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Éditeur : Editions des Syrtes (01/01/1900)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.64/5 (sur 191 notes)
Résumé :
La Sonate à Kreutzer : une affaire de famille ? Dès sa parution, en 1891, elle a déchaîné les passions, et les réponses littéraires de sa femme et de son fils rassemblées ici révèlent, de manière éclatante, les conséquences profondes de la crise morale et spirituelle de Léon Tolstoï, au cœur même de sa famille. De tous les ouvrages de Tolstoï, La Sonate à Kreutzer est sans doute celui qui dévoile, de la façon la plus remarquable, les paradoxes de son œuvre et de sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  20 mars 2017
Tolstoï a écrit cette nouvelle en 1891, après avoir entendu la sonate de Beethoven, qui l'a ébranlé (au passage, j'aime Beethoven mais, pas du tout cette oeuvre, tout comme la symphonie héroïque), et il n'y va pas de main morte!
En gros, si on résume, le mariage est à rejeter, la sexualité battue en brèche : l'auteur prône la chasteté, purement et simplement et tant pis si l'espèce humaine est vouée à la disparition pure et simple. On a d'un côté les prostituées, de l'autre l'épouse qui se doit d'être vierge et pour finir, le mariage qu'il considère comme de la prostitution légalisée.
En fait, le héros Posdnicheff est doté d'un ego surdimensionné, et ramène tout à lui, même leurs six enfants passent au second plan pour lui, à part son préféré. Ses réactions lorsque le médecin interdit à sa femme d'allaiter leur premier enfant donnent une idée de son mode de fonctionnement. C'est à ce moment-là que la jalousie maladive se manifeste pour la première fois. Les enfants sont cause de troubles dans le mariage.
« Oui, la jalousie ; la jalousie sans cause, c'est la condition de notre vie conjugale débauchée, et, durant tout le temps de mon mariage, jamais je ne cessai de l'éprouver et d'en souffrir. »
L'auteur a choisi la jalousie, la folie de son héros pour exprimer cette conception de la femme et du mariage et exprimer le dégoût, opposant la fornication à la chasteté, mais aussi pour montrer la montée en puissance de la violence, de la colère qui vont aboutir à la mort. Il peut ainsi, exprimer comment un esprit dérangé peut interpréter tout ce qu'il voit ou entend pour étayer son raisonnement vicié à la base.
La place occupée par la musique est très importante, elle aussi : tout d'abord, c'est par la musique que se rencontrent la femme du héros et le musicien Troukhatchevski, tous deux interprétant « la sonate à Kreutzer », elle au piano, lui au violon. Et la complicité dans la musique suffit à déclencher la jalousie du mari.
Ce qui m'a plu également dans cette nouvelle, c'est la manière dont on alterne le récit du héros (qui raconte les évènements en les réinterprétant, tentant de les expliquer), ce qui donne un rythme rapide, logorrhéique, et en écho, le narrateur qui essaie de calmer les excès, un récit à deux voix, comme la sonate.
Une lecture vraiment troublante. J'ai dû m'accrocher pour aller jusqu'au bout, tant l'opinion du mariage et de la femme du héros m'irritait. Au moment où il a écrit cette nouvelle Tolstoï traversait une période sombre, mystique. Elle a, du reste, été très mal accueillie par ses lecteurs. On imagine la réaction qu'a pu avoir sa femme!
La deuxième moitié est plus facile, probablement car il y a moins de théorie et qu'on est davantage entré dans l'action proprement dite. Cette lecture a été difficile, mais elle m'a plu. Je ne la conseillerais pas pour aborder l'auteur, car il faut être familiarisé avec lui. Cependant, je préfère la manière dont Dostoïevski aborde la folie.
Cette vidéo qui alterne la sonate et le récit est sublime :
https://www.youtube.com/watch?v=vqu84m3M4Qo
Challenge XIXe siècle 2017
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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LesPetitesAnalyses
  27 octobre 2019
La révolution numérique, cette mise en réseau de milliards d'individus, aura modifié notre communication à coup de hashtags, likes, followers et autres buzz. Avec l'avènement des réseaux sociaux c'est notre égo qui s'est vu démultiplié au détriment de notre esprit critique. Comme aurait dit Léon Zitrone “Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on parle de moi !” Ceci dit, ne crachons pas dans la soupe, Internet est un outil génial pour quiconque veut se faire le porte-voix d'une idée ou d'une opinion à condition de ne pas faire primer la forme sur le contenu.
Pourtant, si la Sonate à Kreutzer avait été publiée pour la première fois aujourd'hui, à l'ère du numérique, il y a fort à parier qu'elle aurait soulevé des débats houleux sur la possible misogynie qui la compose sans jamais aller voir plus loin dans le contenu et essayer de comprendre ce que cette nouvelle de Léon Tolstoï peut nous dire sur nous-même, notre rapport au couple ainsi que sur la place de la femme dans la société. Analyse.
Nous sommes en 1889, et dès le début de l'histoire, la vision du couple est au coeur d'un débat entre trois personnes dont une femme. Cette dernière a une version idéalisée de l'amour et semble coincée dans le carcan que la société de l'époque lui impose à son insu tandis que les hommes semblent plus au fait de ce qu'est réellement le couple. Cette dichotomie est accentuée par la misogynie d'un des hommes (le fameux Pozdnychev). Il prononcera, entre autre, une phrase lourde de sens, qui est pour moi une des clés de cette nouvelle de Léon Tolstoï:
“Que la femme craigne son mari !”
Cette parole est directement tirée de la religion chrétienne puisqu'il s'agit en fait d'une phrase de l'épître De Saint-Paul aux Ephésiens: “Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur.” Ainsi, puisque l'immense majorité des personnes est croyante en 1889, cette phrase agit tel un point Godwin qui clôt toute possibilité de débat sur l'émancipation réelle des femmes.
La place de la femme n'est pas le seul objet de cette nouvelle puisque le rapport à la sexualité est aussi passé à la moulinette religieuse. le personnage principal, Pozdnychev, veut passer de la débauche à la continence sexuelle sans jamais trouver le juste milieu. Est-il utile de rappeler que de vouloir passer à tout prix d'un extrême à l'autre, est le meilleur moyen de rester enfermé dans son problème? Et quoi de mieux que la religion pour jouer le rôle d'horizon indépassable dans cette problématique (sic):
“La passion sexuelle, quelle que soit la mise en scène qui l'entoure, est un mal, un mal horrible qu'il faut combattre, et non encourager comme on le fait chez nous. Lorsque l'Évangile dit qu'un homme qui regarde une femme avec convoitise s'est déjà livré avec elle à la fornication dans son coeur, il a en vue non seulement les femmes des autres, mais expressément, et surtout, la propre femme de cet homme.”
Au travers les mots de Pozdnychev, Tolstoï s'épanche sur sa vision de l'amour, du couple, des difficultés que cela engendre pour les deux partenaires, sur le conditionnement de l'être humain et de la place de la femme dans la société. Il est dommage que ses digressions intéressantes par leur thématique n'arrivent pas à s'affranchir d'une religiosité trop prégnante car certains propos – à contrario de ce que l'on vient de voir – sont toujours d'actualité. Je pense notamment à la critique acerbe qu'il émet sur l'émancipation des femmes via deux extraits:
“On parle de la liberté et des droits de la femme. C'est exactement comme si des anthropophages engraissaient des prisonniers pour les manger tout en assurant qu'ils s'inquiètent de leurs droits et de leur liberté.”
“Aujourd'hui, on s'émancipe, on lui accorde tous le droits de l'homme, mais on continue à la considérer comme un instrument de jouissance, on l'éduque dans ce sens dès l'enfance et par l'opinion publique. Aussi reste-t-elle une esclave, humiliée, pervertie, et l'homme reste un possesseur d'esclaves corrompu”
En lisant ces quelques lignes, comment ne pas faire le parallèle avec la place de la femme actuellement. Et spécifiquement à ces femmes qui pensent être libres parce qu'elles mettent des photos d'elles sur un réseau social tout en respectant, quasi à la lettre, ce que la société patriarcale veut d'elles: Cheveux lissés, sexy, à la dernière mode, mais jamais totalement satisfaite de leur corps, asservie aux diktats en vigueur. En dressant ce constat, faut-il préciser que ces femmes sont bien les victimes d'un système.
En conclusion, il me semble que la Sonate à Kreutzer de Tolstoï mérite d'être lue car elle nous apporte des éléments de réflexions supplémentaires quant aux rapports femmes-hommes mais aussi sur l'héritage qu'a laissé la religion dans nos sociétés au mieux athées. C'est sans doute cet héritage (soumission de la femme, détestation du corps, relation au sexe déséquilibrée, etc.) que nous continuons à trainer sans nécessairement nous en rendre compte.
Lien : https://lespetitesanalyses.c..
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PiertyM
  27 mars 2014
Très émouvant, poignant, cru... mais autour des mots violents et des pensées radicales, le fantôme de la sonate m'a fait lire le livre avec passion ...
Le narrateur est en train de voyager dans un train où éclate une discussion sur le mariage. Certains approuvent l'idée de se marier, d'autres par contre la repoussent de même que notre narrateur. A côté, un homme est sensible à ce sujet, il retient sa langue avec pression. Cet homme, c'est Pozdnychev, il se sent torturé, persécuté par son égo. Il finit par parler à notre narrateur et c'est le début de tout un torrent de paroles qui vont illustrer une histoire tragique de couple...
Une histoire où le mariage est au départ comme d'habitude une joie pour ceux qui s'y engagent. Mais plus le temps passe, plus la joie s'atrophie laissant place à des nombreuses découvertes entre les mariés, le plus souvent des découvertes surprenantes, puis arrivent des frustrations. On tombe dans l'ennui, les inquiétudes perpétuelles, les cris de coeur où une solution parfois s'avère une urgence: tomber dans l'adultère ou simplement divorcer. C'est à ce niveau que le récit de Pozdnychev prend sa tournure car pour adultère, celui-ci a tué sa femme...
Un livre que j'ai beaucoup aimé! Je l'ai lu au rythme du récit qui lui même s'accroche à l'état d'esprit du personnage Pozdnychev,!
A lire évidemment!!!
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Gwen21
  24 novembre 2018
Alors là, si je m'attendais à ça ! Et pourtant, je ne devrais pas être surprise quand on connait les opinions du père littéraire d'Anna Karénine.
"La sonate à Kreutzer" est une oeuvre que je ne connaissais que de nom et je pensais qu'à travers ce roman, il me serait une nouvelle fois offert de vivre l'extraordinaire dimension russe de la littérature par le spectacle intime, comme c'est souvent le cas, d'une vie de famille ou de la relation d'un couple. Mais s'il est bien question en effet des rapports matrimoniaux d'un couple, on est très loin du roman.
"La sonate à Kreutzer" est un texte incisif et accusateur, particulièrement cru pour l'époque, et que je considère non pas comme un roman mais comme un manifeste social. Certains chapitres s'apparentent à des sentences et sentent le brûlot et le pamphlet. Une fois revenue de ma surprise, comme j'ai admiré le courage et la verve de l'auteur, comme j'ai apprécié ses réflexions et ses analyses exprimées à travers la bouche de son narrateur.
Il y a du féminisme et du nihilisme dans cette oeuvre qui a dû déranger beaucoup de monde. La place de la femme, de sa puberté à sa qualité d'épouse, en passant par son statut de mère, est décrite avec modernité, et avec une justesse qui frôle le cynisme.
Complètement improbable ; totalement remarquable.

Challenge Globe-trotter
Challenge XIXème siècle 2018
Challenge des 50 Objets 2018 - 2019
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ninamarijo
  17 décembre 2015
Cette longue nouvelle, la Sonate à Kreutzer a été publiée, en 1889.
Au cours d'un voyage en train une discussion s'engage entre les passagers, il s'agit d'un débat sur le mariage, l'amour, le sexe, les tromperies et les divorces…
Un des voyageurs, Pozdnychev, jusque là taciturne, raconte alors sa vie au narrateur de cette nouvelle. Jeune, il mena une vie de Don juan aux conquêtes féminines multiples, une vie de débauche auprès des prostituées puis, un jour, enfin il se marie. Il pense enfin, avoir trouvé le bonheur…Jusque là c'est classique ! Cependant, il déchante, son couple se défait, les relations deviennent violentes et tourmentées, la jalousie s ‘installe.
Le mariage, dit-il est une institution tourné vers les plaisirs charnels, la satisfaction sexuelle, la débauche et la dépravation où la jalousie engendre les pires tourments, et finalement mène à la folie.
Quand Tolstoï écrit cette nouvelle, il s'interroge sur le sens de sa vie, il est en pleine crise mystique ; c'est un homme amer et déçu par le mariage. Il prend, ici, un ton moralisateur, et pour le salut de nos âmes prône l'abstinence même dans le mariage.
Tolstoï arrive à nous étonner par sa conception du mariage tout cela est bien noir ! L'étude psychologique de la séduction est terriblement contemporaine. Tolstoï a aussi, le sens du suspens le récit va crescendo jusqu'à la colère meurtrière du mari trompé.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   23 novembre 2018
- Vous demandez comment l’humanité pourrait se perpétuer ? finit-il par dire en se plaçant en face de moi et en posant ses coudes sur ses jambes largement écartées. Est-il bien nécessaire qu’elle se perpétue, l’humanité ?
- Mais autrement nous n’existerions pas.
- Et pourquoi faut-il que nous existions ?
- Pourquoi ? Pour vivre !
- Pour vivre ? [...] Jugez-en : si le but de l’humanité est de réaliser le bonheur, la bonté, l’amour, – à votre choix, – si le but de l’humanité est, comme il est dit dans les Prophètes, l’union de tous les hommes dans l’amour, la transformation des lances en faucilles, etc.…, quel est l’obstacle à cette union ? Il est dans les passions. Et parmi les passions, la plus forte, la pire, la plus tenace, est la passion charnelle. Quand on aura réprimé les passions et, avec toutes, la plus violente : l’amour charnel, la prophétie se réalisera, l’union entre les hommes s’établira, et l’humanité, ayant atteint son but, n’aura plus de raison d’exister. Mais tant que l’humanité subsiste, un idéal la dirige ; non, certes, l’idéal des lapins ou des porcs : se multiplier et croître ; ni celui des singes et des Parisiens : la jouissance raffinée des plaisirs charnels, mais l’idéal de bonté qui ne saurait être réalisé que par l’abstinence et la pureté. C’est l’idéal que les hommes ont toujours visé et visent encore…
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Gwen21Gwen21   30 novembre 2018
- Remarquez la manière dont se font les mariages. Qu’est-ce qui devrait être plus naturel ? La jeune fille est nubile, il faut la marier ; rien de plus simple. À moins d’être un laideron, elle trouvera des soupirants. Dans l’ancien temps, quand la jeune fille atteignait l’âge voulu, les parents la mariaient. Cela se passait ainsi et se passe encore ainsi dans le monde entier, chez les Chinois, les Hindous, les musulmans, chez nos paysans et en somme dans les quatre-vingt-dix-neuf centièmes de l’humanité. Un centième à peine, nous, gens corrompus, avons trouvé mauvaise cette façon de procéder et nous avons cherché autre chose. Nous avons trouvé quoi ? Les jeunes filles sont exposées comme en foire où les hommes ont entrée libre pour faire leur choix. Les jeunes filles sont là et pensent, sans oser le dire : "Prends-moi, chéri ! Moi, non pas elle ! Vois mes épaules et le reste." Nous, hommes, nous passons et repassons, nous les examinons, et sommes tout satisfaits de penser : "Je sais, je sais, je ne me laisserai pas prendre." Qu’on ne se gare pas assez, pan ! on est pris !
- Mais, lui dis-je, comment en pourrait-il être autrement ? Voulez-vous que ce soient les jeunes filles qui fassent la demande en mariage ?
- Est-ce que je sais ? Mais s’il est question d’égalité : que l’égalité soit réelle. On a trouvé honteux les marieuses et les médiateurs : notre système est mille fois pire. Là, les droits et les espérances sont égaux ; ici, la femme est une esclave qu’on offre ou un appât dans un piège ; ce qu’on appelle « faire son entrée dans le monde », n’est simplement qu’une chasse au mari. Dites toute la vérité à une mère ou à sa fille, c’est-à-dire que leur unique préoccupation est la chasse au mari : vous les offenserez gravement. Cependant, c’est leur seul but, elles ne peuvent en avoir d’autre. Et ce qu’il y a de plus terrible, c’est qu’on voit de toutes jeunes filles, naïves et innocentes, qui font ces choses en ignorant ce qu’elles font.
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Gwen21Gwen21   22 novembre 2018
- [...] L’absence des droits de la femme n’est pas dans la privation du droit de vote ou du droit de magistrature, mais dans ce que, en ses relations sexuelles, elle n’est pas l’égale de l’homme, elle n’a pas le droit d’user de l’homme et de s’abstenir, de le choisir au lieu d’être choisie. Vous dites que ce serait abominable, bon ! Mais alors que l’homme n’ait pas non plus ces droits, tandis que sa compagne en est privée et se trouve forcée d’agir par la sensualité par laquelle elle domine, de telle sorte qu’il en résulte que l’homme choisit "formellement", tandis qu’en réalité c’est la femme qui choisit. Dès qu’elle est en possession de ses moyens, elle en abuse et acquiert une suprématie terrible.
- Mais où voyez-vous cette puissance exceptionnelle ?
- Où ? Mais partout, dans tout. Allez voir les magasins dans une grande ville. Il y a là des millions, des millions. Il est impossible d’estimer l’énorme quantité de travail qui s’y dépense. Dans les neuf dixièmes de ces magasins y a-t-il quoi que ce soit pour l’usage des hommes ? Tout le luxe de la vie est demandé et soutenu par la femme. Comptez les fabriques, la plus grande partie travaillent à des ornements féminins ; des millions d’hommes, des générations d’esclaves meurent dans des travaux de forçats uniquement pour les caprices de nos compagnes.
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Gwen21Gwen21   26 novembre 2018
- [...] L’esclavage de la femme est uniquement dans le désir des hommes d’en faire un instrument de jouissance, désir qu’ils estiment parfaitement justifié. On émancipe la femme, on lui octroie des droits égaux à ceux de l’homme, mais on l’envisage toujours comme un moyen de plaisir. Elle est élevée dans cette idée depuis l’enfance, et l’opinion générale l’y confirme. C’est ainsi qu’elle continue à demeurer une esclave soumise et dépravée, tandis que l’homme reste l’éternel maître débauché. On émancipe la femme en lui facilitant l’accès à l’Université, au Parlement, mais on continue à la traiter en objet de volupté. Apprenez-lui, comme on le fait, à croire qu’elle l’est, et elle demeurera toujours un être inférieur. [...] Seule la modification de l’idée que l’homme se fait de la femme et de celle-ci sur elle-même pourrait y apporter un changement.
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aouatef79aouatef79   22 avril 2017
La conclusion qu' on peut en tirer , c' est qu' il faut cesser de penser que
l' amour charnel est quelque chose de particulièrement noble , et qu' il faut
comprendre qu' un but digne de l' homme , que ce soit le service de l' humani-
-té , de la patrie , de la science , de l' art ( sans parler même du service de Dieu ) , quel qu' il soit , du moment que nous le jugeons digne de l' homme ,
ne s' atteint point au moyen de l' union avec l' objet aimé dans le mariage où
en dehors du mariage ; au contraire , l' amour et l' union avec l' objet aimé
( quelque effort qu' on fasse pour démontrer le contraire en vers et en prose)
ne facilite jamais la poursuite d' un but digne de l' homme mais le rend toujours plus difficile .
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Videos de Léon Tolstoï (53) Voir plusAjouter une vidéo
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