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ISBN : 2070361330
Éditeur : Gallimard (01/10/2009)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 669 notes)
Résumé :
2084
Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulguran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (89) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
  26 juillet 2016
Publié initialement en 2001 (donc avant la horde du contrevent) il a fait l'objet d'une nouvelle version en 2007 (après donc), celle lu ici.

2084. Un siècle après le célèbre livre d'Orwell auquel l'auteur fait référence toute les deux pages, nous sommes à Cerclon, une démocratie manipulée sur un satellite de Saturne, mais où tous semblent heureux, protégés de tous et surtout d'eux-mêmes. Tous ? Non, la Volte, emmené par Captp, des « révoltés » de pacotille, jusqu'à ce qu'ils se réveillent et commencent à entreprendre de véritables coups contre le système. Mais là où dans une tyrannie bien identifiée, le mot d'ordre est « Ferme-là », ici, dans cette sociale-démocratie au ventre mou, c'est « cause toujours ».
Leurs actions seront-elles à la hauteur ? Les risques de récupération, de trahison,d 'inefficacité sont là.

Loin de la noirceur de mes souvenirs de 1984, le ton global est ici finalement assez optimiste et léger. Si on accepte de se faire bassiner à toutes les pages par du Deleuze, du Foucault et du Nietzsche, dans le texte ou vu et revisité par l'auteur, on peut passer un bon moment.
Mais Dieu que ce livre est mou et lent. On voit ici et là de l'action et de la flamboyance. J'y ai surtout vu beaucoup, beaucoup trop de parlottes qui pour moi, n'apportaient pas grand-chose au récit. Amputé de 200 pages, il aurait, je pense, été plus vivant.

On passera (ou pas, surtout en ce moment) sur le traitement, limite apologie du terrorisme, mais on appréciera, en tout cas, la dénonciation du traitement médiatique et de la récupération que l'on peut en faire (toujours d'actualité, d'ailleurs) ainsi que la critique assez acerbe du système de nos démocraties modernes et sondagières (autre sujet abordé assez jouissif dans le cynisme et la manipulation).

Au final, un livre au ton léger, mais pas facile à lire, assez optimiste, plus dans le style meilleur des mondes que 1984, trop long et bavard à l'extrême mais qui laisse malgré tout une bonne impression générale (une fois fini).
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boudicca
  28 août 2013
Une bonne grosse claque. Voilà ce que vous prendrez en pleine face en lisant « La Zone du Dehors ». Premier roman écrit par Alain Damasio en 1992, puis retravaillé par l'auteur il y a quelques années, l'ouvrage cherche a répondre à une question au premier abord d'une grande simplicité mais qui, au fond, relève d'une complexité abyssale : comment, aujourd'hui en Occident, se révolter ? Contre qui ? Contre quoi ? Pourquoi? En six cent pages, Damasio nous propose non pas LA réponse mais UNE réponse, inspirée des écrits de Nietzsche, Foucault ou encore Deleuze, et qui dénonce avec virulence ces belles sociétés de contrôle qui font notre fierté, celles « de codes souples et de normes poisseuses, qui désamorcent, rognent la rage, adoucissent, assouplissent, régulent et strangulent. » J'en vois déjà qui commencent à reculer en se disant : « Oulà, un auteur engagé qui nous assomme de ses idées politiques et déballe sa propagande sous couvert de science-fiction, très peu pour moi ! » Et bien détrompez-vous car « La Zone du Dehors » est tout autre chose. Contrairement à des auteurs comme Terry Goodkind, qui arrive avec ses gros sabots pour nous marteler à coups de burin dans ses romans les grands principes de sa fameuse politique objectiviste (apparemment très en vogue aux États-Unis...), Damasio a, lui, le bon goût de ne pas prendre ses lecteurs pour des imbéciles incapables d'aligner deux idées à la suite.
Le roman qu'il nous offre est ainsi infiniment complexe et demandera aux lecteurs un gros travail d'attention et de réflexion, mais qui se révélera finalement payant. L'auteur frappe dur, fort, et met le doigt là où ça fait le plus mal : sur ces systèmes et ces actions qui rythment et régulent notre quotidien sans que l'on y prête parfois même plus d'attention. Par habitude, par lassitude... « L'espèce humaine, en pays riche, est en passe de devenir invertébrée. » Voilà le triste constat ici dénoncé. La multiplication des caméras de sécurité dans les rues ; les inepties débitées chaque jour par les médias qui « conforment plus qu'ils n'informent » ; ces panneaux, affiches ou slogans infantilisant qui nous rappellent encore et encore LE « bon » comportement à adopter (« Ne pas mangez trop salé, trop gras, trop sucré. », « Pratiquez une activité physique régulière », « A consommer avec modération »)..., c'est de tout cela que veut nous faire prendre conscience Damasio qui, pour mieux marquer les esprits, force évidemment le trait par le biais de la science-fiction. L'action prend ainsi place dans une société du futur (pas si éloignée que ça, cela dit...) dite « idéale » : la ville de Cerclon, petit modèle de démocratie constituant l'une des premières colonies spatiales nées de la quasi disparition de la Terre, ravagée par la Quatrième Guerre Mondiale ayant rendu une bonne partie de la planète inhabitable.
Outre la qualité de la réflexion proposée, « La Zone du Dehors » séduit ainsi également par celle du décor imaginé par Damasio. Les rouages qui régissent le système politique de la ville de Cerclon sont notamment très bien pensés, qu'il s'agisse de la hiérarchisation des individus se traduisant en lettres qui indiquent la place exacte occupée dans la société, ou encore de la séparation radicale des espaces riches/pauvres au moyen des nouvelles technologies. Comme dans « La Horde du Contrevent », les personnages constituent également l'un des plus gros points forts du roman. Capt et ses discours idéalistes plein de fougue ; Kamio et son souci constant du respect de la morale ; Slift et son incroyable témérité..., ce n'est pas sans tristesse que l'on quitte tous ces êtres attachants dont je sais qu'ils me hanteront longtemps. Reste, pour clore cette pluie d'éloges, à mentionner le style incomparable de l'auteur qui offre à ses lecteurs des moments de pure beauté, parfois lyriques, parfois incisifs mais toujours d'une incroyable poésie. Si « La Horde du Contrevent » m'avait permis de complètement m'évader en embarquant pour un voyage extraordinaire, « La Zone du Dehors », elle, a le mérite de nous faire profondément réfléchir, non seulement sur notre société mais aussi sur nous, nos modes de vies, nos aspirations, nos petites révoltes au quotidien.
Quoi de mieux, pour finir, que les mots de l'auteur lui-même, ces mots qui, pour beaucoup, ne manqueront pas de résonner longtemps : « Déchirez la gangue qui scande « vous êtes ceci », « vous êtes cela », « vous êtes... ». Ne soyez rien : devenez sans cesse. L'intériorité est un piège. L'individu ? Une camisole. Soyez toujours pour vous-même votre dehors, le dehors de toute chose. »
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ibon
  29 mai 2016
Je n'ai jamais aimé les gens préfabriqués(*).
C'est un livre détonant, antisystème, aux idées anars, qui se situe en 2084. L'humanité s'est déplacée autour de Saturne. Et, 100 ans après celle d'Orwell, elle est toujours privée de liberté.
La zone du dehors est un endroit aux limites du périphérique où il n'y a pas de caméras. C'est là que se retrouvent les êtres épris de justice et surtout de liberté. Ce ne sont pas des êtres conformes.
Tous les habitants, que l'on forme, ont leur identité basée sur un ordre alphabétique qui résulte d'un classement annuel par des pairs. Ce classement donne des droits et des privilèges. le président s'appelle donc A et le dernier des 7 millions d'habitants quelque chose comme ZZOPIYG. Les plus mal classés vivent dans une zone radioactive. Les plus aisés ont plus d'oxygène, plus de confort et ils ont surtout le pouvoir.
Mais une opposition souterraine de dresse, commettant des attentats aveugles ... On trouvera dans ce livre alors une résonance particulière par rapport à l'actualité récente. C'est un choc de lecture. Un malaise.
J'ai cependant adhéré à la réflexion de Damasio sur la privation rampante des libertés. Rien que pour cela, il vaut le détour.
(*) extrait d'une chanson de Trust
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solasub
  19 janvier 2012
Lecture de pleine nuit jusqu'à ce que la fatigue l'emporte à 6h du matin, lecture sidérante et dévorante, lecture de rage, happée, captivée... Lecture de veille, de réveil, dans tous les sens du terme.
Après le bouleversement de la Horde du contrevent, je repoussais celle-ci, craignant la fin de l'idylle, la déception, le désamour qui parfois nous éloignent, irrémédiablement, d'un auteur adoré ; heureusement, il n'en fut rien.
Les hommes de la Volte sont-ils les enfants ou les ancêtres de ceux de la Horde? Ils sont en tout cas leurs frères, frères surhumains que Nietzsche, dont la flamme court tout au long cette dystopie, appelait de ses voeux, frères trop humains où chacun se reconnaîtra, interrogeant ses failles, ses fulgurances, ce qui fonde son humanité : "Aucun destin n'est inéluctable, l'arborescence des possibles nous tisse le sang aux poignets".
Interrogeant aussi, et c'est une différence majeure avec La Horde du Contrevent, notre société post-moderne et son devenir, la tyrannie de nos démocraties molles qui endorment nos révoltes ( "nous n'avons jamais été aussi proches de ce que j'estime être le summum du pouvoir : une aliénation optimum sous les apparences d'une liberté totale"), la frontière fragile qui transforme la résistance en terrorisme, la tension entre morale et liberté, idéal et efficacité, la volonté de puissance.
Ce n'est pas un livre qui se donne facilement, ni qui se donne à tous. La lecture est ardue, lecture de combat qui se heurte à la chair incomparable d'une écriture ambitieuse, et doit la saisir, s'y heurter, l'escalader, s'y éprouver :
"Un! L'homme en vie, vitaliste, aux aguets
tout en explosion, frication,
ressenti, éprouve et épreuve."
Roman de paroles, de circulation de la parole, à l'image des concertos des Voltés, c'est aussi un roman d'action et de tension dramatique, de suspens efficace, de lutte armée, de trahison, de résistance.
L'univers est somptueux, on y retrouve les éléments chers à Damasio qui construisent aussi celui de la Horde : la matérialité et l'énergie, la métamorphose, l'élan et la friction, à travers un langue qui sans cesse elle aussi se transforme, éprouve ses limites, les dépasse, expérimente, saisit et dynamite, s'y frotte, explose; la langue d'un poète tout autant que celle d'un romancier :
"Leur voix articulait de la roche et du sable, et dans leur frottement sourd montaient des animaux mythiques, méduses s'immisçant flottantes à travers les rideaux d'ammoniac ou tigres pourpres entraperçus dans les brumes du Dehors [...]"
"Change l'ordre du monde... plutôt que tes désirs... Tes désirs sont désordres..."


Lien : http://solasubnocte.blogspot..
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bilodoh
  28 janvier 2019
Science-fiction à saveur philosophique sur un satellite de Saturne.

Après des catastrophes et des guerres terriennes, des populations ont trouvé refuge à Cerclon, une ville où tout est bien réglé. Les gens sont évalués annuellement et, selon leur performance, on leur donne un nouveau nom. le président aura la lettre A et les derniers auront un nom de cinq lettres commençant par QZ.

Le héros possède un nom à quatre lettres, CAPT, qui lui valent le surnom de capitaine. Il fait partie des meneurs de la Volte, un groupe qui veut un changement social. On ne cherche pas la Ré-volution, ni même l'È-volution, seulement la « volution », le mouvement. On veut sortir du cadre, avoir la liberté d'explorer la zone du dehors, bouger, créer et jouir de la vie. Mais le système résiste et les affrontements sont inévitables…
CAPT est aussi un professeur d'université, il aime le discours et la réflexion philosophique. Il abreuve donc généreusement le lecteur de longues pages de ses enseignements. C'est un peu lassant à mon avis et c'est bien dommage, car ce monde inventé par Damasio est complexe, cohérent et foisonnant d'imagination. de plus, l'écriture est de qualité et l'histoire, pleine de rebondissements.

Un excellent roman, si on lui pardonne ses quelques longueurs.
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Citations et extraits (160) Voir plus Ajouter une citation
fnitterfnitter   02 août 2016
Le pouvoir n'est pas une substance ou un fluide magique que le Président, qu'une classe ou un appareil d’État posséderait en propre comme une chose. Personne ne peut vraiment dire ce qu'est le pouvoir en démocratie car le pouvoir est essentiellement... multiple... diffus, il s'exerce avant de se posséder... Mais il ne s'exerce que dans des rapports complexes et entrelacés, au sein d'un écheveau de lignes qui se coupent ou se nouent étroitement : médias, religions, multiplanétaires... syndicats, groupe de pression... peuple... président même... Si vous cherchez LE Pouvoir, vous ne ne le trouverez jamais, parce qu'il est partout.
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boudiccaboudicca   27 août 2013
-Vous savez au moins qu'il vous faut tenir compte des médias, et puis, de temps à autre, de ce que disent et pensent effectivement les gens. Enfin, de ce qu'on leur permet de dire sur une grille préétablie de sondage et de penser à partir du vomi culturel que vous servez pour soupe chaude à leur appétit de comprendre.
-Vous forcez le trait.
-Je ne le force pas, je le décoche. Où en est l'éducation du peuple aujourd'hui ? Qu'en avez-vous donc fait ? Y en a t-il encore en stock ? Je vais vous le dire : vous ne cherchez plus à élever des hommes, mais à former des câbles supraconductifs pour votre réseau informatique – appelez-le ville, appelez-le société ! La formation permanente, voilà votre première et dernière ambition. A l'école, au bureau, sur les trottoirs, devant la télé : former ! Toujours former ! Former les corps ! Former les cervelles comme des noyaux durs ! Pour y graver dessus vos modèles mortuaires et vos mots d'ordre ! 
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fnitterfnitter   28 juillet 2016
- De quel droit me répondez-vous ainsi!
- De quel droit ? D'aucun droit, madame. Je ne parle ni n'insulte au nom d'un droit. Je refuse le droit, tous les droits. Les droits, on finit toujours par en faire une machine à produire de l'inégalité. Quand quelqu'un me dit : J'ai le droit de..., je sais qu'il va dans la minute m'interdire quelque chose. Qu'il va me forcer à ... au nom de... Regardez le droit de propriété, ce qu'on a fait en son nom...
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boudiccaboudicca   24 décembre 2013
Quelques coups de pédales plus loin, je me trouvai au pied de l'antirade. Je souris à la vue du panneau qui indiquait « Sentier pédestre de l'antirade. Déconseillé aux vélos dépourvus de système électronique de freinage et de recycleur de boue. Les personnes souffrant de difficultés pulmonaires ou cardiaques, insuffisamment ou peu entraînées, doivent entreprendre l'ascension avec la plus grande prudence et ne pas hésiter à faire de fréquentes haltes afin de ménager leur organisme. Des sanitaires sont disposés à intervalles réguliers dans la pente pour assurer une hygiène optimale des promeneurs. » J'adorais ce panneau. Il était tellement emblématique de notre société. Tout y était : infantilisation des gens, conseils moraux, définitions de conformité et de non-conformités physique, normes implicites de civilité à respecter, prévention, hygiénisme... Un vrai programme de gouvernement... des âmes.
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boudiccaboudicca   11 août 2013
On méconnaît de beaucoup la puissance de la télévision. On la croit forte par ses séries, ses magazines et les modèles qu'elle imprime, fait circuler et met en boucle. On sait qu'elle conforme plus qu'elle n'informe. On voit bien qu'elle normalise les modes de vie plus efficacement que ne le fera jamais aucun pouvoir étatique. Qu'elle est par là le plus sûr garant de la cohésion sociale. Tout cela est vrai. Mais on fait semblant d'oublier la matière. Ce qui concrètement se passe : des êtres isolés sont assis, immobiles, les yeux fixés sur des points lumineux en balayage constant, lumière atténuée, maintien de l'excitation auditive à un niveau relativement égal, monotonie qui centre l'attention consciente sur le peu d'influx qui reste. Voilà ce qu'est la télé. Peu importe la qualité des émissions ou toute critique de contenu !
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Vidéo de Alain Damasio
Écrivain engagé, Alain Damasio est convaincu que la science-fiction peut dire et changer le monde. Dîplomé de l’ESSEC, il atteint un succès critique et public considérable avec La Horde du Contrevent, Grand Prix de l’Imaginaire 2006. Scénariste du jeu vidéo AAA Remember Me et du projet Phonophore, une mise en voix et en sons de l’univers de son prochain roman à paraître, Les Furtifs, il est cofondateur du studio de jeu vidéo Dontnod et du studio d’arts sonores Tarabust. Président de Commission CNC depuis 2013, il a reçu le prix de la création numérique SACD 2014.
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