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EAN : 9782756026541
410 pages
Delcourt (04/05/2011)
4.01/5   36 notes
Résumé :
Will Eisner raconte comme personne sa vie à Big Apple, une ville qu'il a vu grandir et changer au fil des arrivées massives de migrants de toutes origines sociales, religieuses et géographiques. Un chef d'oeuvre ! Will Eisner fait de New York et de ses habitants les personnages d'une pièce de théâtre plus grande que nature. Muets ou diserts, instantanés ou développés en plusieurs planches, l'auteur révèle toute la finesse et l'intelligence dont il savait faire preuv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Adossé à un réverbère au coeur de la ville, un vieil homme semble être absorbé par son carnet à dessin.
Will Eisner, lui-même, se met fugitivement en scène dans ce carnet de notes sur les gens de la ville.
New-York !
Will Eisner ressent la ville, à un point tel, qu'il parvient à redonner vie au plus invisible de son peuple.
Et, même si ce superbe roman graphique, par son universalité, pourrait se situer dans n'importe quelle autre grande cité ; l'âme de New-York porte en elle un relief et un pittoresque que seul le crayon d'Eisner a su saisir.
C'est bien de New-York dont il s'agit là !
Les portraits des personnages se mêlent aux décors.
Le gris est de mise, judicieux et indispensable.
Will Eisner raconte ici des histoires, des histoires qui s'attardent ou pas sur des destins croisés.
C'est parfois très courts, une planche ou deux.
C'est quelquefois plus long.
Le dessin est splendide.
Il est plein d'humanité, de mouvement.
Le tout est un petit chef d'oeuvre de croquis pris sur le vif, volés à l'imagination vagabonde de leur auteur.
Des mouvements de vie, des sensations, Will Eisner est un fin observateur, un poète apitoyé.
Mais pour autant la sensiblerie n'a pas ici sa place.
Et, même lorsqu'il use d'une touche de fantastique, en faisant par exemple resurgir dans son récit quelques fantômes du passé, c'est pour mieux saisir la réalité.
Eisner est un conteur. le dessin n'empêche pas les mots.
Les mots semblent ici même provenir du dessin.
Et du titre aussi, car Will Einer possède l'art du titre.
Déjà dans le Spirit, il s'en amusait.
Dans l'oeuvre d'Eisner, le terme de roman graphique prend tout son sens.
Le récit est est servi par un magnifique trait de crayon qui insuffle le mouvement, qui déchire l'invisibilité et l'anonymat dans lequel, avant lui, étaient plongés ses personnages.
Pincus Pleatnik en est le symbole même, lui qui croyait se protéger en n'étant personne.
Mais, malheureusement pour lui, un 4 novembre au matin, le journal, en annonçant son décès, fit prendre à son existence un tournant tragique.
Les personnages de Will Eisner sont attachants.
Cet album, paru chez Delcourt en 2018 est une réédition intégrale des trois albums : "la ville", "les gens" et "l'immeuble".
Elle est additionnée d'un carnet de notes sur les gens de la ville, d'une postface de Neil Gaiman, de quelques notes de l'éditeur et de deux histoires : "le pouvoir" et "combat mortel".
C'est une belle réédition, la mise en valeur réussie d'un petit chef d'oeuvre puissant et intemporel ...
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Pour Will Eisner, New York a été une source d'inspiration inépuisable. Sa ville de naissance a notamment été le théâtre de son recueil de nouvelles Un pacte avec Dieu, publié en 1978 et considéré par beaucoup comme un des albums de BD qui ont marqué le 20ème siècle. Entre 1981 et 1992, l'auteur du Spirit remet le couvert. Avec La Ville, L'immeuble et Les gens, il créé une trilogie New-Yorkaise qui fera date.

Le premier titre, La Ville, n'est pas à proprement parler un roman graphique. Il s'agit plutôt d'une série de « photographies » bâties autour d'éléments clé qui constituent sa vision d'une grande ville : les grilles d'aération, les perrons, le métro, les déchets, le bruit, les bouches d'incendie, les égouts, les murs, les fenêtres... Eisner y décline en une succession de saynètes brèves, souvent sans texte, des petites fictions censées selon lui représenter l'essence même de la grande ville telle qu'elle est vue par ses propres habitants.

Avec L'immeuble, l'auteur convoque les esprits de quatre personnes ayant vécu dans un immeuble aujourd'hui détruit. Il raconte ces vies « fantomatiques » dont le destin est resté intimement lié au lieu qu'elles ont habité.

Les trois nouvelles qui composent Les gens, dernier tome de la trilogie, sonnent comme un constat sombre et désespéré : aujourd'hui plus que jamais, la ville est peuplée de gens invisibles. Un univers kafkaien où le rythme de vie frénétique des citoyens ne laisse aucune place aux existences individuelles.

Si vous ne connaissez pas Will Eisner, un des plus grands maîtres de la BD mondiale, c'est l'occasion rêvée de le découvrir. En regroupant pour la 1ère fois cette trilogie dans une intégrale, les éditions Delcourt offrent à leurs lecteurs un magnifique cadeau. L'auteur propose une vraie leçon de BD. Un trait souple et doux d'une grande expressivité, un noir et blanc maîtrisé avec pour seule couleur une encre diluée qui offre différents ton de gris du plus bel effet. Et puis que dire de ce découpage ? Eisner possède un art consommé de l'ellipse, cet espace invisible entre deux cases permettant au lecteur de construire mentalement une réalité globale et continue qui constitue l'essence même de la bande dessinée. Mais au-delà des qualités purement techniques de cette trilogie, il y a dans les différentes nouvelles une force narrative absolument remarquable.

Ce pavé de 400 pages est plus qu'une simple intégrale regroupant trois titres distincts. C'est une oeuvre cohérente offrant le regard porté par un artiste sur sa ville. Pour moi, une lecture indispensable si l'on souhaite parfaire sa culture bédéistique.
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Plusieurs personnes dans mon entourage sont fascinées par les Etats-Unis et notamment par la ville de New York… ce qui n'est absolument pas mon cas. Trop de monde, trop de bruit, trop de pollution, trop de stress, trop de trop. Alors pourquoi avoir emprunté cette trilogie ? Ce sont les illustrations des trois couvertures qui m'ont intriguée et séduite. Et j'ai bien fait de sauter le pas car j'envisage maintenant d'acquérir l'intégrale pour l'ajouter à ma propre collection.
Will Eisner revient sur le quotidien de cette grande ville, véritable fourmilière sans cesse en activité. Il choisit quelques personnages et dépeint tantôt rapidement un mini-épisode du quotidien, tantôt l'aventure d'une vie résumée sur une poignée de planches. Qu'elles m'aient fait sourire ou m'aient émue, chacune de ces – plus ou moins longues – aventures a su me toucher. Pendant quelques (dizaines) de minutes, chaque individu sort de la masse pour devenir un personnage unique. J'ai franchement ri aux mésaventures subies dans le métro bondé (même si Lyon ne peut être comparé à New York, les métros bondés et toute la faune qui y évolue, on connait !), j'ai aimé découvrir les quatre vies qui ont gravité autour d'un vieil immeuble avant (et après) sa démolition, j'ai été touchée par le devenir de ces deux jeunes couturières prisonnières du feu… Autant d'histoires, de peintures, de souvenirs… que de personnages.
J'ai cru lire à plusieurs reprises que les critiques reprochaient à Will Eisner un aspect trop larmoyant. Ce n'est évidemment pas joyeux mais plus que larmoyant, j'ai trouvé l'ensemble très juste, authentique. Et particulièrement marquant. Je serais vraiment très heureuse de pouvoir relire l'intégrale, à l'occasion (d'où mon envie de la faire entrer dans ma bibliothèque).
Encore une fois, l'auteur-illustrateur fait le choix du noir et blanc. Et vraiment, j'adhère. J'ai trouvé les illustrations magnifiques, qu'elles soient de taille réduite dans les vignettes ou que l'on puisse en profiter en pleine page. Les jeux d'ombre et les détails sont sublimes. Un trait de génie, à mon humble avis !
Lien : http://bazardelalitterature...
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Superbe découverte d'un pionnier de la bande dessinée qui a développé cet art comme un mode d'écriture en soi et a été le premier à créer le "roman graphique".
Superbe album, plein de petites histoires sur la ville et les gens. Toutes les scènes, les croquis, les histoires se déroulent à New-York, mais sont universelles lorsque Will Eisner parle de la solitude, de l'indifférence, des phénomènes de foule mais également lorsqu'il décrit les rues comme un petit village, les relations de voisinage. Certaines histoires sont très pessimistes, d'autres avec plein d'humour. C'est un album à déguster petit à petit, à petite dose. Encore un grand nom et un grand dessinateur qu'il faut découvrir et qui nous amène à une saine réflexion sur notre relation aux autres en tendant un miroir sur nos vies de citadins.
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Relativement partagé sur ce livre, qui raconte différents récits et saynètes en lien avec la vie dans une grande ville. D'ailleurs, comme l'auteur le dit lui-même dans l'introduction, son ouvrage ne parle pas tellement de New-York que de toutes les métropoles du monde.

J'ai beaucoup apprécié le style d'Eisner et ses dessins, que j'ai trouvé très bien réalisés. Plusieurs histoires sont plutôt drôles et illustrent bien la réalité de la vie urbaine (le métro, le rapport avec les gens, l'urbanisme, etc.).

Par contre, certains récits m'ont déplu. Eisner alterne parfois entre un ton "tarte à la crème" et une tonalité franchement glauque, surtout à la fin du livre. On peut y suivre une descente aux enfers d'un personnage, des morts horribles, etc. J'ai refermé le livre avec un drôle de goût pour cette raison.

Je pense qu'il faut garder de côté les histoires plutôt amusantes et mettre à part le reste. Dans ce cas, le livre est appréciable.
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critiques presse (3)
Bedeo
30 janvier 2019
Big City, ou New York Trilogie, est peut-être le chef d’œuvre, représente en tout cas la quintessence du travail de Will Eisner. En effet, si son œuvre est grandiose, ce n’est pas parce qu’elle évoque les célèbre gratte-ciels ou la hauteur de la Big Apple, mais bien parce qu’elle a su trouver la beauté, le rire et la peine, à vrai dire l’humain, dans les rues, souterrains et caniveaux de cette gigantesque métropole.
Lire la critique sur le site : Bedeo
ActuaBD
22 janvier 2019
Will Eisner, un des pionniers du comic book américain, continue d'inspirer et d'émerveiller les lecteurs. Son talent narratif incomparable, son souci de porter un message éducatif pertinent, persiste au fil des rééditions. C'est le propre des chefs d'oeuvre.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Sceneario
04 décembre 2018
Je passerai des heures à vous raconter tout ce qu'il y a dans ce bouquin tant il est riche...
Un chef d'oeuvre qu'il faut lire et à avoir dans toutes bonnes bibliothèques.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Où existe-t-il une ville sans murs pour abriter son âme, étouffer ses cris et chorégraphier la danse de sa vie ?
Si les murs sont là pour protéger et exclure, ne servent-ils pas aussi à contenir et emprisonner ?
Alors servent-ils à aimer ou bien à haïr ?
Tant il est vrai que les murs ne sont pas érigés par la nature ...
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Vivre dans une arène surpeuplée influe sur le mental ...
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