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ISBN : 2070445585
Éditeur : Gallimard (02/02/2012)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 231 notes)
Résumé :
Le 23 février 2002, Ingrid Betancourt est enlevée par les FARC. Un calvaire commence, qui prendra fin six ans et demi plus tard, le 2 juillet 2008.
Ingrid Betancourt décrit avec précision sa captivité aux mains des FARC. Le récit débute par une impressionnante scène, décrivant l’une de ses cinq tentatives d’évasion. Le lecteur est ainsi fixé à la fois sur la détermination de la prisonnière, et sur la dureté de ses conditions de détention. On revient ensuite... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
mimipinson
  02 mars 2011
« Je comprenais maintenant que la vie nous remplissait de provisions pour nos traversées du désert. »
J'ai abordé ce livre avec devant les yeux deux images, l'une d'Ingrid Betancourt que le piéton nancéen ne pouvait ne pas voir tant son visage était omniprésent à l'hôtel de ville, l'autre d'une femme recouvrant la liberté et se signant à même le sol. Les deux images ne m'ont pas quittée tout au long des 700 pages. Je sais encore précisément où et avec qui j'étais, et qui me l'annoncé lorsqu'elle fut, enfin libérée. En rentrant chez moi, vite, pour voir, je me suis dit tout au long du trajet, et moi, qu'aurais-je fait, aurais-je supporté 6 ans et demi de captivité, moi pour qui le mot liberté est le plus beau mot qui puisse exister ?
J'ai hésité à lire ce livre ; il est épais, écrit en petits caractères. Une lecture commune ayant pour cadre la Colombie m'a fait franchir le pas. Et je ne le regrette absolument pas. D'autant plus qu'Ingrid Betancourt est venue chez moi, parler de son expérience. Ce fut un crève coeur de ne pouvoir y assister, mais elle a eu la gentillesse d'un petit mot sur mon livre grâce aux bons soins de Madame Rossinot.
Ce récit est d'une rare dignité dans le style, que dans les réflexions qu'elle nous livre. Il est écrit dans un français admirable ; langue qui lui est venue spontanément lors de la rédaction de ces pages.
Ingrid Betancourt choisis de plonger directement son lecteur dans l'enfer de la jungle colombienne en racontant sa quatrième tentative d'évasion, il y en aura 5 au total, et les conséquences que cela aura sur la suite de sa détention. Je lirai ce livre comme un récit d'aventures sans pouvoir le laisser ; et bien que le dénouement fût connu, je me dirigeais vers cette fin haletante digne d'un polar au suspense intenable. Ce premier chapitre montre d'emblée la détermination de l'auteur à sortir coute que coûte de cet enfer.
Ce récit se compose de 82 chapitres, qui hormis les deux premiers sont à la fois chronologiques et thématiques. Les chapitres sont courts ; l'écriture y est élaborée, ciselée, et, d'une infinie pudeur. Malgré le désarroi, la captivité, le découragement, le texte maintient une grande retenue tout au long du livre. Est- ce que cela tient à la nature même du personnage, ou à la distance dans le temps par rapports aux faits ? Un peu des deux sans aucun doute.
De sa relation avec Clara, son assistante, avec laquelle elle fut enlevée, Ingrid Betancourt ne fait pas un grand étalage. Décrite comme quelqu'un d'assez peureux et soumis, elle assez peu présente dans ce récit. Les relations entre les deux femmes se sont détériorées, l'auteur ne s'en cache pas, mais reste courtoise et bienveillante.
La famille occupera une place proéminente. Son père, d'abord qu'elle aura la douleur de perdre en captivité, et dont elle apprendra le décès dans une feuille de journal laissée là par hasard pour mieux l'atteindre. C'est l'amour pour ses enfants et sa mère qui la teindront debout tout au long de ses 6 années de captivité grâce à la radio que les otages peuvent écouter, et qui pour eux sera la seule fenêtre ouverte sur le monde. Dans ses moments de désespoir : « je revenais donc à l'essentiel : j'étais mère avant tout. »
L'autre béquille sur laquelle Ingrid Betancourt se reposera est sans conteste sa foi inébranlable. Rares sont les livres qui lui seront permis, à part une Bible et un dictionnaire.
« Dans l'ennui qui était le mien, le lisais et je tissais. On m'avait donné une grosse Bible avec des cartes et des illustrations à la fin. Aurais-je pu découvrir les richesses de ce texte autrement que poussée par le désoeuvrement et la lassitude ? Je crains que non. »
C'est sans aucun doute cela , aussi qui lui permis plus vite de pardonner, et d'écarter toute idée de vengeance.
Des FARC, nous apprenons la violence, le cynisme, la cruauté.
« Nous, dans les FARC, on est écolo ! On ne tue pas, on exécute ! » »Pauvre femme, elle sortira quand elle aura les cheveux jusqu'aux talons. »
« Ces monstres ont accepté que je m'occupe de vous parce qu'ils ont besoin d'une preuve de survie » lui dit un infirmier militaire, captif comme elle.
Les insultes, les brimades, les humiliations, les privations sont monnaie courante. Elle passera de longs moments la chaine au cou attachée à un arbre.
« Ils se ruèrent vers moi, me tordant les bras pendant que des mains aveugles me tiraient par les cheveux en arrière et m'enroulaient la chaine métallique autour du cou »
« La chaine se fut lourde et brûlante à porter. Je me rappelais trop combien j'étais vulnérable. »
La vie quotidienne en captivité est un élément central dans ce récit. Une vie, qui en permanence au vu et su de tout le monde, en milieu hostile, au milieu d'une faune repoussante. Chacun est sous le regard de l'autre, l'intimité n'existe plus, l'humain est bafoué. L'adaptation est nécessaire. La vie ensemble engendre des difficultés relationnelles, des discordes. Les dissensions arrangent bien les geôliers. « Diviser pour mieux régner. »
La promiscuité rend les rapports humains belliqueux.
« Les femmes étaient des cibles faciles » Avec infiniment de tact et de pudeur, en quatre lignes dignes et magnifiques Ingrid Betancourt parlera d'un viol ; pas besoin d'en dire plus, tout est dit, le lecteur a compris, serre les dents, voudrait les jeter tous à la rivière. Elle est seule face à tout ça……
Les barbares vont jusqu'à attribuer des numéros à leurs otage, pour mieux les rabaisser ; Ingrid résiste, s'accroche.
« Si le mot dignité avait un sens, alors il est impossible que l'on accepte de se numéroter. »
Je pourrais continuer ainsi à détailler, avec exemple à l'appui l'enfer de la captivité. Mais ce serait injuste à l'égard de l'auteur, que ne pas parler de ses moments de bonheur .Chaque occasion a été pour elle une façon de déceler une parcelle de lumière, et de se créer, autant qu'il lui était possible de le faire des moments de joie : la voix de ses enfants, et de sa mère qui lui parvenaient, les gâteaux qu'on lui permettait de confectionner à l'occasion de l'anniversaire de ses enfants, les rares livres qui parvenaient dans les nombreux camps où elle et ses compagnons d'infortune ont séjourné, ces quelques jours de liberté retrouvée au moment de sa cinquième tentative d'évasion, ses amitiés fortes avec quelques uns de ses compagnons comme Lucho, Marc.
J'ai découvert tout au long de cette lecture une personnalité complexe, aussi éloignée de la Sainte qu'on a voulu en faire lors de sa détention que de la garce et égoïste que certains ont décrite. J'ai découverte une personne humaine, tout simplement ; consciente de ses forces et de ses faiblesses.
Parce qu'après tout, à sa place qu'aurais-je fait ? Comment me serais-je comportée ?
Ce livre est un coup de coeur pour la force, la dignité et l'humanité qu'il dégage.
Ce livre est un coup de coeur pour le témoignage qu'il représente.
Ce livre m'a remuée, interpellée.
Ce livre est à lire, tout simplement.
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missmolko1
  23 mars 2012
Je pense que l'on a tous en tête les images de la libération d'Ingrid Betancourt par contre on en sait beaucoup moins sur ses 6 ans et demi de captivité aux mains des FARC. Ce témoignage nous fait froid dans le dos et nous informe sur les conditions de rétentions, les humiliations, la vie dans la jungle......
Beaucoup de polémique on était lancé autour d'elle et je pense que ce livre nous montre le vrai visage d'Ingrid Betancourt. Face à un enlèvement, je pense que chacun lutte a sa façon pour survivre et l'auteur nous montre ici sa détermination, sa foi et son courage.
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Bonheur_Lecture
  11 octobre 2014
« Même le silence a une fin », et pourtant, me voilà murée dans le silence des mots. Difficile est le premier mot qui me vient à l'esprit pour ce livre. Autant pour le livre lui-même que pour en écrire ma critique aujourd'hui.
J'avoue être passée plusieurs fois devant ce livre dans ma librairie, je l'ai pris, je l'ai regardé, mais je l'ai toujours reposé. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être que je ne me sentais pas prête, peut-être que j'avais des à-priori sur Ingrid Betancourt, peut-être aussi l'écriture de ce bouquin qui me décourageait (c'est écrit en caractère tout petit), je ne sais vraiment pas. Puis, vint le jour où, une fois de plus je suis passée devant, une fois de plus je l'ai pris, regardé, scruté sous tous les angles, mais cette fois je l'ai bel et bien gardé. Et une chose est sûre, c'est que je ne regrette pas ! J'ai jugé par moi-même, chose que beaucoup de personnes devraient faire.
Une fois lancée dans le récit d'Ingrid Betancourt, j'ai eu beaucoup de mal à m'arrêter. Il fallait que je tourne les pages, toujours plus vite. Et même si je connaissais le dénouement de cette histoire, je voulais toujours en savoir plus. Avec ses mots, Ingrid Betancourt m'a totalement charmée, fascinée même.
Pendant 824 pages, je me suis sentie avec Ingrid Betancourt au milieu de la jungle… J'ai lu ce témoignage comme si c'était un récit d'aventures, sans pour autant oublier que malheureusement, c'était bien réel…
Ici, elle se livre sur sa captivité, qui va durer six ans et demi. Elle nous parle ici des FARCS, des conditions de vie, des insectes et autres bêtes sauvages, du manque quotidien, de l'angoisse, de la terreur, de ses tentatives d'évasion…
Tout au long du livre, je me suis posée la question « Et si c'était moi, comment aurai-je fait ? », parce qu'il faut en avoir du courage pour traverser tout cela. Personnellement, je ne sais pas comment j'aurai réagi…
Avec cette écriture si poignante, elle a presque réussi à me convaincre. Après, comme tout témoignage, elle ne nous raconte seulement ce qu'elle a envie de nous raconter. Elle se montre sous l'oeil dont elle a envie qu'on la voit. Et personne ne pourra contredire cela. Mais une chose est sûre, c'est qu'elle m'a donné envie d'en savoir plus, de mieux comprendre qui sont ses « bourreaux » FARC qui sévissent encore et toujours… C'est pourquoi, ma critique sur Captive de Clara Rojas, qui a été enlevée en même temps qu'Ingrid Betancourt devrait bientôt faire son apparition, et bien d'autres encore je l'espère.
En tout cas, comme je l'ai dit plus tôt, je ne regrette pas d'avoir lu son témoignage et j'espère ne pas être déçue en lisant des divergences au niveau des autres livres…
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tristantristan
  29 avril 2018
À sa sortie en librairie, j'ai eu très envie de lire ce récit. Mais, compte tenu qu'il s'agit d'une somme, j'ai estimé que ce livre de la sénatrice colombienne devait se mériter et que je devais en mûrir le projet de lecture. En 2012, il s'etalait à nouveau devant moi et je ne resistais plus à la pensée d'en savourer chaque mot des 690 pages. Cependant, des la page 19 je le refermais jusqu'à il y a quelques jours. En effet, l'auteur précise que "la première tentative d'évasion avait échoué parce que j'avais eu peur de mourir de soif, m'interdisant de boire de l'eau marron des flaques qui jonchaient le sol", prisonnière qu'elle etait de la prison mentale qu'elle s'etait elle même construite par des à priori et une éducation strictement enracinée dans la très haute bourgeoisie. Jamais, pensais je, je ne pourrais avaler toutes ses pages avec quelqu'un qui renonce à la liberté pour ces motifs tant il me sera impossible de m'identifier à minima avec l'héroïne. Troublé, j'en parlais autour de moi. 6 ans après, soit presque le temps de sa détention, j'ai repris la lecture avec plaisir car Ingrid Betancourt, femme de lettres de grande culture, très féminine, à aussi la grande capacité à scruter et voir la verite telle qu'elle exhale des visages et des actes des autres comme d'elle même. Il apparaît, aussi, que cette " aventure" lui a permis d'evoluer et peut-être même de devenir meilleure, chose qui, dans l'adversité, n'est pas le lot de toute monde. Malgré quelques redites inévitables tant les situations dans les differents lieux de détention se repetent, quelques vraisemblables enjolivements - qui n'en aurait point commis ?- , une partie un peu trop longue à mon goût concernant la phase au cours de laquelle tous les otages sont ensemble et donne lieu au déroulé finement restitué de toutes les ignominies que l'homme est capable de produire, ce document est puissant et ne saurait laisser indifférent.
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Macha_Loubrun
  02 avril 2012
L'impression que tout a déjà été raconté dans les médias ainsi que l'attitude un peu distante d'Ingrid Betancourt après sa libération des FARC peut tempèrer l'intérêt pour la lecture de « Même le silence a une fin » d'autant plus qu'un vécu extraordinaire ne transforme pas pour autant en auteur de talent…
Pourtant, alors qu'on en connaît le dénouement, on est d'emblée captivé par son récit. On dévore ce livre comme un livre d'aventure et Ingrid Betancourt décrit merveilleusement la jungle ainsi que le monde des FARC. On suit pas à pas son calvaire et elle ne tente à aucun moment de maquiller ou de glorifier les évènements mais nous livre un témoignage cru sans que l'on se sente voyeur. La peur, le manque de tout, les humiliations quotidiennes, les rivalités mais aussi la quête spirituelle, l'amitié, les petits bonheurs, tout est exacerbé. Elle revient minutieusement sur tous les aspects de sa captivité, son désir de vivre transpire à chaque page, elle résiste, tient bon. C'est une épouse, une fille, une mère qui conserve toute son humanité.
Les personnes qui reviennent de l'enfer, comme les camps de concentration ou la guerre, témoignent toutes de l'impossibilité à faire partager ce qu'ils ont vraiment vécu. On est cependant ébranlé par la lecture de ce livre, on s'interroge sur les facettes multiples de l'âme humaine et sur ce qu'aurait pu être notre attitude dans de telles circonstances…
Ne pas juger, comprendre, compatir, continuer à espérer, Ingrid Betancourt signe un récit authentique qui force le respect.
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critiques presse (1)
LeFigaro   23 février 2012
Malgré la gravité de la situation, il y a aussi des moments de sourire dans cet ouvrage qui relève à la fois du récit intimiste et du roman d'aventures.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
zenzibarzenzibar   26 octobre 2016
Les sons étaient tamisés. Le grondement de la rivière avait fait place au calfeutrement des eaux quiètes.

Un oiseau vola au ras de la surface et nous évita de peu. Mes gestes avaient perdu instinctivement de leur amplitude, j'anticipais une mauvaise rencontre.

Pourtant, rien de ce que je voyais n'était différent de ce que j'avais vu mille fois. Nous nagions entre les branches des arbres tomme le bongo qui pénétrait et s'ouvrait un chemin jusqu’à la rive. Un clapotis proche nous annonça la berge.

- Là-bas ! chuchota Lucho à mon oreille.

Je suivis du regard. À ma gauche, un lit de feuilles et loin ies racines d'une ceiba majestueuse. Mes pieds venaient d'entrer en contact avec le sol. Je sortis de l'eau, lourde d’émotion, grelottante, ravie d'être debout sur la terre ferme. exténuée, j'avais besoin de trouver un endroit où m'écrouler.
Lucho sortit en remontant la pente douce en même temps que moi et me tira entre les racines de l'arbre.

- Il faut se cacher, ils peuvent surgir à n'importe quel moment.

Il ouvrit le plastique noir qu'il gardait dans ses affaires et m'enleva mon sac à dos.

- Passe-moi tes vêtements un par un, il faut les essorer.

Je m'exécutai. Je fis instantanément l'objet d'une attaque de jejenes, minuscules moucherons, particulièrement voraces, qui se déplaçaient en nuages compacts et qui m'obligèrent à effectuer une danse primitive pour les tenir à l'écart.

(p.521-522
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tristantristantristantristan   26 avril 2018
Je me suis souvenue alors de ce passage de la Bible qui m'avait frappée lorsque j'étais en captivité. C'était un cantique de louanges à Dieu dans le livre des Psaumes, qui décrit toute la dureté de la traversée du désert. La conclusion m'avait paru surprenante. La récompense de l'effort, du courage, de la ténacité, de l'endurance, n'était pas le bonheur ni la gloire. Ce que Dieu offrait en récompense, c'était le repos.
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morinmorin   24 septembre 2011
avril 2004. L'arrangement que nous avions conclu m'enchanta. Je programmai mes journées de façon à consacrer tous mes après-midi à la lecture et prenais un soin particulier à déposer le livre à 18 heures précises sur son étagère. J'avais appris que c'était sur ces tout petits détails que nous nous jugions entre nous et, plus encore, que se bâtissaient les amitiés ou que s'allumaient les conflits. La promiscuité à laquelle nous étions condamnés nous exposait au regard incessant d'autrui. Nous étions sous la vigilance des gardes, certes, mais surtout sous la surveillance impitoyable de nos compagnons de captivité.
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PersepolisPersepolis   28 janvier 2012
- Non, je ne veux pas être transportée en hamac. A partir de maintenant, je marche.
Les yeux de Sombra faillirent lui sortir de la tête. Il avait tout prévu, sauf ça. Il me regarda courroucé, d'autant plus que je lui faisais perdre la face. Il décida finalement de se taire. [...] J'étais fière de les quitter en marchant, de les laisser derrière moi, avec eux, la prison, les humiliations, la haine et tout ce qui avait empoisonné notre existence durant cette année. Je prenais une revanche: c'étaient eux qui restaient. Je n'avais pas la force de porter mon sac à dos, même le fait de mettre un pied devant l'autre me donnait encore le tournis, mais je me sentais avoir des ailes car c'était moi qui partais.
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zenzibarzenzibar   26 septembre 2016
Les mois passaient dans une redoutable uniformité.
Des heures vides qu'il fallait meubler, rythmées par les repas et le bain.

Une distance faite de lassitudes' était installée entre Clara et moi.
Je ne lui parlais plus, ou très peu. Juste le nécessaire pour aller de l'avant, parfois pour se donner du courage.
Je me retenais partager mes sentiments, pour ne pas ouvrir une discussion que je voulais éviter. Cela avait commencé par de toutes petites choses : un silence, une gêne d'avoir vu chez l'autre ce que nous tenions à ne pas découvrir. Ce n'était rien, juste le quotidien qui s’installait malgré l'horreur.
Au début, nous partagions tout sans compter. Bientôt il fallut diviser méticuleusement ce qui nous était alloué. On se regardait de travers; chacun en voulait à l'autre de la place qu'il lui prenait, on glissait imperceptiblement vers l'intolérance et le rejet.

Le " chacun pour soi » commençait à faire surface

(p.140)
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Videos de Ingrid Betancourt (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ingrid Betancourt
Rencontre à la librairie La Galerne, autour de Même le silence a une fin.
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