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EAN : 9782070361335
656 pages
Éditeur : Gallimard (01/10/2009)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 918 notes)
Résumé :
2084
Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulguran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  26 juillet 2016
Publié initialement en 2001 (donc avant la horde du contrevent) il a fait l'objet d'une nouvelle version en 2007 (après donc), celle lu ici.

2084. Un siècle après le célèbre livre d'Orwell auquel l'auteur fait référence toute les deux pages, nous sommes à Cerclon, une démocratie manipulée sur un satellite de Saturne, mais où tous semblent heureux, protégés de tous et surtout d'eux-mêmes. Tous ? Non, la Volte, emmené par Captp, des « révoltés » de pacotille, jusqu'à ce qu'ils se réveillent et commencent à entreprendre de véritables coups contre le système. Mais là où dans une tyrannie bien identifiée, le mot d'ordre est « Ferme-là », ici, dans cette sociale-démocratie au ventre mou, c'est « cause toujours ».
Leurs actions seront-elles à la hauteur ? Les risques de récupération, de trahison,d 'inefficacité sont là.

Loin de la noirceur de mes souvenirs de 1984, le ton global est ici finalement assez optimiste et léger. Si on accepte de se faire bassiner à toutes les pages par du Deleuze, du Foucault et du Nietzsche, dans le texte ou vu et revisité par l'auteur, on peut passer un bon moment.
Mais Dieu que ce livre est mou et lent. On voit ici et là de l'action et de la flamboyance. J'y ai surtout vu beaucoup, beaucoup trop de parlottes qui pour moi, n'apportaient pas grand-chose au récit. Amputé de 200 pages, il aurait, je pense, été plus vivant.

On passera (ou pas, surtout en ce moment) sur le traitement, limite apologie du terrorisme, mais on appréciera, en tout cas, la dénonciation du traitement médiatique et de la récupération que l'on peut en faire (toujours d'actualité, d'ailleurs) ainsi que la critique assez acerbe du système de nos démocraties modernes et sondagières (autre sujet abordé assez jouissif dans le cynisme et la manipulation).

Au final, un livre au ton léger, mais pas facile à lire, assez optimiste, plus dans le style meilleur des mondes que 1984, trop long et bavard à l'extrême mais qui laisse malgré tout une bonne impression générale (une fois fini).
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boudicca
  28 août 2013
Une bonne grosse claque. Voilà ce que vous prendrez en pleine face en lisant « La Zone du Dehors ». Premier roman écrit par Alain Damasio en 1992, puis retravaillé par l'auteur il y a quelques années, l'ouvrage cherche a répondre à une question au premier abord d'une grande simplicité mais qui, au fond, relève d'une complexité abyssale : comment, aujourd'hui en Occident, se révolter ? Contre qui ? Contre quoi ? Pourquoi? En six cent pages, Damasio nous propose non pas LA réponse mais UNE réponse, inspirée des écrits de Nietzsche, Foucault ou encore Deleuze, et qui dénonce avec virulence ces belles sociétés de contrôle qui font notre fierté, celles « de codes souples et de normes poisseuses, qui désamorcent, rognent la rage, adoucissent, assouplissent, régulent et strangulent. » J'en vois déjà qui commencent à reculer en se disant : « Oulà, un auteur engagé qui nous assomme de ses idées politiques et déballe sa propagande sous couvert de science-fiction, très peu pour moi ! » Et bien détrompez-vous car « La Zone du Dehors » est tout autre chose. Contrairement à des auteurs comme Terry Goodkind, qui arrive avec ses gros sabots pour nous marteler à coups de burin dans ses romans les grands principes de sa fameuse politique objectiviste (apparemment très en vogue aux États-Unis...), Damasio a, lui, le bon goût de ne pas prendre ses lecteurs pour des imbéciles incapables d'aligner deux idées à la suite.
Le roman qu'il nous offre est ainsi infiniment complexe et demandera aux lecteurs un gros travail d'attention et de réflexion, mais qui se révélera finalement payant. L'auteur frappe dur, fort, et met le doigt là où ça fait le plus mal : sur ces systèmes et ces actions qui rythment et régulent notre quotidien sans que l'on y prête parfois même plus d'attention. Par habitude, par lassitude... « L'espèce humaine, en pays riche, est en passe de devenir invertébrée. » Voilà le triste constat ici dénoncé. La multiplication des caméras de sécurité dans les rues ; les inepties débitées chaque jour par les médias qui « conforment plus qu'ils n'informent » ; ces panneaux, affiches ou slogans infantilisant qui nous rappellent encore et encore LE « bon » comportement à adopter (« Ne pas mangez trop salé, trop gras, trop sucré. », « Pratiquez une activité physique régulière », « A consommer avec modération »)..., c'est de tout cela que veut nous faire prendre conscience Damasio qui, pour mieux marquer les esprits, force évidemment le trait par le biais de la science-fiction. L'action prend ainsi place dans une société du futur (pas si éloignée que ça, cela dit...) dite « idéale » : la ville de Cerclon, petit modèle de démocratie constituant l'une des premières colonies spatiales nées de la quasi disparition de la Terre, ravagée par la Quatrième Guerre Mondiale ayant rendu une bonne partie de la planète inhabitable.
Outre la qualité de la réflexion proposée, « La Zone du Dehors » séduit ainsi également par celle du décor imaginé par Damasio. Les rouages qui régissent le système politique de la ville de Cerclon sont notamment très bien pensés, qu'il s'agisse de la hiérarchisation des individus se traduisant en lettres qui indiquent la place exacte occupée dans la société, ou encore de la séparation radicale des espaces riches/pauvres au moyen des nouvelles technologies. Comme dans « La Horde du Contrevent », les personnages constituent également l'un des plus gros points forts du roman. Capt et ses discours idéalistes plein de fougue ; Kamio et son souci constant du respect de la morale ; Slift et son incroyable témérité..., ce n'est pas sans tristesse que l'on quitte tous ces êtres attachants dont je sais qu'ils me hanteront longtemps. Reste, pour clore cette pluie d'éloges, à mentionner le style incomparable de l'auteur qui offre à ses lecteurs des moments de pure beauté, parfois lyriques, parfois incisifs mais toujours d'une incroyable poésie. Si « La Horde du Contrevent » m'avait permis de complètement m'évader en embarquant pour un voyage extraordinaire, « La Zone du Dehors », elle, a le mérite de nous faire profondément réfléchir, non seulement sur notre société mais aussi sur nous, nos modes de vies, nos aspirations, nos petites révoltes au quotidien.
Quoi de mieux, pour finir, que les mots de l'auteur lui-même, ces mots qui, pour beaucoup, ne manqueront pas de résonner longtemps : « Déchirez la gangue qui scande « vous êtes ceci », « vous êtes cela », « vous êtes... ». Ne soyez rien : devenez sans cesse. L'intériorité est un piège. L'individu ? Une camisole. Soyez toujours pour vous-même votre dehors, le dehors de toute chose. »
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michemuche
  09 octobre 2019
> Salut michemuche tu fais quoi ce soir?
< Salut bison, ce soir je vais au vaisseau écouter boule de chat.
> C'est qui boule de chat ? une chanteuse, un groupe de rock ?
< Pfff !! nan, tu viens d'où le bison, de la planète terre ou de cerclon ?
< Dis moi bison ( coup d'oeil à droite coup d'oeil à gauche) tu serais pas une balance du président A , j'ai pas envie de me faire encuber tu comprend
> Pas de soucis michemuche je suis clean, pas de digicode sur l'ongle ou une quelconque puce identitaire, je ne suis pas clastré ni encarté.
< Bienvenue à la volte mon cher bison, ce soir il y a une réunion au vaisseau avec boule de chat, elle a connue le bosquet dans toute sa splendeur, les membres historiques de la volte : Capt, Kamio, Brihx, et Obffs, unis comme les doigts de la mains, les SUR- VOLTES
> Super michemuche, il y aura des gens connus à la réunion ?
< Oui bison du beau monde, il y a rabanne, stockard, cardabelle, casusbelli, koalas et même bouledegom et j'en oublie surement.
< Tiens bison je te donne le mot de passe sans quoi tu vas faire vitrine.
" Change l'ordre du monde plutôt que tes désirs "
< Surtout bison reste discret tu es un radieux, tu fais parti des voltes, maintenant ta vie est dans la zone du dehors, tu peux participer à la fondation d'Anarkhia 1, première polycité volutionnaire du cosmos habité !
" La maturité de l'homme, c'est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu lorsqu'on était enfant ".
Si vous avez envie de découvrir " La zone du dehors" après mon billet c'est que j'aurai accompli ma tache, ce premier roman d'Alain Damasio est une pure merveille.
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LaSalamandreNumerique
  24 mai 2019
- Hello Fils, aujourd'hui je vais te présenter un ouvrage de science-fiction contemporaine : « la zone du dehors » écrit par Damasio, un des rares écrivains français ayant une certaine notoriété. Ici c'est son premier ouvrage, sorti en 1998 et retravaillé par la suite lors de rééditions.
- Et ? Quel est le sujet ?
- Suite à une guerre sur terre, dont nous n'entendrons pas plus parler, un groupe d'hommes s'est installé sur un satellite de Saturne et a fondé Cerclon. Ils sont 7 millions au début de cette histoire. le sujet est avant tout politique au sens noble (vie de la polis). En effet cette société est démocratique au sens où chacun vote, elle offre à tout citoyen une vie confortable et la sécurité. La mobilité sociale est effective puisque tous les deux ans il y a le clastre où chacun va se voir attribuer un nouveau rang en fonction de sa productivité, de l'appréciation de son entourage et de son comportement. Ce rang est manifesté par un nom comprenant 1 lettre pour les dirigeants (A est le premier) et 5 lettres pour le bas de l'échelle sociale. de nombreuses décisions sont prises par des référendums et l'essentiel de la population est globalement satisfait de son sort.
- Par certains aspects cette société ressemble donc à la nôtre ?
- Oui, par la plupart à dire vrai puisque le but de Damasio est avant tout de critiquer avec virulence nos sociétés occidentales contemporaines.
- Qu'est ce qui lui déplaît ?
- Cet auteur, en s'inspirant de Nietzsche (ou plus exactement de Nietzsche relu par Deleuze) et de Foucault va proposer une critique radicale de nos sociétés à travers celle de Cerclon. Pour lui nos sociétés sont des sociétés de contrôle. le gouvernement mais aussi les multinationales, les technologies et les médias manipulent les individus et les opinions pour obtenir le consentement de chacun à une forme d'aliénation. L'individu devient normalisé et perd sa liberté. Il se soumet à une servitude volontaire, accepte une hiérarchie aliénante et finit anesthésié, paralysé dans une vie étriquée et triste. En ayant renoncé à une liberté effective en échange de la sécurité, d'un consumérisme de masse et d'une position sociale il finit en réalité seul et invertébré, malléable et éteint.
- Rien que cela ?! En même temps tu as dû adorer, toi qui ne cesses de critiquer l'abandon des libertés individuelles effectives, le marché de dupes qu'est le consumérisme de masse et le côté invasif et infantilisant de l'État lorsque, par exemple, il impose des étiquettes sur le tabac mais aussi sur les aliments gras. Je sais que tu revendiques le fait que chacun puisse faire ses choix et assumer ses risques en toute indépendance. Tu n'es pas non plus le dernier à dire que les sondages visent à manipuler l'opinion et que la démocratie masque souvent des rapports de forces et une grande brutalité, à déplorer l'absence d'initiative des individus et je pourrais poursuivre. Enfin je te sais passionné par Nietzsche, Deleuze voire Foucault. Damasio est donc ton auteur fétiche du moment ?
- Pas du tout ! À dire vrai j'ai lu ce livre car je n'avais pas aimé du tout « La horde du contrevent », adulé par tout un lectorat et ai aussi peu apprécié celui-ci, pour des raisons voisines.
- Ah ?
- Oui, mais j'en reviens à l'histoire dans un premier temps. Nous suivons un mouvement qui s'oppose à cette forme de consensus mou : la Volte. Il est dirigé par 5 personnes qui forment le Bosquet et que nous suivons durant tout l'ouvrage. Damasio fera d'ailleurs s'exprimer chacun, avec son style, ses préoccupations, sa voix propre durant le récit et c'est très agréable d'avoir des points de vue et un style différent selon la personne qui s'exprime. J'en profite pour dire que l'auteur a une très belle plume, un style soigné, une écriture inventive et organique. Les jeux de mots mais aussi de sonorité ou de sens sont en prime rarement gratuits et servent à rendre le propos à la fois clair et vivant. le personnage principal, car il y en a un, s'appelle Captp et enseigne la philosophie à l'université, ce qui permet à Damasio de le faire disserter et, donc, de développer ses points de vue. Différents lecteurs sont critiques quant à des passages qu'ils trouvent lents et théoriques, complexes parfois aussi, je ne suis pas de cet avis. Ils sont sans doute maladroits mais c'est une oeuvre de jeunesse et ils concourent à la clarté d'exposition de l'ensemble.
- Je comprends de moins en moins tes critiques.
- J'y arrive. Cette Volte va s'opposer aux dirigeants de Cerclon mais aussi à la population pour tenter de la secouer, de la pousser à évoluer, non à se révolter mais à pratiquer une « volition » et à vivre autrement, de façon plus libre. Pour se faire il y aura des actions de plus en plus violentes, des morts et une forme d'apologie d'actions brutales pouvant être associées à une forme de terrorisme. Même si cet ouvrage prétend réfléchir à la question cet auteur, dans la lignée de ses positionnements « anarchistes et à la gauche de toute gauche » (je cite Damasio) revendique clairement le fait que la fin justifie à peu près tous les moyens.
- Oui, tu apprécies peu cette forme de radicalité.
- C'est exact. Je considère que, si chacun doit pouvoir vivre comme il l'entend, cela vaut pour tous, justement, et que nul n'a à dire à autrui comment il doit vivre, encore moins en le tuant. La liberté individuelle peut et doit trouver d'autres voies d'expression. Mais, au-delà, je reproche à Damasio, d'avoir une lecture pauvre et caricaturale de Nietzsche, guère plus juste que celle que voulaient en avoir les nazis en leur temps. Ce philosophe défend bien par exemple la notion de surhomme ou la volonté de puissance mais il parle des idées et de la vie de l'esprit. Et il ne cache pas son mépris pour qui veut enrôler des disciples. Plus généralement les passages où Damasio expose ses idées ne valent guère plus qu'une médiocre dissertation de terminale. Vouloir en faire un écrivain intellectuel me semble abusif, au moins pour le second terme car, je le répète, il a une belle plume.
Au-delà de ce reproche quant à la maîtrise profonde des « grands noms », invoqués plus qu'évoqués, et qui ne sauraient, selon moi, servir de caution intellectuelle à ce roman je vois aussi deux autres points faibles principaux.
Le premier a été relevé par la critique de PdB et elle est que cet écrivain donne aux femmes un rôle de second plan. Elles sont en effet avant tout des objets sexuels ou des mères ou des repos du guerrier. Elles n'ont en tous les cas pas un statut équivalent à celui des hommes. C'est d'ailleurs surprenant pour cette mouvance politique, habituellement dénuée de sexisme. Dommage pour un modèle social se voulant idéal.
Le second, plus général, est que Damasio propose comme modèle alternatif à nos sociétés démocratiques, ici comme dans « La horde du contrevent » d'ailleurs, la constitution d'une micro société associant quelques individus différents et complémentaires qui luttent toujours contre un ennemi dont ils ont d'ailleurs besoin pour assurer leur cohésion. Ici c'est un pouvoir détesté, dans l'autre ouvrage c'est un vent omniprésent. Ce « modèle » repose aussi beaucoup sur la sexualité en dehors du combat, sur des amitiés et inimitiés et sur des liens sociaux forts entre un petit nombre de personnes. L'individu existe aussi avant tout dans l'acte, l'action et pas dans la réflexion. de ceci doit naître la joie, un feu, un « jouir ». C'est un peu court et donne largement l'impression que l'auteur, en réalité, peine à appréhender ce qu'il veut dénoncer à savoir les organisations collectives complexes unissant des millions d'individus et propose un retour à un modèle somme toute très proche d'une tribu idéalisée de chasseurs-cueilleurs confrontés à une nature hostile. Sans doute conscient de cette limite Damasio insiste, dans les sociétés se voulant porteuses de sens de la fin de l'ouvrage, sur l'importance de l'art, de la création, sur le fait de repousser les frontières, mais c'est peu convaincant. Son "modèle" ne semble à dire vrai pouvoir correspondre qu'à quelques mâles jeunes, avec des convictions anarchistes, un penchant pour l'action, la fête, le sexe, des relations sociales peu nombreuses et denses, affectionnant les rapports de force et l'adrénaline voire la violence et abhorrant l'autorité, le consensus et toute organisation où ils ne sont pas dominants... Cela ne fait pas une société mais représente au plus certaines aspirations d'un petit groupe de personnes. Faire société est justement réussir à faire coexister des êtres infiniment plus différents dans ce qu'ils sont mais aussi dans ce qu'ils aspirent à faire, à être, à vivre, à partager.
- Papa tu deviens bavard. Et si tu devais, pour une fois, proposer une synthèse en quelques lignes de cet ouvrage que dirais-tu ?
- Ce livre est l'oeuvre d'un individu de sexe masculin, fort jeune et marqué par un refus épidermique de la social-démocratie. Ces caractéristiques pèsent lourdement sur ce roman qui se veut une critique radicale de nos sociétés et peine à convaincre. C'est encore bien pire lorsque Damasio propose un modèle alternatif qui se voudrait à large portée ou tente de s'appuyer sur des philosophes qu'il caricature. En revanche la plume est belle et souvent inventive, les scènes d'action sont plaisantes et rythmées et l'ensemble se laisse découvrir sans déplaisir à condition de ne pas en attendre trop. Ce peut donc être une lecture agréable pour qui renonce à son esprit critique et se laisse charmer. Pour qui recherche en revanche une réelle réflexion sur ce type d'idées il faut lire Nietzsche, Deleuze Foucault mais aussi Harari ou Stiegler. le lien que j'indique pour conclure, tout en restant d'un accès facile, est bien plus concis, complet et riche qu'un ouvrage de Damasio. Ce peut être une bonne introduction pour une réflexion sur ces concepts.
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ibon
  29 mai 2016
Je n'ai jamais aimé les gens préfabriqués(*).
C'est un livre détonant, antisystème, aux idées anars, qui se situe en 2084. L'humanité s'est déplacée autour de Saturne. Et, 100 ans après celle d'Orwell, elle est toujours privée de liberté.
La zone du dehors est un endroit aux limites du périphérique où il n'y a pas de caméras. C'est là que se retrouvent les êtres épris de justice et surtout de liberté. Ce ne sont pas des êtres conformes.
Tous les habitants, que l'on forme, ont leur identité basée sur un ordre alphabétique qui résulte d'un classement annuel par des pairs. Ce classement donne des droits et des privilèges. le président s'appelle donc A et le dernier des 7 millions d'habitants quelque chose comme ZZOPIYG. Les plus mal classés vivent dans une zone radioactive. Les plus aisés ont plus d'oxygène, plus de confort et ils ont surtout le pouvoir.
Mais une opposition souterraine de dresse, commettant des attentats aveugles ... On trouvera dans ce livre alors une résonance particulière par rapport à l'actualité récente. C'est un choc de lecture. Un malaise.
J'ai cependant adhéré à la réflexion de Damasio sur la privation rampante des libertés. Rien que pour cela, il vaut le détour.
(*) extrait d'une chanson de Trust
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Citations et extraits (214) Voir plus Ajouter une citation
ArnoTArnoT   23 mai 2020
La télévision quoi ! » Putain de machine… Il n’était pas rare que le matin, elle reconnût mal ma voix. Je me crispai à répéter dix fois le même ordre sans qu’elle réagît. Ou alors, si elle réagissait, elle branchait le visiophone à la place du téléphone et je dictais le numéro de mes amis à la rue…
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ArnoTArnoT   23 mai 2020
Je pris deux pierres assez rondes et les laissai tomber sur mes pieds. Et je commençai à jongler, pied droit, pied gauche, cuisse, amorti de la poitrine avec en prime quelques ailes-de-pigeon, sous le regard intrigué de Boule. Jongler avec des cailloux était naturellement impossible en gravité terrestre, sauf à se blesser, mais dans le Dehors, c’était comme jouer avec des balles de tennis, avec en plus cette facilité de la lenteur de chute qui permettait de frimer. Boule redescendit. Malgré les cachets de gravis qu’elle avait pris, ses viscères étaient sérieusement brassés.
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ArnoTArnoT   23 mai 2020
C’est un son continu et profond, trop vivant pour être celui d’un moteur, trop heurté pour être une rivière. Quelque chose du troupeau de bêtes des reportages terriens, comme si les boulders s’étaient remis en marche du fond de la planète, fracturant la croûte lunaire – et qu’ils fonçaient vers nous en rhinocéros de pierre. Le vent a singulièrement forci et la brume part maintenant en lambeaux, éclaircissant l’espace.
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ArnoTArnoT   23 mai 2020
— Tu l’as ta liste, mon gros. Notre suspect est dedans.

— T’as vu qui sort ? Un ministre ! Notre grand patron : P ! C’est trop con, non ? Ces logiciels sont trop cons !

— Je vais montrer ça aux collègues, ils vont être sciés. P ! Y a trente gus sur sept millions qui ont à peu près la même main et il est dedans ! T’imagines ? Lancer un suivi sur P ! Tu imagines la crise ?
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ArnoTArnoT   23 mai 2020
— Salut Nevdb ! Rien mis en botte ce soir ?

— Non. Trois radieux qui longeaient la Ligne vers l’antirade, c’est tout.

— Tu les as entrés dans le Terminor ?

— Correct. J’en ai paramétré deux par le visage et j’ai codebarré l’autre. C’est en route.
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Videos de Alain Damasio (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Damasio
Dans cet épisode de Réelles fictions, le philosophe de l'urbain Thierry Paquot parle du roman d'Alain Damasio, Les Furtifs. Il aborde la ville décrite par Alain Damasio : les circulations des personnages, l'organisation politique, la périphérie. Il la compare à d'autres villes d'oeuvres de science-fiction et d'anticipation.
Réelles fictions est une série de podcasts qui présentent les cinq romans sélectionnés pour le prix Effractions. Ce prix récompense un roman qui entretient un lien fort avec le réel ; il est remis par la Bibliothèque publique d'information et la Société des Gens de Lettres pendant le festival littéraire « Effractions » en mars 2020.
Références citées dans le podcast : Richard Fleischer, Soleil vert, Metro-Goldwyn-Mayer, 1974. Jean-Luc Godard, Alphaville, Athos Films, 1965. Fritz Lang, Metropolis, Universum-Film AG, 1927. Ridley Scott, Blade Runner, The Ladd Company, 1982. Bernard Charbonneau, Vers la banlieue totale, Eterotopia, 2018. Aldous Huxley, le Meilleur des mondes, Plon, 1932. Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire, (1576), Vrin, 2014. Georges Orwell, 1984, Gallimard, 1949. Thierry Paquot, Désastres urbains : les villes meurent aussi, La Découverte, 2015. Extrait lu : Alain Damasio, Les Furtifs, pages 87 et 88 © La Volte, 2019.
Cet épisode a été préparé par Cyril Tavan. Lecture : Denis Cordazzo. Réalisation : Camille Delon et Renaud Ghys. Musique : Thomas Boulard. Merci aux éditions La Volte, à Sébastien Gaudelus, à Inès Carme et à Blandine Fauré. Ce podcast a été enregistré dans les studios du Centre Pompidou.
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