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ISBN : 2070781100
Éditeur : Gallimard (24/01/2008)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Hanté par sa maladie, l'auteur de «Garanti sans moraline» signe un premier roman à l'humour noir. Très noir... Dans ce roman où de nombreuses pages sont comme les mouettes de Zuydcoote à Ostende, libres et rieuses, Declerck embarque Socrate, en contrepoint de Cornélius. Entre deux journées de Cornélius, on rend une petite visite au philosophe, dans sa prison. Et il n'est pas si faraud, quand la ciguë approche. La vertu se déballonne au pied du réel. L'Homme, cette g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Chouchane
  26 mai 2014
Voilà un auteur qui a du coffre : il écrit bien, il a de la matière mais... il est super angoissé. du coup, nous voilà embarqué dans ses peurs, ses colères, ses déprimes et au bout de la 100 ième pages, on n'a qu'une envie, de faire, comme dans l'exergue : "foutre le camp ! il faut foutre le camp !" Léon Tolstoï à Astapovo. Pourquoi ? parce que c'est super angoissant.
Ce roman presque autobiographique raconte la maladie et la mort de Cornélius. Alternant des chapitres sur le suicide de Socrate et ses souvenirs Cornélius nous file le cafard. Car il va mal Cornélius, il s'accroche à la philosophie et à la psychanalyse pour faire face mais faut avouer que ça tourne en rond dans sa tête "toujours, dans ce cimetière, entre les pensées mortes, aveugles à elles-mêmes, la conscience errante se cherche". Il essaie l'humour mais il est noir et quand entre deux giclées d'urine pleine de sang on passe à table on en fait une indigestion "en entrée, il y a le choix entre le pâté grand mère, crudité, charcuteries corses. En plat : tête de veau sauce gribiche, rognons moutarde, entrecôte béarnaise". le récit est adressé à la fille de Cornélius car le pompon c'est qu'en plus d'avoir un cancer inopérable au cerveau, notre héro est en froid avec son unique rejeton. Côté sexe c'est pas mieux et puis au fil des pages, les maux de tête, la vue qui se trouble, les symptômes, la solitude, la déprime... C'est désespéré mais enfin j'aurais pu m'en douter vu que ça commence "je suis mort le 5 août 2005, à 8h47". Bon je rassure le lecteur de cette chronique, Declerck bien qu'effectivement atteint d'un cancer inopérable est encore bien vivant et ça c'est la seule bonne nouvelle du roman. L'auteur est vivant !
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Apoapo
  06 février 2016
Le monologue de Cornélius van Zandt, écrivain de cinquante-trois ans, commence par le pressentiment de sa mort, se déroule tout au long de la manifestation et de la progression de sa tumeur cérébrale, et s'achève par son passage à l'acte suicidaire par coup de feu.
La narration du sujet à la première personne constitue autant une sorte de bilan nihiliste de son existence, dans la noirceur de la plus extrême désespérance, que sa préparation au suicide. Elle est sans cesse interrompue alternativement par deux narrations parallèles au "tu" : l'une s'adresse à Socrate, dont une relecture fort originale mais bien littérale des textes platoniciens et autres permet à l'auteur de reconstituer la dernière nuit de vie, entre la sentence de mort et l'absorption de la ciguë, et de livrer du grand philosophe une image complètement contemporaine, anti-éthique anti-héroïque plutôt nietzschéenne, dans toute sa parenté complice avec le narrateur. L'autre narration à la deuxième personne est un message de dédicace de sa vie et de ce récit adressé à la fille de Cornélius, avec qui il n'a jamais vécu et dont la croissance abandonnique n'a qu'épisodiquement rencontré le père, fatalement dans l'échec.
Ce récit trempe et submerge dans l'abjection absolue. La misanthropie, plus particulièrement la misogynie systématique, le blasphème, l'érotomanie obsessionnelle, le racisme, la haine de soi et de la vie y sont omniprésents. Seul soupirail d'issue, seul espoir de tangence : certains passages adressés à la fille.
Mais là justement s'est opéré en moi, lecteur, le déclic de la mise à distance : il s'agit toujours de la constante fiction romanesque ; et le critère ultime réside dans l'efficacité du leurre de la vraisemblance d'êtres et de sentiments fictifs.
De ce point de vue-là, ce roman est une réussite magistrale. Il parvient à imprégner le lecteur et à lui provoquer des crampes d'estomac et toutes sortes de symptômes psychosomatiques délétères... En même temps, tout en devinant dès le début l'issue du récit, il est saisi de cette morbide impatience qui lui fait répéter, avec Cornélius :
"Crève, que je me dis. Mais crève, salope! Qu'est-ce que t'attends, pourriture? Décérébrée ordure! Crève. Mais crève donc!
Oui, la rage est une bonne amie..." (p. 301)
Deux mots sur l'auteur. Psychanalyste membre de la SPP, il est connu surtout pour l'étonnant exploit d'avoir partagé pendant des années la vie des SDF en en ayant retiré un essai, Les naufragés, et un pamphlet, le sang nouveau est arrivé (que j'avais lu).
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zelig
  10 avril 2011
Ronchon. Mal embouché, Acariâtre. Phallocrate. Misogyne. Mal luné. Enervé. Père qui s'ignore. Cornelius van Zandt, c'est un peu tout ça lorsqu'il annonce dès la première ligne du roman de Patrick Declerck : « Je suis mort le 5 août 2005, à 8h47 exactement. Je le sais parce que j'ai regardé ma montre ». Roman ? Pas si sûr lorsque l'on sait que l'auteur de ces deux phrases est lui aussi atteint du même mal : une tumeur au cerveau. Alors, dans le foisonnement du mal-être, dans cette vie où est suspendue au dessus de la tête du narrateur cette épée de Damoclès, la mort à l'affût, on découvre un homme souvent bourru, parfois rustre, épicurien, observateur en coin de sa propre vie ; ses regrets, ses espoirs, ses envies qu'il ne se sent plus le droit d'avoir face à un horizon d'avenir trop étriqué pour que sa carcasse imposante s'immisce dans la vie. La vraie...

Lien : http://lirevoirentendre.blog..
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Mouna
  12 décembre 2008
Cornelius van Zandt a la cinquantaine, il est misogyne, misanthrope, il nous irrite, et puis voila, il a une tumeur. Il vitupère alors, avec un humour cinglant à la Desproges, le style en plus, sur les petites et grandes choses de la vie, et sur la mort.
Un roman cru détonnant, un héros qui rentre dans le lard, mais qu'on aime un peu, finalement, et puis Socrate en guest star, à ses dernières heures qui comme notre homme choit.
Lien : http://ranatoad.blogspot.com
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lchappert
  02 mars 2014
Décroché à la page 50...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
MounaMouna   12 décembre 2008
'Je suis mort le 5 août 2005, à 8h47 exactement. Je le sais parce que j'ai regardé ma montre. J'étais dans mon lit. Mon chien, de toute sa longueur, était allongé contre mon côté droit. Les chiens aiment dormir dans la chaleur tendre de ceux qui les aiment. Ça les rassure. C'est toujours un peu inquiet, un vivant.'
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Vidéo de Patrick Declerck
Patrick Declerck - Démons me turlupinant .Patrick Declerck vous présente son ouvrage "Démons me turlupinant" aux éditions Gallimard.http://www.mollat.com/livres/patrick-declerck-demons-turlupinant-9782070128297.htmlNotes de Musique : Boccherini en Boadilla - 2 - Trio opus 14
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