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ISBN : 2266129899
Éditeur : Pocket (06/02/2003)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Nous les côtoyons tous les jours. Souvent ils sont ivres et peinent à mendier. Ils sentent mauvais, vocifèrent et font un peu peur. Nos regards se détournent. Qui sont Ces marginaux aux visages ravagés ? Des exclus ? Des pauvres ? Ce sont les Clochards. Fous d'exclusion. Fous de pauvreté. Fous d'alcool. Et victimes surtout. De la société et de Ses lois. Du marché du travail et de ses contraintes. Mais au-delà, c'est contre la vie même qu'ils se révoltent. C'est elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Drych
  02 novembre 2017
Un livre bouleversant sur le monde des SDF. L'auteur y retranscrit son expérience au milieu d'eux en qualité de psychanalyste et ethnologue, entre 1982 et 1997. le ton est donné dès l'introduction. La suite est une compilation de tranches de vie aussi accablantes les unes que les autres, entrecoupées d'expériences personnelles de l'auteur, et suivies de son analyse théorique, es qualité de philosophe, anthropologue et psychanalyste. J'ai cependant l'impression de lire ce livre, privilégiant le lien avec la psychiatrie pour ces clochards de l'époque, un peu tard. Depuis, les choses ont changé, avec notamment une proportion de migrants beaucoup plus importante. Je présents qu'un bilan aujourd'hui serait différent mais certainement aussi accablant et termine cette lecture, un peu rapidement, frustré d'un bilan plus actuel.
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maltese
  30 septembre 2010
Un livre simplement bouleversant qui raconte le monde des clochards.
Patrick Declerck nous livre son témoignage dans cet ouvrage tout autant essai que "carnet de route", et qui lui servira de thèse pour son doctorat.
L'auteur divise le livre en deux grandes parties: "Routes" tout d'abord qui raconte le terrain et l'expérience de Patrick Declerck, et "Cartes" ensuite qui prend un caractère plus théorique et clinique.
Declerck a, à plusieurs reprises, revêtu "l'habit" du clochard pour pouvoir s'immerger dans ce monde à part, cette marge de l'humanité.
En tant que psychanaliste et ethnologue, il tente de démontrer que la clochardisation est en partie liée à des troubles psychiatriques, une difficulté à appréhender le monde.
Un livre d'une grande humanité qui n'apporte pas forcément de réponses définitives et souligne toutes les carences du "système", l'absence de considération des pouvoirs publiques...
On ne sort certainement pas indemne de la lecture des "Naufragés".
Il serait par ailleurs intéressant de savoir quels visages revêt ce monde de la rue aujourd'hui.
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cecilestmartin
  16 septembre 2014
Un livre inoubliable car nourri de l'expérience de l'auteur, de ses rencontres en tant que clinicien mais pas que puisqu'il s'est aussi laissé "embarquer" par le SAMU social, se faisant passer pour un errant et amener dans un lieu d'accueil. Cette expérience, dont il n'est pas sorti indemne (on "bascule" vite...), lui permet de dégager des axes de réflexion et de travail très pertinents. Il peut ainsi questionner avec une grande pertinence la notion de projet (logement, emploi, etc.) pour des populations dont le souci est de savoir comment subsister la nuit d'après, c'est à dire qui vivent une perpétuelle immédiateté.
A lire, à méditer, à ne jamais oublier l'histoire de Raymond, un SDF pour qui les travailleurs sociaux avaient fait beaucoup de projet...
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lorettelaure
  04 novembre 2018
Un livre vivant et passionnant qui nous plonge dans les bas-fonds sans pour autant nous lasser. On ne s'ennuie jamais et l'humour de l'auteur nous fait passer la pilule. Cependant, Patrick Declerck est psychiatre, et si la grille utilisée nous livre certaines clefs importantes ( les clochards boivent pour éviter la rumination, c'est-à-dire, le souvenir obsédant d'un traumatisme), elle en biaise parfois d'autres. Les clochards, nous dit l'auteur, sont masochistes. Alors que le personnel de Nanterre leur a précautionneusement rangé les papiers dans une armoire, papiers qui leur permettent d'obtenir des aides, la moitié d'entre eux les réclame avant de partir pour une beuverie, … et les perdent systématiquement ! Quel masochisme en effet ! Sauf …. que des papiers, ça se vend ! Les clochards vivent au jour le jour, drogués par l'alcool. On sait bien que n'importe quel drogué fera tout pour se procurer sa came sans songer au lendemain. de plus l'auteur s'interroge sur le fait que ces personnes ne rentrent pas dans le cadre, même si on voit dans leurs discours les raisons qu'ils invoquent. Patrick Declerck laisse ces arguments de côté. La vie asservissante d'un travailleur en usine qui les saoule ne semble pas un argument suffisant à l'auteur pour vouloir lâcher prise et s'envoler avec les potes vers le sentiment de liberté que doit leur provoquer leurs envols vers la folie des déliriums trémens…. assourdissants, anesthésiants…. Portes d'un lent suicide inconscient !
Les psy s'interrogent toujours sur le pourquoi ne rentre-t-on pas dans le moule ? Jamais il ne leur vient à l'esprit, certainement du fait de leur condition sociale et de leur formation, de se demander pourquoi la plupart des gens rentrent-ils dans ce moule. Comment s'y prennent-ils ? Quelle est le mode d'éducation qui est parvenu à les formater à ce point ? Comment parviennent-ils, durant toute une vie à se lever contre-nature, à manger sans tenir compte de leurs besoins originels, à travailler sans plaisir pour l'enrichissement d'un autre …. Payer leurs taxes, leurs frais de voitures … etc… juste pour pouvoir travailler ! le travail n'est pas un loisir ! Mais il n'est pas de bon ton de l'avouer. On préfère le nier, c'est mieux vu. Les classes « bien pensantes » ont tendance à l'ignorer, parce que certains métiers sont passionnants … mais ceux-ci sont bien-sûr réservés à l' « élite ».
Les clochards ont très peu été éduqués, et de ce fait, deviennent inaptes à accepter leur condition et leur futur. Ils ont tenté d'y croire, de se battre, de travailler, puis un jour, ils ont renoncé. L'abus d'alcool, de drogue ou de folie ont fait le reste !
L'auteur avance que la pauvreté rend les gens méchants. Pour moi c'est un raccourci qui ignore les effets de l'alcool et de la destruction du cerveau qu'il engendre, d'une part, et celle issue des traumatismes. Pour moi, la violence subie, le sentiment d'injustice et l'impression d'être dans une voie sans issue mêlés aux conséquences des drogues et de l'insécurité sont les souffrances qui engendrent la violence. Combien de peuples pauvres sont d'une gentillesse remarquable ? Dire que les pauvres sont méchants n'arrangerait-elle pas les classes favorisées ?
Hormis ces quelques critiques que je me suis autorisées, j'ai apprécié cette démarche.
Qui ne s'est jamais posé la question de la clochardisation dans un pays où les aides sociales sont particulièrement développées ? Les naufragés sont une tentative de réponse à cette question, une trace du passage sur terre de ces laissés pour compte.
L'auteur a raison. Non, il n'y a pas de solution pour ces pauvres gens, les dés sont jetés depuis trop longtemps, peut-être même avant leur naissance, dit-il, dans le ventre de leur mère qui buvait elle-même, pour certaines d'entre elles au moins.
Et c'est tout ce désespoir que leur histoire peut nous transmettre…. Celui de leur vie, leur passé, leurs projets qu'ils n'ont pas, le cadre dans lequel ils sont nés, celui dans lequel ils sont sûrs de mourir, quoi qu'il arrive. le destin.
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marsouche
  25 avril 2014
Quel livre bouleversant! L'auteur nous fait plonger (c'est le bon mot) dans le mot des "clochards". Après de nombreux témoignages, l'auteur se livre à analyse approfondie du "fait". Très prenant, ce livre permet de voir le monde encore plus différemment....
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde   06 octobre 2015
C'est qu'au soleil noir de la mort, la science objectivante apparaît comme une chose bien petite et quelque peu dérisoire. « Un divertissement », disait Pascal. Dans ces cas-là, une façon surtout de se pencher, myope, au pieds des arbres pour ne pas percevoir la menace qui sourd de la forêt profonde. La rumeur des forces obscures et des monstres de la nuit. Et c'est en cela justement qu'ils se révèlent fascinants et précieux, ces clochards, zèbres inouïs, effarants professeurs du négatif. C'est en cela qu'ils ont, par-delà leurs silences, des choses à nous apprendre. C'est pour cela que je suis resté si longtemps à les regarder, à les humer, à les écouter. C'est pour cela qu'il est des soirs, maintenant que je les ai quittés, où ils me manquent un peu.
Ils ont, en effet, cette hautaine noblesse de ne plus faire de phrases. De ne plus croire – tout dans leurs comportements le montre – au progrès, aux lendemains chantants des efforts collectifs, à l'avenir de l'homme. De ne plus croire en rien d'autre, au fond, qu'au néant et à la mort. C'est là toute la religion qu'ils ont et ils n'en veulent pas d'autres. Sombre grandeur. Nous ne sommes pas si nombreux, nous les hommes, à pouvoir vivre sans espoir.
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art-bsurdeart-bsurde   14 septembre 2015
Cette dimension du regard renvoie elle-même à un thème classique du discours de la société vis-à-vis de la population de la rue : c'est celui du propre et du sale. Les SDF, déchets du corps social, en sont la souillure et en maculent l'espace. Face à ce fléau hybride véhiculant un composé d'angoisse sécuritaire et d'inconvenance esthétique, il importe de « nettoyer » l'espace, en déplaçant les SDF vers un ailleurs socialement, sinon géographiquement, lointain. Leur seule vue est importune. Il faut les soustraire au regard qui, dans un espace assaini, ne doit, in fine, ne plus rien rencontrer d'autre que lui-même dans une perspective sans tâches, c'est-à-dire vide, c'est-à-dire morte. On se rapproche dangereusement là de l'imaginaire sinistre de Nacht und Nebel. Cette nuit et ce brouillard, cet indifférencié dans lequel devaient définitivement se perdre les ennemis raciaux du Reich. Cette problématique constitue le pendant contre-transférentiel et scopique de la dimension anale de la grande désocialisation dont on explorait au précédent chapitre les dimensions. Les clochards souffrent de troubles liés à la forclusion anale et font naître en nous, qui les côtoyons, des angoisses correspondantes. A la souillure qu'ils mettent en scène, aux malaises olfactifs et visuels qu'ils induisent en nous, répond notre désir rédempteur de propreté.
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ziggypopziggypop   15 novembre 2011
Mais que faire si tout cela ne sert à rien ? Que faire si d'aucuns ne s'améliorent pas ? Que faire si certains soignés malgré tout, à travers tout, restent pareils à eux-même et lentement meurent sous nos yeux ? Et bien, au moins, aura-t-on réussi à alléger leurs souffrances en évitant de monnayer les soins que nous leur prodiguons, en les obligeant à se confronter à des obligations de normalisation qui les dépassent et qui les blessent (...) Et permettons au moins à ces fous partis trop loin de nous pour pouvoir revenir de trouver asile et paix, aux marges d'une société dont ils sont le pauvre négatif épuisé.
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SeïlaSeïla   17 décembre 2011
Clochard, exclus, nouveaux pauvres, marginaux, mendiants…Qui sont-ils ces êtres étranges aux visages ravagés ? Ces exilés qui nous côtoient, qui dérangent notre regard et suscitent nos fantasmes. Des fainéants ? Des réfractaires ? Ou des philosophes ? Révoltés, anarchistes, intellectuels parfois, faux mendiants souvent ? Les mythes ont la vie dure. On parle de choix, on cherche du côté de la volonté. On se construit une métaphysique du dynamisme et du découragement. Si bien qu’on en vient doucement – et c’était le but- à banaliser l’horreur, à annuler l’angoisse.
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ziggypopziggypop   15 novembre 2011
Il est une nécessité éthique fondamentale à ce que la société permette aux fous d'exister et de trouver protection et abri, sans contrepartie et sans espoir de devenir un jour autres que ce qu'ils sont. Il importe à la société d'accueillir décemment, humainement et respectueusement les fous qu'elle engendre (...) Il ne s'agit plus de donner pour faire changer l'autre mais uniquement de donner pour répondre à ses besoins propres.
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