AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330108273
Éditeur : Actes Sud Junior (22/08/2018)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Huit adolescents. Huit voix. Ils ne se connaissent pas mais ont en commun de rejeter les codes traditionnels de la société japonaise. Tous laissent entrevoir un furieux besoin d'imposer leur trace dans ce monde. A Ueno Park, ils vont se trouver réunis pour Hanami, le spectacle de l'éclosion des cerisiers.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  14 septembre 2018
Ce tout petit roman est en fait une succession de tranches de vie, celles de huit jeunes gens, filles et garçons, habitants à Tokyo et qui se trouveront tous au parc Ueno durant une journée pendant laquelle les cerisiers sont en fleurs.
Ces huit jeunes sont tous en marge de la société, pour des raisons différentes, une société extrêmement rigide et cadrée qui ne tolère pas que l'on sorte du rang.
Ces jeunes n'acceptent pas de devoir se plier aux règles établies. Parfois ignorés, craints, humiliés, regardés avec pitié, dégoût ou effroi, ils tentent tous de trouver leur place au sein de cette ville.
La diversité de leurs parcours est intéressante, entre un jeune SDF, une ado atteinte de leucémie, un garçon ayant vécu le traumatisme du tsunami, une autre qui sort avec des hommes pour de l'argent, un garçon qui se travesti…
J'ai beaucoup aimé ces récits courts, justes et très touchants, les jeunes y expriment des sentiments très bien décrits, poignants sans être exagérés, criants de vérité et qui en disent long sur la société japonaise.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
Walkyrie29
  22 août 2018
Huit personnalités, huit révoltes adolescentes, huit « moeurs » controversés au Japon où souvent tout est rigide, linéaire et sans travers ! Succinct mais efficace.
La culture japonaise est bien connue pour être dans une espèce de perfection permanente qui ne déborde jamais ou très peu, les rues sont propres, la population, pourtant nombreuse, ne se marche jamais dessus, il y a un réel dynamisme, les hommes au travail, les femmes ont généralement ce rôle de femme d'intérieur qui s'occupe du mari et des enfants, mariées avant un certain âge sinon rapidement cataloguées de vieilles filles ou mal vues dans une société fortement normée, une sorte de fourmilière géante, efficace, mais aussi profondément bornée. Étonnamment, c'est dans cette société ultra rigide que certains laissent place à une fantaisie excessive (il n'y a qu'à regarder leurs jeux télévisés), à un look coloré et sexy (K-Pop et autre business) ou encore à des idées trash (plongez dans les mangas hentaï du genre Urotsukidoji…), certainement une façon d'exorciser une pression souvent trop intense. C'est dans ce contexte que l'auteur à puiser ses idées pour écrire Ueno Park, sans critiquer le pays, mais plutôt en soulevant ce que peut cacher cette image de perfection, l'auteur dresse huit portraits d'adolescents en marge d'une société qui en demande beaucoup et qui laisse peu de place à l'émancipation et aux « hors normes ».
L'auteur a voyagé au Japon et en garde un souvenir impérissable, il en parle d'ailleurs de manière concise et succincte dans un prologue. Il est vrai que le pays du Soleil levant à sa manière émerveille par une histoire traditionnelle passionnante, attise les papilles par des spécialités culinaires folles et délicieuses, tout une culture, une langue, une histoire qui ne demandent qu'à être connues. Je suis personnellement attirée par ce Japon là, un peu moins pour celui qui codifie et inhibe sa population au point d'avoir quelques ratés psychologiques. le Japon, c'est aussi les sakuras, les fameux cerisiers en fleurs, magnifiques aux floraisons succinctes. Tous les ans, dans les parcs, est fêté Hanami, période au cours de laquelle les japonais et les touristes peuvent observer les jolies fleurs aux pétales roses pâles. Ici, l'histoire se passe à Ueno Park au coeur de Tokyo, capitale effervescente où huit jeunes gens se retrouvent à travers leur singularité. L'auteur pointe du doigt une jeunesse qui se cherche à travers huit personnages.
Ayumi est une jeune fille studieuse, première de la classe qui réalise un jour que ce n'est pas l'excellence qui rend heureux quand on est profondément seule. Après une période cloîtrée chez elle, elle décide de reprendre contact avec le monde extérieur en fêtant Hanami seule.
« Et je souris à ces vies que les fleurs de Hanami nous aident à célébrer. A ces vies qui nous manquent et que des vents contraires ont emporté trop tôt. A celles qui naissent, fleurissent et se dévoilent en plein soleil. A celles qui s'égarent et retrouvent leur chemin. Et à toutes celles, précieuses et pleines d'espoirs, qu'il nous reste encore à vivre. »
Sora est un jeune homme qui se sent profondément fille et en prend l'apparence au grand dam de ses parents qui jouent les aveugles, et subit chaque fois les moqueries et les regards haineux des uns et des autres intolérants.
« Je suis une fleur et je m'ouvre au regard de cette foule. Je me sens plus proche de moi que je ne l'ai jamais été. Dans ma vérité. »
Fuko est une jeune fille malade, atteinte de leucémie, se déplaçant en fauteuil roulant et que la vie épuise à petits feux. Elle vit ces derniers instants auprès d'une soeur aimante et pleine d'énergie !
« Tu m'as emmenée à l'endroit exact où nous ne mourons jamais. Celui des souvenirs. Au milieu des fleurs qui bercent les espoirs. »
Natsuki est une jeune fille qui joue de son sex appeal auprès des hommes d'âges mûrs pour gagner un peu d'argent, pas de sexe, juste de l'escorte, une oreille attentive et un profond dégoût pour ceux qui ont le monopole.
« Être une femme dans un monde d'homme. Une asphyxie lente te guette auquel il te faudra toute ta vie vie, être attentive. Pour ne pas devenir une ombre. Pour ne pas disparaître. »
Haruto est un jeune homme qui a perdu son père au cours d'un séisme. Aujourd'hui, il se retrouve à vivre dans l'ombre du père défunt pour faire plaisir à sa mère, en réalité il aspire à d'autres rêves.
« C'est ça mon rêve. Devenir musicien. Parcourir le monde. Rêver en grand. Vivre une vie que j'ai choisie. »
Daïsuké n'a pas fait d'étude et travaille dans une échoppe à pancakes et vit encore chez ses parents.
« Je suis celui qu'on ne voit pas, mais à qui l'on confie un sourire sur le chemin du parc. (…) C'est ma façon d'appartenir à cet endroit. Ma façon d'être utile aux autres. »
Aïri est une jeune fille névrosée qui attend patiemment l'arrivée de celui qu'elle aime sous un cerisier en fleurs.
« Les lettres de son prénom sont gravés dans ma chair. Je l'ai fait hier avec la pointe de mon compas. Makoto mon amour. Mon idole »
Nozomu est un jeune homme SDF qui a une famille qui l'attend quelque part, mais qu'il a préféré quitter pour des raisons financières.
« Nous ne somment les étrangers que d'un instant. Un instant de solitude, de peur, d'inconnu. Un sourire nous en délivre, une parole, un geste. Pour exister au creux de l'autre, se lier. »
Autant de personnalités, pour autant de réflexions sur l'individualité, ce qui fait ce que nous sommes, avec des questionnements sur la solitude, notre identité sexuelle, sur la vie, la maladie, la mort, mais aussi sur la place de la femme et de l'homme dans une société patriarcale, sur le regard des autres quand vous ne suivez pas une certaine linéarité, sur l'image de votre activité professionnelle, votre place dans une famille, et sur les échappées psychologiques destructrices, ces vies inventées par les adolescents pour échapper à leur quotidien, l'aspect financier au sein d'une famille, autant de thèmes qui touchent les adolescents japonais mais pas que. L'auteur décrit des personnalités bien marquées, avec toujours ce côté dramatique qui finit cependant toujours sur une note positive ou d'espoir. C'est plutôt bien fait, avec ce fil conducteur autour d'Hanami, ces tâches individuelles qui paraissent gangrener la société et qui finalement se révèlent plus lumineuses et porteuses d'ouverture d'esprit, d'acception et d'individualisation que tout autre chose. J'ai particulièrement apprécié la façon dont l'auteur finit son récit, la « boucle est bouclée ».
En bref, un roman qui narre huit tranches de vie de jeunes adolescents japonais en proie à des pressions qui les dépassent, à des codes sociétaires qui devraient les forger dans un moule et pourtant, ces huit jeunes nous ouvrent les yeux sur beaucoup de thématiques sensibles et sur une certaine liberté d'être ce que l'on est, le tout écrit avec une plume belle et sensible. Concis et efficace !
Je remercie les éditions Actes Sud Junior pour cet envoi et l'auteur Antoine Dole pour sa dédicace.
Lien : https://songesdunewalkyrie.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Lagagne
  19 octobre 2018
Huit portraits d'adolescents japonais, en marge de la société : une hikikomori (ado qui ne sort pas de chez elle), un travesti, une jeune leucémique, un sdf... Chacun a ses raisons pour vivre en marge, mais la pression sociale reste le principal problème. Un jeune homme quitte la maison pour soulager sa mère qui a trop à gérer, une jeune fille sort avec des hommes adultes, pères de famille, pour affirmer une domination qu'elle sait éphémère, un adolescent n'ose avouer à sa mère sa vraie passion et s'engouffre dans une destinée qui ne lui convient pas pour suivre les traces de son père...
Les portraits sont poignants, sonnent très juste. L'émotion me prenait à la lecture, et j'ai même versé ma larme. Antoine Dole nous rend vivant ces jeunes et le décor.
Je regrette simplement qu'il n'y ait pas plus de croisement entre ses portraits, ces jeunes se retrouvant tous dans le même parc, pour créer une plus grande cohérence, et moins cette impression de portraits côte à côte.
Commenter  J’apprécie          80
LesMissChocolatinebouquinent
  11 septembre 2018
J'aime beaucoup les romans qui paraissent chez ACTES SUD Junior. Des romans courts et surtout percutants et pertinents.

Antoine Dole emmène son lecteur au coeur d'Ueno Park, figure emblématique de Tokyo pour ces cerisiers en fleur. Hanani, fête traditionnelle et symbole éphémère du renouveau et du souvenir.

Tokyo, centre névralgique du Japon où modernisme et tradition se côtoient sans cesse. Vie rigoureuse et rigoriste, les cadres, petites mains, ouvriers, enfants et adolescents sont confrontés au résultat et à l'excellence. Il n'y a aucune pitié pour les plus faibles qui deviennent très vite des laissés pour compte.

Antoine Dole, grand observateur, narre avec justesse la vie de ses adolescents et adolescentes qui ne veulent pas être gangrénés par cette société misogyne et intraitable.

Au travers de 8 portraits, Dole prend le rôle de porte parole. de sa merveilleuse plume, il honore avec force le combat de ceux qui condamnent et aspirent à une vie meilleure.

Ayumi est une hikikomori. Un fantôme vivant entre deux mondes. La réalité ne dépasse pas l'écran de son ordinateur. Ses parents sont dans le déni de son mal être profond, de sa déprime. Pour sa famille, elle n'existe plus. Elle l'a déshonorée. Ce second Hanani sera peut être pour elle, la fenêtre tant attendue ouvrant sur de nouveaux espoirs et aspirations ?

Sora est un garçon pas comme les autres. C'est une sweet lolitas. Il se maquille, s'habille comme une fille. Ils sont nombreux à Tokyo et s'afficher est un affront à la société. Trouvera t-il à ce nouveau Hanani, l'apaisement qu'il cherche tant ?

Fuko est atteinte d'une leucémie. Son espérance de vie se compte maintenant en jour. En ce jour d'Hanani, il lui a été autorisée de sortir de l'hôpital et de profiter d'Ueno Park. Une liberté éphémère et salvatrice. Si elle est en paix avec la mort, l'inquiétude la ronge quant à sa jeune soeur, Kazué. Cette escapade sera t-elle un aussi bon souvenir ?

Natsuki est une jeune fille aux moeurs bien différentes inculquées aux jeunes filles. Elle pratique le Enjo Kosai. Une sorte d'escorte girl mais destinée à recevoir les pleurs, les lamentations des clients. Elle est mise face à toutes les émotions que le Tokyote cache par honte. L'argent ne fait pas le bonheur, elle rêve d'un monde où pleurer ne sera pas une preuve de faiblesse.

Haruto est le survivant d'une de ces catastrophes naturelles qui touchent tant le Japon. Avec sa mère, ils ont emménagé à Tokyo, loin du danger éminent. Ce jour terrible et tragique où il a perdu son père médecin, il s'est fait une promesse de suivre les traces de son père. Les années ont passé et il n'aspire plus à cette carrière. Hanuni permettra t-il enfin de révéler cette passion grandissante et incomprise à sa mère ?

Daisuke est fier de subvenir aux besoins de sa famille. faire des pancakes tout au long de la journée dans une misérable échoppe aux abords d'Ueno Park, n'a rien de dégradant. Si simplement les gens pouvaient le voir.

Aïri ne rêve que de rencontrer son idole, son amoureux. Elle l'attend dans le parc, sous la statue de bronze. Ses rêves seront-ils plus fors que les désillusions ?

Nozomu est parti de chez sa mère car elle n'arrêtait pas de travailler pour assurer un avenir meilleur à ses enfants. Il a fuit sans un mot, sans un au revoir, se promettant de trouver un travail honorable afin de l'aider. Seulement la rue l'a mangé sans préambule. Il erre, dépouillé de son humanité dans ce parc bien trop clinquant pour lui. Il observe ce monde grouillant uniforme. Quelques couleurs tapissent ce semblant de mascarade et l'unité est ainsi ballottée. Qui sait peut être qu'en un regard la vie peut basculer ?

J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Des portrait saisissants. J'ai adoré découvrir ces huit personnes uniques qui s'imposent dans ce monde fade.

UENO PARK invite à la découverte d'un monde qui ne tend qu'à être révéler. Il invite au voyage et au débat.

Ce Young Adult est à découvrir sans aucun doute !
Lien : https://lesmisschocolatinebo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
som
  01 octobre 2018
Ce recueil de huit récits réunit des adolescents japonais qui, chacun à leur manière, cherchent leur place dans une société pas si tendre avec sa jeunesse. Se retirer du monde, se dissimuler derrière un déguisement ou jouer à la poupée avec de vieux messieurs sont autant de tentatives pour briser ce mur invisible qui les sépare des autres. Ueno park, le grand poumon vert de Tokyo, incarne alors leurs aspirations et leur quête d'absolu, tandis que ses cerisiers recouvrent la capitale nippone d'un nuage rose tendre le temps d'un instant.
La succession des monologues apportent une grande intimité entre les personnages et le lecteur, même si la mécanique littéraire reste parfois trop visible.
Commenter  J’apprécie          80

critiques presse (4)
Culturebox   12 décembre 2018
Ce court roman propose une belle galerie de personnages, chacun son chapitre, tous traversés par des difficultés ou des peines, qui vont trouver dans le parc de Ueno à l'occasion de cette célébration de la renaissance une forme d'apaisement.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Ricochet   03 décembre 2018
Il y a dans ces textes et dans les personnalités des personnages d’Antoine Dole tant de justesse qu’on est comme sur un fil tout du long de ces presque 120 pages. Le sentiment d’être seul est très bien rendu et beaucoup de lecteurs adolescents se reconnaîtront certainement, à cet âge où l’on se cherche une place parmi tant d’êtres humains.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Liberation   30 novembre 2018
Les huit ados dont Antoine Dole sonde le cœur analysent leur solitude, l’un après l’autre. Ils se croiseront, se reconnaîtront, ou pas. Ils sont confrontés au destin qu’on a tracé pour eux.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   26 octobre 2018
Dans ce livre choral à destination des 14 ans et plus, Antoine Dole donne la parole à huit adolescents tokyoïtes. En quête d’identité face à une société rigide et conservatrice, tous convergent vers ce parc de la capitale japonaise à l’occasion de la floraison des cerisiers. Simple et profond.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   17 octobre 2018
Station Ueno. À la sortie de la gare, on aperçoit dans les hauteurs quelques branches d’arbres qui griffent le gris du ciel. De minuscules touches roses viennent aussitôt panser ces plaies qui déchirent les nuages. Des pétales, comme des points de suture sur la grisaille. C’est ce que je suis venue chercher, aux premières heures du jour. D’ici, je peux entendre les battements de coeur de la ville, l’énergie qui l’anime et tout ce qui la rend vivante.

Les odeurs de curry et de dashi recouvrent lentement celle de la bruine matinale sur le trottoir, tandis que les échoppes se préparent à l’ouverture. J’avance en regardant mes pieds. Un enchaînement de petits pas entre les taches d’ombre et de lumière qui se dessinent au sol. Dans le train que j’ai pris pour venir, une femme m’a dévisagée avec insistance. Elle devait être surprise que je ne porte pas l’uniforme d’une école alors que la rentrée scolaire a eu lieu il y a quelques jours. J’ai tourné la tête pour regarder au loin, à travers la vitre. Chez moi, on garde nos cris et nos secrets au fond de soi.
Ueno Park n’est qu’à quelques minutes de la gare. Je prends une grande inspiration et, avec elle, mes semelles avalent les derniers mètres pour me mener jusqu’à la grande place. Un cerisier immense accueille les visiteurs, à l’entrée du parc. Son tronc noir se tend vers les bâtiments du quartier comme pour leur dire de reculer, tandis que les fleurs sur ses branches se déploient dans le ciel, prêtes à s’envoler. Un éclatement de douceur contre le paysage de béton froid. Je me
retourne. Vu d’ici, Tokyo n’est plus cette capitale immense qui mâche les corps et les recrache. Cette ville qui m’a tant fait peur ces derniers mois semble retenir son souffle. J’entends sa voix au loin, les bruits de la rue se mélangent pour faire parler Tokyo.Mais qu’a-t-il à me dire ? Et après tout ce temps, suis-je encore capable de l’écouter et de le comprendre ? Ce matin, je suis partie avant que mes parents ne se réveillent. Je ne voulais pas qu’ils insistent pour m’accompagner. Tout au long du trajet qui m’a menée ici, j’ai la sensation d’avoir marché sur la pointe des pieds, en effleurant à peine le sol. À chaque pas, mon coeur sur le point de lâcher.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
BibaliceBibalice   29 juin 2018
“À la sortie de la gare, Ueno Park n’est qu’à quelques minutes. Un cerisier immense accueille les visiteurs. Un éclatement de douceur contre le paysage de béton froid. Vu d’ici, Tokyo n’est plus cette capitale immense qui mâche les corps et les recrache. Cette ville qui m’a tant fait peur ces derniers mois semble retenir son souffle. Tout au long du trajet qui m’a menée ici, j’ai la sensation d’avoir marché sur la pointe des pieds, en effleurant à peine le sol. À chaque pas, mon coeur sur le point de lâcher.”
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
mimo26mimo26   17 octobre 2018
Cela faisait exactement deux ans, trois mois et vingt-neuf jours que je n’étais pas sortie de l’appartement.
Devant moi, à perte de vue se déployait une vision de Tokyo qui ne voulait plus rien dire. C’était comme regarder le fond d’écran de mon ordinateur, l’image d’un lieu que je croyais connaître à force de le voir chaque jour mais dont je ne savais rien au fond. En deux ans, trois mois et vingt-neuf jours, j’avais perdu
le fil de mon quotidien d’avant, les visages, les connaissances, les endroits que j’aimais. Les rues se mélangeaient dans mon esprit, un capharnaüm de souvenirs auquel rien ne redonnait de sens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
mimo26mimo26   17 octobre 2018
Je serre contre moi le bentō que j’ai préparé, emballé dans un carré de tissu. C’est maman qui m’a appris à
le nouer correctement quand j’étais petite. J’imagine qu’elle pense que j’ai oublié ces moments discrets, lorsqu’un peu d’elle devenait subitement un peu de moi. Mais l’empreinte de ses coutumes et de ses gestes est restée. Je ne voulais pas venir ici les mains vides et me tenir là, en flottement, alors j’ai préparé ce repas. Il m’a surtout aidée à occuper mes pensées cette
nuit, quand je ne trouvais pas le sommeil et que ma décision de sortir me paraissait soudain irrépressible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
ValerielleValerielle   07 août 2018
Quand grand-père est décédé, j'ai compris ce qu'il avait voulu dire toutes ces fois et l'importance de ces moments passés ensemble, à contempler l'éphémère. C'est à cet endroit de nos cœurs qu'il continue d'être présent au monde.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Antoine Dole (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Dole
Vidéo de Antoine Dole
autres livres classés : japonVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Ce qui ne nous tue pas

Comment s'appelle les deux amies de Lola ?

Clémence et Cali
Lola et Simone
Juliette et Claire
Mathilde et Adélaïde

7 questions
15 lecteurs ont répondu
Thème : Ce qui ne nous tue pas de Antoine DoleCréer un quiz sur ce livre
.. ..