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EAN : 9782246006657
430 pages
Grasset (06/09/1978)
3.85/5   53 notes
Résumé :
L'Étoile rose, c'est le triangle rose que les nazis épinglaient sur les vêtements des homosexuels, mis dans les camps comme les juifs, les francs-maçons, les communistes et les tsiganes.
Le titre du roman de Dominique Fernandez renvoie, sans ambiguïté, à cette persécution qui entoure, même si elle ne va pas jusqu'à l'étoile, les homosexuels dans notre culture...

Tel qu'il est, entre roman et biographie, entre calme et peur, entre angoisse et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
J'ai lu ce livre de Dominique Fernandez peu après sa publication (1978), donc avant la consécration de l'auteur par le prix Goncourt. Les mentalités dans la France profonde avaient encore très peu évolué et l'homosexualité restait vivement rejetée par une large part de la société. Dans son roman, qu'on devine largement autobiographique, D. Fernandez aborde ouvertement le sujet - c'était rare, à l'époque. le protagoniste principal, David (probablement le double de l'auteur), a beaucoup souffert des conséquences sociales de son orientation sexuelle qui s'est révélée à lui alors qu'il était encore jeune. Dans l'ambiance survoltée de 1968, il rencontre un jeune soixante-huitard, Alain. Quoique très dissemblables (et pas seulement différents par l'âge), ils commencent à vivre ensemble une passion.
Ce roman n'a rien de militant; le ressenti prime largement sur l'idéologie. Les faiblesses et les douleurs des individus ne sont pas occultées. En définitive il y seulement deux êtres, plutôt attachants, qui finissent par trouver leur chemin propre, grâce à un amour qui brave la norme sociale (sans toutefois s'exhiber d'une manière provocatrice). D. Fernandez parvient à créer une certaine empathie entre ses héros et le lecteur (hétérosexuel ou non). Celui-ci découvre à travers ce roman une voie qu'il méconnaissait, voire qu'il méprisait. On ne peut que saluer cette extension de l'humain, à cette époque où l'on était bien plus imprégné par les préjugés homophobes qu'actuellement.
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Je ne sais pas comment je suis passée à côté de ce livre à sa sortie... soit. Après avoir écouté Dominique Fernandez dans un documentaire récent, j'ai cherché ce roman et l'ai finalement trouvé dans une bibliothèque.

Roman historique, il couvre la période qui va de l'Occupation, (le héros et narrateur, David, est lycéen à Paris et vit avec sa mère...) jusqu'aux années 70, avec les retombées de mai 68. le narrateur fait ce récit pour Alain, rencontré dans les rues parisiennes en mai 68. Pour qu'il se rende compte du chemin parcouru.

David nous entraîne donc dans les rues du Paris occupé, dans les classes d'un lycée élitiste où les élèves mal scolarisés sont exclus du système (David retrouvera l'un d'eux, militant communiste, en 44 et en 68)... puis le jour de la Libération de Paris. Et enfin, devenu professeur de langues modernes, David part en Lorraine où il raconte son quotidien et quelques rencontres clés. Un noble de province original et solitaire, désireux de documenter la cause gay, que l'on n'appelle pas encore ainsi, victime d'un crime crapuleux et homophobe. Puis un psychiatre... auquel le narrateur se confie, (et qui parle en bon freudien...) puis un collègue qui revient des États-Unis. Lui utilise le terme "gay" plutôt que les termes médicaux ou insultants habituels.
La situation évolue lentement. La loi Mirguet est comme un retour en arrière, peu reluisant, avec des relents vichystes...

David nous emmène aussi à Cambridge, (une bien jolie promenade, très détaillée...), tout en dénonçant les thérapies de conversion. (Note,
en 2022, elles viennent d'être déclarées illégales en Belgique. )

Mais le meilleur du livre concerne mai 68. La rencontre d'Alain, le motard (et qui a été expulsé de chez lui...), de ses amies, avec qui David discute. Puis les manifestations, les violences policières... mais surtout, la création de toutes sortes d'assemblées et de groupuscules d'étudiants, et parfois de jeunes adultes. Et de militants communistes. Un joyeux b.o.r.d.e.l soixante huitard... et pas toujours drôle. (Alain quitte son groupe en déchirant sa carte du parti.) Mais Fernandez le décrit avec un humour tendre et féroce ensemble, à travers le Journal de David.

Enfin, les deux héros vont également aux États-Unis, à New-York. C'est l'époque de Stonewall et des premiers groupes ou associations de militants LGBT. On visite ainsi la librairie associative Oscar Wilde... et les débuts du Village.

Dominique Fernandez est académicien. le style de son roman est classique, parfaitement maîtrisé et la langue, d'une grande élégance et sensibilité. Une raison de plus pour le lire...
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Lu deux fois avec toujours autant de plaisir. Une histoire d'amour entre deux garçons dans la France de la fin des années 60, alors que Mai 68 a fait souffler un vent de liberté sur une société corsetée...
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J'ai lu ce livre au moment de sa publication. L'auteur a le courage d'aborder par le biais de cet ouvrage l'homosexualité à travers le personnage principal de ce livre qui a beaucoup souffert des conséquences sociales de son orientation sexuelle. Il va, pendant l'année 1968 - année symbole de toutes les libertés - vivre la passion avec un autre homme
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Pour les besognes les plus dures, la mine employait des ouvriers algériens. Les équipes, toutes les huit heures, se relayaient. Celle qui revenait du travail occupait les lits laissés vides par les piqueurs du tour suivant. L'hôtelier, dans chacune de ses chambres de douze mètres carrés, avait disposé huit lits, pour chacun desquels il exigeait un loyer mensuel de cent francs. Chacun des lits servait à trois ouvriers de trois équipes différentes. Eau sur le palier. Un trou pour les chiottes. Les principaux cafés d'Uckville interdisaient l'entrée aux Arabes. Les habitants les regardaient d'un air peureux et mauvais. Jean-Paul Hoffmann lui-même, par crainte de se montrer paternaliste, n'aurait pas trinqué avec eux. L'ancien combattant des Aurès, qui venait de libérer sa patrie, devait allonger cent francs pour un tiers de lit dans un huitième de chambre, au milieu d'une population raciste et hostile. Mon salaire à moi, professeur au collège, était de mille cinq cents francs. Que pouvait gagner un mineur de fond?
(p. 345 de l'édition "Les Cahiers Rouges")
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Nous nous battons pour une cause infiniment plus large que celle qui dictait à M. De Baïou ses facéties démodées. D'un bout à l'autre du monde, on nous trouvera solidaires de toutes les luttes où la tyrannie de ce siècle a cherché à marquer des points.
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Deux mains à l'improviste se posèrent sur mes yeux. Tu me chuchotais à l'oreille : amore mio. Où avais-tu pris ces mots ? Ils nous transportaient, bien loin du XVème arrondissement, dans un pays où les tours logent plus de pigeons que de familles, et où, de l'écume salée, naissent moins de Vénus que de Tadzios. Et en même temps, je reçus la preuve que tu ne mentais pas.
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Vidéo de Dominique Fernandez
Arthur Dreyfus Journal sexuel d'un garçon d'aujourd'hui - éditions P.O.L: où Arthur Dreyfus tente de dire de quoi et comment est composé son livre "Journal sexuel d'un garçon d'aujourd'hui" et où il est notamment question d'intensité de vie et d'écriture, de rencontres sexuelles et de leurs retranscriptions, du désir et de l'amour, de la pulsion de mort, de sexualité gay et des 2300 pages du livre, de honte et de morale, de repentir et de rédemption, d'Emmanuel Carrère et de Michel Foucault, de Guillaume Dustan et de Dominique Fernandez, de Grindr et de plans, de vérité et d'intimité, à l'occasion de la parution de "Journal sexuel d'un garçon d'aujourd'hui" aux éditions P.O.L, à Paris le 19 février 2021
"il faut en finir avec le malheur d'être gay"
"Pendant quelques années, il m'est apparu impossible d'avoir ce qu'on appelle un rapport sexuel sans l'écrire."
+ Lire la suite
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