AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070452514
Éditeur : Gallimard (27/02/2014)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 183 notes)
Résumé :
Alain Damasio nous invite à la rencontre de grands "vivants," c'est-à-dire de grands claustrophobes, amoureux de l'air et de l'Ouvert. Champions de toutes les aérations, celles de l'espace, du son, des mots, du collectif, et de ce fait totalement libres, entrés en un jeu d'échos fou avec les mouvements du monde, ils tracent et suivent leurs lignes de fuite, tel le surfeur qui n'existe et ne consiste que dans la furtivité.
Dix nouvelles par l'auteur de La Zone... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  05 septembre 2014
Avec seulement deux romans, Alain Damasio s'est imposé en l'espace de quelques années comme un auteur majeur sur la scène française, et pas seulement parmi les lecteurs de littérature de l'imaginaire. Mais outre « La Horde contrevent » et « La Zone du Dehors », Damasio est également l'auteur d'un certain nombre de nouvelles regroupées dans un recueil intitulé « Aucun souvenir assez solide », republié cet été en poche chez Folio SF. Science-fiction, fantasy, essai philosophique..., on serait bien en peine d'accoler une quelconque étiquette à la plupart des textes présents au sommaire de cet ouvrage qui fait figure de véritable ovni littéraire. Autant l'avouer d'emblée, si les précédents écrits de l'auteur possédaient déjà un certain degré de complexité, le niveau ne fait ici qu'augmenter à tel point que, sans un bon bagage philosophique, il devient parfois difficile de bien saisir où veut en venir l'auteur, sans parler d'appréhender toutes les subtilités des notions abordées ou des univers et personnages créés. A ma grande honte et  frustration j'ai ainsi eu le sentiment de passer à côté de certaines nouvelles, notamment « El Levir et le Livre », consacrée à la vie d'un scribe en quête du livre ultime, ou encore « Sam va mieux », texte se déroulant dans un décor post-apocalyptique et mettant en scène un personnage ravagé par la solitude. Deux textes qui dégagent une grande force mais dont je ne suis pas parvenue à véritablement m'imprégner.
La plupart des nouvelles se lisent malgré tout avec beaucoup d'intérêt et traitent de sujets d'actualité chers à Damasio : l'uniformisation de nos sociétés occidentales, la course à la sécurité, l'hypocrisie et le cynisme des politiques... le texte qui m'a le plus touché est celui chargé d'ouvrir le bal, « Les Hauts Parleurs », et le fait qu'il soit clairement affilié à « La Zone du Dehors » n'y est évidemment pas étranger. On y découvre un monde où la totalité du lexique a été privatisé par l'état ou de grandes entreprises et où les seuls résistants se trouvent être des marginaux vivant au ban de la société et se jouant des mots avec une virtuosité et un enthousiasme incroyables. « Annah à travers la Harpe » est également une nouvelle chargée d'émotion puisqu'elle met en scène un père qui entreprend un voyage spirituel afin de ramener sa petite fille dont on comprend au fur et à mesure la raison du décès. Les deux autres textes qui m'ont le plus marquée se déroulent tous deux dans un cadre urbain très particulier : dans « C@PTCH@ » le décor est une ville qui dématérialise les enfants qui la traversent, un phénomène tragique mais hypnotique et qui fait par conséquent le bonheur des caméras, tandis que dans « So phare away » Damasio nous dépeint une cité de phares où la lumière est devenue un véritable langage bien que dangereusement menacé.
Si les deux précédents romans de l'auteur ne vous en avaient pas convaincu, « Aucun souvenir assez solide » est bien la preuve que Damasio est un auteur exigent qui entend avant tout faire travailler les méninges de ses lecteurs. le recueil n'est toutefois pas, selon moi, le meilleur moyen de découvrir son oeuvre et reste donc réservé aux fans ayant déjà lu ses précédents romans. (A noter que la version Folio SF comprend une postface revenant sur chacune des nouvelles et renseignant sur les nombreuses influences de l'auteur).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          414
gill
  26 août 2015
Ce livre m'ayant été offert et recommandé par quelqu'un qui compte vraiment pour moi, je l'ai abordé avec envie et beaucoup de plaisir anticipé.
De plus l'auteur est quelqu'un que Systar, en quatrième de couverture, qualifie d'auteur exigeant, écrivant dans une langue poétique et neuve.
Il est, paraît-il, encensé par la critique, par le public et couronné d'un succès mérité.
Pourtant longuement, obstinément, j'ai tenté de pénétrer au coeur de cette dizaine de nouvelles.
Je n'ai été happé par aucun des textes.
De guerre lasse, un à un, par manque d'intérêt, je les ai abandonnés.
Rebuté par un style pauvre qui se cache maladroitement derrière un vocabulaire hermétique et inventé, je me suis enlisé au seuil d'intrigues qui ne me paraissaient pas valoir la peine de l'effort demandé.
Je me suis alors reporté au postface de Systar intitulé "Portraits de Damasio en aéroplane" pour tenter d'y trouver une nouvelle motivation, un nouveau souffle pour une lecture recommencée.
Qu'en dire si ce n'est que grandiloquence n'est pas science et que bavardage n'est pas fiction.
Et que ce postface m'a fait sourire à plus d'un de ses détours ...
Dieu me savonne ! Que j'aime la bonne science-fiction, je n'en ai pas trouvée là !
Au final, "Aucun souvenir assez solide" ne m'en laissera aucun ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          396
BazaR
  19 avril 2015
Ce recueil de nouvelles est ma première rencontre avec un auteur qui voit sa légende formée au bout de trois livres seulement, et il est suffisant pour me convaincre qu'il ajoute au choeur général des auteurs SFF français, voire de littérature tout azimut, une voix inouïe jusqu'alors.
Alain Damasio possède un style d'écriture riche, imaginatif, qui m'a plusieurs fois évoqué Raymond Queneau que je lis en parallèle. Mais ce style est exigeant ; il nécessite une volonté de lecture qui va au-delà du besoin de simple détente. Combien de fois me suis-je dit avant d'aborder une nouvelle « Houlaa ! Ça va encore me prendre la tête ! » ? Parfois je renonçais, parfois j'y allais. le style est un personnage qui participe aux histoires de Damasio. Il les enveloppe souvent au point qu'il faut attendre plusieurs pages avant de deviner où l'auteur veut en venir. Lorsqu'on a deviné, deux choses peuvent advenir : soit on est conquis par ce que l'on découvre – cela a été mon cas avec « Annah à travers la harpe » ou « Sam va mieux » - soit on cela nous indiffère et on le rejette – « C@ptch@ » et « El levir et le livre » m'ont fait cet effet.
Alain Damasio tourne dans ce recueil autour des mêmes thèmes qui dévoilent beaucoup sur la vision amère qu'il porte sur notre époque. Inquiet du potentiel de la technologie et de l'utilisation néfaste qu'une vision purement consumériste pourrait en faire, il la transcende, la transforme en un animal dangereux, en une force de la nature (comme les marées de bitume dans « So phare away ») ou en une puissance mystique qui va balayer les hommes, jouer avec eux comme on joue au yoyo. Mais les récits ne sont pas entièrement dystopiques. Toujours un homme relève le défi, affronte cette puissance comme un véritable héros grec, quitte à ce que ce soit son chant du cygne, créé sa propre légende et redonne l'espoir. Il y a du romantisme chez Damasio, pas que du désespoir.
Mes nouvelles préférées sont « Les Hauts® Parleurs® » et la chattifique déclamation de Spassky, « Une stupéfiante salve d'escarbilles de houille écarlate » dont j'imagine qu'elle se passe dans le même monde que la Horde de Contrevent (un peu plus en hauteur) et, quelques années-lumière devant les autres, la lumineuse romance « So Phare Away ».
Je retournerai prendre l'air avec Alain, un jour où ma volonté sera assez forte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          243
Walktapus
  10 novembre 2014
Je suis un peu déçu par l'adhérence de ces nouvelles à notre monde, notamment dans une mouvance que j'appelle cyber-libertaire. Je m'attendais à quelque-chose de plus « intemporel » et « universel », quelque-chose de plus comme la Horde du Contrevent, en fait.
Même dans la très belle et exotique So phare away on retrouve une métaphore d'Internet avec une opposition pionniers hackers c'était trop bien/récupération par le système tous des salauds.
Du coup ça m'a trop souvent empêché d'apprécier. Peut-être aussi parce que j'ai un peu trop baigné là-dedans ? Et que je ne suis pas complètement d'accord.
Restent de belles histoires sous forme de contes philosophiques à l'écriture puissante et poétique, inventive (quoique faisant un usage trop intensif du calembour flappi à mon goût). L'amour, la paternité, la solitude, la communication, l'art, la ville, au temps de la technologie, du copyright, de la communication de masse, du cocon, de la négation de l'oubli, du système.
(D de ABC - Merci Hykulle)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
IreneAdler
  12 août 2015
Un recueil de nouvelles qui ne peut laisser indifférent, que l'on s'y retrouve ou non. Ce sont peut-être des nouvelles, il n'empêche qu'elles offrent tout autant de matière à réflexion qu'un roman,j'oserai même dire, parfois plus. La plupart d'entre elles donnent une image assez réaliste de ce que pourrait être notre futur technologique et sémantique, parfois par le biais de la poésie et de la métaphore (C@ptach@ ou So Phare Away, entre autres exemples). La nouvelle qui donne son titre au recueil est la plus courte, pas forcément la moins dérangeante, puisqu'elle parle de la faculté perdue de l'homme de faire son deuil ; elle offre un écho assez troublant avec la première du recueil, qui elle parle également des extensions technologiques pour s'occuper des enfants. (Pour ceux qui connaissent (les autres, je les encourage à aller voir), ces deux nouvelles trouvent un écho dans l'épisode 1 de la saison 2 de Black Mirror.)
Je ne prétendrais pas avoir compris toutes les nouvelles, ni tout ce qu'elles peuvent impliquer. Je ne pourrais pas dire laquelle j'ai le plus aimé ; en revanche, toutes m'ont parlé à un niveau ou un autre. Outre les projections de ce que pourraient devenir nos sociétés, il y a un très grand fond philosophique (notamment Deleuze, très présent) et beaucoup d'inventions verbales (mots, tournures de phrases) Ce qui rend la réflexion sur la disparition ou la privatisation du langage plus profonde encore. L'impression d'ensemble, c'est un foisonnement, une richesse dans les histoires, toutes très différentes les unes des autres ; elles sont parfois difficiles, à lire, à comprendre, à accepter.
un recueil exigeant, qui demande une vraie disponibilité d'esprit et vers lequel je reviendrai un jour.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200

critiques presse (2)
Elbakin.net   16 avril 2013
on y retrouve et reconnaît immédiatement la patte Damasio, ses thèmes de prédilection et son style caractéristique.[...] C’est une lecture exigeante qui pousse plus à la réflexion qu’à la rêverie.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Liberation   18 juin 2012
Ses personnages, loin d’être des héros, se trouvent souvent isolés dans des sociétés hostiles, dystopiques, ou confrontés à un choix décisif.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   09 juin 2014
Nous proposons une autre mondialisation en mouvement. Plutôt que l'échange, elle aime le partage ; plutôt qu'hacheter et revendre, elle reçoit et elle donne ; plutôt que de comm'uniquer et d'informer de haut en bas, d'un point à une masse, elle é-coûte et elle parle. C'est une mondialisation de proche en proche. Alors elle n'a pour elle rien de bien spéctaculinaire, rien qu'on puisse médiattiser en tous foyers. Elle balbutie et elle chuchote, du mur en mur, de mer en mer, en kayak, en pirogue, et en barque. Elle est souvent inaudible, à force d'épars-pillements, de polyphonies, de libertés assumées des écumes. Votre cri monocrade – profit ! - passe mieux mais lassera vite. C'est que vous n'avez réussi qu'à universaliser l'identique quand nous identifions le Divers. Vous faites de la pôlitique, soit. Mais nous, nous sommes des polyticiens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
BlackWolfBlackWolf   14 juillet 2012
- Dans une société où tout ce qui n'est pas quantifiable se vend, où l'on assure la vie, s'achète une beauté, des organes, une mémoire, où l'on a privatisé à peu près tout, de la Lune au ciel d'Europe, de la mer Rouge aux fleuves et aux rues, où toute rencontre se paie, tout service humain a son prix, où les parents signent des contrats avec leur enfant où les collégiens prennent un crédit pour leurs études et licencient leurs profs, où l'on monnaie l'amour et l'intime, la santé et le temps de cerveau disponible...
- Je suis fatigué, abrège...
- Nous cherchons à ouvrir des brèches. A faire des trous dans la plaque den argent soudé aux os de nos crânes, et à les élargir, ces trous, pour qu'y passe un peu d'air, d'échange pur, de gratuité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
boudiccaboudicca   10 juin 2014
C'est un enjeu majeur pour nous : comment échapper à un cadre où tout acte laisse une trace sur une carte ? Où des banques de données, sans cesse, notent et stockent nos voix, nos pas, nos choix ? Renverser ce système ne servirait à rien : la majorité muette consent à sa sécurisation. Plus on l'isole, plus elle réclame cette enveloppe de technologies douces qui s'occupe si bien d'elle. Ma bague, mon loft, les softs. Privatiser. Médier. Séréniser ! Alleluia !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
BazaRBazaR   14 avril 2015
J'avais fini par comprendre, à force de l'écouter nuit après nuit, que le vent était un langage, qui se servait d'absolument tout pour articuler ses phonèmes: volets, vantaux et portes, feuilles froissées, charnières, drapeaux, arêtes et angles , tuyaux, tintements du fer, du bois, arbres, ponts, tout !

(nouvelle "Sam va mieux")
Commenter  J’apprécie          200
BazaRBazaR   20 février 2015
Elle relayait encore aujourd'hui une cinquantaine de messages par jour pour des phares isolés à demi opaques, des vieilles balbutiant leurs demandes au flambeau, des orphelins que personne ne livrait et qui se nourrissaient d'oiseaux, des psychopathes dont elle avait mis un an à décrypter le charabia bariolé et qui n'avaient qu'elle pour transmettre leur vision du monde à une ville qui s'en foutait comme de sa première lampe.

(nouvelle "So Phare Away")
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Videos de Alain Damasio (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Damasio
Écrivain engagé, Alain Damasio est convaincu que la science-fiction peut dire et changer le monde. Dîplomé de l’ESSEC, il atteint un succès critique et public considérable avec La Horde du Contrevent, Grand Prix de l’Imaginaire 2006. Scénariste du jeu vidéo AAA Remember Me et du projet Phonophore, une mise en voix et en sons de l’univers de son prochain roman à paraître, Les Furtifs, il est cofondateur du studio de jeu vidéo Dontnod et du studio d’arts sonores Tarabust. Président de Commission CNC depuis 2013, il a reçu le prix de la création numérique SACD 2014.
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox


Lecteurs (397) Voir plus




Quiz Voir plus

La horde du contrevent

La horde est composée de combien de personnages?

21
22
23
24

10 questions
321 lecteurs ont répondu
Thème : La Horde du Contrevent de Alain DamasioCréer un quiz sur ce livre
.. ..