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ISBN : 2803622440
Éditeur : Le Lombard (07/09/2007)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Réedition dans la nouvelle Collection Signé, des tomes 1 et 2 en intégrale, en septembre 2007.
Sir Melvin Woodworth, un écrivain anglais d'origine serbe, semble être un touriste ordinaire. Mais pourquoi veut-il s'installer dans le village perdu d'Ardolaz ? Que recherche-t-il dans le vieux cimetière de ce bourg que l'on dit condamné ? Un sujet de roman, le souvenir de quelqu'un ? Et ce glacier dont l'écho amplifie les sinistres craquements, n'est-il pas plus d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
lehane-fan
15 juillet 2014
1930
Ardolaz, petit village des Alpes valaisannes.
Melvin Z. Woodworth, écrivain renommé en villégiature pressé par son éditeur d'accélérer le mouvement quant à son nouveau chef-d'oeuvre, n'aime rien moins que d'arpenter ces déclinaisons au blanc manteau tout en se remémorant le temps béni de son enfance. le temps de l'insouciance partagé avec son frère Dragan qui, lui-même, vint se perdre en ce monde de silence pour finalement y trouver la mort.
La montagne gronde, Ardolaz est en sursis, l'exode forcé imminent.
Baptistin n'en a cure. Ce vieux paysan du cru qui aura passé sa vie à échapper aux flics la connaît comme sa poche percée. Personnage énigmatique traversant ce récit tel un fantôme du passé, il en est son dépositaire. Corps toujours alerte, mémoire au diapason, il pourrait bien être le chainon manquant à même de combler les blancs de cette quête fraternelle inaboutie.
Bien plus qu'un hommage assumé à James M.Barrie qu'il cite régulièrement, A la recherche de Peter Pan est un récit énigmatique et envoûtant. Auréolé de mystère, il fait la part belle aux paysages grandioses qui parsèment ce premier tome au coup de crayon magnétique. Cosey, en amoureux fou des sommets enneigés ( cf l'incontournable Jonathan ), fascine dès la première planche. Alternant, comme à son habitude, dialogues et longs silences hypnotiques, le ravissement est une nouvelle fois au rendez-vous et n'appelle qu'à un seul geste, clore ce dytptique au plus vite !
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garrytopper9
23 juin 2014
Je remercie encore une fois le Lombard, Babelio et le Club des Chroniqueurs Signé pour nous offrir des BD d'une telle qualité !
Voici l'histoire d'un écrivain anglais qui décide de retourner sur les lieux où son frère a disparu, dans l'espoir de trouver de l'inspiration pour son prochain roman.
Dépaysement assuré avec cette BD, qui derrière un traitement graphique et une mise en case à première vue plutôt classique, offre une histoire empreinte de fraîcheur et de romantisme. Les décors enneigés des Alpes valaisannes sont pleins de charme et un grand moment d'évasion.
Un bon moment de lecture, reposant, très agréable.
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Presence
24 mai 2017
Ce tome comprend une histoire complète et indépendante de tout autre. Comme l'indique le titre, il s'agit de l'intégrale de l'histoire : il regroupe les 2 tomes initiaux parus en 1984 et 1985, et prépublié dans le Journal de Tintin en 1983-1984. Ce récit est en couleurs, entièrement réalisé par Cosey (Bernard Cosendai), un auteur suisse. Il est connu entre autres pour la série Jonathan (16 tomes) et pour un récit de Mickey Une mystérieuse mélodie : ou comment Mickey rencontra Minnie (grand prix du Festival d'Angoulême 2017). Ce tome commence par une introduction de 3 pages écrite par André Guex, auteur de Geiger : Pilote des glaciers et de Valais Naguère. 281 photographies anciennes. Il évoque la région du Valais, un canton de Suisse situé au sud du pays.
Peu avant 1930, la malle de la Poste progresse tranquillement pour rallier le village d'Ardolaz dans les Alpes Valaisannes en Suisse. Un mystérieux individu à chapeau et à moustache saute dedans à la faveur d'un tunnel. Un peu plus loin sur le bas-côté, 2 gendarmes interpellent un touriste pour savoir ce qu'il fait là. Melvin Z. Woodworth leur explique qu'il vient séjourner à Ardolaz pour trouver l'inspiration pour écrire son prochain roman. La malle arrive. Woodworth propose une petite goutte de Gin aux policiers, d'une bouteille de ses affaires personnelles, transportées par la malle. Il est un peu surpris d'apercevoir Baptistin, mais n'en dit rien aux gendarmes. Il finit par rallier Ardolaz à pied, mais arrive après la malle, ayant ainsi perdu son pari avec le cocher.
Une fois installé à l'auberge de monsieur Zufferey, il va faire le tour du village. Il va se recueillir sur la tombe de Dragan Z. Madjevic, puis se promener autour du Grand Hôtel qui est fermé pour l'hiver. le soir alors qu'il lit tranquillement dans le fauteuil de sa chambre, il entend un énorme craquement. Il s'agit du glacier avoisinant qui bouge. Au petit déjeuner, il évoque l'histoire d'un ancien village qui aurait été enseveli par le glacier. Les gendarmes sont toujours à la recherche de Baptistin, accusé de faux-monnayage. Melvin Woodwaorth reçoit un courrier de son agent Virgil G. Ashbury qui menace de lui couper les vivres si son prochain roman tarde encore trop. Pour essayer de déclencher le processus créatif, Woodworth se met à relire Peter Pan (1911) de James M. Barrie (1860-1937), personnage créé en 1902.
Il est toujours un peu intimidant de se lancer dans la lecture d'une oeuvre ayant été intégrée au patrimoine de la bande dessinée. le lecteur sera-t-il à la hauteur ? Saura-t-il en apprécier la substantifique moelle, y percevoir ce qui fait sa valeur ? Peu importe, autant déjà commencer par la lire comme n'importe quelle bande dessinée pour voir si elle fournit un bon moment de lecture. Généralement, la première composante qui accroche le lecteur réside dans l'intrigue. Cosey propose d'emmener le lecteur dans un canton suisse, plus précisément dans un village de haute montagne, pour toute la durée du récit (à part l'épilogue de 3 pages itinérant en Italie). Il met en scène un écrivain à la recherche de l'inspiration, peu avant 1930. A priori, il n'y a pas de quoi titiller l'attention d'un amateur de récit d'aventures. Mais en fait, l'auteur intègre plusieurs éléments d'ordre romanesque, comme un trafic de fausse monnaie, un fuyard (Baptistin) qui échappe aux gendarmes, un individu qui rôde la nuit dans le Grand Hôtel fermé pour la saison et qui y joue des airs au piano, une mystérieuse jeune femme (Evolena) qui se baigne dans une source chaude, un village qui aurait disparu, et même Melvin Woodworth a un objectif caché qui a trait aux circonstances de la vie et de la mort de Dragan Z. Zmadjevic dans ce village.
Finalement le lecteur se retrouve très intrigué, avec l'envie d'en savoir plus sur ces mystères. Il plonge dans une histoire agréable et facile à lire, sans dimension intellectuelle exigeant trop de concentration de sa part. Il se rend compte qu'il apprécie également la dimension touristique de l'histoire, l'évocation de ce village de montagne au début du vingtième siècle. Il en a un premier aperçu avec les tenues vestimentaires des personnages : à commencer par les culottes courtes de Melvin Woodworth et ses grosses chaussettes de laines qui montent jusqu'au genou, en continuant par les uniformes d'époque des gendarmes, en passant par les vêtements confortables et un peu empruntés des villageois. Il n'y a pas de doute que le dessinateur ait fait les recherches nécessaires pour assurer la véracité historique de ces éléments.
Les recherches de Cosey couvrent également l'architecture du village avec ses chalets de bois et leurs toits en ardoise, son église en pierre, les clôtures de bois, le luxe du Grand Hôtel, etc. Au fil des séquences, le lecteur peut également découvrir les occupations quotidiennes des villageois : filage de la laine, travail du bois, élevage de chèvres. Il se rend compte que l'évocation de ce village et de cette époque n'a rien de superficielle ou de générique quand le personnage principal bénéficie d'explications sur quelques pratiques, ou de la définition de quelques termes locaux. Ainsi le lecteur découvre avec Melvin Woodworth (ou retrouve s'il connaissait déjà) la définition du chemin de bisse : canal d'irrigation creusé dans la terre, ou accroché au rocher, conduisant à la belle saison l'eau des torrents vers les prés et les prairies qui se dessèchent. Il croise des termes comme le fendant (un cépage chasselas en Valais), les mayens et les raccards qui sont tous explicités au cours du récit. L'authenticité de cette reconstitution historique n'est donc pas à mettre en doute, et c'est un vrai plaisir que de pouvoir découvrir le village par les yeux du nouveau venu, de l'accompagner faire du ski dans une zone encore majoritairement sauvage, sans touriste, de découvrir les spécialités locales (encore un petit verre de fendant ?), et de savourer une raclette à l'air libre, avec quelques nouveaux clients de passage.
Cette bande dessinée est découpée en 9 chapitres assez rapides, et le lecteur s'aperçoit que dès le troisième, il est complètement emporté par l'histoire. Il n'a pas besoin de temps d'adaptation pour pouvoir apprécier les dessins de Cosey. Ils appartiennent à un registre descriptif avec un bon niveau de détails. Il utilise un trait d'encrage assez fin pour tracer les contours de chaque forme. Dès la première page, le lecteur apprécie de pouvoir observer ce toit qui protège le pont permettant de traverser une rivière. À chaque page, il peut choisir de lire rapidement pour ne s'intéresser qu'à l'histoire, ou prendre son temps pour apprécier les détails qui s'y trouvent : la forme d'une luge, une pile de bûches, l'aménagement de la chambre d'auberge de Woodworth, les formes des sacs à dos, les bâts des ânes et leur contenu quand les villageois sont contraints d'évacuer le village, la bouilloire utilisée par Woodworth, la robe de soirée d'Evolena, un abreuvoir, etc.
Cosey sait créer des personnages aisément reconnaissables, avec des allures différentes, qu'il s'agisse de Melvin Woodworth, jeune homme plein d'allant et confiant en ses capacités, d'Evolena jeune femme pleine d'entrain et souriante, de Baptistin homme chenu plus âgé, encore dans la force de l'âge, des 2 gendarmes, ou du cochon Wilfrid, des villageois, etc. Il se montre assez facétieux avec les 2 gendarmes, les utilisant comme le duo des Dupondt dans un premier temps, en tant que ressort comique, avec une forme de condescendance de la part des autres personnages, mais finalement des professionnels assez compétents dans un deuxième temps. Il s'avère convaincant pour animer de manière réaliste le cochon que Woodworth a baptisé Wilfrid. Dès la première page, le lecteur apprécie de pouvoir contempler la nature. Alors que la malle postale n'en est encore qu'au début de son ascension, il voit la ligne des arbres, la terre à nu, et les formations rocheuses des montagnes avec des affleurement rocheux à plusieurs endroits. le lecteur ressent l'impatience à prendre de l'altitude pour parvenir aux paysages entièrement recouverts de neige. Il constate qu'au fur et à mesure de la progression de la malle, les bas-côtés se couvrent de plus en plus de neige.
Dans le chapitre II, Melvin Woodworth part faire un tour à pied aux environs du village, ce qui permet de regarder alentour, malgré un petit banc de brume. Dans le chapitre III, il part faire un tour à ski, d'époque en bois. le lecteur partage son plaisir à se laisser glisser, à progresser dans la neige fraîche, seul au monde, à découvrir une source chaude au milieu d'un bosquet de mélèzes. Au fil des chapitres, Melvin Woodworth a l'occasion de faire d'autres sorties à ski, de découvrir l'intérieur d'une grotte, et de passer sur le glacier. le lecteur reste béat d'admiration devant la manière dont Cosey sait conserver le blanc de la page pour rendre compte de la virginité de la neige. le lecteur se retrouve à projeter la texture et la résistance de la neige dans ces zones blanches de la page où évolue Woodworth ou d'autres personnages. L'artiste n'abuse pas de ce mode de représentation, en particulier, il donne une couleur grise aux étendues enneigées lors des séquences nocturnes. Il sait également rendre compte de la résistance de la neige, entre autres lorsque Woodworth se retrouve les quatre fers en l'air dans de la poudreuse. Il réalise une mise en couleur naturaliste, essentiellement basée sur des aplats de couleurs unis. Il introduit rarement des nuances, essentiellement pour rendre compte de reliefs mis en évidence par la luminosité. Il ajoute des petits traits secs pour rendre compte des textures des surfaces, que ce soit le bois ou les tissus. Il utilise également les couleurs pour faire mieux ressortir quelques surfaces par rapport aux autres par exemple 2 plans différemment éloignés de lignes d'arbre.
Le lecteur un peu tatillon peut trouver qu'un ou deux passages comprennent des invraisemblances, ou des situations un peu tirées par les cheveux. Il y a bien sûr le comportement du cochon Wilfrid qui relève plus du dispositif artificiel bien pratique pour aider le héros, que d'un comportement naturaliste totalement plausible. Néanmoins le lecteur peut y voir une forme de comédie, sans réelle incidence sur l'intrigue en elle-même. Cosey donne l'impression de jouer dans un registre de chassé-croisé, pour introduire une tension momentanée, et ne pas se répéter dans les recherches menées par les 2 gendarmes. le lecteur peut aussi s'étonner de voir Evolena se balader dans la neige jambes nues, ou en talon, alors que les autres personnages restent en tenue hivernale pour affronter le froid de la saison, et la couche de neige. Mais il ne s'agit que de menus détails au regard de la globalité du récit. du coup, il pardonne également le final un peu trop spectaculaire quand l'une des attaches du sac à dos de Baptistin lâche au mauvais moment, ou quand ce personnage fait une découverte spectaculaire à un moment bien opportun. Il le pardonne à l'auteur, parce que malgré tout celui-ci a pris soin de préparer ces événements, à commencer par le poids du chargement du sac, mais aussi parce qu'il voit bien qu'il s'agit pour l'auteur d'introduire des rebondissements pour rester dans le registre de l'aventure.
Totalement décontracté par la facilité de la lecture, le lecteur se laisse emporter par l'intrigue, par le plaisir de se retrouver dans cette région, par le grand air, et par la bonne nature du personnage principal. Il se rend compte que la reconstitution de l'ambiance du village le convainc entièrement. Il se surprend à aller se renseigner sur la vie de Joseph-Samuel Farinet (1845-1880) faux-monnayeur, ayant fait l'objet d'un roman : Farinet ou la fausse monnaie (1932) de Charles Ferdinand Ramuz. Malgré quelques facilités de scénario, Cosey a recréé une communauté, en la présentant par les yeux d'un nouveau venu. Au sein de son intrigue, il évoque donc cette forme d'activité criminelle qui est la création de fausse monnaie. Il évoque également le symptôme de la page blanche chez l'écrivain, et la situation financière précaire qu'il provoque. Au travers de l'histoire personnelle de Melvin Woodworth, il parle aussi d'un immigré (son père), de sa relation avec son père, de la distance qui sépare les membres d'une même famille, de la vie rêvée du frère absent. le lecteur peut trouver comme un écho de ces thèmes dans l'exode imposé des villageois d'Ardolaz, devant abandonner leurs racines, devant quitter leur foyer. Il y a finalement des thèmes sous-jacents assez graves dans le récit, même s'ils ne prennent jamais le pas sur l'histoire racontée. le lecteur peut d'ailleurs voir dans la conclusion de l'épilogue l'affirmation d'une valeur qui rejoint la question de la cellule familiale.
Et Peter Pan dans tout ça ? Il y a déjà les citations de James M. Barrie en ouverture de chaque chapitre qui sont toutes extraites du livre Peter Pan. le lecteur peut essayer de trouver en quoi elles viennent apporter un éclairage au chapitre afférent, ou y voir plus une idée générale du chapitre, une source d'inspiration. L'auteur va un peu plus loin encore, lorsque dans les pages 81 et 82, Melvin Woodworth rêve au dieu pan. Il est assez difficile d'établir un parallèle direct entre le parcours de Melvin Woodworth et celui de Peter Pan, ou de voir dans ce récit des thèmes comme la peur de la mort. Peut-être que Woodworth est effectivement à la recherche de Dragan Z. Zmadjevic qui semble avoir vécu son rêve d'enfance ? C'est la réflexion qu'il se fait en page 57. Peut-être est-il à la recherche d'une vie romanesque qui lui éviterait d'être adulte, de faire face à ses responsabilités ? Ou peut-être que plus simplement Melvin Woodworth est un individu qui trouve du plaisir dans l'expérience de la vie, sans réelle implication de sa part ? Faut-il voir dans la décision de Woodworth de rester au village malgré le danger, un comportement manquant de maturité ? Ou dans sa décision de venir en aide à Baptistin sans rien connaitre de lui ? Il apparaît également qu'il souhaite retrouver l'état antérieur de la chaleur familiale lorsqu'il était enfant.
Finalement, qu'elle appartienne ou nom au patrimoine de la BD, cette histoire se lit avec un grand plaisir, sans donner l'impression de retomber en enfance, ou que le média soit une excuse pour un récit infantilisant. L'auteur laisse le libre choix au lecteur de ne lire le récit que pour son intrigue et sa dimension touristique, ou de prendre le temps de penser aux choix effectués par le personnage principal.
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jovidalens
18 juillet 2014
Il y a quelques chose de l'Atlantide dans cette histoire : les derniers jours d'un paradis sur terre, nimbé des rayons d'un soleil hivernal. Ici, c'est un glacier qui menace ce village accroché au pan de la montagne ; dans quelques jours, quelques heures il va l'écraser, comme quelques décennies plus tôt il avait englouti, ravagé un autre village, dont on entend, parfois, la cloche fantomatique sonner.
Mais M. Cosey situe son action dans les temps modernes, en 1930, et les villageois délaisseront leur village, à temps, prévenus par les autorités, et en bon ordre, partiront s'installer ...ailleurs.
Lui, c'est un romancier-aventurier auréolé, déjà, d'une belle célébrité, qui ressemble à un Joseph Kessel, avec un petit quelque chose de Romain Gary ; comme eux une partie de ses racines sont fichés en Europe Centrale, mais son éducation en a fait un parfait anglais, jusqu'à sa manie très british de parier sur n'importe quoi. En panne d'écriture, il fuit Londres et son éditeur de plus en plus pressant et , surtout, vient sur les traces de son frère ainé, musicien célèbre ou raté, mort accidentellement dans le grand hôtel de la station.
Elle, elle a les rondeurs pulpeuses d'une Maria Schneider, avec un bel appétit de vivre.
En quelques jours les aventures se succèdent et les rencontres, toutes plus belles et joyeuses les unes que les autres, comme celle avec le porcelet. Les pandores sont loin d'être idiots et c'est ce qui concourt à donner encore plus de piment aux poursuites.
Pourquoi "A la Recherche de Peter Pan" ? Parce que c'est le livre que lui a offert son frère pour ses dix ans, à l'origine dont son envie d'écrire et qui sera le titre de son prochain roman. Chaque chapitre commence par une citation de J.M. Barie, promesse d'aventures palpitantes et poétiques.
Particulièrement bien référencé sur l'époque et l'environnement du Valais des années trente, chaque détail du dessin est significatif, comme le "gros plan" sur le poignet d'une chemise que l'on imagine d'un beau drap bien chaud.
Pour la montagne, sa neige, et sa glace, je préfère le trait de Christian de Metter dans "Shutter Island" ou celui de Tanaguchi pour "Le Sommet des Dieux". M; Cosey a eu une bonne idée d'utiliser le blanc de la page pour représenter la neige, mais, personnellement, sa technique ne me fait pas rêver : euh...je n'y vois que du blanc ! Par contre, quelle splendeur, dans la représentation des mélèzes dorés, des maisons du village, des trognes des personnages. Et quelle belle idée, la mine d'or.
Belle histoire qui parle en petite musique sous-jacente de l'avenir sombre de l'Europe où ne subsistera qu'un havre de paix, dans ce Valais. Un autre glacier menaçait de tout écraser, les gens fuyaient avec leur carrioles, des villages avaient étaient précédemment dévastés et d'autres le seraient. En attendant, le bonheur de presque partager les derniers beaux jours ensoleillés de nos héros.
Un très beau moment de lecture grâce à la chronique de Lehane-fan. Merci.
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manu_deh
07 février 2015
Le personnage principal de cette bande dessinée est un écrivain anglais en voyage dans le Valais, à la fin de l'hiver, en 1930. Il réside dans un petit village assez isolé. Il marche sur les traces de son grand frère, musicien et compositieur, qui y a vécu et y est mort dans un stupide accident de salle de bain, au Grand Hotel.
Ce livre est assez contemplatif: dans son graphisme, la montagne est rude, ses habitants aussi, bien que chaleureux une fois réunis autour du feu devant un Fendant. Mais contemplatif aussi dans son scénario, peu d'action et d'effets spéciaux, très lent et sinueux, il y plane une ambiance mystérieuse où le lecteur imagine plus qu'il n'apprend. Qui est ce vieux faussaire qui esquive la police à sa recherche, cette jeune femme qui se baigne seule dans le lac, le glacier craque et va t il finir par ensevelir le village?
On est plus dans une atmosphère romanesque que ce que l'on trouve dans la plupart des bandes dessinées.
A l'image de son titre, ce livre est intriguant et original, il procure un agréable moment de lecture. En tout cas, je me procurerai donc le second tome.
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
garrytopper9garrytopper923 juin 2014
Le village semblait m’appartenir, et malgré la menace qui se précisait d’heure en heure, cette sensation de souveraineté solitaire était plutôt excitante.
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garrytopper9garrytopper926 juin 2014
Un silence de fin du monde s’était installé sur la ville abandonnée. Seule la rumeur lointaine d’un torrent faisait écho au crissement de la neige sous mes pas.
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jovidalensjovidalens18 juillet 2014
L'écho du fracas se répéta longtemps dans la vallée. Enfin, ce fut le silence, un silence total. Méme les cris du torrent, plus bas, s'étaient tus. Un nuage blancs s'élevait majestueusement. De microscopiques cristaux de glace dansaient en suspension dans l'aire, jouant avec la lumière.
Je pensai à Pan, le Grand Pan, dieu de la Nature, personnification de l'Univers. Le fils d'Hermès et de la nymphe Dryope n'était pas mort.
Je me demandais si Dragan aurait reconnu, lui aussi, le signe du dieu grec oublié.
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garrytopper9garrytopper928 juin 2014
Parti à la recherche de Peter Pan, je me trouvais dans le ravissement étonné de ramener la fée Clochette dans mes bagages.
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PresencePresence24 mai 2017
Il y a longtemps, très longtemps, un village se trouvait là-haut, au pied du col. Un beau jour, le glacier s'est rompu. Il s'est mis à dévaler la pente. Le village fut complètement englouti. Aujourd'hui, l'histoire recommence.
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Videos de Cosey (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Cosey
Exposition Les nouveaux visages de Mickey Mouse Mickey était à l'honneur au #FIBD2017 avec l'exposition en partenariat avec la Galerie Glénat qui présentait, entre autres, des planches de Cosey, Grand Prix 2017 et de Tébo, lauréat du Fauve Jeunesse 2017.
Programmation et infos sur www.bdangouleme.com ou sur les réseaux avec @actudufauve #partageonslaBD
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