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ISBN : 2246804655
Éditeur : Grasset (08/01/2014)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Un jeune étranger séjourne à l'Instituto d'Arte de Rome dans les années 1930 pour y poursuivre ses recherches en histoire de l'art sur le peintre Poussin. Il fait sa cour à Giulia Falconieri, jeune aristocrate à la pureté sculpturale, tandis que la sensuelle Wanda, d'origine polonaise, le pourchasse. Mais chacun triche déjà dans ce triangle amoureux, comme si le travestissement des sentiments n'était que la répétition générale du camouflage des identités. Lorsqu'il ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
nilebeh
  11 février 2015
Il s'appelle Romain, il est Français, tout jeune, vingt deux ou vingt-trois ans, il aime la peinture et se nourrit des tableaux exposés au Louvre, plus particulièrement de ceux de Nicolas Poussin. Pour parfaire ses connaissances sur cet artiste, il s'inscrit à l'Istituto d'Arte de Rome, sorte de Villa d'Este où se forment les futurs experts de l'art italien. Sa famille, de bonne bonne bourgeoisie de province, vit sous la férule du Père, autoritaire, bougon, probe et patriote. Impossible de laisser s'exprimer devant ce genre d'homme ce qu'on a au fond du coeur quand on est un jeune homme sensible, fragile, sans aucun appétit pour la gent féminine. A Rome, Romain devient Romano et continue de cacher ses penchants pour les jeunes éphèbes représentés sur les toiles ou restitués par des sculpteurs qui rendent jusqu'au velouté de leur peau. Saint Sébastien, Saint Érasme, Narcisse, beautés juvéniles et troublantes qui font fantasmer l'étudiant. Impossible pourtant,au risque de se faire renvoyer, de se laisser aller à la plus petite tentative de séduction. Pire, dans ce contexte fasciste (nous sommes en 1923) où l'on doit marquer une forte virilité et un attrait confirmé pour le sport et la reproduction (!), il faut surtout ne pas laisser la porte ouverte au moindre soupçon d'être un « inverti », un malade ou un vicieux, selon les approches. Alors Romain se laisse approcher par une Giulia, puis une Wanda Polonaise extravertie et pleine d'appétit, se réservant tout le même le droit de contenir les avances dans des limites acceptables.
Jusqu'au jour où... ! Ce jeune homme imberbe, qui rejette avec nonchalance sa blonde chevelure, qu'il évite soigneusement de croiser et dont il fuit le regard, ce jeune homme l'approche et tout commence : un amour fou, sensuel et tendre, d'autant plus précieux qu'il n'a pas droit de cité. L'histoire d'amour se nourrit d'art, d'émotions artistiques, d'analyses et de lectures diverses des tableaux de Poussin. le jeune Russe Igor est un amoureux et un intellectuel, un militant aussi, convaincu du bien-fondé de la Révolution russe et de la politique menée par Staline. Il est pourtant prince, fils de Russes blancs émigrés en Italie. Il entraîne son amant en Russie, le mêle à des actions d'espionnage au profit des bolcheviques, le persuade de la grandeur et de la justice du projet social de l'URSS.
Mais que devient l'amour dans tout cela ? Des missions obscures, des contraintes frustrantes pour un amant éperdu, la vie secrète des espions, le contexte russe où tout le monde se méfie et joue un rôle : Romain est malheureux, son amoureux est devenu dur voire brutal, même dans leurs rares moments d'intimité. Il ne retrouve pas l'Igor de Rome. Celui-ci, au nom de sa fierté d'être Russe, va finir par se perdre..lui qui a pourtant attiré son amant en Russie parce qu'un décret proclamant la liberté sexuelle venait d'être publié.
Ce livre a la particularité de se lire à deux niveaux, tout comme le personnage d'Igor prétend lire les tableaux de Poussin : d'un côté le politiquement correct en phase avec l'époque (mythologie, oeuvres inspirées de la Bible), de l'autre, l'expression de la recherche de liberté sexuelle, l'apologie de l'amour sous toutes ses formes, la dénonciation de toutes prises de pouvoir sur la sphère privée.
De même, on peut lire un roman d'amour sur fond de guerre des blocs occident/URSS à l'époque de la dictature de Staline, avec sa cohorte d'espions et de secrets, la dénonciation des extrémismes et la mise au ban de la décadence capitaliste. Ou bien, s'émerveiller d'une lecture incisive et comparative des oeuvres et une réflexion sur la place de l'art dans la société, faussaires et galeristes inclus.
La narration s'articule autour d'analyses de tableaux dont certains sont reproduits, malheureusement très mal et sous de trop petits formats, en noir et blanc de surcroît, un paradoxe pour ce qui concerne la peinture.
J'ai aimé cette lecture complexe et riche, à reprendre peut-être après un moment de « digestion », j'ai aimé cette écriture soignée et ce vocabulaire précis (ex : des nervis, les cippes,des conteurs de bylines*) ou directement repris de l'italien. J'ai apprécié aussi la comparaison faite entre la littérature russe (Eugène Onéguine, Guerre et Paix, La Steppe, qui séduit les lecteurs parce qu'ils leur parlent de leur vie, de paysans, de modestes citadins, de soldats. Contrairement aux oeuvres européennes, plus désincarnées , à la recherche d'une émotion artistique souvent guidée par la contrainte formelle. Yeats, Mallarmé, Lorca, ne sont pas accessibles aux lecteurs russes, selon Igor..La notion d'art pour l'art est inconnue en Russie, semble-t-il.
En conclusion, un livre riche, à lire probablement plusieurs fois pour en apprécier les divers aspects, le plus étonnant étant peut-être cette double fin, qui laisse au lecteur l'opportunité de choisir la sienne !.
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Ys
  20 mars 2014
Une certaine déception, pour ce dernier roman d'un auteur que j'aime tant. Un roman porté par un certain suspense, très intéressant sur le fond mais trop démonstratif à mon goût dans la forme, au point de perdre une bonne partie de son poids et de tomber parfois dans la maladresse.
Ecrit trop vite, en y mettant trop de soi et sans prendre assez de recul ? C'est l'impression que donne la lecture, en tout cas - un défaut plus compréhensible chez un jeune écrivain un peu dépassé par l'ampleur de son sujet que par un auteur confirmé qui avait habitué ses lecteurs à plus de subtilité.
Ajoutons à cela que le narrateur m'a un brin agacée, peut-être moins en raison de son caractère même qu'à cause du point de vue adopté. le je est souvent bien moins valorisant que le il, et Romano aurait sans doute pris plus d'ampleur, ou même été plus attachant, vu par un regard extérieur. Sa grande histoire d'amour, pourtant belle en soi, ne m'a du coup guère touchée - du moins jusqu'à la toute fin qui sait être, pour le coup, réellement émouvante.
Reste que ce roman soulève des thèmes passionnants, tout particulièrement ceux touchant aux rapports entre l'art et l'engagement politique, et les développe, sur le fond, avec une appréciable subtilité. Dominique Fernandez offre un regard finalement assez captivant sur l'Italie fasciste et la Russie soviétique, sur les idéaux qui sous-tendent les dictatures et savent rendre leurs discours si attrayants aux esprits ingénus.
S'il n'est certainement pas le meilleur livre de l'auteur, il reste une lecture intéressante et agréable.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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DHALLUIN
  16 mai 2016
Romain et Igor ont-il sauvé le monde ? On n'ira pas jusque là...
Romain vit à Rome et a une passion pour la peinture. Il est élève à l'Instituto del Arte mais la vie n'est pas simple en Italie en 1930 : c'est le fascisme omniprésent, régime avec lequel il n'a aucune accointance; la politique ne l'intéresse d'ailleurs pas. Son compagnon d'école, ou plus..., Igor, a la double nationalité : italienne et russe ; ses parents sont des princes russes qui, à la révolution de 1917, se sont enfuis en Italie.
Ce roman nous donne une bonne idée des méfaits tant du régime fasciste que du régime stalinien ; le roman se déroulant aussi en URSS à même époque. le lecteur se délecte également dans les descriptions des oeuvres d'art.
L'auteur parvient à nous faire entrer dans le monde pictural, à saisir l'âme du peintre. On s'initie également au monde de l'espionnage de la sinistre organisation GPU. La psychologie de l'homosexuel est traitée avec beaucoup de délicatesse.
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erickeller
  23 septembre 2014
Très beau roman
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Videos de Dominique Fernandez (37) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Fernandez
Dominique Fernandez décrit le Caravage .Ecoutez l'académicien Dominique Fernandez décoder le "double langage" du Caravage lorsqu'il peint ce Saint-Jean Baptiste au bélier vers 1602. Lors d'une visite de l'exposition "Caravage à Rome, amis & ennemis" à écouter en intégralité dans Les Matins du samedi https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-culture/dominique-fernandez-pour-lexposition-caravage
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