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Jean-Luc Piningre (Traducteur)
EAN : 9782749106496
608 pages
Éditeur : Le Cherche midi (05/05/2011)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 360 notes)
Résumé :
Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l'auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d'oeuvre.


1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, 96 ans. Fille d'aristocrates français désargentés, mariée trois fois, celle-ci a connu un destin hors du commun, qui l'a menée de son petit village natal de la région de Senlis jusqu'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  15 octobre 2017
Jim Fergus a envie de comprendre l'histoire du personnage de sa mère.
En 1995, il se rend dans la région des Grands Lacs pour rendre visite à sa grand-mère, Renée, âgée de 96 ans, qui a brisé la vie de sa famille et de sa fille, Marie-Blanche, la mère de Jim.
Il va essayer de la comprendre. Née à Senlis, passée par l'Egypte et puis aux Etats-Unis. Renée était tombée amoureuse de son oncle, au caractère destructeur et violent.
Il était entre autres amant de la mère de Renée.
Celle-ci sera toujours incapable d'aimer sa fille, Marie-Blanche dont elle massacrera l'existence.
Marie-Blanche va passer de dépression en dépression et sera minée par la boisson. Autant dire qu'elle-même ne va pas marquer sa famille d'une empreinte heureuse.
Cela paraît terrible mais Jim Fergus nous raconte le destin de ces deux femmes avec énormément de pudeur, j'ai envie de dire du calme, de la sagesse et de la distance amenée par les années.
En lisant son récit, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il était devenu sacrément adulte pour pouvoir pardonner à ce point.
On peut ajouter à cela son plaisir d'écrire car c'est pour moi un écrivain que j'apprécie beaucoup.
J'ai pu le lire dans "Chrysis" et dans "Mille femmes blanches".
Je l'avais entendu parler de ces terribles secrets de familles lors d'une émission littéraire.
C'est un livre très romanesque, qui m'a beaucoup plu au moment où je l'ai lu, à sa sortie en pocket en 2012.
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Commenter  J’apprécie          604
Roggy
  29 mai 2018
Jim Fergus reprend la plume pour retracer de manière autobiographique l'histoire des femmes de sa lignée. Il raconte leur parcours et dresse en parallèle leurs portraits. Si la construction en deux parties peut dérouter, il y a tout de même quelque chose d'envoûtant et de feuilletonesque dans ce récit.
L'auteur revient sans cesse sur les faits marquants et les répercussions néfastes d'actes commis. Ce roman choral accentue la comparaison entre les générations et les destins de ces femmes.
En fond de toile la France et les Etats-Unis, cet héritage si important dans la vie de Jim Fergus. le colonialisme égyptien et la guerre y marquent également leur destinée.
Dans une sorte de saga familiale tragique, les relations dysfonctionnelles entres les membres engendrent des actes innommables et immoraux tels l'inceste et la pédophilie. Ces actes sont consentis, tolérés, cautionnés, car parfois on préfère rester dans le mensonge afin de sauver les apparences.
Les turpitudes familiales sont minimisées par tous dans une sorte de commun accord tacite au nom de la manipulation.
L'ambiance malsaine est parsemée de passages parfois très crus. le lecteur se retrouve embarqué comme un voyeur, découvrant les bassesses de l'âme humaine, la lâcheté, l'orgueil, l'égoïsme, l'avidité matérialiste, ainsi que la souffrance, les remords, la culpabilité et l'incapacité à maîtriser son destin.
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Annette55
  29 juillet 2020
Je remercie vivement mes amies de Babelio de m'avoir fait connaître cette fresque familiale , j'avais lu avec passion « Mille femmes-blanches »en 2000 et « Chrysis  »., récemment .
Jim Jergus conte l'histoire de sa famille «  romancée » avec beaucoup de pudeur, de lucidité et de finesse.
Il rend visite à sa grand - mère Renée : 96 ans en 1995 , dans la région des Grands lacs , atteinte de la maladie d'Alzeimer, hébergée chez Vernon et Louise Parker , couple respectable de la classe moyenne: Louise avait été la femme de chambre de Thierry dit Toto , fils de Renée .
Personnalité sulfureuse, dominatrice , au caractère entier , froide et déterminée , souvent méprisante , narcissique , Renée brisera la vie de sa famille , en particulier , celle de sa propre fille Marie-Blanche, née en 1920.
Elle intimidera et manipulera nombre de personnes.
Fille d'aristocrates français désargentés , née le 31 juillet 1899, mariée trois fois, elle a connu un destin hors du commun qui l'a menée de son petit village dans la région de Senlis jusqu'au Etats - Unis en passant par le Caire et l'Egypte où le colonialisme prospérait ...
Le récit, à la fois intime et universel construit en alternance dans le temps avec le journal de sa mère :Marie- Blanche, l'écrivain tente de reconstituer le parcours de sa grand- mère , afin de la comprendre peut- être et de lui pardonner ..
Que ce soit le contexte historique, qui inscrit l'intime dans L Histoire, tout le vingtième siècle pratiquement et deux guerres lors de cette fresque addictive et bouleversante , L'auteur aborde nombre de thèmes : les voyages, les mariages de raison, l'infidélité, l'inceste, la pédophilie ,la perversité, l'égocentrisme , les douleurs d'enfance irréversibles, la froideur, les valeurs négatives de l'aristocratie, les relations dysfonctionnelles perverses , le mensonge, aux actes immoraux et innommables: on préférait Les NON DITS afin de sauver les apparences .
Ces actes sont le plus souvent , ignorés , minimisés, cautionnés parfois, par hypocrisie et aveuglement , on savait mais on ne voulait rien voir!
L'ambiance est malsaine , le lecteur découvre les bassesses de l'âme humaine, la lâcheté ,l'orgueil démesuré, l'avidité matérialiste.
L'argent prime dans ce milieu , la cupidité et le mépris transpirent.
Marie Blanche, humiliée , rejetée par sa mère, rabaissée constamment ,: «  Tu es nulle, pas intelligente » etc... .. détestée par elle, ses manigances et son indifférence la précipiteront dans l'alcoolisme, la dépression, l'internement en hôpital psychiatrique à Lausanne en 1966. ...
C'est une saga addictive et intéressante , les analyses psychologiques y sont fines et bien amenées.
C' est bien écrit fascinant, passionnant , dérangeant, émouvant, sensible et prenant.
On ne la lâche pas ! .
Une fresque sensible de plus de 610 pages Qui prouve une fois de plus que Jim-Fergus fait preuve d'un exceptionnel talent de conteur !
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nadejda
  16 juin 2011
J'ai écouté par hasard Jim Fergus dont je n'avais rien lu, invité du Grand Entretien sur France-Inter le 27 mai. Il m'a bouleversé en évoquant sa mère dont la vie a été brisée et sa grand-mère d'origine française au destin tumultueux. le décès récent de sa compagne dont il a parlé avec émotion, la voix cassée et son évocation sensible de ce passé familial m'ont vraiment donné envie de lire son livre.
Je viens de l'interrompre à la 384 ème page et je me suis forcée pour y parvenir. L'émotion communicative de Jim Fergus ne se retrouve pas dans son roman qui m'a vraiment ennuyé, aucun relief, les personnages féminins que j'imaginais complexes et attachants ne m'ont pas touchée. Une déception à la mesure de l'attente qu'avait su faire naître l'auteur. L'annonce en 4ème de couverture, «Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l'auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d'oeuvre.», ne correspond aucunement à la lecture que j'ai faite.
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basileusa
  08 novembre 2019
Jim Fergus raconte une histoire très personnelle puisqu'il raconte la vie de sa mère et de grand-mère Renée . Et quelle histoire ! C'est plutôt fascinant ! Que ce soit le contexte historique ( tout le XXéme quasiment) , les voyages ou la vie personnelle très mouvementée de ces deux femmes . Beaucoup de thèmes sont abordés à travers elles : les mariages de raison, l'infidélité, l'inceste, la pédophilie et les valeurs de l'aristocratie. Tout le monde en prend pour son grade : les maris effacés , les femmes qui se veulent indépendantes mais qui se soumettent à l'oncle tyrannique et pédophile, les domestiques qui ferment les yeux ….Disons que ça ne donne pas une bonne image de la haute société, où l'argent prime et les amours s'envolent. C'est parfois dur, dramatique et l'on se rend compte qu'au final tout le monde est logé à la même enseigne, riche ou non.
Challenge pavés 2019
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critiques presse (1)
Telerama   16 mai 2012
Après Mille femmes blanches, le romancier américain, né d'une mère française, confirme son grand talent de conteur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
mamansand72mamansand72   07 août 2015
- Je ne sais pas. Ma mère est une forte personnalité. Très intimidante. Elle attend certaines choses des autres, et s’ils ne les font pas, s’ils la déçoivent, alors elle ne veut plus en entendre parler et elle les rejette. Presque tout le monde finit par la décevoir.
- C’est ce qui vous est arrivé, madame ? Elle vous a rejetée ?
- Oui, elle m’a rejetée. Seulement je suis sa fille, et elle ne pouvait pas entièrement se débarrasser de moi. Nous étions quand même obligées de nous voir. A certaines époques, du moins. Et elle me rejetait encore. Je l’ai toujours beaucoup déçue. C’est que je ne suis pas très intelligente, docteur, je n’étais pas douée pour les études. Je ne suis pas non plus assez jolie ; j’ai hérité du grand nez de mon père. Donc, elle m’a fait refaire le nez, et un beau jour, j’ai pris des cours de théâtre - à Chicago. J’ai même eu un peu de succès. Il a été question de faire un bout d’essai à Hollywood, pendant un temps. C’est alors que j’ai rencontré Bill et nous avons pris la clef des champs. Maman ne l’a jamais aimé. Il est originaire de l’Ohio, imaginez ça : de Zanesville ! Un gars sans le sou, qu’elle a toujours traité de paysan. C’est comme ça qu’elle l’appelle. « jamais tu n’aurais dû épouser ce paysan ». La seule chose que j’aie réussie à ses yeux, c’est mon premier enfant, Billy. Elle l’adorait. […]
Elle souhaitait que je quitte Bill, que je suive son exemple et que j’épouse quelqu’un de riche. A l’armistice, Bill est rentré et Billy est mort quelques temps après. Dans un accident. Maman me tient toujours pour responsable de sa mort. Comme quoi il serait encore vivant si j’avais été une meilleure mère. Elle a été déçue au-delà de tout que je le laisse mourir. C’est là que je me suis vraiment mise à boire. L’alcool était mon seul refuge, mon seul ami au monde. On pourrait presque affirmer qu’i m’a sauvé la vie.
- Il vous détruit en même temps, Madame Fergus. Vous en êtes consciente, tout de même ?
- C’est la vie qui me détruit, docteur. L’alcool n’est qu’un de ses instruments, une de ses armes. Faut-il blâmer l’arme elle-même, ou celui qui tire ?

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Annette55Annette55   28 juillet 2020
J’ai laissé

J’ai perdu la maison qui était ma maison
Perdu le doux chemin qui suivait la rivière ,
Perdu l’été brûlant et l’odeur des moissons
Et j’ai laissé deux tombes au fond du cimetière .

J’ai laissé mon enfance au pied des chênes verts
Et de grands châtaigniers que dorait chaque automne
J’ai perdu la féerie des brouillards en hiver
Et les vastes greniers où mûrissaient les pommes;

J’ai laissé mes jardins, mes champs , mes souvenirs ,
Autant de vieux amis dont j’avais l’habitude ,
Je n’y pourrai , jamais de ma vie, revenir .
Et j’ai laissé mon chien mourir de solitude.

Seigneur, pardonne- moi d’avoir tant de regrets ,
Mais ta main nous reprend souvent ce qu’elle donne.
Voilà longtemps déjà que je souffre en secret ,
Fallait - il qu’à ce point, Seigneur, tu m’abandonnes ?


Pierre de Fleurieu , poèmes ....1930 .
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jeunejanejeunejane   15 octobre 2017
...Vous pensez toujours que je peux renouer avec mes enfants?
- Oui, je le crois. Les enfants ont d'étonnantes dispositions pour le pardon. A condition que vous le leur demandiez...
...nous ne contrôlons pas notre mémoire.
- J'en avais pourtant l'impression. Je pensais que l'alcool évacuait ces choses.
- Oui, mais le bonheur, vous avez dépassé ce stade, madame Fergus. La guérison est maintenant à votre portée.
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musaraneusmusaraneus   13 novembre 2016
La vie mondaine, dans cette ville, me rappelle le chenil ou papa allait acheter ses chiens de "race pure".
Quelques-unes des familles les plus en vue de Chicago servent de matrice, acceptant à l'occasion d'être associées à un étalon ou à une bonne femelle, provenant d'une branche voisine de Saint Louis ou de Cincinnati. On importe aussi parfois du sang bleu -dûment documenté - de Long Island ou du Connecticut, à condition, bien sûr, que ces gentlemen sortent des bons établissements de la Ivy League. Ainsi établit-on des ménages stables, qu'on installe à Lake Shore Drive ou au manoir de Lake Forest, avec une position enviable et une nichée de gamins qui préserveront une lignée exemplaire.
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Annette55Annette55   28 juillet 2020
«  Tout autour de la cage d’escalier étaient accrochées des dizaines de tête d’animaux empaillées de longue date——-cerfs aux imposantes ramures, sangliers aux défenses saillantes——-, dotée d’une plaque commémorant le nom du chasseur et la date de la mise à mort.
En sus de ces inévitables trophées , les esprits moroses des moines qui habitèrent les lieux aux XVI° et XVII° siècles paraissaient toujours ici chez eux.
Pendant mes jeunes années , j’entendais constamment leurs pas traînants , l’écho de leurs vœux de silence , l’air glacé qu’ils déplaçaient avec eux dans les couloirs à toute heure du jour et de la nuit , jusque dans ma
chambre » .....
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Videos de Jim Fergus (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Fergus
Jim Fergus vous présente "Mille femmes blanches. Volume 3, Les Amazones : les journaux perdus de May Dodd et de Molly McGill, édités et annotés par Molly Standing Bear" aux éditions Le Cherche Midi. Rentrée littéraire automne 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2349492/jim-fergus-mille-femmes-blanches-volume-3-les-amazones-les-journaux-perdus-de-may-dodd-et-de-molly-mcgill-edites-et-annotes-par-molly-standing-bear
Notes de Musique : You Tube Audio Library
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