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EAN : 9782277301189
91 pages
Éditeur : J'ai Lu (28/11/2007)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Automne 1937.
Le brouillard crépusculaire envahit doucement les vieux quartiers lyonnais. Nelly, la serveuse rousse des Trois Maries, attend ses habitués. Comme tous les jours... L'épicier commandera sa menthe à l'eau, les joueurs de belote leur beaujolais... Soudain, il entre ! L'homme du Labrador ! Et tous les rêves du grand Nord avec lui. Labrador ! Mot magique aux reflets d'or. Immensité sauvage et lointaine.
Hurlement des loups. Morsure du froid..... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
brigittelascombe
  26 août 2012
"Faut te tirer, Karl, t'es aux Etat-Unis. Ca rigole pas, tu sais."
Le thème de la fuite, ici le départ (impromptu en 1937 vers le Canada, pour se terrer) de Karl (matelot allemand, géant roux qui vient de tuer "une ordure de flic", "un sale Juif" en état de légitime défense) se retrouve dans les trois mini-romans de Bernard Clavel (romancier de talent) regroupés sous le titre:L'homme du Labrador.
Qu'il s'agisse de fuite, d'évasion (celle de Jeanne prisonnière au Québec en 1700 au Québec puis mariée à un bourreau) ou de rêve de vastes étendues sauvages (comme celle du lyonnais dit "L'homme du Labrador") , ces évidences s'imposent dés le départ comme pivot central de chaque récit sur lequel s'articulent amour et mort.
Bernard Clavel campe son décor tissé de poésie (ex: le brouillard "pareil à une voile qu'on sort de l'eau"), de fortes images (ex:"une mauvaise lèpre de salpêtre", il joue à "l'aiguille dans la botte de paille") et articule ses personnages au parler populaire (donc très vivant)(ex:"foutu pays", "j'viendrai plus te faire la jasette") issus de milieux simples pour mettre en exergue les sentiments.
Il choisit son époque avec soin: dans L'Iroquoise, on est en 1937 et les Américains ne rigolent pas avec les Allemands qui tiennent souvent des propos racistes; dans La bourelle, il s'est documenté sur les lois inhérentes aux bourreaux vers 1700 (par ex:un condamné se faisant bourreau est grâcié), ce qui relance l'action et l'intérêt du lecteur.
J'ai vraiment aimé ce roman de trois aventures d'abord pour son dépaysement puisqu'à chaque fois on traverse (en réalité ou en rêve) le Grand Nord avec indiens,trappeurs,vastes étendues...mais aussi pour les questionnements engendrés par l'auteur.
Trois vies, trois destins. Et un panel de riches émotions.
Un évènement impromptu arrive et on peut changer d'existence du jour au lendemain. On est frappé par le coup de foudre et la personnalité, les désirs et comportements se métamorphosent. Une brute fond de tendresse, une indienne rêve de grandes villes, une fille facile est prête à tout pour l'homme qu'elle a dans la peau,une serveuse veut quitter son tablier, un menuisier se fait explorateur....
Et surtout...l'instinct de survie pousse parfois au pire, et là on se dit, c'est ça l'homme,!!!!
Trois belles leçons de vie de Bernard Clavel, expert en nature humaine!
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Epictete
  11 mars 2014
Un "aventurier" arrive à Lyon, dans les quartiers anciens, pas très reluisants. Il entre dans un café et tout le monde va tomber sous le charme de ses récits au sujet du grand nord, le Labrador ( L'enfer, avec toujours la promesse du paradis).
C'est sûr, il va bientôt repartir, et il suffira de se baisser pour ramasser l'or. Il promet d'ailleurs à la serveuse de l'emmener avec lui.
Avec ses récits et ses promesses, il va susciter des désirs de changement chez chacun des habitués du bar.
Sophie la serveuse tombe éperdument amoureuse. Tout le monde est sous le charme. Mais le destin va en décider autrement et tout va s'arrêter bêtement dans ce bistrot de quartier.
Bernard Clavel a écrit un petit roman au sujet finalement banal, mais aux mécanismes psychologiques en réalité bien plus sophistiqués, agissant chez des gens tout simples. Simples en apparence, mais qui pourraient s'avérer en fait bien plus complexes.
Le dénouement est très bien amené et très intéressant. Comme à son habitude, l'auteur sait choisir les mots et le style qui nous font ressentir les ambiances. A certains moments, on a l'impression de le connaître, ce bistrot, d'y être déjà allé.
Ce livre se lit assez vite, mais procure un bon moment d'évasion.
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Birdman
  25 juin 2018
Le livre joue sur les contrastes. Nous découvrons d'un côté l'élégance sauvage du beau Freddy, de l'autre, l'épaisseur gauche des artisans lyonnais. Autre opposition, celle des paysages rendus par une écriture d'atmosphère. L'atmosphère oppressante et humide des rues sombre du Vieux Lyon alternant avec l'univers vaste et clair des étendues nordiques.
Ou bien encore l'ambivalence des opinions. L'évasion ou le bon sens ? Tout cela est-il vrai ? Ou faux ?
L'habileté de l'auteur c'est qu'il parvient à nous glisser dans la peau de ces habitués du café des Trois Maries, ces gens du peuple au langage familier et aux manières simples, qui se trouvent perturbés dans leur train-train quotidien par ce personnage hors-norme. On voudrait, comme Nelly, croire pour de bon aux histoires d'aventures façon Jack London que l'homme du Labrador raconte à volonté. Mais évidemment, comme eux, on ne peut s'empêcher de se poser des questions, craignant la supercherie. Ainsi, oscillant entre doutes et espoirs, on ne peut lâcher le bouquin avant d'avoir percé ce mystère.
Bernard Clavel nous parle des gens simples et le fait bien, par le langage familier, par les détails, l'ambiance, les couleurs. Et même si le récit aurait mérité un format plus conséquent pour gagner en profondeur ici ou là, j'ai aimé parcourir ces pages chargées d'odeurs et d'images, j'ai aimé côtoyer ces gens chaleureux, j'ai envié Freddy, et j'ai rêvé du Labrador.
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anne-7
  01 février 2014
Un homme pénètre dans un bistrot à Lyon. Il raconte qu'il revient du Labrador, qu'il y a perdu deux doigts et son ami. Tout de suite, tout le monde est sous le charme et écoute les histoires fabuleuses de l'expédition. La serveuse qui, elle aussi est sous le charme, devient la maîtresse de l'homme, qui lui promet de l'emmener quand il repartira au Labrador car il compte bien y retourner.
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Chasto
  08 septembre 2018
Romantisme et réalisme s'affrontent, se chevauchent et ne font plus qu'un.
L'aventure se dessine, les horizons se précisent et les rêves s'envolent au gré de la plume d'un auteur plein de verve et d'allant.
Ouvrage à faire partager et découvrir pour une ballade au fil d'un Saint Laurent d'un autre temps.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
EpicteteEpictete   11 mars 2014
Ils ont mangé tous les trois et le patron s'est attardé une bonne demi-heure devant son café arrosé. Il est parti à regret en déclarant :
- Toi, mon gars, t'as foutu la révolution dans le veux Lyon. C'est temps que tu t'en ailles, sinon, on va tous boulotter des briques d'ici peu. Personne fout plus rien !

L'après-midi a filé très vite. Tous les habitués sont arrivés de bonne heure pour se lancer dans de grandes discussions. Le boulanger a apporté son atlas. Ils se sont longuement penchés sur les cartes. D'un doigt qui connaît, Freddy leur a montré le chemin.
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meknes56meknes56   19 août 2019
Il y eut un craquement que tout le monde put entendre. Sans doute est-ce ce bruit qui mit fin à la bagarre à peine commencée. Durant quelques instants, les consommateurs s’entre-regardèrent, interdits. Karl s’était immobilisé, la main droite encore en avant, comme s’il eût tenté de la retenir au dernier moment. Le patron contourna le comptoir et vint se pencher sur le gros homme écroulé. Il souleva la tête qu’il examina un instant avant de la laisser retomber. Le crâne fit un bruit sourd en heurtant le plancher peint en rouge. Se redressant lentement, le patron dit à Karl :
– Pauvre de toi, t’as tué un flic !
La prostituée qui s’était éloignée de deux pas se rapprocha pour dire :
– T’as fait une sacrée bonne action, matelot. Tu nous as débarrassés d’une belle ordure. Certain que personne va le pleurer, celui-là. Oui, certain ! Même pas sa femme. Mais t’as tout de même intérêt à pas moisir dans le coin. Ce serait malsain.
Comme le grand Karl semblait pétrifié, Herman le poussa vers la porte en disant :
– Allez, vieux, faut se tirer avant que l’autre se réveille.
– Foncez ! souffla le patron. J’ai plus en tête le numéro de la police. Me faudra du temps pour le retrouver.
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meknes56meknes56   19 août 2019
Sur ces routes inconnues, le grand Karl roulait comme on navigue par temps clair en plein océan. Il se souvenait de l’enseignement de son père, marin pêcheur avec lequel il avait passé tant de nuits en mer. Un œil sur la route et l’autre dans le ciel, il se répétait les mots de son père :
– Les étoiles, petit. Souviens-toi : les étoiles. Dans le monde entier elles te parleront la même langue. Une fois que tu la connais bien, cette langue-là, tu peux plus te perdre.
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brigittelascombebrigittelascombe   26 août 2012
J'avais besoin de toi....Pour les grandes choses, l'homme a besoin d'être soutenu.
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brigittelascombebrigittelascombe   26 août 2012
Souviens-toi bien de ça:c'est toujours dans les ports qu'on cherche les marins.Essaie pas d'embarquer mon vieux, sinon, t'es foutu!
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