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ISBN : 2070411591
Éditeur : Gallimard (13/08/1999)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Le narrateur, Brahim, écrivain de son état, grand amoureux de sa jeune femme écossaise, revient dans son Maroc natal après bien des années passées en France. Brahim est devenu mondialement célèbre avec le personnage de l'inspecteur Ali, hâbleur et provocateur, aussi expert en résolution d'énigmes policières qu'en analyses pertinentes et inattendues au sujet de l'Islam. Mais pour le moment, Brahim prépare à El-Jadida, au milieu des siens et de ses amis, la première v... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Krout
19 décembre 2015
"- Aïe-aï-ïaille ! Ouillouilouille !" p.82*2 C'est par cette belle formule empruntée au banquier Abou Reg Reg que je me dois de commencer. Parce que Uno, il ne faut jamais hésiter à emprunter une bonne formule, surtout à son banquier, aux taux actuels, même si ce n'est pas pour acheter l'auto mentionnée. Parce que Deuxio je suis comme lui, Abou, d'avoir couru pendant les neufs dixièmes au moins de ce bouquin après cet inspecteur Ali, qui fraye avec un peu n'importe qui, Mikhail Gorbatchev, Saddam Hussein, et prétend connaître George Bush, mais qui m'évite. Absolument, c'est mon ressenti. On m'en promet monts et merveilles dans Ali coïte au Koweït. p.82 (je n'invente rien, moi). Je ne suis pas prêt de le lire celui-là ! J'interromps tout, Reg Reg, je suis essouflé. Parce que Tertio un policier, cela ? Pas de morts ? Même pas un voleur, hormis l'auteur ? J'en reste baba. Ronron pour ceux qui n'auraient pas compris et préfèrent le Chat. D'accord, il y a détournement, oui mais n'empêche, je me sens spoïlé. Puisque c'est comme cela, je vais le faire aussi, pour la toute première fois, pour votre bien.
Voilà je vais dérouler tous les éléments devant vos yeux ébahis comme lorsque vous vous êtes laissés embarquer chez un marchand de tapis. "- Aïe-aï-ïaille ! Ouillouilouille !" p.82*2
- C'est au Maroc, le téléphone vient d'être installé (ça commence fort) chez B. O'Rourke écrivain (oui c'est pas le même apparemment) dont on apprendra de la bouche du narrateur Brahim Orourke (là c'est le même que l'écrivain qui a un nom d'auteur dans le bouquin) qu'il pense en arabe et en berbère pour finalement écrire en français (beaucoup de lecteurs se laissent distraire par ce détail et n'ont du coup plus aucune chance ni de trouver Ali, ni de jouir du moment présent.)
- Il y a des phrases en anglais, certaines traduites d'autres pas, une phrase en allemand, non traduite, une belle phrase en latin p.164 , non traduite comme chez Umberto Eco. Je le mentionne car je sais que certains n'aiment pas. A mon avis, ils ont tort, cela fait partie de l'ouverture d'esprit et du voyage.
- Il y a aussi une blague sur le Coran, et une ou l'autre réflexion sur la religion musulmane qui demandent aussi à être interprétées. Je le mentionne pour les mêmes raisons.
- A défaut de vivre une aventure policière de l'inspecteur Ali, le narrateur nous présente toute sa famille, y compris ses beaux-parents écossais (rassurez-vous ils ne vendent ni tissu, ni tapis) et des scènes de la vie de tous les jours à El-Jadida.
- Brahim nous raconte sa vie, les conférences qu'il donne, les succés littéraires d'Ali, les réceptions dans la haute société marocaine (bref il se la pète), il disgresse sur la littérature avec beaucoup d'autodérision (moi j'aime énormément, mais j'en connais qui sont complètement allergiques et n'apprécient que la raillerie), ici c'est plutôt du sucre très fin (je dévoile mais cela reste impalpable) et il nous décrit des scènes empreintes (le policier se cache partout) de grande gaité avec ses enfants (là c'est plein de vie et très spontané, j'ai adoré) ou de grande tendresse avec sa femme (et vivre sans tendresse, non non non on ne le pourrait pas).
- Et puis, il y a la fin magique, annoncée par un clin d'œil d'Ali. Certains écrivains soignent particulièrement le début de leur livre, c'est tout à l'honneur de Driss Chraïbi, de terminer sur une note vibrante, qui emportera le lecteur encore longtemps après refermé la dernière page.

Et maintenant le vote du jury :
1 étoile pour le climat marocain, si agréable et bien rendu, je suis vraiment parti en voyage
1 étoile pour l'humour qui jailli parfois de façon très abrupte, (je me mords les lèvres pour ne rien dire à vous de trouver la scène p.158) ou qui parfois apparait aussi léger que le voile de la brume matinale (rien avoir avec celui de cette critique qui met en évidence l'importance du détournement)
1 étoile pour Tarik si vif, si espiègle et son frère Yassin plus responsable tous les deux tellement vivants
1 étoile pour remercier Ambage qui m'a conseillé de lire l'autobiographie de Driss Chraïbi La porte à côté et à qui j'avais expliqué préférer commencer par un roman, j'en ri encore de finalement m'être retrouvé avec une autre autobiographie d'auteur
Alors puisque cet inspecteur Ali est un énorme détournement et que je suis tombé médusé sur une artiste pratiquant, sur ce site, cette spécialité bien belge depuis René Magritte, Raymond Devos, Jean-Pierre Verheggen, Philippe Gelluk, Bruno Coppens et tant d'autres, je lui fais, à mon tour, un petit clin d'œil et lui recommande Les Folies-Belgères (1 critique, 1 citation). Voilà qui tissera un lien entre nous http://www.babelio.com/livres/Verheggen-Les-Folies-Belgeres/440693/critiques/818064
Pour ceux qui préfèrent des analyses plus précises, fouillées, détaillées, j'ai aussi deux liens pour aller à la recherche de l'inspecteur Ali.
http://www.limag.refer.org/Textes/Iti27/Dejean.htm
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00984272/document
Enfin pour ceux qui préfèrent les quizz : ils peuvent compter combien de fois 82 se cache dans cette critique, mais franchement il vaut mieux enquêter par vous-même sur l'inspecteur Ali.
Alors dis, il est pas beau mon tapis ? Et pas cher, tu sais.
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Lenora
29 mars 2013
Voilà une nouvelle facette que je découvre chez Driss Chraïbi. Après la lecture du Passé Simple qui possède une ambiance si sombre, je ne m'attendais pas à ressentir une telle légèreté et un tel ton humoristique.
Il est vrai qu'il est marrant de se gausser de ce choc des cultures, notamment par les réactions de Jock le beau-père de Brahim, mais il est aussi intéressant de découvrir le décalage que pose l'écrivain marocain avec sa propre société. Nous, lecteurs occidentaux, c'est une découverte fraiche et caustique que nous avons la chance de découvrir. Et pour les lecteurs orientaux, c'est l'occasion de prendre le recule sur sa société et avoir une vision nouvelle et différente de ce qui les entoure.
Mais L'inspecteur Ali est aussi l'abolition des apparences. Dedans, l'épicier peut se trouver derrière son apparence de commerçant typiquement marocain un grand homme de langue étrangère. Un ministre laisse apparaître cette hypocrisie de la fausse culture. Même le banquier amical n'échappe pas à la plume de Chraïbi.
L'écriture du roman s'apparente beaucoup à celle du Passé simple. La structure de certains passages pourraient paraître difficile dû au fait des constructions de phrases discontinues ou couper par le changement de la narration, mais le lecteur ne s'en perd pas pour autant et finalement les pages défilent rapidement sous les rebondissements et les blagues de l'auteur.
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KatellB
05 février 2012
Le narrateur, Brahim, écrivain, revient à El-Jadida, sa ville natale du Maroc, en compagnie de son épouse écossaise Fiona et de leurs deux fils, Yassin et Tarik. Il prépare la première visite au Maroc de ses beaux-parents, Jock et Susan. Brahim est devenu un écrivain célèbre grâce au héros de ses romans, l'inspecteur Ali. Avec humour, il raconte la société marocaine et le décalage qu'il vit lui-même avec sa culture d'origine, allant jusqu'à ne pas reconnaître sa propre mère et sa soeur venues lui rendre visite pour quémander une aide financière.
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miriam
05 mars 2017
Un polar marocain? (c'est dans le rayon polar que je l'ai trouvé) Et bien non!
C'est un livre léger, drôle, qui raconte comment un écrivain de polars à succès - Brahim Orourke - marié à une écossaise et revenu depuis peu au pays se prépare à accueillir et reçoit ses beaux-parents à El-Jadida.
Confrontation des cultures! Un regard amusé sur un Maroc quotidien, loin du folklore pour touristes. Aimable divertissement!
Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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VACHARDTUAPIED
02 avril 2013
Un bon roman policier où se côtoient l'Ecosse et l'Orient............
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
KroutKrout17 décembre 2015
La chasse d'eau donnait des signes de sénilité - l'un de ces mastodontes en fonte qui avaient survécu aux deux guerres mondiales et à la décolonisation. ou bien elle se remplissait sans se faire prier, comme ses congénères des cafés maures. Ou bien elle était à sec, pas une goutte. Parfois elle débordait sans crier gare. Je la connaissait de longue date, la traitais avec ménagement, eu égard à ses fuites incontinentes de vieille dame très âgée.
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KroutKrout16 décembre 2015
- J'avais déjà ce service à thé il y a vingt ans, lança son épouse.
C'était une femme très jolie, destinée à être vue, mais pas entendue.
Un attaché d'ambassade m'avait présenté au ministre. Ce dernier c'était gratté la tête, pensivement.
- Brahim Orouke ? Ca me dit quelque chose. Il peint ?
Je lui avais répondu en marocain. Voici la traduction les gutturales en moins :
- Non, mon frère. C'est pas moi. Moi, j'ai une petite charrette et un âne. Je vends des cacahuètes dans la médina...
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KroutKrout18 décembre 2015
Question : As-tu autant voyagé que ton héros et es-tu aussi polyglotte que lui ? L'inspecteur Ali fait honneur à notre pays, à la différence des détectives chauvins comme Sherlock Holmes ou Philip Marlowe qui ne parlaient que leur langue.
Réponse : Non aux deux questions.
Question : Mais alors comment fais-tu pour...
Réponse : J'invente. C'est mon métier.
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LenoraLenora29 mars 2013
Élevons le débat, voulez-vous ? Lorsque l'auteur parle, c'est l'homme qui tient un discours, non l'écrivain. Car, et par définition (c'est une lapalissade qu'on oublie trop souvent), l'écrivain écrit. Son domaine est l'imaginaire. Et, si l'écriture est un exercice solitaire, le discours est un sport public - ainsi que cela vient à l'instant de vous être démontré. On s'exprime par l'un et, dans l'autre, on s'exhibe.
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LenoraLenora29 mars 2013
Voila ce que je voulais dire, avec toutes les voix de tous mes ancêtres qui avaient déposer dans mon sang leurs doutes et leur foi, leurs peines et leurs joies et leur légendaire patience au fil des siècles :
- L'absence a-t-elle une âme ? L'attente aiguise-t-elle cette âme, lui redonne-t-elle une présence plus lancinante que la réalité ? Toute mort ne laisse-t-elle pas derrière elle le souvenir amplifié de la vie ? C'est alors que les gestes et les paroles prennent une signification émotionnelle et assaillent, étreignent : on voudrait les entendre et les voir de nouveau, les extraire du domaine de la mémoire, les empêcher de vieillir, de rejoindre le passé. Tous sont privilégiés. Que jamais rien ne meure ! C'est alors que nait l'inspiration, à l'exacte frontière du vécu tout récent et de l'attente d'un nouveau moment privilégié. Elle a supplée la réalité, lui donne une nouvelle vie.
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"Toute ma vie et toute mon oeuvre n'ont eu qu'un seul et même thème: la trajectoire du destin. Le destin des êtres et des peuples.
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