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EAN : 9782070377282
272 pages
Éditeur : Gallimard (22/04/1986)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 98 notes)
Résumé :
Lors de sa parution en 1954, ce livre fit l'effet d'une véritable bombe, tant en France qu'a Maroc qui luttait pour son indépendance. Avec une rare violence, il projetait le roman maghrébin d'expression française vers des thèmes majeurs : poids de l'Islam, condition féminine dans la société arabe, identité culturelle, conflit des civilisations. Vilipendé au début, commenté par des générations de lecteurs, il est enseigné depuis quelques années dans les universités m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Sharon
  16 juillet 2013
Je crois que ce livre est ma première incursion dans la littérature marocaine, et pour une première, je n'ai pas choisi le plus simple, quoi qu'en dise le titre.
Driss a six frères, un père très riche, très puissant, qu'il nomme le Seigneur, et une mère qui a été totalement brisée par la vie qu'elle a menée. Ses seuls rôles consistaient à tenir parfaitement sa maison (son voyage, en compagnie de son fils, au milieu du livre, lui paraît presque irréel) et à mettre au monde tous les deux ans un nouvel héritier. Elle est quasiment la seule femme du roman, la seconde que nous croisons est répudiée pour une soupe froide, et ré-épouser le lendemain. Elles sont tellement résignées à leur sort que s'en est presque choquant, notamment la réaction de la mère, après le décès de son petit dernier, dans des circonstances plus que troubles. Il n'y aura pas d'enquêtes, cependant, le Seigneur est trop puissant. Puis, qui se soucie de la mort d'un petit marocain ?
La violence est omniprésente, que ce soit dans le récit ou dans le style d'écriture choisi. Driss a été choisi, parmi ses frères, pour recevoir une éducation à l'occidentale, et s'il montre son impossible intégration dans la société occidentale (ses condisciples ne le considèreront jamais comme leur égal), il se révolte également contre le poids des traditions marocaines, rejetant tous les "espoirs" qui ont été placés en lui.
La lecture de ce livre a provoqué chez moi une forte sensation d'étouffement – la liberté n'est qu'illusoire dans ce texte, et les pauses sont difficiles à trouver dans ces longs chapitres. Terminer ce livre, terminer la rédaction de cet avis est un soulagement.
Lien : http://deslivresetsharon.wor..
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aouatef79
  06 janvier 2019
L' écrivain marocain , Driss Chraibi , a publié son roman ,"Le Passé simple"en 1954 .Lors de sa publication , le livre a soulevé un tollé de protestations contre son auteur qui expose des thèmes jugés attentatoires à la religion ,la société marocaine en général et aux traditions séculaires du pays .Car pour juger ces protestations , il faut se placer dans le contexte de l' époque : le Maroc n' est pas encore indépendant car sous le Protectorat français . le héros du livre ,Driss , clame haut et fort sa révolte. l''auteur a écrit son livre pour exprimer sa révolte contre l' autorité parentale et contre la tradition . A cette époque , il est fortement influencé par la civilisation française , il a idéalisé l' Occident .
Driss Chraibi reste un des grands écrivains marocains .
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alicejo
  20 mai 2010
Driss (même prénom que l'auteur), 19 ans, étudiant à l'école occidentale de Casablanca, écartelé entre deux cultures, tente de se révolter contre l'autorité de son père (appelé le Seigneur et qui ne s'exprime qu'à la 3ème personne du singulier) et le poids de la morale religieuse.
Écrit dans les années 50, on comprend le scandale à la parution de ce livre qui ose critiquer ouvertement l'hypocrisie de certains religieux et le sort réservé alors aux femmes marocaines.
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Lenora
  28 février 2013
Un livre poignant et noir qui porte sur la société marocaine durant la période du Protectorat français.
Driss, dix-neuf ans, fait partie de cette nouvelle génération qui doit trouver sa place entre deux cultures présentes dans le pays. D'origine marocaine, il porte peu à peu un regard critique sur la société dans laquelle il a grandi, notamment par le biais d'observations assez violentes : l'Islam règne mais personne ne la pratique comme il le faudrait. Son père bat son épouse, une pédophilie constante chez les hommes les plus prestigieux, une pauvreté omniprésente, des aumônes inexistantes... Cet oeil critique lui vient de sa nouvelle éducation : une scolarité européenne. Elle lui offre de nouvelles voies, y compris une échappatoire à ce monde qui l'étouffe et le fait rager intérieurement. Plus les pages avancent, plus on comprend qu'une guerre ouverte s'est instauré entre le Seigneur son père et Driss. Un jeu d'échecs est mis en place. Qui en sortira vainqueur ?
La lecture est réellement difficile. le roman comporte beaucoup de passage où le récit est coupé par des digressions très longues et dont il est difficile d'en connaître l'utilité. Mais surtout à suivre. le vocabulaire est très riche mais pas forcément accessible à tout le monde. Et l'ambiance qui y règne dans ce Maroc au double visage est très pesante.
Je ne dirai pas que je n'ai pas aimé ce roman, mais je ne l'ai pas aimé non plus. Driss et le Seigneur m'ont beaucoup captivé. Ils sont deux personnalités fortes qui se ressemblent sur pas mal de points malgré leur divergence. Ils sont les éléments conducteurs de l'histoire et ce qui en fait toute la force. Néanmoins, cette relation malsaine m'a contaminé en plus de ce mal-être qui était présent dans ce Maroc des années 50. Alors lorsque j'ai refermé le roman sur ces dernières pages, j'en suis restée déboussolée.
Et c'est pour cette raison que je conclurai cette critique en écrivant ces quelques mots : J'ai trouvé à travers le passé simple un roman prestigieux qui est loin de laisser indifférent son lecteur.
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Loubhi
  20 juillet 2013
Totalement inconnu pour moi cet auteur et ce livre et c'est peu dire que cette lecture me fut difficile tant dans son mode d'écriture que dans ses personnages.
L'histoire du jeune Driss, jeune marocain entre Casblanca et Fés, alors que le Maroc était encore un protectorat français, projeté et écartelé entre les deux cultures ; celle de son pays (traditions et religion, hiérarchie sociale masculine majoritaire) et de celle que la France tente d'inculquer à ce pays est un constant procès envers l'une et l'autre de ces nations. Comment trouver ses marques avec un père très religieux, seul chef de famille avec quasi droit de vie et de pensées sur ses fils et sa femme et un pays "occupant" tentant de désenclaver la culture originelle, les traditions jugées archaïques et bien décidé à considérer le Maroc comme sien ?
Une seule attitude ; la révolte et le conflit avec ces deux cultures qu'on lui impose et bien évidemment contre le père, aimé malgré tout. S'emparer des modes de pensée, de ce que l'on considère comme les atouts de l'un et l'autre des pays et des cultures, réagir contre la religion musulmane pour ses excès (position de la femme dégradante, omniscience et omnipuissance du père et du chef de famille) et en faire une sorte de fusion ... pour lutter contre les injustices de la vie, la mort de son frère, le suicide de sa mère... pour tracer sa voie en respectant et rejetant les décisions de son père à son égard... Se forger son identité et ses combats.
Affrontement dantesque entre le père et le fils, le second profondément heurté par l'hypocrisie du premier, qui se veut la vertu musulmane réincarnée alors qu'il la bafoue et l'impose vertement à ses sept enfants et à sa femme.
Pousser son fils à poursuivre ses études le plus loin possible au Maroc, voire même en France, adhérer aux idées et principes de la France ne serait-ce que pour mieux la contrer et toujours revenir à la tradition marocaine et musulmane. C'est le combat et la motivation de ce patriarche au caractère et à l'entêtement bien ancré.

Une lecture ardue, âpre mais un style indéniablement enlevé, voilà ce que je retiendrai de ce livre et de cette découverte.
Lien : http://passiondelecteur.over..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
alicejoalicejo   18 mai 2010
Qu'était-elle, sinon une femme dont le Seigneur [son mari] pouvait cadenasser les cuisses et sur laquelle il avait droit de vie et de mort? Elle avait toujours habité des maisons à portes barricadées et fenêtres grillagée. Des terrasses, il n'y avait que le ciel à voir - et les minarets, symboles. Une parmi les créatures de Dieu que le Coran a parquées : "Baisez-les et les rebaisez ; par le vagin, c'est plus utile ; ensuite, ignorez-les jusqu'à la jouissance prochaine." Oui, ma mère était ainsi, faible, soumise, passive.
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alicejoalicejo   20 mai 2010
La première personne qu'aime un homme, c'est soi-même. Mais s'il a des enfants son plus cher désir est qu'ils soient meilleurs que lui en tout point.
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latracelatrace   19 juillet 2011
Il y a l'émotion et la qualité de l'émotion. Des émotions, bien que sincères, ne nous touchent guère; d'autres, et nous savons qu'elles ne sont qu'expressions théâtrales, nous empoignent.
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LenoraLenora   28 février 2013
La première personne à qui tu mens, quand tu mens, c'est toi-même. Et pour que tu te mentes c'est pour te leurrer toi-même. Et pour que tu te leurres il faut qu'à tes propres yeux tu ne vailles pas grand-chose.
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MaliseMalise   11 février 2017
Cet homme à tarbouch est sûr de lui : une mouche ne volera que s'il lui en donne la permission. Il sait que chaque mot qui tombe de sa bouche sera gravé en moi. Sur son masque il n'y a pas un frisson. Je supprime ce masque et je lis : il est analphabète et partant fier de soutenir n'importe quelle conversation de n'importe quelle discipline. Je le comparerais volontiers à ces petits vieux qui savent tout et qui ont tout eu : enfants, petits-enfants, diplômes, fortune, revers de fortune, maîtresses, cuites, chancres... - s'il n'y avait, à cause de cet analphabétisme même, le facteur haine. Il sait que cet Occident vers lequel il m'a délégué est hors de sa sphère. Alors il le hait.
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Videos de Driss Chraibi (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Driss Chraibi
Driss Chraïbi au micro de José Pivin (1959 / France Culture). Production : José Pivin. Photographie : Driss Chraïbi © Stéphan Chraibi. Présentation des Nuits de France Culture : « Comment raconter son enfance au Maroc ? Driss Chraïbi, écrivain marocain de langue française, racontait au micro de José Pivin une partie de son enfance dans l'émission “Tous les plaisirs du jour sont dans la matinée”. Cet entretien a été diffusé pour la première fois le 14 novembre 1959 sur France II Régionale. L'entretien était illustré par des lectures d'extraits des œuvres de Driss Chraïbi. » Des extraits des romans de Driss Chraïbi, “L'Âne”, “Les Boucs”, “De tous les horizons” sont interprétés par Roger Coggio, François Darbon, Yves Péneau et Suzanne Michel. Driss Chraïbi (en arabe : إدريس الشرايبي), né le 15 juillet 1926 à El Jadida, au Maroc, et mort le 1er avril 2007 à Crest, dans le département de Drôme, en France, est un écrivain marocain de langue française. Il a également participé à des émissions radiophoniques pour France Culture pour qui il a dirigé l'émission “Les Dramatiques” pendant 30 ans. Connu pour son roman “Le Passé simple”, Driss Chraïbi aborde des thèmes variés dans son œuvre : colonialisme, racisme, condition de la femme, société de consommation, islam, Al-Andalus, Tiers monde, etc. Il se fait connaître par ses deux premiers romans, “Le Passé simple” (1954) et “Les Boucs” (1955) d'une violence rare, et qui engendrent une grande polémique au Maroc, en lutte pour son indépendance. “Le Passé simple” décrit la révolte d'un jeune homme entre la grande bourgeoisie marocaine et ses abus de pouvoir incarnés par son père, « le Seigneur », et la suprématie française dans un Maroc colonisé qui essentialise et restreint l'homme à ses origines. Le récit est organisé à la manière d'une réaction chimique. À travers la bataille introspective de ce roman par le protagoniste nommé Driss, le lecteur assiste à une critique vive du décalage entre l'islam idéal révélé dans le Coran et la pratique hypocrite de l'islam par la classe bourgeoise d'un Maroc des années 1950, de la condition de la femme musulmane en la personne de sa mère et de l'échec inévitable de l'intégration des Marocains dans la société française. Ce dernier point sera renforcé en 1979 dans la suite de ce livre, “Succession ouverte”, où le même protagoniste, rendu malade par la caste que représentent son statut et son identité d'immigré, se voit obligé de retourner à sa terre natale pour enterrer « le Seigneur », feu son père. C'est une critique plus douce, presque mélancolique, que propose cette fois Chraïbi, mettant en relief la nouvelle réalité française du protagoniste et la reconquête d'un Maroc quitté il y a si longtemps. “Succession ouverte” pose la question qui hantera l'écrivain jusqu'à ses derniers jours : « Cet homme était mes tenants et mes aboutissants. Aurons-nous un jour un autre avenir que notre passé ? » Question qu'il étend ensuite à l'ensemble du monde musulman. Dans “Les Boucs”, l'auteur critique le rapport de la France avec ses immigrés, travailleurs exploités qu'il qualifie de « promus au sacrifice ». C'est le premier livre qui évoque dans un langage haché, cru, poignant, le sort fait par le pays des Lumières aux Nord-Africains. Suivent deux romans épuisés aujourd'hui : “L'Âne”, dans le contexte des indépendances africaines, prédit avant tout le monde leur échec et les dictatures, « ce socialisme de flics ». “La Foule”, également épuisé, est une critique voilée du Général de Gaulle. Le héros est un imbécile qui arrive au pouvoir suprême, car, à son grand étonnement, la foule l'acclame dès qu'il ouvre la bouche. Une page se tourne avec la mort de son père, Haj Fatmi Chraïbi, en 1957. L'écrivain, en exil en France, dépasse la révolte contre son père et établit un nouveau dialogue avec lui par-delà la tombe et l'océan dans “Succession ouverte”. “La Civilisation, ma Mère!...” (1972) tente d'apporter une réponse aux interrogations de l'écrivain marocain. Le fils aide sa mère à se libérer du carcan de la société patriarcale et à trouver sa propre voie. C'est l'une des premières fois que la question de la femme est évoquée dans la littérature marocaine.
Sources : France Culture et Wikipedia
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