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EAN : 9782253126171
155 pages
Le Livre de Poche (28/08/2008)
3.26/5   19 notes
Résumé :

Ainsi parle Jules-Henri Mangin, se remémorant sa vie entière à traquer les odeurs de femmes, et surtout un certain été de 1960. Un été jurassien, sec, enflammé, jaune. Cet orphelin tranquille sert la messe et aide à la mise en scène d'une pièce de Roger Vailland. Entre le garçon qu'obsèdent les odeurs du vice et le libertin au regard froid, se noue une amitié faite d'initiation progress... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Drôle de livre, déroutant, perturbant, traitant de la religiosité du sexe, ou de la dimension sexuelle de la religion, je ne sais pas trop.
Le péché existe-t-il s'il reste dans l'ombre ?
Peut-on partager un péché avec d'autres pour le cacher, pour s'en absoudre sans la confession ?
Un ex-résistant communiste devenu un auteur célèbre, Roger Vailland, sa compagne, un prêtre et un évêque ancien compagnon de lutte, un jeune adolescent torturé par le sexe, une adolescente consciente de son pouvoir sur les hommes, une troupe de théâtre amateur, dans un village du Jura après guerre.
"Les saints n'ont pas d'odeur" a-t-on appris au jeune Jules Henri, pendant les cours de catéchisme, et dès lors il fera de cet adage la pierre angulaire de son comportement, "les saints ne sentent pas parce qu'ils ignorent le péché".
Mais c'est un jeu dangereux, car pour déterminer si quelqu'un sent ou pas ne faut-il pas le sentir ?
Maria Elena le prendra dans "l'aura de son parfum de bête, son odeur de suc et de fourrure chaude qui m'envahissait, me tuait. Bête moi-même. Mais ne sommes nous pas des animaux , disent les pères fondateurs, tant que l'esprit n'est pas en nous ?"
Devenus des habitués des joutes de Roger et de Lisina sa compagne, Jules-Henri et Maria Elena seront marqués à vie par ces instants cachés mais intenses, n'y voyant aucune remise en cause de la morale religieuse.
Les vivant comme des dons de Dieu.
Et Jules-Henri de conclure :
"Quant à moi tout était bien, et moral. Et de cette issue morale, le jour de ma mort, je tirais une force et une paix sans égal."
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Cette éternelle odeur m'a rappelé le Moine de Mattew Gregory Lewis et sa descente aux enfers entre sainteté et luxure, entre le désir de la pureté et celui des corps.

Jules-Henri sent ! Et, accompagné de l'abbé Noiret il se questionne sur l'odeur des saints tout en étant inexorablement attiré par les effluves de Maria Elena.

Guidé par son flair, Dieu et son désir, Jules-Henri tisse une fable à la morale incertaine et aux arguments dont la mauvaise foi ne trompent que lui… pour son plaisir
Lien : https://www.noid.ch/leternel..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
On se réveille un matin avec moins d’appétit pour la journée, on laisse aller quelques besognes comme une fille laissait filer un bas quand j’étais jeune, signe visible de négligence. On entame moins tôt ses repas, on les termine avec peine. On dort peu, on se couche en craignant l’insomnie. La fatigue est de la partie. Reste le désir de répandre une bonne odeur, comme tel modèle révéré. Et plus loin que lui, comme les élus... Et l’odeur vient. O seule odeur souhaitable ! Ce n’est plus l’odeur seule des invitées, sexes ensalivés, hydromel de l’ombre ! Ce n’est plus l’odeur des hôtesses ou des annonceuses au musc lent à fuir ma peau ! Cela provient de plus profond, d’avant, de plus constitutif de celui qui est moi, minuscule rumeur encore, relent à la surface de la terre.
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De tous les suicides possibles la pendaison est le plus triste parce qu’il révèle un abandon pire qu’aucune autre mort. La balle dans la tempe tue un infréquentable adversaire. Répare un tort. Grandit le mort. Le feu le sanctifie. L'eau lui donne un nouveau baptême. Mais on se pend parce qu’on se méprise, vieille guenille, objet de rebut.
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Cette nudité rend les corps humains plus visibles, plus présents, « plus nus », dit Monsieur Vailland. Il pourrait dire aussi : « plus livrés ». Elle a encore d’autres effets. Ainsi révèle-t-elle l’austérité, la rigueur, la « maigreur » du maître de maison. Et par l’effet du contraste, l’extrême générosité du même maître, l’ampleur de son cœur, la qualité de sa volonté.
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Et elle rit comme on dit que le diable rit. Elle rit dans son odeur qui soûle, dans ses bouffées, sa touffeur. Quoi qu’elle me propose pour la suite, je sais que je n’aurai ni la force ni l’envie de lui résister.
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C'est ce qui donne du sel aux choses. Le goût à l’ennui. L'odeur aux plats. Ah laissez-moi donc manger de ce qui me plaît et me convient.
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