vraiment difficile de se replonger dans ces événements que l'on aimerait bien oublier et qui, pourtant, nous marqueront à tout jamais. Il faut dire que ma génération fait également partie de celle qui a vue en direct les attentats du 11 septembre à la télévision. Autant dire que je ne pensais pas lire un jour un livre dont l'histoire s'imprègnerait de cet univers déstabilisant, violent et horrible qu'est celui des attentats.
Que nous apprend l'histoire ? […] Parfois l'histoire nous apprend rien et tout est à refaire.
D'ailleurs, j'ai passé une bonne partie du roman sans savoir vraiment si j'aimais ou non ce que je lisais. Car c'est assez spécial. L'auteur nous remet devant ces évènements qui nous ont irrémédiablement marqués, peu importe ce que l'on faisait. Mais j'avoue que c'était étrange de se retrouver dans la peau de cet adolescent qui, alors qu'il devrait penser à sa nouvelle petite amie, se retrouve plongé dans un environnement qui fait froid dans le dos.
Arnaud Cathrine réussit dans ce livre à faire de ces évènements de janvier 2015 un décor marquant mais pas voyeuriste. Et c'est ce juste équilibre qui permet à A la place du coeur de ne pas être un livre profiteur. L'auteur n'a pas cherché à exploiter cette thématique pour construire une histoire. Il explique, au contraire, comment un contexte de peur de l'autre va briser ces vies simples et banales qui vont s'en retrouver changées à jamais. Ainsi, tout le cadre politico-social qui s'insère dans le livre parait extrêmement naturel. C'est dérangeant, certes, mais cela nous pousse inexorablement à la réflexion.
J'ai donc assez accroché avec la façon dont Arnaud Cathrine représente son histoire sans profiter du contexte. Il n'est pas là pour faire pleurer dans les chaumières et, au contraire, cela peut être vraiment intéressant à faire lire à cette nouvelle génération qui découvre l'horreur des attentats en direct avec ceux de Charlie Hebdo.
[…] il est un peu plus de dix-huit heures et il fait déjà nuit noire. C'est parfaitement à l'image de cette semaine improbable : nuit noire.
Pour autant, j'ai tout de même eu quelques difficultés avec le personnage de Caumes. Surtout au départ, je n'arrivais pas du tout à m'attacher à lui ou à sa bande de potes. Mais, petit à petit, j'ai pris connaissance de ses réflexions et interrogations, et j'ai été touchée par cet adolescent qui découvre le monde horrible dans lequel il vit. Il comprend immédiatement que quelque chose de grave s'est produit ; quelque chose qui va changer à tout jamais la vision qu'il avait du monde et de la France. Une analyse vraiment pertinente de la part d'un gamin de dix-sept ans tout juste.
C'est, du coup, très intéressant d'observer son évolution au cours de cette semaine. Ces sept petits jours qui vont faire voler en éclat son monde tranquille de lycéen et qui vont briser sa vie à tout jamais. Il y a ce lundi soir normal où Caumes fête tout simplement ses dix-sept ans avec ses amis. Un instant frivole dans une vie toute aussi frivole et dénuée d'intéressement. En dehors du bac, l'avenir est flou et sans aucun intérêt. Bref, une vraie vie d'adolescent. Et puis, tout va basculer ce mardi. Difficile de croire qu'un tel évènement se produisant à Paris va réussir à impacter ce village de Normandie. Et pourtant…
On n'avait pas l'âge, putain.
L'âge de quoi ?
J'ai dix-sept ans, la vie devant moi et de la mort partout. […]
C'est quoi l'autre choix ?
Caumes s'interroge. Il cherche vraiment à comprendre l'incompréhensible, à mettre des mots sur l'innommable. Mais, malheureusement, il se heurte à ces adultes qui, le plus souvent, ne prennent même pas la peine de discuter avec lui. Et puis il y a cet après, ce vendredi qui nous montre à quel point Caumes commence à ressentir ce vide en lui et doit apprendre à vivre avec toute cette menace, cette guerre autrefois si lointaine qui touche désormais Paris et notre beau pays.
Enfin, la fin apporte tout on sens à l'utilité de cette histoire. le cri du coeur de Caumes est sincère, bouleversant et émouvant. Malgré mes dix années de plus, je me suis retrouvée dans chacune de ses interrogations. Mais, surtout, j'avais mal pour lui, pour cette jeunesse, véritable dommage collatéral d'un climat délétère.
Pour conclure : c'est un beau roman qui met bien en exergue les difficultés de compréhension de cette génération qui se retrouve plongée dans un monde qu'elle ne comprend pas. Surtout, cela nous met face à tout ce changement dans notre société auquel nous avons droit depuis cet évènement. Janvier 2015, Novembre 2015, Juillet 2016… Ces dates resteront définitivement gravées en nous. A travers son histoire d'une justesse incroyable et qui n'en fait pas trop,, Arnaud Cathrine nous montre que cela a complètement modifié notre regard sur l'avenir, mais que cela a encore plus marqué la nouvelle génération qui ne sait plus à quoi s'attendre et doit commencer à vivre avec cette peur du lendemain. Mais il nous donne aussi une incroyable pulsion de vie qui prend ainsi naissance malgré le tragique de son contexte…
J'ai décidé de ne plus penser ni à Esther, ni aux attentats, ni à Ballard, ni à rien du tout, juste : m'absenter de la surface de la terre.

Lien : https://aliceneverland.wordp..
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Gaoulette
  20 février 2017
Quand on décide de traiter le massacre de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher dans un roman jeunesse c'est un sacré challenge. Je me suis demandé comment l'auteur Arnaud Cathrine voulait l'utiliser. Et franchement jolie coup de plume.
Nous faisons la connaissance de Caumes, adolescent de 17 ans qui vit dans sa ville en tout insouciance. Bourrage de gueule, insolence, scooter, première copine et je crois tout connaitre. Et puis deux évènements tragiques à Paris vont le bouleverser. Entre insouciance et réalité Caumes va se chercher et essayer de vivre ses premiers émois qui vont rimer avec tragédie.
Donc j'ai été surprise comment Arnaud Cathrine a abordé les attentats de Janvier 2015. En fait je me suis ressassée ma journée aussi pendant les événements et au final on rentre complétement dans la peau de ce jeune homme. Il a sa vie de tous les jours et il suit les actualités avec peur : et oui son avenir pourrait être à Paris.
J'ai trouvé la trame rondement mené et surtout bien écrite. Un coup les informations, un coup les échanges sms, un coup une conversation parents enfants et puis Messenger. Et nous avons la superbe amitié qui relie Caumes, Hakim et Théo qui nous fait sourire et nous replonge dans nos années jeunesses. La saison 1 A la place du coeur plante le décor de ces attentats avec les répercussions sur la vie de Caumes. Et franchement il me tarde une seule chose connaitre son avenir et sa vision sur son futur.
Arnaud Cathrine parle aussi ouvertement et sans tabou de l'amalgame islamiste/musulman et de la bêtise humaine. D'ailleurs pour moi cela a été le choc qui a bouleversé ma lecture.
Donc oui je veux savoir comment Caumes va s'en sortir. Comment va-t-il gérer sa relation avec Esther ? Comment aller à l'encontre des idéaux de ses parents ? Quel chemin va-t-il prendre ? Suivre son frère que j'espère connaitre plus.
Caumes un personnage attendrissant qui fera en rire plus une lectrice avec sa tendance exhibitionniste et son franc parlé mais surtout sa timidité. J'espère que l'auteur va plus développer son personnage car je l'ai adoré.
Donc une mise en bouche intéressante et franchement j'hésitais à le lire car je savais qu'il y avait une saison deux et je me demandais le pourquoi. Un roman que je conseille fortement pour les amateurs de littérature jeunesse. C'est réaliste, parfois drôle et poignant.
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BOOKSANDRAP
  10 avril 2018
> https://booksandrap.wordpress.com/2018/04/10/a-la-place-du-coeur-t1-arnaud-cathrine/

Je vais être franche et vous avouer tout de suite qu'À la place du coeur était de prime abord un bouquin que je n'avais pas envie de découvrir. Et puis finalement je lui ai donné sa chance. J'ai tout de même repoussé ma lecture le plus possible. Pas parce qu'il me faisait peur (même si c'était un peu le cas en y réfléchissant) mais plus parce que je n'avais pas envie de me plonger dans ce genre d'histoire. C'est un bouquin qui traite d'adolescence, de premier amours mais aussi et surtout des attentats, de racisme et d'amalgame. le terrorisme est un sujet très dur qui a touché et touche tout le monde. Je n'avais pas envie de lire des bouquins sur ce sujet. Je n'avais pas envie d'avoir mal au coeur ni de repenser à toute cette haine et toute cette panique qu'on associe forcément à ces périodes sombres. Mais j'ai finalement sauté le pas. Je ne le regrette pas car c'est un bouquin très fort mais je n'ai pas non plus été totalement convaincue.

C'est une lecture qui est tout de même très poignante.
7 Janvier 2015. 8 Janvier 2015. 9 Janvier 2015. Paris est la cible. le monde est bouleversé.
C'était éprouvant d'une certaine manière de revivre ces moments difficiles qui ont touché la France. C'était difficile de se replonger dans cette ambiance lourde et terrifiante de ces attentats, de ses blessés et de ses morts. le terrorisme fait malheureusement partie intégrante de notre monde d'aujourd'hui et c'était compliqué de retrouver, couché sur papier, toutes les horreurs qui ont été commises. le style de l'auteur est particulier, il aborde très souvent les médias, nous raconte à travers les yeux de Caumes de quelle manière il à perçu ces tragédies. Et puis au delà des attentats on peut observer la réaction qu'ils ont eux sur les gens. Quand certains sont solidaires d'autres se déchirent et préfèrent accuser, insulter et montrer du doigt une religion. On fait face pleinement au racisme, au harcèlement et aux esprits étriqués et c'est quelque chose qui m'a vraiment plu. Il n'y a pas de censure, pas de non-dits, la plume d'Arnaud Cathrine est brute, incisive, vraie.

Et pourtant malgré les sujets très sombres qui y sont traités, c'est aussi un beau livre qui parle d'espoir.
Caumes prouve à sa manière que la vie doit continuer. Que les gens doivent continuer à vivre, à sortir, à aimer ! Que malgré toutes ses atrocités il vit sa vie d'adolescent, qui va au lycée, qui révise son bac. Il tombe amoureux, s'interroge sur son avenir, profite de sa vie et de ses amis. C'est un joli parallèle qui est important et qui mérite d'être mît en avant. Ce n'est pas qu'un livre sur le terrorisme. Ce n'est pas qu'un livre douloureux. C'est aussi un joli message d'espoir et de paix. Bien évidemment il se sent coupable et choqué mais il essaye de ne pas se laisser dominer par ces événements.
Malgré tout, j'ai été vraiment dérangée par le fait que l'on y parle beaucoup trop de sexe. C'est quelque chose qui m'a vraiment surprise au départ. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi présent et je dois bien avouer qu'à force cela m'a lassé. Caumes à 17 ans et à les hormones qui le travaille je peux comprendre mais c'était trop pour moi. Alors oui c'était intelligent de la part de l'auteur de contrebalancer l'horreur du récit par les premiers émois de l'adolescence afin de rendre le récit plus léger et moins complexe mais malheureusement, le fait que ce soit trop centré sur le sexe et non pas sur l'histoire d'amour en elle-même ne fonctionnait pas avec moi. Je n'ai pas compris l'utilité de rajouter à chaque intervention de notre ado des propos vulgaire et uniquement centré sur la partie basse de son anatomie.
Si je devais conclure rapidement cette chronique je vous dirais très sincèrement que c'est une lecture qui vaut le coup pour ceux qui auront le courage de la lire. J'ai eu du mal à m'y mettre, et je ne sais pas encore si j'ai envie de lire la suite… Malgré tout, le fait que ce soit aussi un hymne à la vie est une jolie surprise. Je ne vais pas vous dire de le découvrir ou non, mais je vous recommande d'écouter votre coeur et de le lire si l'envie vous prends ! C'est une lecture qui, même si j'étais réticente à la lire, m'a quand même touchée et émue.

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maevedefrance
  02 avril 2017
Je vais me contenter de la quatrième de couverture pour vous présenter l'histoire :
"Six jours dans la vie de Caumes qui vit son premier amour.
Six jours de janvier 2015 où la France bascule dans l'effroi.
Ce soir, Caumes a 17 ans et attend le déluge. Il ne sait qu'une chose : à la fin de l'année, il quittera sa ville natale pour rejoindre son frère aîné à Paris. Paris, la ville rêvée. Ce soir, Caumes a 17 ans et attend aussi le miracle qui, à son grand étonnement, survient : Esther – sujet de tous ses fantasmes – se décide enfin à lui adresser plus de trois mots, à le regarder droit dans les yeux et à laisser deviner un " plus si affinités "... Nous sommes le mardi 6 janvier 2015 et le monde de Caumes bascule : le premier amour s'annonce et la perspective obsédante de la " première fois ". Sauf que le lendemain, c'est la France qui bascule à son tour : deux terroristes forcent l'entrée du journal Charlie Hebdo et font onze victimes..."
J'ai entendu l'auteur parler de son roman dans l'émission La Grande Librairie et il a été assez convaincant pour que j'aie envie de le lire. Ce qui en soit, au regard du sujet, n'était pas gagné d'avance. Je pensais trouver un roman qui sorte des clichés et prenne un peu de hauteur.
Hélas ! Les personnages sont des caricatures : il y a le copain de Caumes, Hakim, le "rebeu" qui vit en HLM, se fait insulter dans la cour, se fait racketter et finalement tout fini très mal pour lui ; il y a le fils de facho, lui-même facho en culotte courte ; il y a Caumes le fils de bourgeois qui rêve d'aller habiter ailleurs qu'en banlieue parce que la banlieue c'est naze (sympa !); il y a Esther la juive.
Le récit se base sur le journal intime de Caumes. On a donc son point de vue d'adolescent sur ce qui se passe autour de lui au moment des attentats de janvier 2015. On a surtout ses états d'âme d'ado qui tombe amoureux d'Esther. Why not ? Mais encore une fois, pour moi, ça a pêché dans l'excès. Caumes est vulgaire et ne fait pas une phrase sans une obscénité. Au début ça amuse. A la longue, ça fatigue...
De ce point de vue, je n'ai pas du tout accroché au style de l'auteur. Je me suis demandé ce que ça apportait à l'histoire de mettre une obscénité au bout de chaque phrase, d'apporter des détails croquignolets sur l'état du sexe de Caumes (c'est clairement risible). Ne me prenez pas pour autant pour une prude qui n'accepte aucun "gros mot" dans une narration. Tout est question de dosage et de ce que ça apporte au texte. On ne peut pas dire ici qu'il y a enrichissement en matière de sensualité...
Caumes tombe amoureux au moment où il est confronté à l'horreur. Oui et après ? Je n'ai pas vraiment vu où il était capable de dépasser son nombril. Pourquoi en est-on arrivé là ? Ce n'est pas évoqué. Ou du moins pas assez. Oui les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo mais c'est n'est pas que ça.
Et pour finir : la fin est aussi une caricature qui n'amènera pas le lecteur plus loin que le bout de son nez. ATTENTION SPOILER : Hakim meurt des suites de ses blessures infligées par des ados fachos qui le persécutaient depuis des années au lycée.
Bref, pour moi un roman qui manque d'analyse, de prise de hauteur, d'explications pour les ados. On n'apprend rien de plus que ce que l'on sait malheureusement déjà sur toutes ces horreurs. Bien que le narrateur soit un adolescent de 17 ans (quand même pas un bébé non plus), on aurait pu souhaiter quelque chose de plus fouillé dans le déroulement de l'histoire. Quand on lit un roman sur un tel sujet, on n'a pas envie d'être devant un témoignage à la sauce BFMTV.
Je ne lirai pas le tome 2.
Extraits :
"Hakim et Kevin sont deux purs produits de la cité HLM. Leurs parents sont employés à la Sodeco, l'usine de la ville (ici on fabrique des tickets; des tickets pour tout et n'importe quoi ; peut-être même pour le métro parisien, si ça se trouve). Au début, mes parents ont fait une drôle de gueule quand ils m'ont vu ramener à la maison le fils du maire socialo, comme ils disent, et deux prolos dont un Rebeu originaire de quel pays déjà, Caumes ? - La France, maman. Tu vois où c'est sur la carte ou tu veux que je te montre ? Depuis, mon père dit souvent avec une forme de condescendance qu'il est tout compte fait très instructif d'aller voir un peu comment ça se passe chez les autres."
"Dans mon corps, c'est la Troisième Guerre mondiale : je sens une marée acide aux relents de vodka se diriger vers ma gorge et, un peu plus loin, ma bite qui enfle et commence à mouiller."
"Derrière les mecs gueulent des phrases dont le sens s'évanouit avant même d'arriver jusqu'à moi. J'ai grave envie de pisser. Je commence à avancer. Et je me vautre. (...) le vent glace mon corps, je sens mes couilles se rétracter."
"(...) j'ai super envie de me branler, mais je n'ai pas trop le temps".
"Mes doigts seraient quand même bien plus utiles dans la chatte d'Esther."
"Partir d'ici. Monter à Paris. La vraie vie, je pense."
"Je pense avec angoisse à mon frère qui habite dans le onzième arrondissement de Paris - là où l'attentat vient d'avoir lieu - qui est en stage dans un journal dont j'ai oublié le nom (...).
"C'est trop chelou, ce qui est en train d'arriver : je suis fou amoureux pour la première fois de ma vie et des tarés ont flingué douze personnes de sang-froid. Je ne sais pas quoi faire de ce constat." (ben nous on a envie de te dire qu'il y a des tas de gens qui se font tuer tous les jours dans le monde par des guerres, mon garçon...).
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
myprettybooksmyprettybooks   05 septembre 2016
« Tu ne peux pas faire ça. C’est trop tôt. Bien trop tôt. Toi-même, tu me l’as souvent dit : « On n’a pas fait assez de conneries. » Alors tu vois bien : tu ne peux pas. On n’a pas assez zoné, on n’a pas assez bu, on n’en a pas vu assez, on n’en a pas dit assez, on n’a pas pris le temps de se taire. On ne s’est pas révoltés, on n’est pas descendus dans la rue, on n’a fait bloc contre rien, on n’a pas hurlé à qui de droit que la vie nous terrifiait, on n’a même pas quitté notre chambre d’enfant, on ne connait pour ainsi dire rien au cul ni à l’amour, on n’a jamais rien envisagé, on a regardé nos frères grandir, on a avancé dans la file, on nous a promis que ce serait bientôt notre tour, on avait tout juste commencé à se demander qui on était, alors tu vois bien : tu ne peux pas débarrasser le plancher comme ça. On n’a pas épuisé un millième du monde. L’inconnu comptait sur toi. Et moi aussi. Alors tu ne peux pas. Un jour, tu m’as dit : « On s’habitue à tout ; enfin … un jour sur deux. » Mais ton absence, je ne m’y ferais pas, pas une seconde. »
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LaChimereLaChimere   09 octobre 2016
– Dans notre République, on a le droit de caricaturer tout le monde, dit Théo.
– Voilà effectivement la problématique essentielle : d’un côté, la tradition française qui a toujours fait place à la caricature et, de l’autre…
– Les musulmans choqués, dis-je.
Et je lance un regard aussi discret que possible vers Hakim qui flippe sa race depuis tout à l’heure, je le sens bien.
– Oui. Et puis, il y a les terroristes islamistes qui s’en servent de prétexte pour semer la terreur, hélas, conclut Mme Barsacq. Y a-t-il d’autres éléments que nous aurions omis pour votre compréhension de la situation ?
– Madame, en fait ils l’ont bien cherché, Charlie Hebdo !
– C’est une question ou une affirmation, Claire ? Tu as suivi ce qu’on vient de dire ou quoi ?
Mme Barsacq se lève et passe derrière le bureau, signe qu’on est repartis pour le grand sommeil.
– Pour finir, je vous pose cette question : pourquoi suis-je contre vous voir passer des heures devant les chaînes d’info en continu ?
– Parce que c’est des mythos, dit Kevin.
– Non, pas du tout.
Kevin, mouché, la défie du regard.
– Je fais partie d’une génération qui a vu les tours du World Trade Center à New York s’effondrer en direct à la télévision, dit-elle.
Un silence particulier enveloppe la classe brusquement.
– Nous avons été des milliers à passer des heures incalculables à voir et revoir ces images affreuses. Alors je ne dis pas qu’il n’aurait pas fallu les voir, mais rester des heures aimanté devant l’écran finit par tout « déréaliser ».
– C’est quoi Madame, « déréaliser » ? demande Hakim qui intervient pour la première fois.
– Le réel finit par se transformer en un film à suspense, Hakim. Et je ne crois pas que ce soit la meilleure façon pour comprendre le monde et la gravité des choses.
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JuinJuin   16 février 2017
Ses cheveux aux reflets violets sont rassemblés en un chignon à la façon d'une méduse posée au sommet de son crâne.
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LucilliusLucillius   12 décembre 2017
Je fais signe que je n'en veux pas. Le shit, c'est comme les huîtres : j'aime bien l'odeur mais pas question de faire entrer ça dans mon corps.
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AliceNeverlandAliceNeverland   26 juillet 2016
On n’avait pas l’âge, putain.
L’âge de quoi ?
J’ai dix-sept ans, la vie devant moi et de la mort partout. […]
C’est quoi l’autre choix ?
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Arnaud Cathrine présente l'édition 2017 des Correspondances de Manosque
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