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EAN : 9782330134884
140 pages
Actes Sud (08/04/2020)
3.91/5   23 notes
Résumé :
Roman en douze chapitres qui évoque plusieurs périodes de la vie de l'auteur.
Un livre tel un requiem où l'on trouve la quintessence de l'oeuvre d'Asli Erdogan, qui parvient une fois encore à transmuer le réel, à imposer au lecteur le sentiment qu'il n'est plus que vibration face à un pays, une ville, et l'exil.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
DoubleMarge
  21 octobre 2020
Asli Erdoğan a rédigé ce texte durant son exil en Allemagne. Seule une prose poétique pouvait nous dire le bleu nuit d'Istanbul mêlé de boue et d'or, et nous convier à suivre les méandres du coeur pour mieux capter l'indicible des mots, ces mots qui expriment avec pudeur le chaos du monde.
« Les mots s'approchent de la nuit en silence, hésitant à briser la rondeur du sommeil (…) ils parcourent la nuit des hommes (…) traversent d'interminables rues, les sentiers brûlants des enfers… Et les voilà qui traversent ma nuit, telles des comètes éteintes, portant sur eux le poids du monde, dans l'accomplissement de ses mille destins. »
Bien qu'il soit rédigé à la première personne, c'est notre humanité que convoque ce texte, ce qui nous compose, nos origines, la nuit qui a précédé notre naissance et celle qui nous entoure. Pour l'auteure, il y a nécessité d'écrire « le labyrinthe de la nuit », la solitude, la peur de l'abandon. « J'écris. J'écris afin de pouvoir continuer de croire qu'existe en moi un être qui jamais ne m'abandonnera, ni ne disparaîtra. Je tisse des murs de mots pour clore les brèches de l'existence. » du fond de la nuit, parfois, surgit une lumière, inattendue, comme cette simple inscription sur un ticket de caisse : « Je te souhaite une belle journée et un bel été (…) J'ai souri comme je n'avais pas souri depuis des années, un sourire étincelant, rayonnant de bonheur. »
Les pensées d'Asli Erdoğan errent dans les ruelles de Galata, « artères de la vie, couleur de coeur, aux innombrables destins coagulés ». L'aube n'est pas loin et même si « le monde, lui, ne semble pas encore avoir fini sa nuit », la lumière est là « qui dit que tout est infiniment beau… »
Elisabeth Dong pour Double Marge
Lien : https://doublemarge.com/requ..
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Unhomosapiens
  20 octobre 2020
« Voici la dernière heure, l'heure du vent et des morts. » 3ème livre que je lis d'Asli Erdogan. Et j'aime toujours autant. C'est une poésie de la dénonciation, de la mort, de l'outrage, mais aussi de la vie. Dans le chapitre « Les masques de Narcisse » ou dans ses « lettres d'adieu », l'auteure s'y révèle toujours plus, s'analyse. Elle s'interroge sur la vie, sa vie, ses choix, son destin, sur son travail d'écrivain. C'est en fait un recueil de plusieurs textes, paru en Turquie en 2009 et paru en France seulement cette année. Elle y évoque aussi Galata, l'un des quartiers historiques d'Istanbul, sa ville natale, sa ville de coeur. Les chapitres son courts mais très denses. C'est une poésie en prose qui se lit avec attention. Chaque mot nous emporte, nous élève. Un grand merci au traducteur. C'est magique.
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Il_voyage
  26 mars 2021
Un rendez-vous manqué comme cela peut parfois arriver ...
Tout était pourtant réuni, du nom de l'auteure, Asli Erdogan, à la maison d'édition, Actes Sud, en passant par un titre et une quatrième de couverture attirants.
Et puis, j'ai eu du mal à rentrer dans le livre, à faire corps avec lui. Sans doute pas le moment.
Je suis resté un peu à l'écart des si belles pages d'Asli Erdogan. Parce que la langue est belle même si parfois trop peu "concrète" pour moi.
Et parallèlement, c'est ce mystère qui fait aussi tout le sel du livre. Qu'au final, malgré le titre, "Requiem pour une ville perdue", je vois comme une déclaration d'amour et un cri d'espérance, celui d'une femme qui vit en exil et se languit de sa ville, de sa vie passée, d'Istanbul, sa ville perdue.
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Zazie13
  10 juin 2020
Asli ERDOGAN partage ses réflexions, son désarroi pour sa ville, son quartier et son pays perdu à la dictature.
Ces textes issus du Tréfonds de ses entrailles sont des cris de souffrance que la poésie, les métaphores orientales qu'elle utilise, transcendent en beauté. Ces textes transpirent la nécessité existentielle de l'écriture pour cette écrivaine turque en exil.
Asli ERDOGAN était physicienne puis ses tourments et son engagement politique dans un pays perdu à la liberté d'expression, l'ont conduite au journalisme, « au bâtiment de pierres » la prison puis à l'exil pour échapper à l'arbitraire.
Un livre à lire de toute urgence tant il est cuisant de beauté 😍
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Chloe55
  11 mars 2022
De la poésie en prose ! J'ai goûté les mots d'Asil Erdogan comme on sirote un bon vin, lentement, pour faire durer le plaisir... Mais je dois avouer que certains passages m'ont paru bien longs, trop déclamés. Ce qui me laisse un sentiment mitigé sur ce livre. Il faudra peut-être en reprendre la lecture plus tard pour mieux l'apprécier ?
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critiques presse (2)
LaPresse   27 juillet 2020
Requiem pour une ville perdue est un livre intense, comme son autrice, qui se déguste par petites bouchées et qui se médite longtemps après.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   03 juillet 2020
L’écrivaine turque dit la douleur de l’exil et celle de son pays de moins en moins libre dans un livre inclassable et envoûtant.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
UnhomosapiensUnhomosapiens   12 octobre 2020
Tu t'ouvres aux funestes sentiers de la nuit, à ses obscurs rougeoiements. Hors d'un long puits tu t'éveilles aux ténèbres, à ce destin dont tu as tant retardé l'avènement. L'horizon où plonge ton regard est imaginaire, et le vent qui souffle de la mer, si violent qu'il sèche toutes tes larmes. Il fait claquer à toute volée les portes du passé derrière toi.
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oiseaulireoiseaulire   07 avril 2021
Et elles sont arrivées. Une par une, de tous côtés, lentes comme dans un songe... Femmes surgies des grottes, des vallées, des cauchemars, des souterrains... Elles avancent ensemble, titubant, s'accrochant les unes aux autres, d'un pas lent qui semble tâter le sol sur lequel elles marchent. Visages couleur de cendre, en costume de capes, de guenilles, de plumes défaites. L'une appuyée sur des béquilles, l'autre sur un morceau de bois flanqué de roulettes, une autre le front ceint de bandages telle une couronne d'épines... Pansements qu'elles ont elles-mêmes fabriqués afin d'empêcher leurs blessures de suinter.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   17 octobre 2020
Du haut de la montagne de la mort, aride et pelée, je regarde le soleil se coucher en contrebas, et le crépuscule fait apparaître la vallée plus belle et plus profonde qu'elle n'est en réalité.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   12 octobre 2020
Dans l'incommensurable froid de la nuit du désert, les morts s'alignent autour d'un grand brasier de fête. En silence on distribue des pains de sable et d'eau. Personne ne parle. Personne n'a peur. Personne n'espère. Une à une les étoiles s'éteignent et pleuvent comme une pluie sur les yeux qui ne voient plus...
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Il_voyageIl_voyage   26 mars 2021
Mais vivre, pour moi, c'est surtout le regret des lieux que je n'ai pas vus, des livres que je n'ai pas lus, des mots que je n'ai pas créés, des phrases qui me sont restées sur le bout de la langue.
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Videos de Asli Erdogan (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Asli Erdogan
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- L'Infortunée, Wesley Stace, J'ai Lu, 8,90€ - L'Homme Coquillage, Asli Erdogan, Babel, 7,70€ - Trois étages, Eshkol Nevo, Folio, 8,60€
Musique du générique d'intro par Anna Sentina.
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