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ISBN : 2070342417
Éditeur : Gallimard (15/02/2007)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 108 notes)
Résumé :
Madeleine Castinel est étudiante à Lyon. Elle sort d'une rupture difficile avec son petit ami, Paul Grieux. Depuis le soir du 30 septembre 2003, elle est partie sans prévenir ses proches. Personne ne s'inquiète : ils ont l'habitude de ses fugues solitaires.

Priscille Mer est lieutenant de police. Jeune, inexpérimentée, elle découvre jour après jour le quotidien déprimant du commissariat de la Croix-Rousse.


Le 30 septembre 2003... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  02 juillet 2012
Eh ! bien, voici l'un des livres les plus brillamment menés - et l'un des plus frustrants que j'aie jamais lus. Peut-être même LE plus frustrant !
L'intrigue se situe à Lyon, ville autour de laquelle a toujours flotté un certain parfum au mieux d'ésotérisme, au pire de magie noire. Elle prend ses racines dans un accident de la route, l'un de ces accidents dont la stupidité prodigieuse enclenche toujours une série d'évènements dont les protagonistes - les méchants comme les bons - se seraient tous bien passés. Ici, la conductrice de l'automobile s'en tire - c'est très bien parce que, de toutes façons, elle n'était pas dans son tort. le motard, lui, un certain Paul Grieux, quarante-deux ans, est gravement amoché : traumatisme crânien prononcé et coma sévère. Il est immédiatement transporté à l'hôpital adéquat tandis que l'officier de police Priscille Mer, épaulée par son collègue Marc Launay qui passait par là tout à fait par hasard, entreprend les recherches habituelles.
A partir de là, DOA développe une véritable petite merveille - et je pèse mes mots - d'intrigue qui combine avec une habileté diabolique le policier et le fantastique. Il n'est évidemment pas le premier à avoir tenté l'essai mais là où il réussit un authentique tour de force, c'est non seulement en installant une ambiance atrocement glauque, inquiétante, pour ne pas dire carrément effrayante, dans un quotidien absolument routinier mais aussi - mais surtout - en maintenant le suspense jusqu'à la dernière page de son livre - qui en comporte pourtant six-cent-quarante.
C'est bien simple : d'un bout à l'autre, je n'ai pas pu décrocher. Quand on sait le scepticisme avec lequel j'accueille les romans fantastiques contemporains, et particulièrement les français, on comprendra tout de suite que "La Ligne de Sang" sort de l'ordinaire.
Le problème, pour moi, c'est la fin : abrupte, comme si toute la part fantastique de l'intrigue, acculée, se jetait droit à la mer, du plus haut de la plus haute des falaises.
Maintenant, cela fait bien deux jours que j'ai refermé le livre et je me dis que certains trouveront du charme à cette brutalité qui laisse au lecteur le soin de trouver les réponses aux questions restées en suspens : Grieux était-il ce qu'il prétendait être ou n'était-ce qu'un pauvre garçon sans père, dominé par sa mère et probablement abusé par des adultes quand il était encore un enfant, et qui a fini par se réfugier dans la folie ? nous-mêmes, lecteurs, n'avons-nous pas cédé à notre subjectivité en voulant voir de la magie noire - et pas n'importe laquelle - là où il n'y avait qu'une lamentable tragédie familiale ?... La fin reste ouverte : est-ce un bien, est-ce un mal ? peut-être y aura-t-il autant de réponses que ce livre aura de lecteurs.
Un dernier mot sur les critiques que vous pourrez lire sur certains sites marchands, déposées par des internautes plus avides de polars purs et durs que de tentatives hybrides aussi déconcertantes que passionnantes : il n'y a pas de longueurs inutiles dans "La Ligne de Sang", c'est même un texte sacrément maîtrisé. Certes il diffère sensiblement des deux opus qui ont assuré la célébrité de leur auteur - "Le Serpent aux Mille Coupures" et "Citoyens Clandestins" mais il n'en reste pas moins un excellent roman.
... A la fin frustrante. Mais bon : nul n'est parfait. ;o)
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culturevsnews
  15 mai 2019
Madeleine Castinel n'en peut plus de son amant, Paul Grieux, trop souvent alcoolisé, violent et exigeant avec elle, squattant un peu trop son appart' à son goût. Elle préfère rompre et lui demande de lui rendre ses clés. C'est semble-t-il en sortant de chez elle que Marc Grieux a un accident de moto et sombre dans le coma. Priscille Mer et Marc Launay, du SRPJ de Lyon, vont enquêter sur ce qui n'est en apparence qu'un banal accident de la route, doublé quand même d'une étrange disparition, car Madeleine reste introuvable.
Et puis peu à peu, on bascule dans l'enfer. Un monde sombre de magie noire, d'occultisme, de pédophilie, de violence extrême, un monde dont il est souvent difficile de cerner les limites entre hallucinations ou fantastique. L'intrigue est très prenante, on est complètement happé par le récit et ses dessin de Stéphane Douay qui sont réussis et épouse bien le récit, agrémenté d'un jeu d'ombres et de couleur magnifiques dans lequel harmonie et simplicité fusionnent à un point que c'en est jubilatoire. Une telle stylisation est assez inhabituelle pour ce type d'histoire, qui généralement est plus associée à un dessin d'un réalisme académique. le tout, porté par un cadrage cinéma et plus on approche de la fin, plus cela devient carrément flippant. A ne pas lire le soir juste avant de s'endormir !
Mieux vaut prévenir les âmes sensibles, certains passages sont vraiment insoutenables. Pour autant, ils ne sont pas gratuits, ils tiennent totalement aux personnages mais l'horreur à peine dicible découverte par les deux policiers est difficilement supportable.
Il faut dire qu'avec un tel pseudonyme (DOA signifie Death on arrival), on pouvait en effet s'attendre à une telle noirceur humaine. Mais au milieu de ce monde bien concret, arrivent des événements étranges, subtils, impossibles à analyser ni à saisir totalement : Rêve, réalité ou hallucinations ?
Note : 9/10
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Davjo
  11 juin 2015

Un thriller lent et clinique avec le chien noir du surnaturel qui guette à la lisière...
Ambiance menaçante dans un quotidien réaliste.
J'ai avancé dans ce roman, centaine de pages après centaines de pages, en me demandant s'il allait vraiment commencer, si ça valait le coup de continuer.

Un homme est dans le coma à l'hôpital suite à un banal accident de moto. Deux flics ordinaires se retrouvent liés à l'affaire. On les suit au jour le jour, dans leur travail, chez eux, dans leurs réflexions, leur passé, leur existence. C'est comme si une caméra les suivait en temps réel. Ils prennent des initiatives, visiter un appartement vide et se demander où est passée la jeune femme qui l'habitait, ex-compagne du motard alité. Ils font des heures de route pour voir la mère du comateux Paul Grieux dans un village avec un bar où on les regarde comme des étrangers, avec la vieille bicoque à l'écart du village...
Il retrouvent laborieusement l'adresse du comateux, et visitent ses appartements. DOA excelle dans les descriptions très précises des lieux, il adore les escaliers, les couloirs, les corridors et sait installer un fantastique léger, une menace planante et tournoyante comme un oiseau de proie sur l'ordinaire de chacun.
Ce qui étonne dans le roman, c'est la façon dont la magie noire est suggérée, le lecteur ressent l'inquiétante impression de bifurquer et de changer de genre, du policier au fantastique. Les mystères, à la fois dans l'histoire et dans la facture du roman, nous font continuer, on veut savoir la suite et on se demande perfidement si l'auteur va retomber sur ses pattes. Et oui ! Mais en allant très loin dans la surenchère, dans l'horreur insoutenable, toujours décrite comme si c'était un procès verbal. (Spoiler !) Un rapport de police où on rencontrerait un mélange de Fourniret et Marc Dutroux ayant conclu un pacte avec le diable et se reproduisant de générations en générations.
Evidemment je suis content de l'avoir terminé et curieux de lire d'autres romans de DOA. La fin est abrupte comme pour nous dire après tout ce n'est qu'une fiction à laquelle vous vous êtes laissés prendre.
Bref, un thriller étonnant, presque expérimental, même si on se demande si c'était la véritable intention de l'auteur. Ces "brouillages de genres" seraient plutôt le fait d'un auteur qui fait ses gammes.
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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encoredunoir
  11 avril 2012
Un soir de septembre, le capitaine de police Marc Launay tombe sur un accident sur les hauteurs de la Croix-Rousse, à Lyon. le lieutenant Priscille Mer est déjà en train d'effectuer les premières constatations : un motard renversé par une voiture et transporté à l'hôpital dans le coma. En voulant prévenir la compagne de la victime, Launay trouve un appartement dont la porte est ouverte est dont l'occupante a disparu. Une disparition qui ne semble inquiéter personne.
Quant au motard accidenté, il s'avère rapidement que son identité est trouble et qu'un silence inquiétant l'entoure.
Alors que cette affaire tourne vite à l'obsession pour Marc Launay, les deux officiers vont, de fil en aiguille, dérouler un écheveau qui ne fait que rendre plus inquiétant ce mystérieux motard, Paul Grieux, qui, même dans le coma, n'en finit pas de donner du fil à retordre au personnel de l'hôpital et de faire peser sur toute cette histoire une lourde et effrayante chape chargée de menaces.
Et bien je n'ai pas été déçu. On retrouve dans ce roman le souci de DOA de donner à ses romans une construction qui permette de fournir au lecteur mille détails, de lui faire découvrir une galerie de personnages bien campés et dont le portrait psychologique est finement dressé, sans pour autant le perdre dans les méandres de l'histoire ou le faire décrocher. Un pavé de 600 pages qui se lit finalement comme s'il en faisait moitié moins, sans que le plaisir de la lecture soit jamais réduit.
À cela vient s'ajouter une intrigue policière particulièrement glauque et sordide mâtinée de fantastique. Et là encore, DOA évite les écueils. Cela pourrait vite tourner au grand guignol mais l'auteur réussit à ne pas glisser sur ce versant, sans pour autant se dispenser de scènes particulièrement gratinées.
En clair, ce roman est, une fois encore, une réussite. Certes, les invraisemblances sont légion. Et alors ? Ce qui compte vraiment, n'est-ce pas ce frisson d'angoisse qui nous parcourt au moment où, dans un grand couloir vide, un grognement fantomatique se fait entendre ?
Lien : http://encoredunoir.over-blo..
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lonesloane
  03 août 2011
« La ligne de sang » a sans doute le droit d'entrer dans une sorte de panthéon imaginaire des romans addictifs. Oui, au final ils sont pas si nombreux les bouquins qu'il est impossible de lâcher une fois la première page tournée.
Nous sommes à Lyon, dans le quartier de la croix rousse, un banal accident de la circulation entre une voiture et une moto, une enquête de routine qui démarre, de fil en aiguille une disparition, peut-être liée à l'accident… et c'est l'engrenage infernal, Doa plonge le lecteur dans une enquête policière sordide, au rythme effréné, qui mènera les deux enquêteurs, Priscille et Marc, de Lyon et ses quartiers jusqu'au coeur du massif de la Chartreuse, à la découverte de secrets inavouables, de monstruosités qu'on ne saurait imaginer.
Avec « la ligne de sang », vous aurez droit à tout ce que le roman noir a de plus sombre, une enquête policière sur fond de cannibalisme, magie noire et sorcellerie, des personnages singuliers et étranges, depuis le prêtre conservateur aux moeurs plus que douteuses jusqu'à la sorcière entourée de crapauds, le tout enrobé dans une intrigue superbement bien ficelée qui j'en suis certain, saura vous surprendre.
Je n'irai pas jusqu'à dire que nous tenons là un chef d'oeuvre de littérature policière (de toute façon je suis loin d'être un expert), mais en tout cas un roman captivant dont vous aurez du mal à vous séparer avant le dénouement final.
Lien : http://testivore.com/la-lign..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
WolandWoland   02 juillet 2012
[...] ... L'aide-soignant de garde achevait sa ronde quand il entendit derrière lui un bruit de chute un peu assourdi , incongru en cette fin de soirée. Il revint sur ses pas, jeta de brefs coups d'oeil de contrôle de part et d'autre du couloir et finit par repérer un lit vide, dans l'une des chambres.

Le 16, comme par hasard. Il ne les laisserait donc jamais tranquilles ...

L'homme regarda dans la pièce, peu rassuré de savoir Paul Grieux hors de son lit. Depuis quelques jours, à la suite de ses violentes crises, il avait été décidé qu'il serait systématiquement entravé la nuit, quand le service tournait au ralenti. Qu'il ait réussi à se détacher était déjà surprenant mais sa disparition, dans un espace presque vide de tout mobilier de quatre mètres sur quatre, tenait du miracle. Où avait-il foutu le camp ?

Il ne voyait pas bien, la pièce n'était que peu éclairée.

L'appareillage de mesure s'était, semblait-il, lui aussi volatilisé. Non. L'aide-soignant repéra une roulette de chariot de transport, par terre, juste devant la vitre. Il colla son nez contre celle-ci, pour mieux voir, puis recula vivement, lorsqu'une silhouette sombre se matérialisa juste devant lui, de l'autre côté de panneau translucide.

Il reconnut immédiatement les yeux fiévreux de Paul Grieux, posés sur lui avec une étrange fixité qui lui glaça le sang. Il sursauta, brièvement tiré de sa torpeur panique quand les deux mains du patient vinrent s'aplatir bruyamment sur le verre, de part et d'autre de son visage cramoisi. ... [...]
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WolandWoland   02 juillet 2012
[...] C'était la fin du mois de septembre. L'été refusait de partir. Madeleine Castinel émergea lentement de la station de métro. Elle se retrouva sur la grande place, au centre du Plateau, comme on appelle à Lyon le sommet de la colline de la Croix-Rousse. Presque dix-neuf heures trente et, autour d'elle, les gens prenaient le temps de flâner encore quelques minutes avant de rentrer chez eux. Madeleine, elle, ne traînait pas vraiment, seule la fatigue guidait ses pas.

Ainsi, c'est à une cadence volontairement nonchalante qu'elle remonta le boulevard, comme ensuquée. Elle longea lentement la terrasse surpeuplée du Chantecler, le bar à bobos local, consciente des nombreux regards qui suivaient les ondulations légères de sa robe d'été, et ne put s'empêcher d'esquisser un sourire triste.

Arrivée à la hauteur de la mairie d'arrondissement, elle bifurqua vers son vidéo-club, en quête d'un divertissement propre à meubler la soirée solitaire à venir. Parvenue devant la vitrine, à la hauteur du distributeur automatique, elle inséra sa carte de membre dans la machine et s'attarda un instant sur la jaquette des nouveaux DVD. Elle les avait déjà tous vus.

Son reflet se matérialisa devant ses yeux, dans les chromes bleutés de la machine. Les néons colorés qui illuminaient la devanture du magasin renforçaient la pâleur de son visage et creusaient ses traits. Des larmes lui montèrent aux yeux. Elle les refoula en inspirant avec force. Deux mois éprouvants, tendus, inquiets. Deux mois d'une longue et violente rupture. Deux mois pendant lesquels elle avait cherché à s'éloigner physiquement de Paul, sans parvenir à occulter complètement sa présence, à le repousser tout à fait. ... [...]
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Videos de DOA (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  DOA
Nous avons rencontré Stéphane Douay (dessinateur, à gauche) et Pierre Boisserie (scénariste, à droite) au moment de la sortie du tome 3 des "Années Rouge & Noir" (BD éditée par les Arènes), lors du festival Quai des Bulles de St Malo, en octobre 2018. Mais avant la sortie du tome 4 de cette série sur les années troubles d'après-seconde-guerre-mondiale, leurs actualités éditoriales respectives les rattrapent. Stéphane Douay publie en effet "La ligne de sang", un polar satanique à faire frissonner (adaptation du roman de DOA) et Pierre Boisserie publie "Cigarettes", une BD-dossier à faire tout autant frissonner, sur l'industrie du tabac. Heureusement, nous avions parlé de tout ça (et plus encore)...
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