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EAN : 9782350875439
384 pages
Editions Héloïse d'Ormesson (22/08/2019)
3.77/5   122 notes
Résumé :
Le jour où sa mère est partie, Leena s'est réfugiée dans le silence et les mots des auteurs qu'elle aime et dévore. Jeep, son frère, a préféré les rêves évanescents de la poudre. Après le décès de leur père, chacun va suivre son chemin pour tenter de se reconstruire.
La jeune femme mutique débarque alors dans un village face à l'océan où elle achète une ancienne mercerie qu'elle va réhabiliter en librairie. Et lorsqu'au cours des travaux, Leena découvre un t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
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J'ai ouvert les pages de ce roman prometteur et je suis entré dans La Calanque de l'Aviateur.
Je voudrais vous parler d'une enfant qui perd l'usage de la parole après le choc de voir sa mère disparaître du paysage familial. Il paraît que cela arrive parfois et l'on n'y peut rien. Il faut attendre. Cette enfant grandit alors dans la ville de Nantes avec ses blessures non cicatrisées, cette enfant s'appelle Leena, avec deux « e »...
C'est une famille qui est partie en lambeaux après la fuite de la mère, Sheenan, avec deux « e ».
Je voudrais vous parler des mots de Leena, ces mots qu'elle découvre dans son silence, ces mots qu'elle rencontre dans les livres, ces mots qu'elle pose sur ses blessures. À cela, nous pourrions dire que Leena nous ressemble un peu...
Je voudrais vous parler de l'histoire de Leena, quelques temps plus tard, longtemps après. Son père Blaise est mort peut-être de chagrin.
Le frère unique Jeep, avec deux « e », a continué de brûler ses ailes. Puis il est parti aux États-Unis jouer du jazz, sa passion, déployer les ailes qui lui restaient et les frôler avec la musique d'autres oiseaux, tel que The Bird.
Leena a grandi, elle a continué de souffrir en silence et de s'émerveiller des mots qu'elle collectionnait comme des coquillages ramassés sur le bord d'une plage. Leena est demeurée mutique toutes ces années.
Puis elle a rebondi sur ce rêve étonnant, à la fois projet professionnel, projet de vie, en rachetant une vieille mercerie dans un village à l'ouest du Cotentin. La mercerie, ce n'est pas trop son truc, alors de fil en aiguille, car le lieu s'y prête, elle décide d'en faire une librairie, mais pas que...
Elle en fera un lieu de vie, une sorte de refuge, une maison des livres où les mots seront souverains, un lieu où bâtir un monde poétique. Un lieu à part. Une maison des livres, et non une maison avec des livres, où il fera bon pousser la porter et venir les lire, les emprunter, les acheter, discuter, se disputer, s'enchanter...
Un lieu d'échanges avec des huîtres, du vin blanc et de la fine.
Elle surprend les gens du cru, d'autres s'attachent à elle spontanément. Elle ne sait pas encore qu'elle va tomber amoureux d'un homme qui habite les lieux, les murs, un certain Hugo, ou plutôt son âme, un aviateur de la première Guerre mondiale qui fut une gueule cassée, fils de boulanger, père de la vieille mercière qui tenait la boutique, et qui va, contre tout attente, lui céder son trésor...
Je suis entré dans ce roman avec de la lumière qui se faufilait entre mes doigts au fur et à mesure que je dépliais les pages de cette histoire.
Leena parle avec son corps depuis que les mots se sont refermés dans sa voix d'autrefois, cette voix dont elle a peut-être perdu la mémoire. Sur la plage, elle trace des dessins forcément éphémères avec ses pieds nus. Peut-être écrit-elle des mots ? Il faudrait être un oiseau, un nuage, ou bien un aviateur pour le savoir. Elle seule le sait...
Moi aussi cependant puisque je vous en parle. Je crois bien que ce jour-là si j'avais eu des ailes je me serais jeté de la falaise d'où je l'observais.
J'ai pensé aux récits d'Antoine de Saint-Exupéry, évoquant ces avions qui surgissaient de la nuit et qu'on guidait par des feux dressés sur des rectilignes tracées au sol.
La Calanque de l'Aviateur invite à la joie, à l'hymne des mots, à la tendresse, mais à la résilience aussi, le pouvoir réparateur des mots, à l'endroit qu'il faut guérir, jeter des mots sur des plaies béantes pour les cautériser...
C'est une magnifique histoire de douleurs et de renaissances, peuplée d'une palette de jolis personnages atypiques et attachants, parmi lesquels de dresse la figure d'une soeur et d'un frère que la vie, ses chagrins et ses ronces ont séparés.
Le récit avance et s'étale sur 380 pages qui accueillent, comme des fleurs tombées d'un arbre, de courts poèmes parfois de la taille d'un haïku. C'est beau et on a envie de les noter sur un petit carnet, de les partager à des amis.
Mais voilà, brusquement je me suis un peu lassé de cette lecture. J'ai trouvé que le récit s'éternisait, que la narration se perdait dans un désordre où je ne retrouvais plus mes pas, où l'écriture toute poétique qu'elle était, prenait de plus en plus l'allure d'un exercice de style beaucoup trop chargé. 380 pages alors que 180 auraient suffi... Ces petits poèmes aériens, aérant le texte comme des fenêtres qui, à force de légèreté et de vertige recherchés dans le récit, ont fini par m'agacer, de sorte que je suis resté à l'histoire... J'ai eu l'impression d'être davantage dans une librairie à lire de jolies phrases suspendues sur les murs qu'emporté par le chavirement d'une histoire et de ces personnages fous.
Ce sont trop de pages qui auraient pourtant offert l'espace suffisant pour nous faire effleurer mieux l'aspérité de tous les personnages de ce roman. Avec 180 pages sans fioritures et allant à l'essentiel, perçant le coeur comme une vrille, Anabelle Combes en aurait fait un quasi chef d'oeuvre. Perçant le coeur, oui mais lequel ? Celui des personnages ? le nôtre aussi sans doute, sinon nous n'existerions pas...
Il y a eu pour moi, lecteur, cet instant déchirant où je tenais encore les doigts fragiles de Leena dans ma main et déjà je voyais que je ne cherchais plus à la retenir dans ces vents contraires plus forts que nous...
Je préfère les patchworks sur les lits et de préférence chez mes amies que chez moi...
Bref ! Ce roman est à la fois une belle promesse, avec deux "e" et un rendez-vous manqué, sans elle.

♫ Comme un avion sans aile
J'ai chanté toute la nuit ♫
♫ J'ai chanté pour celle
Qui m'a pas cru toute la nuit ♫
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Leena quitte Nantes et achète une vieille mercerie dans le Cotentin.
Jeep fuit et part aux-Etats-Unis.
Leena fera de son magasin un lieu magique, une librairie particulière où elle passera les mots et les phrases, elle la mutique.
Jeep découvrira le jazz et le saxo dont il deviendra expert
Leena et Jeep sont frère et soeur, tous deux meurtris par une douloureuse épreuve familiale.

Le titre ne m'avait pas spécialement inspirée.
Et finalement il n'y en n'a pas de plus approprié.
Mais que ce livre est beau !
Il est carrément magique.
L'histoire en elle-même est magnifique.
Mais que dire de l'écriture ?
C'est un enchantement, un pur bonheur.
J'ai dégusté ce roman, en savourant pratiquement chaque phrase.
J'ai pris mon temps comme rarement je le fais.
Tout est poésie, ensorcellement,.
délicatesse, sensibilité, humanité.
C'est un conte fascinant, envoûtant.
J'ai été plus que sensible à Leena, à sa passion des mots, des phrases, des livres, à sa personnalité extraordinaire.
Et Jeep a été loin de me laisser indifférent dans son parcours plus chaotique, dans sa quête familiale, dans sa renaissance par la musique.
La maison de Leena est un personnage à part entière, un lieu subjuguant où elle retrouve l'âme et la force d'Hugo, aviateur de la première guerre mondiale
Littérature et musique se rejoignent pour que frère et soeur retrouvent enfin le goût de vivre.
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Le personnage central est Leena, jeune femme au lourd passé l'ayant rendue silencieuse. Elle décide de rebondir dans la vie en investissant dans l'achat d'une mercerie assez délabrée qu'elle va retaper de fond en combles.
Dans cette aventure, elle va rencontrer certaines personnes qui vont redonner du sens à sa vie. de cette mercerie, elle en fera une librairie au concept un peu particulier où chacun peut trouver une façon d'exprimer son amour pour la littérature, les belles phrases à lire et à écrire.
Ce chemin de reconstruction va la mener jusqu'à son frère qu'elle a perdu de vue et qui se trouve loin d'elle en Amérique.
L'optimisme et le courage sont les valeurs maitresses de chacun des personnages de cette histoire.
L'écriture est très recherchée, poétique voire philosophique par moment. Cet état de fait ralentit la lecture car on veut savourer ces belles combinaisons de mots mais en même temps la progression dans l'histoire est plus complexe. C'est ce que j'ai ressenti parfois, un déséquilibre dans le cheminement de l'histoire.
J'ai découvert cette lecture grâce à des lecteurs amis sur Babelio, je les en remercie.


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« La Calanque est une maison des livres, des phrases et des idées »

Leena est une jeune femme mutique qui atterrit un beau jour dans un minuscule village pas loin de l'océan. En elle, des blessures indicibles, une faille, une plaie qui ne guérit pas. le pourquoi de tout ça, je l'ai découvert au fil de ma merveilleuse lecture.
Pour se reconstruire, elle a besoin de silence et de solitude. Son credo : « Ne pas marcher droit, jamais ». C'est une "sinueuse".
Ce roman est une ode aux mots, aux livres, à la nature, à l'amitié, à l'amour, à la résilience.
Un temps de lecture suspendu.
Je vous le recommande.
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Leena va s'installer dans un village près de l'océan.
Elle a choisi d'acheter une maison qui a abrité une mercerie, et qui recèle un secret ( un trésor).
Elle porte en elle de grandes souffrances, la mort de son père, l'absence de sa mère, le départ de son frère.
Au fur et à mesure que se déroule le récit, les secrets se dévoilent, les mots se posent sur les blessures et les joies.
L'écriture d'Annabelle Combes est très originale, poétique, parfois déroutante.
Il y aura aussi Vivien et Gaspard, Alexandrine, Eliane, Armelle, et tant d'autres , qui accompagneront Leena dans sa nouvelle vie.
Puisque Leena va choisir de faire de cette boutique une librairie hors du commun, nous y sommes invités à lire ou relire des ouvrages qu'elle choisit pour nous.
Mais pourquoi ce titre et cette photo en couverture?
Découvrez ce livre hors du commun, c'est un petit trésor, dans lequel nous puisons une joie de vivre, un espoir, un souffle littéraire formidables.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
être soi, dans les contorsions, jusqu'à se redresser,
se dépouiller du cocon, éplucher, enlever
l'ancienne peau, couche à couche, pulpe à pulpe,
poser la distance, le recul, construire un nouvel
écrin, une nouvelle carapace, un tricot de mailles,
de la maille douce, faire face aux émotions, sans
trembler, les avaler, les digérer, avant de les
renvoyer, ou choisir de les faire disparaître, ne plus
fuir. C'est cela aimer. Il n'y a pas de point
d'interrogation. Juste une certitude. Et des
points de suspension. Il faut du temps pour ôter les points
de suspension.
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Je ne sais pas si on peut appeler cela une librairie C'est plutôt un refuge. Un endroit où elle bâtit un monde poétique. Avec des cahiers. Des phrases d'écrivains qu'elle collecte. C'est un lieu à part. Difficile à décrire. Les gens peuvent partager les huîtres, un verre, ce qu'elle appelle les slouchs, au milieu des livres. Ils peuvent lire, emprunter, acheter, discuter, se disputer, s'enchanter. Elle ne parle pas beaucoup, elle anoblit. C'est elle la diseuse de bonne aventure. Leena et hors normes, et c'est exactement ce que le paysage d'ici réclame : de la démesure, de l'enthousiasme, des vies qui se donnent et surtout se reçoivent.
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Dans chaque livre, il y avait une phrase pour un homme, pour une femme, une phrase pour un unique hommeome, une unique femme. C'est pour cela que la littérature existe, qu'elle déroule des kilomètres de phrases depuis les commencements. Pour que chacun trouve la sienne, s'en empare et combatte avec. On ne pouvait apprivoiser le monde que par elle ; et c'est toujours l'autre qui vous la donnait. Construire sa propre phrase n'avait pas de sens, c'était tourner en rond, ne jamais s'engendrer. Les écrivains donnent les phrases-clés du monde et débloquent la croissance de chaque individu. D'ailleurs, n'indiquaient-ils pas à l'entrée de leur livre la phrase d'un autre : celle qui était censée les avoir eux-mêmes éclairés ?
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Leena aime ce mot : merci.
Elle propulse la douceur de ces deux syllabes, la perforation de son "r" en plein centre, en fait rouler la sonorité sur le bitume de la zone commerciale. C'est humble, merci. Cela engage, cela dit qu'on est reconnaissant, et Leena a envie d'être reconnaissante. De quoi ? [...]. A quoi peut-elle donc avoir envie de dire merci ?

Au chant.
Que libère ce mot.
Parce qu'il contient la puissance de la mer,
l'exacte jonction de la mer et du ciel.

Et le "si" infini des potentiels.

Mer, souffle d'air, Si.
Mer, souffle de mer, Si.
P 37
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Un livre ne doit jamais être dévoilé, ou alors comme vous le faites, au hasard d'une phrase. Un livre doit être transmis, d'oreille à oreille, de bouche à bouche. Un livre conforte, réconforte mais surtout.... il inconforte.
Et c'est cette dimension de l'inconfort qui va compléter la vision de la littérature encore en gestation chez Leena. C'est ce hors du commun-là qui va toucher le sien et le soutenir : la Littérature fait aborder des zones inconnues, des endroits où l'on n'ose se rendre.
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Vidéo de Annabelle Combes
Dans la vie de Jean, il y a ses polars, à succès, sa femme photographe, l'irrésistible Tosca, leur désir d'enfant, jamais assouvi. Épuisée par leurs échecs, minée par leur stérilité, Tosca a besoin de s'échapper, emportant avec elle l'inspiration du romancier qui ne parvient plus à trucider ses personnages de papier. Pourtant une obsession poursuit Jean : celle des baisers qu'il a reçus, donnés ou rêvés. S'il tenait là une clé pour se pardonner, accepter, se réinventer, et pour finalement l'écrire ce texte qu'il doit remettre à son éditeur impatient ? À travers l'art et les rencontres, Jean et Tosca empruntent des chemins qui bousculent toutes leurs certitudes et les ouvrent à l'inattendu.
Après "La Calanque de l'Aviateur", Annabelle Combes signe un somptueux roman, d'une grâce et d'un charme renversants. Avec une délicatesse infinie, elle regarde dans les yeux la douleur de la perte qu'elle sublime par la création. Donner sa vie à défaut de donner la vie, c'est engendrer une autre facette de la fécondité, celle de l'artiste (ou plutôt, la fée-con-dit-thé, selon le rébus imaginé par Jean).
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