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EAN : 9782072788864
112 pages
Éditeur : Gallimard (12/04/2018)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Contrairement à Velazquez, son contemporain du Siècle d'or espagnol, Zurbarán a surtout peint des saints et des saintes. Les premiers sont célèbres, les secondes beaucoup moins. L'auteur n'a d'yeux que pour elles.
D'abord pour la façon riche et mondaine dont le peintre les a habillées. Les robes qu'elles portent sont à mille lieues de leur condition. Au fait, qui étaient-elles ces oubliées?
À travers une quinzaine de tableaux choisis dans les musées ou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Fleitour
  11 août 2018
Lui tissait avec des pinceaux. "devant les créations de l'un et de l'autre ont se dit que l'étoffe elle même a eu l'idée de la forme et, réciproquement, que la forme a choisi l'étoffe", écrit Florence Delay page 103. Elle parlait de Zurbaran, comme elle aurait écrit dans les drapés de Balenciaga.
Deux géants sont réunis par les mots de Florence Delay pour un surprenant hommage à la Haute Couture, l'un né en 1598, l'autre Balenciaga est né en 1895 à Getaria. Zurbaran par la magie de son inspiration et de son art, a dessiné des toiles, qui clandestinement s'invitent aux défilés du grand couturier, comme les dessins préparatoires aux collections récentes.
Ma découverte de Zurbaran date de l'exposition qui lui fut consacrée au Grand Palais en 1988. ce fut un choc émotionnel, son art de la nature morte est devenu pour moi la référence, l'Everest, l'ultime beauté de ce que les Anglais nomment "Still Alive", toujours vivant.
L'autre indicible grâce de Zurbaran se cache dans ses drapés, capables d'exprimer le chagrin, la douleur ou l'allégresse, suggérées d'une simple touche, presque banale, couchée entre les ombres et l'éclatant.
Ma seconde rencontre avec Zurbaran eu lieu en 2006 à Fuente de Cantos, ce petit bourg d'Extamadure où il est né. Figurent dans cette très modeste demeure que l'on peut visiter, posés sur une table ses éternels citrons.

Florence Delay comblent un vide, comme un pont, nous franchissons l'univers de Zurbaran pour nous projeter vers Balenciaga, le miracle de le Haute Couture. Ce jeune créateur, est devenu une icône pour les autres maisons. Christian Dior affirmait, page 100 : "La haute couture est un grand orchestre que seul Balenciaga sait diriger, tous les autres créateurs que nous sommes, suivons simplement ses indications."
En réalisant l'hommage à Balencilaga, c'est la magie de la création et sans doute l'énigme Zurbaran qui gifle nos sens et nos pauvres écrits pour rendre compte de la magnificence de ses robes, toutes portées par des saintes qui ne les auront embellies que pour aller au ciel.

L'idée d'éphémères splendeurs est la géniale révérence finale du peintre totalement transfiguré par la foi.
Comme St François, page 97: "vierges ou mariées, elles ont couru jeunes, ardentes, comme insouciantes de la mort physique,vers l'autre vie à laquelle elles croyaient et à laquelle croyait leur peintre. "
Les « jeunes saintes » apparaissent à nos yeux sous d'audacieuses robes rehaussées de capes, de pourpoints, de basquines, de brocarts, ou d'une simple chemisette brodées, les plus belles sont les plus discrètes, les associations de pastels les plus subtiles, roses, menthes, raisins, comme si la richesse devait se faire douce pour la beauté singulière d'Apolline.
Ayant la sûreté des choses délicates:
La soie et le gazar, le taffetas, l'escot
Qui chantent les transports de la chair et du mot.

Ce génie subtil et longtemps oublié, offre une exceptionnelle entrée dans le domaine du beau, le récit de Florence Delay révèle la profonde symbiose des modèles, avec leur propre parure éphémère, une transfiguration de leur vie déclinée au plus éternel de la féminité.

Celui qui a du affronter la perte de ses enfants, de ses deux épouses, nous laisse pantois devant le pauvre inventaire, reçu par sa veuve, de ce génie sans chevalerie ni orgueil.

L' essentiel est encore à accomplir, revoir ces deux géants, et avoir avec soi ce livret Zurbaran, partir en pèlerinage, aux sources de ses compositions, et tomber sous le charme amoureux de ces beautés célestes, Marguerite, Agathe, Lucie , juste et Rufine...
à la recherche du mystère Balenciaga."
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afriqueah
  12 juillet 2020
Dans un grand couloir du Musée des Beaux Arts de Séville, s'alignent des tableaux colorés de saintes peintes par Zurbaran. Vert émeraude, « rose opalescent, étole entre menthe et réséda, » bleu céleste, rouge cerise, pierres précieuses, galon d'or, sacs brodés, ceintures recherchées, capes en soie…..toutes colorées, alors que, le souligne Florence Delay dans « Haute couture », les moines sont toujours vêtus de blanc chez Zurbaran.
Les saintes sont calmes, plaisantes, tranquilles, alors qu'elles viennent toutes de subir les tortures les plus abominables. Si l'on s'approche, ou si on lit cet excellent livre, on s'aperçoit que Catherine d'Alexandrie porte une roue dentée et une épée démesurée, Sainte Marine* un bâton avec crochet qui lui a déchiré les chairs et derrière Sainte Marguerite d'Antioche se cache un diable : elles portent les instruments de leur supplice comme si l'après supplice, le retour vers Dieu débouchait sur une immense paix.
« l'équilibre du tableau tient… au déséquilibre entre douleur et douceur, oubli et promesse. La tenaille, détail oublié de la cruauté terrestre, la palme, sortie du jour céleste. Jamais congé à la terre ne m'a paru aussi radical, jamais arrivée au ciel plus désirable. »
Et oui, Agathe de Catane , tranquillement, semble apporter une corbeille de fruits… ce sont ses deux seins, coupés, mais je vous rassure, ils repousseront grâce au ciel.
Certaines saintes dont les actions bénéfiques (donner du pain ou de l'argent aux pauvres, malgré l'ordre contraire,) lorsqu'elles sont prises sur le fait, affirment avoir des roses , même en février, elles nous présentent ces roses grâce à Zurbaran.( mon commentaire : les roses nourrissent moins que le pain, mais, bon).
Les romains ne pouvaient tuer une vierge, alors ils essayaient de trainer ces rétives à toute raison, et qui préféraient le Christ, au bordel, tout simplement.
Vous vous en doutez, cela ne marche pas, Sainte Inès est recouverte d'une chevelure si épaisse que d' autres supplices sont essayés ,en vain eux aussi.

Toutes ces saintes, vierges pour la plupart, sont convoitées par un homme puissant, mais ne cèdent pas, car le Christ les possède et leur fait convoiter un monde merveilleux. Elles résistent, toutes, sont torturées, résistent encore, même les lions et les diables se rangent à leur côté.
Et Zurbaran les fait revivre des siècles après.

Moins connu à son époque que Vélasquez, avec qui il est ami, Zurbaran est le fils d'un drapier, d'où ces splendeurs de tissus , brocarts et soie que Florence Delay nous détaille et rapproche de Balenciaga. D'où le titre.

Au XVII siècle, cette apologie de la foi n'est sans doute plus tellement prisée et les tableaux avaient pour principal débouché le nouveau monde, des bateaux partaient avec savon, huile et peintures et l'oeuvre de Zurbaran, multiple, a été dispersée.
Sans doute n'a t'il jamais été payé, puisqu'il meurt pauvre.
Puis le sinistre Soult, au temps de l'invasion de Napoléon, a bien vu les richesses picturales espagnoles et volé, tout simplement, les Murillo, Zurbaran, Greco et Goya et autres géniales peintures. Elles ont été exposées puis revendues à l'Espagne.
Aussi avons nous le Musée des Beaux arts de Séville et le livre Haute couture pour nous guider.

* Sainte Marine, pour rester ave son père dans un couvent se fait passer pour un garçon… accusée de viol, il reconnaît, vit avec l'enfant, et on ne s'aperçoit que c'est une femme qu'après sa mort.
A lire, a lire, à lire.
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Nuageuse
  28 juin 2018
Je ne connaissais pas cet auteur, j'ai vu le titre de cette oeuvre , l'ai retournée machinalement pour lire la 4eme page de couverture et là... j'ai vu le nom de Zurbarán !! Ce peintre fait partie de mes préférés et il m'émeut. J'étais obligée de le prendre.
Il s'agit de la description de tableaux et l'histoire de ces saintes peintes. Petit bémol concernant la non diffusion de ces tableaux dans ce livre.
Florence Delay se fait la voix de ces Saintes oubliées et nous fait partager son indignation envers les supplices infligées à ces femmes, victimes car elles croient en Jésus et en son Dieu.
Une oeuvre qui se savoure et à relire.
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critiques presse (2)
LeMonde   04 mai 2018
Avec « Haute couture », l’académicienne traque le secret des robes extravagantes dont le peintre revêtait ses saintes au XVIIe siècle.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   13 avril 2018
Florence Delay, avec une grande délicatesse, nous fait visiter la galerie des saintes peintes par Zurbaran.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
FleitourFleitour   09 août 2018
Zurbaran, lui tissait avec des pinceaux.
Devant les créations de l'un et de l'autre
ont se dit que l'étoffe elle même a eu l'idée de la forme
et, réciproquement, que la forme a choisi l'étoffe.
page 103
Commenter  J’apprécie          90
NuageuseNuageuse   26 juin 2018
Que les roses soient roses, rouges ou blanches, c'est le même miracle, dans les mêmes circonstances. Des jeunes filles, des jeunes femmes désobeissent à l'autorité d'un père ou d'un époux au nom d'un élan irrépressible. Pères ou époux stupéfaits, après le démenti miraculeux de leur accusation, laissent libre cours à la vocation.
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Videos de Florence Delay (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Florence Delay
Frédéric Boyer (quelques pages de) Vaches où Frédéric Boyer lit quelques pages de son livre "Vaches" le 5 juin 2009 au couvent des Recollets, à l'occasion du festival "Paris en toutes lettres", lors d'une carte blanche donnée Frédéric Boyer qui rassemble Florence Delay, Jacques Roubaud, Olvier Cadiot et Jean Echenoz. "Vaches", de Frédéric Boyer est publié aux éditions P.O.L
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