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ISBN : 2072706459
Éditeur : Gallimard (16/02/2017)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Il y a dans chaque livre de François Cheng un souffle de vie qui prend à la gorge. Sans doute parce que celui-ci provient d'une voix sans autre exemple. D'une voix qui éperonne la pensée, avec une acuité foudroyante et douce. D'un chant qui a depuis longtemps puisé sa force dans l'élan intérieur. D'une sagesse orientale qui transmue le fugace en élixir d'éternité. D'une écriture tremblée qui s'enracine à même la rosée. D'un exil qui dépayse jusqu'à la nostalgie. Ave... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  30 août 2017

J'avais beaucoup apprécié " À l'orient de tout" mais la découverte de ce recueil a été plus encore pour moi: une révélation, un vertige de mots qui tous m'effleuraient de leur beauté simple et fragile...
On retrouve bien sûr les thèmes propres à François Cheng: l'impermanence de l'homme au sein d'une nature immuable, la volonté de s'inscrire dans l'instant, la recherche spirituelle d'un guide, qu'il nomme aussi bien la Voie, comme dans le taoïsme, que dieu ou Lumière. J'ai aimé que l'auteur se pose des questions à propos de cette existence divine, que rien ne soit pour lui acquis, certain.
J'ai vibré au contact des vers qui rendent si bien nos quêtes universelles, tous les poèmes m'ont parlé, ce qui est rare lorsqu'on lit un recueil. D'ailleurs, je souhaiterais tous les citer, c'est dire...Et j'ai trouvé que l'ensemble était moins hermétique, plus accessible que " À l'orient de tout".
Parfum de lilas, énigmatique tortue, nuit mère des lumières, la Voie qui seule sait, au-delà des questionnements existentiels,ces images douces et sereines m'ont envahie, la magie des mots purs et évocateurs...
J'en reste éblouie...
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glennherbertgould
  15 avril 2017
François Cheng voue aux mots une passion sincère. Dans ce petit livre délicat, son goût inconditionnel pour la vie s'exprime. Au détour d'un jardin, dans l'intimité d'une chambre, son vers s'imprègne de l'émotion présente. Se délectant des plaisirs fugaces, appréhendant l'immensité de l'espace, la profondeur d'une voix.
Le vers se veut mystérieux, hermétique parfois abscons mais toujours la grâce demeure et jamais ne se meurt. Le poète magique des ombres révèle ainsi sa véritable candeur.
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michfred
  12 décembre 2016
Poésie de l'attente et de la fusion, comme ces aquarelles délicates et intenses de Zao Wu Ki.
Pivoines ouvertes sous la pluie, tortue prophétique dans un jardin, bleu des yeux , des mers et des rêves, galet lové dans une paume fraîche :François Cheng capte des images, en fait des signes qui s'impriment à l'encre de Chine sur le papier blanc de nos âmes.
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kuroineko
  18 mai 2017
L'écriture magnifique de François Cheng m'a transportée tout au long de ce recueil de poèmes.
Il y a beaucoup de sensibilité chez François Cheng. Beaucoup de vécu et pas seulement du fait de l'âge. On sent dans sa poésie toute l'attention qu'il porte au monde, visible comme invisible. Il nous livre ici une spiritualité à la fois emplie de mystique et de quotidien. Les poèmes se font tour à tour contemplatifs et introspectifs. La frontière entre l'intériorité et l'extériorité se fond en une recherche perpétuelle du présent, de la Voie, de la vie et du sacré.
La Nature est omniprésente, complice ou détentrice d'une sagesse que l'humanité devrait s'efforcer d'acquérir.
Et toujours cette richesse des mots, l'amour de François Cheng pour la langue française qui tintent clairs et sublimes à chaque strophe, à chaque vers.
Alors tant pis si, faute de connaissances ou de sensibilité, je n'ai pas tout compris. Tant pis si certaines pièces me sont restées complètement hermétiques. Car au final est-ce si important? Si La vraie gloire est ici, selon François Cheng, peut-être que l'humilité y est aussi, celle m'engageant à comprendre que tout n'est pas compréhensible. La magie des mots, la musique de la langue suffisent à combler mon appétence de lectrice quand la compréhension est absente. Permettre d'accueillir la beauté en soi est un cadeau inestimable du poète.
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ATOS
  26 mai 2016
« Point de retour sans aller 
Point d'aller sans retour ».
« Tu entends enfin ton chant
qui lui même est appel
à tous les vents venant vers toi,
à tous les vols partant de toi,
à la terre explosée en fleurs… »

« À la source du Long Fleuve », « Austères glaciers »,« Tendre filet d'eau… »
 « Voici que le fleuve retourne à sa source,
Que nous terminons notre grand périple. »
 « Tant de jours à longer le fleuve millénaire,
Toujours à contre-courant, à contretemps »
 « À sillonner l'aride haut-plateau,
Creusé de ravins, menacé de vautours,
 
À traquer chairs crues et fruits sauvages,
À dormir à même les herbes virginales,
 
À traverser le lac aux étoiles, poussant plus loin
Nos corps tatoués de gelures, de brûlures,
 
Minuscule caravane à bout d'endurance,
En ce point de l'ultime rendez-vous,
 
Austères glaciers, tendre filet d'eau,
Où toute fin est commencement. »
« Proche est le lointain,
Durable l'instant.
Quand le feu s'enfouit,
Quand se tait l'oiseau,
Tout tend vers son libre
Ou vers son repos. »
Stupéfiant silence...

Ici commence la rencontre , la joie de notre reconnaissance,
L'instant de l'échange.
« un oeil justifie la création
parce que l'oeil est regard et que le regard donne signe de vie »

« cendres-semences » , la «  brume va monter de la vallée l'in-fini cet inachevé « 
« Tout est signe » , alors « nous comprenons alors que nous aurons
à refaire le chemin parcouru »
« Le monde recommence »
Écoute !
« La nuit prépare le festin des jours »
Regarde !

«  cette lumière tremblotante
sur le rebord de la coupe »
« Nous avons trop vécu pour ne plus être »
« Encore un jour de gloire
Pour ceux d'ici qui voient.
 
Gloire des corps, gloire des fruits.
Mystère même des étoiles.
 
Pour ceux qui voient et louent,
Nulle possession, nulle proie.
 
Sol nu buvant la source,
Rien d'autre que cri de joie.
Encore un jour de gloire
En-deçà, au-delà. »
«  avant la tempête annoncée,
Il y a ce coin d'hiver,
ce coin perdu de l'univers,
où s'attarde un reste de soleil …. »
Lueur émise, flamme meneuse d'âmes,
«  en cet instant de l'éternelle donation,
Ici retourné par un regard étonné
en perpétuelle offrande ».
Ô
«  que toujours nos instants se fassent accueil »
«  Mais ce qui a été vécu
sera rêvé ;
Et ce qui a été rêvé
Revécu. »

transmutation de toutes « douleurs bues » en leur renaissante tendresse.
« car tout est à revoir, tous les rires, tous les pleurs, toute la gloire »
maintenir la flamme allumée, veilleuse éternelle , pour toutes nos âmes errantes 
«  au royaume de l'infini, la moindre lueur est diamant. »
La vrai gloire est bien ici, dans le vide médian que libère le souffle de la Poésie.
«  Vers son libre
vers son repos »…
source du renouveau.

Astrid Shriqui Garain

Lien : https://dutremblementdesarch..
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Citations & extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   22 novembre 2016
Viens te lover dans ma main, galet,
Tiens un instant compagnie
A l'anonyme passant. Toi , le pain cuit
au feu originel, nourris ce passant
de ta force tenace, de ta tendresse
lisse , au bord de cet océan
sans borne, où tout vivant, accorde
au mendiant sans voix les faveurs,
fais moi don de tes inépuisables
trésors : fête de l'aube, festins
du soir, farandoles sans fin des astres,
tant et tant de tes glorieux compagnons
réunis ici en toi, un instant lovés
dans le creux charnel de ta paume !
Toi qui survis à tout, garderas-tu
mémoire de cette singulière rencontre ?
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nattanatta   09 octobre 2015
Ici, à l'ombre, nous avons murmuré
Des choses, et puis tout d'un coup
Nous nous sommes tus,
De crainte qu'à trop toucher
Le secret nos mots ne deviennent cendres.
Une coupe d'encens couvant l'attente
Nous protège du dehors, là,
Près de la fenêtre entrouverte,
L'éclatante pivoine, ivre
De son rêve de rondeur, de parfum,
S'ouvre sans frein au soleil,
Fontaine de pétales jaillie du fond
Aux laves irrévélées, pure flamme
En son interminable délire,
En son irrépressible, inépuisable
vouloir-dire.
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PiatkaPiatka   08 novembre 2015
Soudain, nous viennent des flots
De larmes, nous plongeant dans
L'abîme du silence, larmes
De peine, larmes de joie,
Gouttes de pluie qui glissent
Leurs perles sur les feuilles
De lotus, que vient sécher
Un inattendu rayon
De soleil, déjà ardent,
Déjà irradiant, déjà nimbé
De poignante douceur, hors
De toutes voix, hors
De toutes voies, dans
L'innocence de l'instant,
Dans l'abîme de la désormais
Insondable souvenance.
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PiatkaPiatka   02 novembre 2015
Oui, un mystère, les yeux, les tiens.

Ils t’ont été donnés pour voir,
Voici qu’eux-mêmes ils donnent à voir !

Faut-il croire qu’ils sont donnés
Pour égaler la beauté qu’ils captent ?

Que la lumière qu’ils reflètent
Doit être par eux transfigurée ?

Que tous les dons qu’ils ont reçus
Doivent devenir don à leur tour ?

Brûlant mystère du Regard premier !


troisième partie PASSION
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Lily13Lily13   07 janvier 2016
Lorsque l'âme se fait entendre,
Cette voix murmurante, ponctuante,
Qui est source de tout chant,
Basse continue ne connaissant
Ni borne ni arrêt,
L'espace est vaincu et le temps aboli.

Mais l'âme ne se fait entendre
Qu'en résonance avec une âme autre,
Lèvre à lèvre,
Cœur à cœur.

Deux voix mêlées, reliantes, ruisselantes,
Joignant soudain les feuilles
Jonchant le sol
Aux nuages nimbant les cimes.

Lorsqu'enfin les âmes se font chant,
Par-dessus l'abîme des jours,
Une étincelle suffit pour rallumer
Toute flamme immémoriale :
Du fond du désir originel
Émerge alors le souffle rythmique,
Strate sur strate,
Bord à bord,
Le voilà qui recommence
L'éternité — instant.

Les marées printanières, toutes frayeurs
Et toutes douleurs ravalées,
Renouvellent le séjour
Des êtres en errance.

Rien de ce qui a été vécu n'était
Oublié, rien de ce qui a ému n'était
Perdu, ni le vieux mur qu'éblouissait
Le couchant, ni les champs en friche
Éclaboussés d'azalées sauvages...
Tout se révèle don, tout
Se transmue en offrande,

Lorsqu'enfin les âmes se font chant.
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Videos de François Cheng (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Cheng
François Cheng : L’enfance et l’adolescence 1/5 (À voix nue)
Photographie : François Cheng © PATRICK SWIRC. Son site : http://www.swirc.com. Toute la semaine du 20 octobre 2014, Françoise Siri s'entretenait avec le poète et écrivain François Cheng sur les ondes de France Culture pour l'émission “À voix nue”. Par Françoise Siri. Réalisation : Anne Sécheret. Prise de son : Laurent Césard. Attachée d'émission : Claire Poinsignon. « Aimer, c’est dire : Tu ne mourras pas ! » écrit François Cheng dans l’un de ses poèmes (dans l’anthologie “A l’orient de tout”, Poésie/Gallimard, 2008). Poète, romancier, essayiste, auteur de monographies et de livres d’art, académicien, François Cheng est d’abord un tout jeune Chinois qui arrive à Paris en 1949, après la guerre sino-japonaise. Il est alors âgé de vingt ans et vient en France entreprendre une année d’étude. Mais la Chine ferme ses frontières et l’étudiant devient un exilé. Il se passionne pour la langue française au point d’en faire sa langue d’écrivain et de se choisir le prénom « François ». Homme d’une double culture, il revient sur son parcours, qu’il a toujours repensé à travers sa création littéraire, à la recherche d’une parole de vérité. C’est cette parole qu’il souhaite livrer à l’auditeur, durant les cinq rendez-vous d’“À voix nue”. Reconnu aujourd’hui comme une figure majeure de la poésie contemporaine, François Cheng est doté de cette voix si particulière qui « nous transmet un souffle ancien, immortel et absolument personnel, qui s’inspire de l’aventure de la passion et de l’amour » comme l’écrit la poète Silvia Baron Supervielle. Il termine chaque volet de l’émission en lisant un poème.
1. L’enfance et l’adolescence
François Cheng, né le 30 août 1929, vit une enfance heureuse, mais elle est tôt interrompue par la guerre sino-japonaise, en 1937. Il a alors huit ans, et se réfugie avec sa famille au cœur de la province du Sichuan, dans un des plus beaux paysages du monde. L’enfant découvre alors à la fois le mal et les atrocités dont sont capables les hommes, et la beauté incroyable de la nature. À travers ses souvenirs, il montre combien ces deux expériences fondatrices nourriront son œuvre ultérieure. Lecture du quatrain « Nous avons bu tant de rosée… » (in “Le livre du vide médian”, Gallimard, 2004). Et François Cheng psalmodie en chinois un poème qu’il a appris dans son enfance, « Mon refuge au pied du mont Chung-nan » de Wang Wei (dynastie des Tang ; repris dans l’anthologie “Entre source et nuage, voix de poètes dans la Chine d’hier et d’aujourd’hui”, Albin Michel, 1990).
Invité : François Cheng, poète, romancier et essayiste
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