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ISBN : 222606219X
Éditeur : Albin Michel (04/02/1993)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 24 notes)
Résumé :

Ce cargo le Gabbiano, qui vogue sue toutes les mers du monde semble bien inoffensif. Des Caraïbes aux côtes africaines, de la Méditerranée au Connemara, il sillonne les mers du globe avec sa cargaison. Pourtant, qui sait ce qu'il transporte réellement, que sont les produits enfouis au fond de ses soutes. Même les membres de l'équipage ne semblent pas trop savoir ce qu'ils transportent.

En épigraphe, on trouve cette citation de Gaston Bache... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  20 mars 2014
Cargo pour l'enfer est un livre atypique dans l'oeuvre de Bernard Clavel.
On est ici bien loin de la vie rurale chère à l'auteur et tant de fois célébrée de façon magnifique dans ses romans.
Ici, tout se passe en mer : comme l'indique le titre, nous sommes embarqués sur un cargo. Mais quel cargo ! Tout est sale, tout est laid, tout est nauséabond sur cette épave flottante porteuse de mort. La bateau transporte en effet des produits hautement toxiques, et se fait refouler de port en port, personne ne voulant des risques et problèmes liés à cette effrayante cargaison.
Bernard Clavel ne ménage pas son lecteur, certains passages m'ont littéralement donné la nausée. Et c'est tant mieux, car le sujet mérite malheureusement ce traitement de choc. Écrit il y a plus de vingt ans, Cargo pour l'enfer est toujours, voire encore plus, d'actualité. Car à travers ce bateau tragique, Clavel dénonce plus généralement toutes les horreurs que notre "civilisation" fait subir à la nature, sans que les hommes prennent conscience qu'ils ne peuvent pas vivre sans elle. Clavel lance un cri d'alarme sur l'état de la mer, et au-delà sur celui de notre planète entière.
L'équipage qui tente de survivre sur le cargo force l'admiration. Ces hommes qui continuent leur devoir de marins, alors que les portes se ferment les unes après les autres devant eux m'ont émue au plus haut point. Je veux ne pas y voir une préfiguration de notre avenir à tous, sur une planète devenue inhabitable par notre faute. Oui, ce cargo va tout droit en enfer, à nous de faire en sorte que ce ne soit pas le cas de l'humanité tout entière.
Lisez ce livre fort, mais attention, vous en ressortirez ébranlés.
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Folfaerie
  10 septembre 2010
Je reprends mon billet écrit pour une ONG sur le roman de Clavel : ce dernier rappelle à notre bon souvenir l'affaire des paquebots refoulés de port en port, parce qu'ils contiennent des matières dangereuses, et qui échouent le plus souvent dans le tiers-monde. Des fûts toxiques transportés sous pavillon de complaisance, un vieux rafiot et un équipage de braves gars, ni plus filous ni moins honnêtes que vous et moi, et voilà la tragédie qui s'amorce. Car ces fûts, qu'un armateur véreux a décidé de prendre en charge, personne n'en veut. L'opinion publique, les médias s'en mêlent et l'équipage du capitaine Bernier est condamné à errer sur l'océan en attendant qu'un port veuille bien les accueillir pour les débarrasser de la cargaison maudite. Les fûts éventrés qui reposent dans la cale dégagent leurs mortelles vapeurs, et les marins deviennent peu à peu des pestiférés à l'agonie.
Cette douloureuse histoire s'accommode à merveille du style simple et direct de Clavel. Par delà la tragédie écologique et sanitaire qui se profile, l'auteur a une pensée pour les équipages de fortune, souvent composés de marins de toutes nationalités, qui embarquent toutes sortes de matières dangereuses au prix de leur vie, pour qu'au bout de la chaîne un propriétaire dénué de scrupules s'en mette plein les poches. Et par ailleurs, combien de cargaisons n'arrivent jamais au port, ni dans les usines de recyclage, mais finissent au fonds de l'océan, à empoisonner toute vie ? Clavel lance un cri d'alarme pour la mer. Les océans sont nos poubelles, et pas un jour ou presque ne passe sans qu'une dépêche ne nous informe d'une quelconque pollution (pétrole, produits toxiques, carcasses de voitures...) maritime. le profit, la lâcheté sont les deux piliers sur lesquels reposent ces odieux trafics qui mettent en danger toute la planète, hommes et bêtes. Combien faudra-t-il de livres, d'articles, de scandales et de catastrophes avant que les élus et les citoyens ne s'attaquent au problème des déchets dangereux ?
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zazimuth
  10 décembre 2017
J'ai lu ce roman recommandé par un de mes proches.
Sous-titré "les damnés de la mer" c'est vraiment une situation infernale à laquelle sont confrontés les membres d'équipage d'un cargo affrété pour aller récupérer aux Antilles une cargaison de fûts de déchets industriels avant d'aller les décharger un peu plus loin sur la côte africaine où ils seront recyclés.
Mais le commandant et ses hommes ignoraient que l'homme d'affaires qui les a embauchés s'enrichit en faisant des trafic et des magouilles sans se soucier de la pollution.
Voilà donc une dizaine d'hommes d'horizons et de nationalités variées retenus à bord pour des questions d'hygiène et de risque écologique, infectés par la puanteur et la toxicité de déchets bien plus "sales" qu'annoncés.
C'est horrible de suivre au fil des pages l'impuissance du commandant et de son bosco à protéger les marins qui tombent malades les uns après les autres et font preuve d'un énorme courage. je n'avais jamais lu encore une telle dénonciation et le fait que cela passe par une fiction ne l'affaiblit en rien. Les lourdeurs administratives, les sous-entendus malhonnêtes, les pots-de-vin et pratiques honteuses, les paradis fiscaux qui empêchent toute transparence ne laissent aucune place à l'humanité. La finance, le commerce et la politique n'ont que faire de la vie de quelques hommes... C'est choquant !
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gill
  27 avril 2012
Bernard Clavel met son talent de conteur au service d'une histoire tragique, une histoire de marins mais qui prend vite une allure de récit universel.
On aimerait se trouver avec, dans les mains, un livre de science-fiction car le malaise qu'engendre cette histoire dure et sombre se révèle puissant et tenace.
Mais pour autant, c'est un livre superbe, une histoire forte où les hommes sont pitoyables et sombrent dans la plus profonde des misères à cause de l'avidité sans scrupule de leurs propres frères humains.
Bernard Clavel lance, là, un formidable cri d'alarme, afin de prévenir les hommes d'épargner cette mer si généreuse qui est source de vie.
Il lance un réquisitoire contre ces sociétés d'armateurs fantômes, qui battent "pavillon de complaisance", recrutent souvent de pauvres hères sur des bâtiments qui ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils ont été autrefois.
C'est un ouvrage qui ne laisse pas indemne, et qu'il faut avoir lu.
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hexagone
  27 mars 2011
Le radeau toxique de la méduse mutante
Effectivement ce rafiot qui trimbale des fûts toxiques est une belle métaphore de notre société d'hyper consommation qui engendre des déchets qu'elle ne maîtrise pas. Là dessus viennent se greffer des margoulins prêts à empocher les billets mais pas à assumer les problèmes.
De déroutes en changements de cap, le Gabbiano va de Charybde en Scylla et ses tonneaux toxiques sont eux aussi des Danaïdes.
Clavel dresse le portrait d'un équipage où les hommes sont égaux à eux-mêmes. Comme dans tous ses romans, humains et presque idylliques dans leurs comportements.
Un commandant légitime et probe, un équipage qui lui est dévoué corps et âmes, sauf quelques mutineries de pacotille et sans réelles ambitions d'aboutir.
Ce roman fiction basé sur une triste réalité, celle de la pollution des mers et des terres, pèche un peu par un style plat comme une mer d'huile. le suspense est quasi absent, pas grand chose à retenir, sinon que toujours des bateaux bombes à retardements sillonnent nos mers et mettent en péril nos terres et que ce roman restera toujours d'actualité
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   27 avril 2012
Qui connaît à bord du cargo "Gabbiano" la nature exacte du chargement ?
Qui a mesuré le danger de ces fûts hautement toxiques qui transforment le navire en poubelle flottante ?
Jusqu'au jour ou l'un des tonneaux éclate, ou la puanteur monte de la cale, ou un mal sans recours attaque l'équipage.
Et bien entendu, l'armateur a disparu, il a vendu en douce l'entreprise.
Aucun port ne veut plus donner abri au bateau pestiféré.
Abandonnés à leur sort, les marins vont s'obstiner à lutter jusqu'au bout.
Bernard Clavel, l'homme du Jura qui naviguait déjà dans son enfance dans les branches d'un chêne et que la mer ne cessait de fasciner, nous embarque dans un récit au suspense insoutenable.
Un récit qui pourrait être fantastique si l'actualité ne lui donnait hélas ! une forme d'urgence tragique.
(quatrième de couverture de l'édition parue à "J'ai Lu" en 1997)
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zazimuthzazimuth   07 janvier 2018
La terre découvre soudain qu'elle est une planète menacée par ses propres déjections. Elle sécrète des montagnes énormes d'ordures qui menacent son équilibre et sa santé. Les liquides et les gaz qui s'en dégagent mettent en péril la vie de sa flore et de sa faune. L'humanité se trouve soudain face à ce qu'elle rejette. des monceaux de détritus dont personne ne veut plus. (p.198)
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OsmantheOsmanthe   08 mai 2014
Dans la maison au toit de chaume, le petit garçon a beaucoup souffert. Brûlé, empoisonné, il était devenu presque aveugle et d'une effrayante maigreur. Durant des semaines, son corps est resté enflé et couvert de plaies purulentes. Ce matin, alors que le soleil se levait derrière la montagne d'où coule le ruisseau qui traverse le jardin, l'enfant est mort en silence. Sur la plage encore sale, l'océan respirait doucement. Quand le petit a poussé un dernier gémissement de douleur, un fou de Bassan a traversé le ciel au-dessus du toit de chaume en lançant un "arak" rauque pareil au râle d'un vieillard à l'agonie. Le grand oiseau blanc s'en allait vers le large pour plonger où la vague est redevenue claire.
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agrippineagrippine   21 juin 2015
-Evariste,on va tous crever.
-Tous les marins peuvent crever en mer.
-Ta gueule!Tu sais de quoi je parle.C'est toi qui m'as embarqué dans cette putain de galère.Laisser ma peau dans un naufrage,sûr et certain que ça me ferait pas jouir ,mais j'l'ai accepté depuis mon premier embarquement.Crever empoisonné,brûlé ,pourri jusqu'à l'os parce qu'un fumier s'emplit les fouilles de dollars ,j'peux pas ...
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zazimuthzazimuth   07 janvier 2018
En France, t'as ce qu'on appelle la politique du retrait. La pêche se vend plus, tu la portes à des fonctionnaires qui te la paient tant le kilo, on balance ça à la décharge et on arrose de fuel pour pas que les fauchés viennent se servir à l'œil. (p.99)
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