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Jean-Luc Piningre (Traducteur)
EAN : 9782749106496
608 pages
Le Cherche midi (05/05/2011)
3.64/5   472 notes
Résumé :
Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l'auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d'oeuvre.

1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, 96 ans. Fille d'aristocrates français désargentés, mariée trois fois, celle-ci a connu un destin hors du commun, qui l'a menée de son petit village natal de la région de Senlis jusqu'aux États... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (113) Voir plus Ajouter une critique
3,64

sur 472 notes

NathalC
  15 avril 2022
Quelle étrange famille maternelle que celle de l'auteur Jim Fergus.
Dans ce roman, il revient sur l'histoire de sa grand-mère et de sa mère. Dès le départ, il explique que tout n'est pas réel, que l'histoire est romancée. Jusqu'à quel point ? J'avoue ne pas avoir compris la haine ressentie envers Renée, la grand-mère.
Que ce soit la grand-mère ou la mère, elles semblent s'être construite toute deux sans amour maternel, avec chacune une pression familiale plus que pesante. Selon moi, elles sont toutes les deux victimes et sont devenues ce qu'elles ont pu !!!
L'écriture de Jim Fergus est toujours aussi attrayante. On se laisse emporter par cette histoire familiale, même si bien souvent j'ai été halluciné par des moeurs dissolus, incestueux, adultères, toxiques...
Je n'arrive pas à définir si ce roman est un hommage de l'auteur à sa maman, ou pas... s'il a cherché par son écriture à trouver des réponses...
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jeunejane
  15 octobre 2017
Jim Fergus a envie de comprendre l'histoire du personnage de sa mère.
En 1995, il se rend dans la région des Grands Lacs pour rendre visite à sa grand-mère, Renée, âgée de 96 ans, qui a brisé la vie de sa famille et de sa fille, Marie-Blanche, la mère de Jim.
Il va essayer de la comprendre. Née à Senlis, passée par l'Egypte et puis aux Etats-Unis. Renée était tombée amoureuse de son oncle, au caractère destructeur et violent.
Il était entre autres amant de la mère de Renée.
Celle-ci sera toujours incapable d'aimer sa fille, Marie-Blanche dont elle massacrera l'existence.
Marie-Blanche va passer de dépression en dépression et sera minée par la boisson. Autant dire qu'elle-même ne va pas marquer sa famille d'une empreinte heureuse.
Cela paraît terrible mais Jim Fergus nous raconte le destin de ces deux femmes avec énormément de pudeur, j'ai envie de dire du calme, de la sagesse et de la distance amenée par les années.
En lisant son récit, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il était devenu sacrément adulte pour pouvoir pardonner à ce point.
On peut ajouter à cela son plaisir d'écrire car c'est pour moi un écrivain que j'apprécie beaucoup.
J'ai pu le lire dans "Chrysis" et dans "Mille femmes blanches".
Je l'avais entendu parler de ces terribles secrets de familles lors d'une émission littéraire.
C'est un livre très romanesque, qui m'a beaucoup plu au moment où je l'ai lu, à sa sortie en pocket en 2012.
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Roggy
  29 mai 2018
Jim Fergus reprend la plume pour retracer de manière autobiographique l'histoire des femmes de sa lignée. Il raconte leur parcours et dresse en parallèle leurs portraits. Si la construction en deux parties peut dérouter, il y a tout de même quelque chose d'envoûtant et de feuilletonesque dans ce récit.
L'auteur revient sans cesse sur les faits marquants et les répercussions néfastes d'actes commis. Ce roman choral accentue la comparaison entre les générations et les destins de ces femmes.
En fond de toile la France et les Etats-Unis, cet héritage si important dans la vie de Jim Fergus. le colonialisme égyptien et la guerre y marquent également leur destinée.
Dans une sorte de saga familiale tragique, les relations dysfonctionnelles entres les membres engendrent des actes innommables et immoraux tels l'inceste et la pédophilie. Ces actes sont consentis, tolérés, cautionnés, car parfois on préfère rester dans le mensonge afin de sauver les apparences.
Les turpitudes familiales sont minimisées par tous dans une sorte de commun accord tacite au nom de la manipulation.
L'ambiance malsaine est parsemée de passages parfois très crus. le lecteur se retrouve embarqué comme un voyeur, découvrant les bassesses de l'âme humaine, la lâcheté, l'orgueil, l'égoïsme, l'avidité matérialiste, ainsi que la souffrance, les remords, la culpabilité et l'incapacité à maîtriser son destin.
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Annette55
  29 juillet 2020
Je remercie vivement mes amies de Babelio de m'avoir fait connaître cette fresque familiale , j'avais lu avec passion « Mille femmes-blanches »en 2000 et « Chrysis  »., récemment .
Jim Jergus conte l'histoire de sa famille «  romancée » avec beaucoup de pudeur, de lucidité et de finesse.
Il rend visite à sa grand - mère Renée : 96 ans en 1995 , dans la région des Grands lacs , atteinte de la maladie d'Alzeimer, hébergée chez Vernon et Louise Parker , couple respectable de la classe moyenne: Louise avait été la femme de chambre de Thierry dit Toto , fils de Renée .
Personnalité sulfureuse, dominatrice , au caractère entier , froide et déterminée , souvent méprisante , narcissique , Renée brisera la vie de sa famille , en particulier , celle de sa propre fille Marie-Blanche, née en 1920.
Elle intimidera et manipulera nombre de personnes.
Fille d'aristocrates français désargentés , née le 31 juillet 1899, mariée trois fois, elle a connu un destin hors du commun qui l'a menée de son petit village dans la région de Senlis jusqu'au Etats - Unis en passant par le Caire et l'Egypte où le colonialisme prospérait ...
Le récit, à la fois intime et universel construit en alternance dans le temps avec le journal de sa mère :Marie- Blanche, l'écrivain tente de reconstituer le parcours de sa grand- mère , afin de la comprendre peut- être et de lui pardonner ..
Que ce soit le contexte historique, qui inscrit l'intime dans L Histoire, tout le vingtième siècle pratiquement et deux guerres lors de cette fresque addictive et bouleversante , L'auteur aborde nombre de thèmes : les voyages, les mariages de raison, l'infidélité, l'inceste, la pédophilie ,la perversité, l'égocentrisme , les douleurs d'enfance irréversibles, la froideur, les valeurs négatives de l'aristocratie, les relations dysfonctionnelles perverses , le mensonge, aux actes immoraux et innommables: on préférait Les NON DITS afin de sauver les apparences .
Ces actes sont le plus souvent , ignorés , minimisés, cautionnés parfois, par hypocrisie et aveuglement , on savait mais on ne voulait rien voir!
L'ambiance est malsaine , le lecteur découvre les bassesses de l'âme humaine, la lâcheté ,l'orgueil démesuré, l'avidité matérialiste.
L'argent prime dans ce milieu , la cupidité et le mépris transpirent.
Marie Blanche, humiliée , rejetée par sa mère, rabaissée constamment ,: «  Tu es nulle, pas intelligente » etc... .. détestée par elle, ses manigances et son indifférence la précipiteront dans l'alcoolisme, la dépression, l'internement en hôpital psychiatrique à Lausanne en 1966. ...
C'est une saga addictive et intéressante , les analyses psychologiques y sont fines et bien amenées.
C' est bien écrit fascinant, passionnant , dérangeant, émouvant, sensible et prenant.
On ne la lâche pas ! .
Une fresque sensible de plus de 610 pages Qui prouve une fois de plus que Jim-Fergus fait preuve d'un exceptionnel talent de conteur !
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musemania
  26 octobre 2021
Habituellement, je ne suis pas une fervente adepte des sagas familiales pour la simple et bonne raison que je me perds facilement dans les nombreux protagonistes s'ils ne me sont pas clairement et efficacement explicités. Lorsque j'ai découvert cette proposition de lecture via le groupe Picabo Book Club, j'ai décidé de malgré tout me lancer. Et je dois directement l'annoncer : j'ai vraiment très bien fait car c'est une magnifique découverte que ce livre de Jim Fergus.
Avant toute chose, je dois vous écrire qu'il ne s'agit pas d'une nouveauté à proprement parler mais bien d'une troisième édition retravaillée par l'auteur, Jim Fergus, lui-même. Alors que certaines critiques et lecteurs faisaient état de certaines faiblesses dans le texte, voire aussi dans sa construction, il a réécrit ce bouquin et nous offre ici un livre inoubliable. Cela est explicité dans le prologue et m'a permis d'enfin comprendre pourquoi j'avais l'impression d'avoir connu un livre de Jim Fergus avec le même titre que Marie Blanche mais avec une couverture totalement différente.
Ce livre sera indubitablement l'un de mes coups de coeur de l'année car j'ai eu de grandes difficultés à parfois le laisser et à ne pas poursuivre sa lecture malgré l'heure tardive par exemple ou à la fin de mes voyages en train pour me rendre au travail. J'ai vraiment été conquise que ce soit par l'histoire que par la façon dont il a d'écrire ces mémoires romancées.
Jim Fergus revient sur la vie de deux personnages en particulier : sa propre mère Marie Blanche et Renée, sa grand-mère maternelle. Mais quel destin ont-elles toutes les deux connus! L'auteur nous les conte comme s'il avait vécu près d'un siècle en fin de compte à leur côté. Même s'il annonce lui-même, dans une note au début, qu'il s'agit d'un roman, d'une fiction, d'une oeuvre d'imagination, cela est aussi « des mémoires autobiographiques documentées ».
C'est comme si, tant sa mère que sa grand-mère avaient toutes deux vécu plusieurs vies en une. Bien loin d'en faire des héroïnes sur tous les tableaux, il ne manque pas d'en révéler leurs failles, leurs faiblesses mais également leurs défauts. Il ne cherche pas à faire croire à un conte de fée mais comme il le dit si bien lui-même : « (…) que ma famille me manque plus que jamais. Je voulais de nouveau la saluer. (…) ».
C'est très dense et conséquent car ce livre compte plus de 735 pages mais je ne me suis jamais ennuyée et n'ai pas vu le temps passé en sa compagnie. En plus, cette édition est agrémentée de photographies des albums familiaux. Ainsi, les photos qui décorent ses pages offrent des visages aux personnages et rendent le texte encore plus vivant. C'est indéniablement une plus-value que l'auteur offre aux lecteurs en ayant puisé dans ses souvenirs et photographies de famille.
Le seul petit grief que je voudrais relever mais qui ne concerne pas en soit le substrat du roman, ce sont des coquilles dans les dates. Sans avoir une lecture de correctrices de manuscrit, j'ai déjà trouvé 4 erreurs de dates. Je ne sais pas s'il s'agit de coquilles ou d'erreurs dans la retranscription mais ce sont quatre incohérences assez flagrantes, trois dans le texte et une comme légende d'une photo.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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critiques presse (2)
Lexpress   27 septembre 2021
Restructurée, rallongée, illustrée, voici la deuxième version de cette fiction-fleuve. Que vous ayez déjà lu ou non Marie Blanche, vous vous laisserez embarquer dans cette histoire édifiante qui ressuscite le destin de deux femmes, la grand-mère et la mère du journaliste et romancier américain, surgies d'un monde (celui de la noblesse débauchée) certes suranné, mais aux résonances éminemment contemporaines avec son lot d'inceste, de mépris de classe et de mésentente familiale.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   16 mai 2012
Après Mille femmes blanches, le romancier américain, né d'une mère française, confirme son grand talent de conteur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
mamansand72mamansand72   07 août 2015
- Je ne sais pas. Ma mère est une forte personnalité. Très intimidante. Elle attend certaines choses des autres, et s’ils ne les font pas, s’ils la déçoivent, alors elle ne veut plus en entendre parler et elle les rejette. Presque tout le monde finit par la décevoir.
- C’est ce qui vous est arrivé, madame ? Elle vous a rejetée ?
- Oui, elle m’a rejetée. Seulement je suis sa fille, et elle ne pouvait pas entièrement se débarrasser de moi. Nous étions quand même obligées de nous voir. A certaines époques, du moins. Et elle me rejetait encore. Je l’ai toujours beaucoup déçue. C’est que je ne suis pas très intelligente, docteur, je n’étais pas douée pour les études. Je ne suis pas non plus assez jolie ; j’ai hérité du grand nez de mon père. Donc, elle m’a fait refaire le nez, et un beau jour, j’ai pris des cours de théâtre - à Chicago. J’ai même eu un peu de succès. Il a été question de faire un bout d’essai à Hollywood, pendant un temps. C’est alors que j’ai rencontré Bill et nous avons pris la clef des champs. Maman ne l’a jamais aimé. Il est originaire de l’Ohio, imaginez ça : de Zanesville ! Un gars sans le sou, qu’elle a toujours traité de paysan. C’est comme ça qu’elle l’appelle. « jamais tu n’aurais dû épouser ce paysan ». La seule chose que j’aie réussie à ses yeux, c’est mon premier enfant, Billy. Elle l’adorait. […]
Elle souhaitait que je quitte Bill, que je suive son exemple et que j’épouse quelqu’un de riche. A l’armistice, Bill est rentré et Billy est mort quelques temps après. Dans un accident. Maman me tient toujours pour responsable de sa mort. Comme quoi il serait encore vivant si j’avais été une meilleure mère. Elle a été déçue au-delà de tout que je le laisse mourir. C’est là que je me suis vraiment mise à boire. L’alcool était mon seul refuge, mon seul ami au monde. On pourrait presque affirmer qu’i m’a sauvé la vie.
- Il vous détruit en même temps, Madame Fergus. Vous en êtes consciente, tout de même ?
- C’est la vie qui me détruit, docteur. L’alcool n’est qu’un de ses instruments, une de ses armes. Faut-il blâmer l’arme elle-même, ou celui qui tire ?

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Annette55Annette55   28 juillet 2020
J’ai laissé

J’ai perdu la maison qui était ma maison
Perdu le doux chemin qui suivait la rivière ,
Perdu l’été brûlant et l’odeur des moissons
Et j’ai laissé deux tombes au fond du cimetière .

J’ai laissé mon enfance au pied des chênes verts
Et de grands châtaigniers que dorait chaque automne
J’ai perdu la féerie des brouillards en hiver
Et les vastes greniers où mûrissaient les pommes;

J’ai laissé mes jardins, mes champs , mes souvenirs ,
Autant de vieux amis dont j’avais l’habitude ,
Je n’y pourrai , jamais de ma vie, revenir .
Et j’ai laissé mon chien mourir de solitude.

Seigneur, pardonne- moi d’avoir tant de regrets ,
Mais ta main nous reprend souvent ce qu’elle donne.
Voilà longtemps déjà que je souffre en secret ,
Fallait - il qu’à ce point, Seigneur, tu m’abandonnes ?


Pierre de Fleurieu , poèmes ....1930 .
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jeunejanejeunejane   15 octobre 2017
...Vous pensez toujours que je peux renouer avec mes enfants?
- Oui, je le crois. Les enfants ont d'étonnantes dispositions pour le pardon. A condition que vous le leur demandiez...
...nous ne contrôlons pas notre mémoire.
- J'en avais pourtant l'impression. Je pensais que l'alcool évacuait ces choses.
- Oui, mais le bonheur, vous avez dépassé ce stade, madame Fergus. La guérison est maintenant à votre portée.
+ Lire la suite
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musaraneusmusaraneus   13 novembre 2016
La vie mondaine, dans cette ville, me rappelle le chenil ou papa allait acheter ses chiens de "race pure".
Quelques-unes des familles les plus en vue de Chicago servent de matrice, acceptant à l'occasion d'être associées à un étalon ou à une bonne femelle, provenant d'une branche voisine de Saint Louis ou de Cincinnati. On importe aussi parfois du sang bleu -dûment documenté - de Long Island ou du Connecticut, à condition, bien sûr, que ces gentlemen sortent des bons établissements de la Ivy League. Ainsi établit-on des ménages stables, qu'on installe à Lake Shore Drive ou au manoir de Lake Forest, avec une position enviable et une nichée de gamins qui préserveront une lignée exemplaire.
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NathalCNathalC   10 avril 2022
Quand on est jeune, il n'y a que le présent qui compte. Il faut attendre un certain âge pour s'intéresser à ce qu'ont fait nos parents et nos grands-parents. Mais c'est en général trop tard.
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