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EAN : 9782742737048
700 pages
Éditeur : Actes Sud (01/03/2002)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 137 notes)
Résumé :
Le dernier roman de Dostoïevski clôt la folle entreprise d'un traducteur et d'un éditeur initiée en 1991 : toutes les ?uvres de fiction du grand écrivain russe sont désormais disponibles dans la nouvelle traduction d'André Markowicz en collection Babel.
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Safaa_ALLAM
  05 avril 2018
Ça y est !
Maintenant, je fais partie des personnes ayant lu cette oeuvre majeure de la littérature universelle et je dois m'en féliciter.
Récit des plus imposants, en matière de volumes et de rebondissements, le génie* des frères Karamazov (1880) fait autour de 12 livres en 2 tomes (respectivement de 540 et 674 pages) ne me ménageait pas et je devais à chaque fois reprendre mon souffle littéraire de lecteur alors qu'il ne semblait en aucun moment en manquer.
C'est vrai qu'en terme d'émotions, l'histoire n'est pas des plus séduisantes, mais rien que réussir le pari de lire un ouvrage alambiqué, difficile à dénouer, notamment quand tous les sujets n'accrochent pas au même degré d'intensité, fait triompher une lecture jusqu'au-boutiste de qualité d'une autre légère et accessible.
Ici, Fiodor Dostoïevski (1821-1881) maître du suspense et du roman policier fait de sa dernière oeuvre son oeuvre (philosophique) la plus aboutie de tous les temps. A l'image de tous les russes, et probablement d'états d'âme et de l'évolution psychologique de l'auteur lui-même, il met de l'avant des personnages à caractères opposés, rivaux mais qui cohabitent.
Chaque figure est la porte-parole, le porte-fardeau d'une classe sociale, défenseure d'une idée. Aucun des personnages n'est gratuitement ou vainement inventé, même ceux de second plan. Tous sont la voix des courants de penséesexprimés dans la Russie de Dostoïevski – ces protagonistes qu'il se permet de désigner tantôt par leurs noms, tantôt et sans préavis par leurs diminutifs, mettant à la sellette le lecteur non aguerri à la culture russe.

…il s'intéressait assez vivement à l'affaire Karamazov, mais dans un sens purement général : en tant que phénomène classé, envisagé comme la résultante de notre régime social, comme une caractéristique de la mentalité russe, etc. p 504, tome 2
La fratrie Karamazov est accablée par le sort d'être les fils d'un vil vieillard, qui se permet toutes les débauches en clamant « périsse le monde pourvu que je me retrouve bien, moi seul ». Un individu ignoble dont on n'attend que le meurtre, un parricide qui qui n'advient qu'au 8ème livre, sans même s'en émouvoir.
Dimitri, l'aîné, est un lieutenant à la retraite. Abandonné par les deux parents, il est élevé par le domestique. Décrit comme un personnage téméraire, têtu, impatient et noceur, mais intérieurement noble et honnête. Au moment où se déroule le procès, il recueille contre lui tous les témoignages négatifs par ses relations déplorables avec les autres.
Ivan, est le personnage mystérieux du roman. Il est décrit comme l'homme intelligent, érudit, révolté, chez qui alternent les périodes de foi profonde avec le scepticisme. On le reconnait dans la formulation « S'il n'y a pas de Dieu, tout est permis », en soutenant les convictions athées et les appels au nihilisme moral. Entouré d'énigme, son âme est torturée au point d'imaginer un discours avec le Christ (Le Grand Inquisiteur, Tome 1), et dialoguer avec le Diable (Tome 2).
Alioucha, est un adolescent différent de la jeunesse avide de désordre de son époque. Pieux et modeste, ce fils cadet, a un grand coeur si réconciliant, que presque tous les personnages le retrouvent pour se confier. Disciple d'un grand starets, capable de sentir la souffrance des autres, de répondre à leur confiance, de les aimer inconditionnellement, il est là pour servir.
Probablement pour servir un thème qui lui est cher, celui de l'enfant trouvé, Dostoïevski crée le personnage épileptique, foncièrement triste et ingrat de Smerdiakov, fils illégitime de Fiodor Karamazov, dont la présence est nécessaire pour compléter le puzzle panoramique, humain et social de l'époque.
Reconnu comme le peintre des misérables, notamment des enfants (très présents ici) qui sontl'image de l'humanité souffrante et le symbole de la nécessité de changements dans la structure sociale, l'autour tisse la toile des moeurs de son époque autour de ces 4+1 portraits, où pratiquement et au final, personne n'est à blâmer ; avant de clore son travail sur un beau discours d'espoir.


*Un génie auquel je ne pense pas survivre une prochaine fois, que Les Possédés ne seront (malheureusement) pas lus!

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jullius
  23 décembre 2019
Peut-être le plus important roman que j'ai lu parmi tous ceux que j'ai lu bien sûr, mais aussi parmi ceux qui me restent à lire : car je ne peux imaginer qu'on puisse concevoir une oeuvre plus magistrale. Au XVIII siècle Kant disait que la philosophie pouvait se résumer à poser 3 questions : que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que m'est-il permis d'espérer ? Ces trois questions revenant finalement à se demander : qu'est-ce que l'homme. Trois questions, donc, qui cachent un mystère... Dostoïevski y répond avec l'histoire de ces 3 frères aux prises avec les interrogations de l'existence les plus fondamentales... et la résolution d'une énigme.
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Okenwillow
  01 octobre 2020
Voilà bien 3 semaines que je traîne les Frères Karamazov. Emploi du temps, épaisseur du pavé, autant de facteurs qui ne font que ralentir mon rythme. Mais qu'en est-il de ma motivation ? Cette traduction parues aux éditions Babel nous est présentée d'emblée comme LA traduction, l'ultime et l'idéale, la plus fidèle au texte de Dostoïevski. Soit, je veux bien le croire, le traducteur a du suer sang et eau pour pondre sa version. Malgré tout, on dirait que globalement il en a oublié son français, à force de vouloir coller au texte original. À moins que le russe ne soit pas traduisible. Je ne sais pas. Toujours est-il que des phrases d'un autre monde telles que brusquement
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Acerola13
  22 décembre 2013
Comment critiquer un tel roman sans redire maintes et maintes fois ce qui a déjà été dit ? Malgré certaines longueurs, les frères Karamazov ne lasse à aucun moment du récit, narrant la vie de trois frères passionnés, tous habités des sentiments les plus forts et les plus divers...Un chef d'oeuvre à tous les points de vue, on en vient à désespérer rencontrer de tels personnages dans notre propre vie....
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Pirouette0001
  09 juin 2013
Suite du premier tome. Que dire de plus. Si ce n'est que c'est grandiose. A lire absolument une fois dans sa vie.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   02 janvier 2021
La pièce d'entrée était meublée d'un billard avec un arrangement des plus bienséants, c'est à dire avec, même aux murs, des représentations de courses d'obstacles anglaises dans des cadres noirs, ce qui, comme chacun sait, est la décoration indispensable de toute salle de billard de célibataire.
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LutvicLutvic   27 avril 2019
Il était une fois une commère, mais méchante méchante, et elle est morte. Elle n'a pas laissé la moindre vertu à sa mort. Les diables, donc, ils la prennent et la jettent dans un lac de flammes. Et son ange gardien, lui, il reste là, il se demande : qu'est-ce que je pourrais me rappeler comme vertu qu'elle aurait eue, pour le dire au bon Dieu ? Ça lui revient, et il Lui dit, au bon Dieu : Un jour, il dit, elle est allée arracher un petit oignon dans son potager et elle l'a donné à une mendiante. Et Dieu lui répond : Prends-le, Il lui dit, ce petit oignon, tends-le dans le lac, qu'elle s'accroche à lui et qu'elle essaie de se hisser, et si tu arrives à la sortir du lac, alors, qu'elle entre au paradis, mais si l'oignon casse, alors qu'elle reste, la commère, là où elle est. L'ange accourt vers la commère, il lui tend, cet oignon : tiens, il lui dit, commère, accroche-toi, je te tire de là. Et le voilà qui commence à tirer, lentement, et il l'a déjà presque tirée tout entière, mais, les autres pécheurs, dans le lac, quand ils l'ont vue, qu'elle est en train de se faire hisser dehors, ils se mettent tous à s'accrocher à elle, pour qu'on les hisse dehors, eux aussi, avec elle. Et la commère, elle était méchante, mais méchante, elle commence à agiter les jambes : « C'est moi qu'on tire, pas vous, il est à moi, le petit oignon, il est pas à vous ». Et elle n'avait pas dit ça que le petit oignon, il a cassé. Elle est retombée, la commère, dans le lac, et elle y brûle encore. Et l'ange, il a pleuré, et il est reparti (Troisième partie, Livre septième : ALIOCHA, Chapitre III : « Le petit oignon », p. 55).
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   10 avril 2013
Le cinquième jour après le prononcé du jugement, vers huit heures du matin, Alioscha vint chez Katherina Ivanovna pour s’entendre avec elle au sujet d’une question qui les intéressait tous deux. Il avait d’ailleurs une prière à lui faire de la part de Dmitri.
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PingouinPingouin   27 juillet 2012
Et j'ai fait exprès, messieurs les jurés, de me tourner moi-même vers la psychologie pour vous montrer clairement qu'on peut en tirer ce qu'on veut. Tout le problème est de savoir qui s'en sert. La psychologie incite au roman même les hommes les plus sérieux, et, ce, tout à fait malgré eux. Je parle d'un excès de la psychologie, messieurs les jurés, d'un certain abus de la psychologie.
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TheAustenGirl33364TheAustenGirl33364   06 décembre 2014
-Tout le truc est là, que oui, j'ai tout mon esprit... toute ma crapule d'esprit, pareil que vous, là, et toutes ces... t-tronches ! fit-il, se tournant soudain vers le public. On a tué le père et on fait semblant qu'on a peur, marmonna-t-il avec un mépris ardent. On se fait des grimaces les uns aux autres. Les menteurs ! Tous, on la veut, la mort du père. Le premier serpent qui bouffe le deuxième... Il n'y aurait pas de parricide _ tout le monde serait fâché, on se quitterait en rage... Des spectacles ! "Du pain et des spectacles !"
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Videos de Fiodor Dostoïevski (51) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fiodor Dostoïevski
Hommage à Dostoïevski par Luc Durtin avec Madame Roubéssinski et Pierre Descaves. Première diffusion le 20 avril 1956 sur Paris Inter. Un grand russe du siècle : Fiodor Dostoïevski, auquel était rendu un hommage, en 1956, à l’occasion du 75ème anniversaire de sa mort, au Théâtre des Arts à Paris. Gens de théâtre, une belle voix russe, des comédiens interprétant des extraits de pièces (adaptation des romans : “L’éternel mari”, “Crime et châtiment”, et “Les frères Karamazov”…), oui, l’émission sera très théâtrale.
Thèmes : Littérature| Littérature Russe| Roman| Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Source : France Culture
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