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EAN : 9782020484985
188 pages
Éditeur : Seuil (14/01/2002)

Note moyenne : 4/5 (sur 31 notes)
Résumé :

À Bni Boublen, minuscule village perché dans les montagnes, la vie suit le rythme des saisons. Dans la plaine, s'étendent les immenses domaines des colons.

Omar, le jeune héros de La Grande Maison, s'initie à cette vie rustique grâce à Comandar, sorte de Dieu Pan.

L'enfant apprendra que les hommes ne sont pas heureux. Les fellahs se réunissent, parlent, s'insurgent contre leur condition misérable et décident de faire grève.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  24 septembre 2016
Dans L'incendie, le deuxième tome de la trilogie Algérie, Omar est envoyé à la campagne, en montange, à Bni Boublen. Là, il est initié à la vie agricole et pastorale. Rustique et archaïque. Malheureusement, elle est toute aussi rude que celle de la ville. Les gens vivent dans la pauvreté, la misère et leurs ventres sont à peine plus remplis que ceux des citadins. C'est que le fruit de leurs efforts va chez les colons français pour qui ils travaillent. Cette vie, tout ce qui la distingue, c'est un aspect plus enchanteur, mystique. Ses secrets sont dévoilés au garçon, entre autres, par le Comandar (un vieil homme amputé des jambes, rescapé de la Première Guerre mondiale), une sorte philosophe-conteur. Beaucoup sont suspendus à ses lèvres.
Mohammed Dib nous présente un autre visage de l'Algérie, celui des campagnes, de la paysannerie algérienne. En 1939, les fellahs vivent dans des conditions pénibles et travaillent pour un salaire de crève-faim. Mais, alors qu'autrefois ils acceptaient leur sort sans broncher, des murmures d'insatisfactions commencent à se propager. Certains agitateurs parlent de grèvent et le mouvement s'enclanche malgré les menaces des propriétaires terriens, pour la plupart français. Même l'incendie de leurs habitations (duquel les grévistes sont accusés et leurs meneurs, arrêtés) ne fait pas bouger les fellahs dans leur résolution.
Dans L'incendie, le jeune Omar est peu présent. En effet, il présente les lieux et les personnages mais est loin d'occuper un rôle central. Il fait surtout le lien entre le tome précédent et le suivant. Je pourrais parler de Sliman Meskine, de Ba Dedouche, de Kara Ali, du Comandar et de plusieurs autres mais aucun n'est plus important que les autres. Mais, en fait, le personnage principal est le peuple algérien des campagnes, les fellahs en tant que groupe. Par extension, c'est aussi l'Algérie. Je ne sais pas si c'est une bonne chose, j'aime bien qu'un roman repose sur les épaules d'un personnage. Dans tous les cas, ça permet à l'auteur d'exploiter la montée du sentiment d'anti-colonialisme sans le trop la personnaliser. Cela contraste avec La grande maison, qui s'ouvre avec le discours du professeur Hassan qui proclame et essaie de faire comprendre à ses élèves que la France est la mère patrie. À suivre.
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aouatef79
  02 novembre 2016
L' auteur du roman ," L' Incendie" ,est Mohamed Dib, un classique de la littéra
-ture algérienne . Ce livre est le deuxième de sa trilogie consacrée à la tragédie de la société algérienne durant la colonisation française . Cette trilogie commence avec le premier roman " La Grande Maison" publié et édité en 1952 . le second livre " L' Incendie" publiait en 1954 et le troisième livre,
" le Métier à tisser" en 1957 .Cette période est vécue par la population algérienne de façon dramatique car cette population fait face à deux fléaux
qui sont la colonisation et les effets de la Seconde Guerre mondiale, c' est à dire que la société algérienne est prise " entre l( enclume et le marteau" à son corps défendant .L' auteur comme observateur et témoin lucide ,il analyse tout ce qui touche sa société et l' injustice faite aux Algériens .
Nous sommes à l' été 1939 et nous retrouvons les personnages du roman précédent de Mohamed Dib, La Grande Maison, en particulier un jeune garçon de onze ans, Omar. Ce dernier quitte la ville et Dar Sbitar pour aller
à la compagne. Dans une Algérie essentiellement agricole, la majorité des habitants vivent directement ou indirectement des produits de la terre. Mais peu profitent réellement des ressources du pays, les colons qui tiennent les grandes propriétés sont les principaux bénéficiaires des richesses du sol. C' est dans le village de Bni Boublen, qu' Omar est initié aux mystères de la terre par Commandar, un vieil homme estropié. A ses côtés naviguent les cultivateurs, les petits possédants pauvres, et la masse des paysans sans terre , les fellahs, pour qui la seule issue est dans l' action et la grève .
Et la seule réponse des grands propriétaires est la répression. Profitant d' un feu qui naît dans les gourbis d' ouvriers agricoles, les fellahs sont d' être des incendiaires et les meneurs sont arrêtés....
La deuxième Guerre mondiale éclate. Les hommes sont mobilisés et ne restent, alors que les femmes et les enfants . Omar rentre chez lui mais il a mûri . Tous semblent avoir oublié . Mais, Omar, lui, n' a pas oublié et
après, vingt ans lui et ceux de sa génération se révoltent et retrouvent la liberté avec l' Indépendance acquise.
Un très beau roman de Dib nous montrant les sacrifices consenties par toute une génération afin de libérer le pays de l' injustice et de toutes les injustices .
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chapochapi
  28 juillet 2014
Nous sommes en Algérie, peu de temps avant la seconde guerre mondiale, en pleine colonie française. Il fait chaud, les ouvriers agricoles sont de plus en plus miséreux mais les traditions ne les incitent pas à se rebeller, non pas que Dieu soit responsable de tout, mais le fellah est un travailleur, pas un homme qui se perd en mots, qui gâche son temps à réfléchir à des choses qui le dépassent et qui perd la récolte. Voilà l'image que ces paysans ont d'eux-mêmes. Pourtant, ils n'en peuvent plus. Les colons se sont approprié leurs terres, faisant d'anciennes familles de seigneurs de pauvres exploitants. Les colons les payent une misère et certains exploitants arabes, amis des Français, ne sont pas en reste quand il s'agit de tuer les compatriotes à la tâche, reprenant à leur compte les discours coloniaux à la gloire française. Alors le jour où un jeune homme se présente pour appeler les hommes à la grève, il y a débat. Pourquoi faire grève ? Peut-on faire grève ? Les arrestations, les coups, l'impatience et la panique des colons qui voient les récoltes mourir ne changent rien à la détermination des fellahs, pas même l'incendie qui ravage leurs maisons.
Ce n'est pas tant le jeune Omar que l'on suit dans cette tranche de vie algérienne que les adultes qui se débattent avec la misère et les autorités pour vivre et se projeter vers l'avenir, pour trouver des solutions de survie quand on est une femme sans ressource mais à charge, pour envisager de transformer une agriculture séculaire et tout ce que cela signifie au plan symbolique. A travers cette révolte pacifique des fellahs, c'est à un tournant de l'Algérie qu'on assiste : le refus, loin des villes aussi, de se laisser dominer par les français, la nécessité de transformer ses habitudes et, partant, la société, pour exister.
Le récit est bien écrit, parfois difficile d'accès pour quelqu'un qui, comme moi, découvre la culture arabe. Je ne saisis pas l'importance des chants qui font taire ceux qui les écoutent et les aident à surmonter leur indécision, tant cette poésie n'est étrangère ; je suis surprise par la lenteur de la révolte, le besoin de la justifier. Mais c'est aussi pour ces raisons que j'ai aimé lire ce roman, qui me fait vraiment entrer de plain pied dans une autre culture.
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Epictete
  02 janvier 2014
M. Dib nous livre ici un roman poignant et passionnant, bien écrit et qui donne un éclairage complémentaire à une partie de l'histoir (y-compris de France)
Un enfant nous guide dans la découverte d'un monde mal connu, celui des paysans Algériens, alors que l'on nous parle bien plus souvent des villes et des centres de décision de ce pays, dans un contexte qui préfigure ce que seront de fameux "événements"...
C'est une réflexion originale sur la vie, l'amour, la mort, l'espoir, l'engagement, et tant d'autres choses que l'on peut découvrir entre les lignes, entre les mots.
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dido600
  14 novembre 2018
«l'Incendie». Toujours la chronique algérienne. Mais cette fois-ci, non plus en ville, mais Omar à la campagne, au milieu des travailleurs ruraux (surtout dans les fermes coloniales) et des paysans de la montagne. La misère absolue (on est en 39) qui vous fait oublier les réalités (ce qui donne une écriture plus grave, encore plus engagée, «décidée», que dans celle de la Grande maison)... mais aussi, une prise de conscience que la seule voie est la lutte. Grâce à des militants comme Hamid Saraj, grâce à des visionnaires comme Commandar, grâce à des baroudeurs obsédés par la liberté, les choses se mettent en place. «Un incendie avait été allumé, et jamais il ne s'éteindrait. Il continuerait à ramper à l'aveuglette, secret, souterrain ; ses flammes sanglantes n'auraient de cesse qu'elles n'aient jeté sur tout le pays leur sinistre éclat»
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   20 septembre 2016
"Ce n'est pas une vie que la nôtre. La vie que nous menons depuis nos plus lointains ancêtres n'est plus une vie. Nous nous ennuyons et nous n'avons plus la force de vivre. Nos parents, nos grands-parents, les parents de nos grands-parents... avaient tous des devoirs. Pour eux, la vie ne pouvait se passer de devoirs. Ce que nous savons d'eux, ce qui nous est parvenu de leur temps, la manière dont ils comprenaient l'existence, me fait dire ça. Précisément la conscience de ces devoirs avait fait d'eux des hommes, alors que nous, nous n'avons pas trouvé mieux que de nous libérer des nôtres. Comme des bêtes, nous mangeons et ne pensons à rien. Il n'y a plus de devoirs. Nous sommes des hommes qui n'ont plus de tâches à accomplir. Notre vie nous semble inutile ; nos actes nous paraissent inutiles ; nous nous promenons, inutiles nous-mêmes, sur cette terre ; nous ne trouvons aucune joie dans nos travaux, qui sont devenus des travaux anciens. Pas de joie dans nos amitiés, pas de joie dans les paroles que nous échangeons avec nos semblables, pas de joie à voir grandir nos enfants, pas de joie à voir nos biens fructifier. C'est bien le signe qu'il nous faut des tâches nouvelles. Nous vivons et agissent uniquement par nécessité, pour en pas laisser la flamme s'éteindre, et en attendant des jours meilleurs. La vie reviendra avec sa joie quand nous aurons découvert de nouveaux travaux à accomplir."
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chapochapichapochapi   28 juillet 2014
Mais alors qu'on se demandait si les deux hommes allaient poursuivre encore longtemps cette discussion, Bensalem Adda éleva la voix :
- Pourquoi ne parlez-vous pas des colons ? Tout ce que vous dites est avisé et sage. Mais à quoi cela sert-il ? Vous ne prononcez pas un mot de ceux qui sont là pour notre malheur. C'est d'eux que vient tout notre mal ! Si vous nous parlez du mal et que vous ne dites rien des responsables, vous ne faites qu'user votre salive. Nous sommes tristes, je me le dis aussi dans ma tête ; c'est que nous nous intéressons trop à notre mal, et pas assez à son origine. Alors que c'est justement des responsables qu'il faudrait parler. J'en demande pardon à l'assistance, à vous tous, hommes. Si je me suis exprimé comme ça, c'est, je crois, comme ça qu'il fallait dire les choses.
Il avait craché ces paroles d'un ton intempestif, Bensalem Adda. Dans sa figure osseuse, affleura toute la misère de l'Algérien dépossédé. Cependant nul homme n'ouvrit la bouche.
Bensalem Adda, un fellah au sang un peu vif. Il ne fallait pas lui en tenir rigueur ; il n'en voulait à personne.
Mais voilà la question posée. C'était curieux. On eût dit que personne ne s'y attendait.
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SachenkaSachenka   19 septembre 2016
À Bni Boublen, les visages sont tout à fait simples et familiers. Les fellahs vont au travail sans qu'on le leur dise ; ils sont faits pour ça. Ils sont sobres et mesurés dans leurs goûts. Mais ne leur demandez pas de plier l'échine. Bni Boublen est une vraie région de bonnes gens, qui ne se distinguent que par un trait : leur parler traînant. Mais chaque mot y est bien pesé. Chez nous le travail est assidu, l'oisiveté peu fréquente. Ce n'est qu'un endroit banal. Une poignée de gens qui n'ont rien d'extraordinaire. Mais presque tout ce qui fait l'Algérie est en eux.
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AsturiasAsturias   29 août 2010
"Omar avait fini par confondre Dar-Sbitar avec une prison. Mais qu'avait-il besoin d'aller chercher si loin? La liberté n'est-elle pas dans chacun de ses actes? Il refusait de recevoir de la main des voisins l'aumône d'un morceau de pain, il était libre".
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aouatef79aouatef79   13 janvier 2018
Nulle part au monde, à coup sûr, hommes n'ont été entourés d'une aussi grande sympathie que les Français , chez-nous . Et comment ont-ils répondu à cette amitié , qui était vraie et sincère , je l'affirme par le sol qui nous unit , comment ? Par l'indifférence simplement , le plus souvent par le mépris . Ils
n' ont pas voulu voir en nous des égaux . Et nous avons été traités avec mépris .Nous mettons , nous , du prix à l'amitié que nous accordons .
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Vidéo de Mohammed Dib
Mohammed DIB – Une Vie, une Œuvre : 1920-2003 (France Culture, 2004) L’émission "Une Vie, une Œuvre", par Catherine Pont-Humbert, diffusée le 13 juin 2004 sur France Culture. Invités : Naget Khadda, Habib Tangour et Noureddine Saadi.
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