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EAN : 9782260019602
336 pages
Éditeur : Editions Julliard (18/08/2011)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.69/5 (sur 739 notes)
Résumé :
Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu’au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir.

Afin de l’aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d’affaires versé dans l’humanitaire, lui propose de l’emmener sur son voilier jusqu’aux îles Comores, pour les besoins d’une bonne cause.

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Critiques, Analyses et Avis (124) Voir plus Ajouter une critique
BillDOE
  09 avril 2021
Kurt Krausmann est médecin à Francfort. Il est marié à Jessica depuis plus de dix ans. Leur mariage prend l'eau sous le poids de la routine et de leurs occupations professionnelles. Un soir qu'il rentre tard, il trouve le corps de son épouse habillé et flottant dans la baignoire. Jessica s'est suicidée. Envahi par le chagrin, il accepte la proposition de son ami Hans, de partir à bord du voilier de ce dernier pour les Comores afin d'apporter une aide humanitaire à un hôpital. Au milieu de la mer rouge, près du golfe d'Aden, leur bateau est arraisonné par des pirates. Ils sont kidnappés et emmenés à terre en vue d'une demande de rançon… Commence la longue attente d'une libération, la séquestration, les privations et la maltraitance…
Yasmina Khadra est le pseudonyme de l'écrivain algérien Mohammed Moulessehoul. Il commence à écrire dès l'age de dix-huit ans avec un recueil de nouvelles qui ne sera publié que bien plus tard. Retraité de l'armée, il consacre son temps à l'écriture. Son oeuvre est régulièrement récompensée. Il a une renommée internationale.
Son roman « L'équation africaine » raconte avec beaucoup de vraisemblance et d'humanité le calvaire d'occidentaux pris en otage mais aussi le cheminement qui conduits ces pirates vers cette barbarie. Ainsi l'un d'entre eux dit :
« Je n'ai pas choisi la violence. C'est la violence qui m'a recruté. de mon plein gré ou à mon insu, peu importe. »
Cette histoire est une plongée dans l'enfer de l'incarcération sans procès, dans des conditions insoutenables et surtout sans aucun horizon, où tous les espoirs sont anéantis jour après jour. L'auteur décrit non seulement la barbarie des ravisseurs mais aussi le quotidien de leur victime et ce rapport ambigu entre une culture africaine indomptable et indomptée, et une culture occidentale rationnelle et rigide. S'il y avait une explication à donner à ces actes guerriers, elle serait de remarquer qu'il est logique que ceux qui n'ont rien se servent sur le compte de ceux qui ont tout. On peut l'admettre sans pour autant justifier les méthodes utilisées. de même qu'il est vain de vouloir imposer le modèle occidental de la démocratie à une civilisation en devenir, qui doit inventer son propre modèle de société égalitaire avec ses propres matériaux en fonction de sa propre identité et pour ne pas la corrompre. le copié-collé ne fonctionne pas.
Le roman de Yasmina Khadra va au-delà de la fiction. C'est à la limite du reportage tant le propos est crédible. L'auteur explore brillamment les souffrances psychologiques de l'otage. Il les dissèque.
« le courage, monsieur Krausmann, le courage tout court, c'est de croire en soi. »
Le débit de la narration ne laisse la place à aucun temps mort. On ne s'ennuie pas un instant pendant cette lecture haletante et addictive. La course vers un dénouement que l'on espère heureux tient le lecteur de bout en bout de cette histoire, car la plus grande richesse de ce continent c'est l'espoir, plus grande que tout l'or ou les diamants que ne renfermerons jamais ses terres car la plus rare d'entre toutes.
Il y a ces vers qui résument parfaitement ce continent, mais pas seulement :
« Vis chaque matin comme s'il était le premier
Et laisse au passé ses remords et méfaits
Vis chaque soir comme s'il était le dernier
Car nul ne sait de quoi demain sera fait. »
Soulignons la remarquable écriture de Yasmina Khadra, le verbe précis, la parfaite maitrise de la langue française, d'autant plus que ce n'est pas la langue maternelle de l'auteur. Exemplaire…
On aimerait égoïstement que cette histoire ne finisse jamais pour ne jamais avoir à quitter cette Afrique magique.
A dévorer sans aucune retenue.
Editions Julliard, 327 pages.
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litolff
  08 octobre 2011
Un roman anti-dépressif ! L'occident devrait cesser de se regarder le nombril et commencer à regarder l'âme de l'Afrique, voici le constat que dresse Yasmina Khadra dans ce roman qui aborde la question de la mort en Afrique et en Occident à travers une histoire de piraterie.
Le protagoniste principal du roman, Kurt, se retrouve veuf dès le début du roman car sa femme, désespérée de n'avoir pu obtenir la promotion espérée dans son entreprise, met fin à ses jours…
Et nous occidentaux de dire, ben oui, la pauvre, à quoi bon vivre si malgré une vie confortable, l'amour d'un homme, des amis, un bel appartement, à quoi bon vivre si son travail n'est pas reconnu par sa hiérarchie, si elle a été victime des manoeuvres d'un collègue arriviste…
Ben non, intervient Yasmina Khadra qui au travers de son roman assène qu'on peut toujours remonter la pente et aimer, et démontre par là le gouffre qui existe entre les conceptions occidentale et africaine de la vie et de la mort.
Kurt part donc en bateau pour des vacances en Afrique à l'invitation d'un ami fortuné qui espère lui changer les idées : ça ne va pas se passer comme prévu… mais oui, ça lui changer les idées et à son insu, Kurt va changer et porter un regard différent sur la vie et l'humanité. Car ils seront victimes de pirates au large des cotes somaliennes et seront transbahutés comme gibier à rançon, battus, humiliés et acculés au désespoir, en compagnie d'un autre otage français qui s'efforce d'ouvrir le coeur de Kurt à l'Afrique. Voilà pour le fond.
Et si j'ai aimé le fond, je n'en dirais pas autant de la forme qui m'a gênée à plusieurs reprises. le récit fait alterner les dialogues entre pirates et otages et des envolées lyriques truffées de métaphores légèrement ridicules dans lesquelles les yeux rouges «courent comme deux fourmis carnivores» , la nuit est « sénescente », les lèvres sont « incarnadines » et les êtres "immarcescibles" ou encore le Darfour est « une Atlantide gore qu'écument d'insaisissables ogres abyssaux, où les ténèbres sont aussi rouges que les autels sacrificiels » et "dans la rudesse de (son) hiver intérieur, la forêt de (ses) soucis se ramassait en un vaste bûcher et attendait stoïquement qu'un soleil miséricordieux descende de son nuage pour y mettre le feu"… Ouf... J'ai lu 3 ou 4 romans de Yasmina Khadra et j'avais le souvenir d'un style simple et percutant… il faudra que je relise pour voir. Et puis forcément, ces envolées lyriques font durer le plaisir et on finit avec 330 pages là où 200 auraient probablement largement suffi !
D'autre part, j'aimerais que quelqu'un m'explique comment deux allemands (dont on ne dit pas qu'ils parlent français), des pirates africains dont on ne connait pas la langue et dont on doute qu'ils aient appris l'anglais sur les bancs de l'école et un français, arrivent à communiquer, se répondre du tac au tac avec une ironie recherchée et échanger des considérations humaines et politiques… sans jamais avoir de problème de compréhension… trop forts !
Ces réserves mises à part, j'ai bien aimé ce livre que j'ai tout de même dévoré d'une traite !
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Witchblade
  16 mars 2017
Livre lu dans le cadre de la pioche de Décembre 2016.
Merci à Sallyrose pour celle-ci, ça aura au moins eu le mérite de me sortir un livre de plus de ma PAL. J'appréhendais un peu cette lecture car elle ne correspond absolument pas à mes lectures habituelles, comme me l'a fait remarquer ma belle-mère. Dès le début, je n'ai pas spécialement accroché mais j'ai maintenu le cap et je suis contente de moi car j'ai réussi à le finir, et rapidement en plus.
Curieux ouvrage que celui-ci qui m'aura au moins permis de découvrir le style de cet auteur si plébiscité sur Babelio (et très certainement ailleurs aussi). C'est aussi pour cette raison que j'en appréhendais la lecture, peur de ne pas aimer et d'abandonner au bout de quelques pages... J'avoue que j'ai un peu galéré au début, des descriptions à perte de vue et rien qui ne bougeait vraiment. Et puis, je me suis forcée à continuer, ne serait-ce que pour l'histoire qui commençait à m'intriguer. Car ce n'est vraiment pas les personnages qui m'ont permis de tenir jusqu'au bout, aucun ne m'a réellement intéressé ni même touché, ou peut-être seulement à la fin pour le docteur... Malgré de longs passages, mi-poétiques mi-barbants, de descriptions, le style de l'auteur est agréable à lire (même si les premières pages ont failli me faire abandonner). Finalement, je ne regrette pas ma lecture car elle fait réfléchir sur la vie, la façon de la considérer suivant notre éducation et notre milieu social ainsi que sur certaines réalités qu'on oublie trop souvent concernant le traitement des otages ou les conditions dans lesquelles vivent certains habitants de cette planète. Par contre, l'histoire de ce roman m'a fait penser à plusieurs dialogues de sourds d'un bout à l'autre du livre : Kurt avec le mal-être de son épouse, Kurt et Bruno sur les africains et l'Afrique, Kurt avec son entourage à son retour d'Afrique en tenant le même discours que Bruno...
Comme vous l'aurez compris, cette lecture a été une curieuse découverte où l'histoire nous permet d'ouvrir les yeux sur le monde africain et ses discordances. Mais en même temps, ce n'est pas le personnage qui est intéressant mais les évènements qu'il traverse en tentant de se reconstruire après le suicide inattendu de son épouse. Je me demandais toujours ce qui allait encore lui arriver et s'il allait réussir à se sortir de ce mauvais pas (et comment ?...). Je vous conseille néanmoins de le découvrir car il remet en question notre façon de penser et de vivre, et que quelques fois, cela peut faire du bien de lire ce genre d'histoires pour se réveiller sur notre propre vie. Encore merci à Sallyrose pour cette bonne pioche !!
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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YvesParis
  30 mars 2013
Je ne comprends pas le succès de Yasmina Khadra. Tant "L'attentat" que "Ce que le jour doit à la nuit" m'avaient fait bailler d'ennui. Chacun de ses livres est pourtant un best-seller. Le dernier en date n'a pas fait exception.
Je l'ai lu moins par plaisir que par obligation : ce n'est pas tous les jours qu'un roman grand public a l'Afrique pour décor.
Et j'ai été mortellement déçu par cette histoire sans queue ni tête d'un médecin allemand (pourquoi diable allemand ?) parti se remettre du suicide de sa femme en acheminant en voilier des médicaments vers les Comores (depuis quand envoie-t-on des médicaments aux Comores, qui plus est en voilier !). Au large de la Somalie, son bateau est arraisonné par des pirates. Otage, il est conduit ... au Darfour (imagine-t-on des terroristes de l'ETA se réfugier au Danemark ?) où il rencontre une jolie infirmière (espagnole) qui lui redonnera le gout de vivre.
On se croirait dans un roman Harlequin mâtiné de Jules Verne et lardé de réflexions philosophiques à la Paolo Coelho. La plume de Yasmina Khadra est pachydermique, laissant suspecter dans l'usage répété d'adjectifs compliqués le désir secret de l'auteur de "faire style" ("Il réside au tréfonds de ces êtres, une flamme immarcescible qui les éclaire et les ravive chaque fois que les ténèbres tentent de les dissoudre")
J'aurais pourtant dû me méfier d'une quatrième de couverture qui annonce "un voyage saisissant de réalisme qui nous transporte de la Somalie au Soudan dans une Afrique orientale tour à tour sauvage, irrationnelle, sage, fière, digne et infiniment courageuse".
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sandrine57
  21 janvier 2012
Désemparé par le suicide incompréhensible de sa femme, Kurt Krausmann, un médecin allemand, accepte d'accompagner un ami pour une mission humanitaire aux Comores. Mais au large de la Somalie, leur bateau est pris d'assaut par des pirates. le cuisinier philippin, sans intérêt, est jeté par dessus bord. Kurt et son ami Hans sont transférés à terre et deviennent les otages d'une bande de mercenaires sans états d'âme.
De Yasmina KHADRA je ne connaissais que le nom mais j'en avais entendu beaucoup de bien. J'imagine que tous ces avis positifs ne sont pas fondés sue L'équation africaine qui est tout simplement une daube! Au fil des pages, j'ai subi l'écriture plate et sans saveur de l'auteur, ses poncifs, sa morale, sa philosophie de comptoir, ses erreurs, ses jugements, ses dialogues à rallonge.
Des pirates somaliens qui parlent comme des professeurs de lettres, des erreurs grotesques (les "cordes" du bateau, les "palettes" de l'hélicoptère), un entêtement gênant à parler de "Frankfurt" plutôt que de "Francfort", des lieux communs sur l'Afrique et les africains et pour finir une histoire d'amour inutile...voilà ce que je retiens de ce roman qui fut une réelle déception.
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critiques presse (3)
Actualitte   22 février 2012
Malgré un sujet âpre, la plume est toujours aussi souple, agréable et fluide.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Bibliobs   19 septembre 2011
Il y a toujours deux romans dans un roman de Khadra, ex-officier versé dans le pilonnage grammatical : l'histoire et la manière dont elle est racontée. La première est banale, la seconde est épouvantable.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   15 septembre 2011
Avec son immense talent de conteur, Yasmina Khadra nous jette dans une Afrique orientale déboussolée.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (237) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   08 octobre 2011
Vis chaque matin comme s'il était le premier
Et laisse au passé ses remords et méfaits
Vis chaque soir comme s'il était le dernier
Car nul ne sait de quoi demain sera fait.
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WitchbladeWitchblade   28 juin 2017
Je cherche une morale à leur narcissisme et ne lui trouve aucun réel mérite, sinon la pratique sidérante de l'anorexie, cette faim volontaire qui se veut le critère majeur de la perfection. J'ai vu en Afrique des êtres squelettiques, des ventres sous vide, des poitrines sans souffle, des bouches ouvertes sur des gémissements qui mouraient à ras les lèvres ; je suppose que, là-bas, la piste est moins attrayante avec les contingents de damnés qui l'empruntent – une piste truffée de traquenards meurtriers, jalonnée de cadavres sans sépultures pourrissant à l'air libre, si amochés que les rapaces répugnent à les honorer. (…) Ce que l'argent décide, les dieux le valident ; ces mêmes dieux qui, en Afrique, s'inscrivent aux abonnés absents, qui font ceux qui ne sont pas là lorsque les pauvres bougres prient, qui regardent ailleurs pour se disculper des guerres décimant les contrées...
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WitchbladeWitchblade   25 juin 2017
Il réside, au tréfonds de ces êtres, une flamme immarcescible qui les éclaire et qui les ravive chaque fois que les ténèbres tentent de les dissoudre. De toute évidence, ils ont assimilé d'instinct ce que je ne saurais appréhender sans me lancer dans des probabilités mathématiques interminables et souvent vaines. Ces êtres sont un enseignement. Ils rient de leurs déconvenues comme d'une farce ratée. Ils sont là, heureux d'être ensemble, solidaires et complices, et s'ils se moquent de leur naïveté, c'est pour s'éveiller à la fragilité des choses afin de mieux l'apprivoiser. Je les envie, envie leur maturité que sédimentent tant de souffrance et d'épreuves cauchemardesques, leur recul philosophique qui supplante les traumatismes et les désastres, et leur humour qui semble tenir crânement tête à un sort injuste et traître dont ils ont, quelque part, décrypté le mécanisme.
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WitchbladeWitchblade   29 juin 2017
Depuis les temps reculés, se méfiant de ce qui ne le fait pas souffrir, l'Homme court après son ombre et cherche ailleurs ce qui est à portée de sa main, persuadé qu'aucune rédemption n'est possible sans martyre, que le revers est un déni de soi, alors que sa vocation première réside dans sa faculté de rebondir... Ah ! L'Homme, ce prodige réfractaire à ses chances et fasciné par l'échafaud de ses vanités, sans cesse écartelé entre ce qu'il croit être et ce qu'il voudrait être, oubliant que la plus saine façon d'exister est de demeurer soi-même, tout simplement.
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WitchbladeWitchblade   26 juin 2017
(…) les hommes sont ce que la nature a engendré de pire et de meilleur ; les uns meurent pour un idéal, d'autres pour des prunes ; certains périssent de leur générosité, d'autres de leur ingratitude ; ils s’entredéchirent pour les mêmes raisons, chacun dans son camp, et dans cette ignoble mise en scène, l'ironie du sort joue aux bons auspices jusqu'à réconcilier, dans une même fosse putride, l'éclairé et l'enténébré, le vertueux et le pervers, le martyr et le tortionnaire rendus à la mort éternelle comme des siamois au ventre de leur mère.
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