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EAN : 9782246739418
807 pages
Éditeur : Grasset (14/01/2009)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 40 notes)
Résumé :
" Je suis né de ce traître, il m'a légué son nom, son œuvre, sa honte. Au centre de ma vie, depuis l'enfance : aimer ce qui est interdit, puisqu'on m'interdisait d'aimer l'objet de mon amour " : ainsi parle Dominique Fernandez de son père Ramon, à l'orée de cette enquête biographique, historique et intime.
Le fils cherche à comprendre comment son géniteur, l'un des plus grands intellectuels de son temps, a pu être socialiste à trente et un ans, critique litt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
enjie77
  09 août 2019
« Voilà les seuls souvenirs que j'ai de mon père. Je n'ai jamais eu l'occasion de lui exprimer combien je l'aimais, ni même le soulagement de pleurer quand il est mort. Amoureux de mon père, je l'ai toujours été, je le reste. Ma mère, je l'ai admirée, je l'ai crainte, je ne l'ai pas aimée. Lui c'était l'absent et c'était le failli, l'homme perdu sans honneur. C'était le paria.
Jamais d'occasion directe devrais-je ajouter. Les personnages des romans que je me suis mis à écrire plus tard – héros fourvoyés, partagés entre la célébrité professionnelle et la flétrissure sociale – sont à l'image de la première idée que je me suis formée de mon père. Tous ils adressent, en quelque sorte, un message de solidarité à mon père. »

Tout est dit en quelques lignes. C'est avec émotion que j'ai parcouru l'enquête intime de Dominique Fernandez par laquelle, il tente de comprendre ce qui a amené son père, un grand critique littéraire, d'abord d'une sensibilité humaniste, à glisser doucement vers le fascisme. Pas évident pour Dominique Fernandez de reconstituer le parcours de Ramon ,de s'approcher au plus près de la vérité. Ramon dont le sang qui coule dans ses veines, est le même que le sien. Est-ce que cela s'attrape Docteur ?
Alors Dominique raconte ses rendez-vous manqués avec son père, le divorce de ses parents, un père qui ne s'est pas occupé de lui, une mère dont le regard lui interdit d'aimer son père, une absence terriblement cruelle.
Il ne cherche pas à dédouaner son père, loin de lui cette idée. Comment un homme, de la renommée de Ramon qui a fréquenté Proust, Aragon, Roger Martin du Gard, a pu, tout doucement écrire des articles qui encensaient Doriot. Collaborer avec l'occupant ? Qu'est ce qui peut justifier une telle dérive. Alors Dominique, il épluche tout avec frénésie!
C'est aussi une photographie pas toujours très reluisante des milieux intellectuels français de l'époque et de leur responsabilité.
J'ai bien noté parcouru. J'ai sauté certaines pages. C'est un gros pavé de 800 pages, tout est analysé, y compris les agendas de sa mère, les écrits des uns et des autres, les journaux, les correspondances, les témoignages. Dominique remonte jusqu'à ses origines mexicaines, ses investigations se veulent honnêtes.
Pourtant, j'ai ressenti à chaque page lue, l'espoir de Dominique de trouver, enfin, une once de justification.
Aujourd'hui, les écrits de Ramon sont ensevelis avec son passé.
Vous êtes oublié Monsieur Ramon Fernandez sauf pour votre fils et je lui souhaite d'avoir été quelque peu apaisé par cette enquête.
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krzysvanco
  05 avril 2016
Dominique Fernandez cherche à comprendre la conduite de son père, collaborateur durant la guerre.
Comment cet homme doué, qui commença à être de gauche a-t-il pu en arriver là ?
L'auteur nous livre un ouvrage fouillé, une brique de près de 800 pages, que je compare à un dossier de juge d'instruction, qui cherche tant les éléments à charge qu'à décharge.
Document très intéressant sur la situation familiale de Ramon Fernandez, sur les milieux littéraires et politiques de l'époque.
J'avoue avoir eu plusieurs fois la tentation, surtout vers la fin, de sauter des pages tant l'analyse est poussée mais je dois reconnaître que ce livre ne m'a pas laissé indifférent. On sent un véritable essai de comprendre, qui n'est en rien une volonté d'excuser, l'auteur pouvant avoir des mots très durs pour condamner certains agissements de son père.
J'ai beaucoup appris, je ne connaissais pas Ramon Fernandez, mais je ne soupçonnais pas non plus l'attitude de certains grands noms de la littérature française durant ces années troubles.
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litolff
  22 juin 2012
Une introspection érudite pour trouver des réponses à une question essentielle : je suis le fils d'un traitre, quels sont les facteurs EXTERIEURS qui ont poussé mon père à devenir ce qu'il est devenu ? Bien que je comprenne parfaitement sa démarche, je ne suis pas parvenue à m'y intéresser vraiment....
Commenter  J’apprécie          90
luocine
  25 août 2009
Dominique Fernandez nous entraîne dans une quête : la compréhension d'un père qui a été un mauvais mari, un mauvais père, s'est fourvoyé dans le parti de Doriot, et dans la collaboration, mais a toujours été un critique littéraire de qualité.
C'est un livre remarquable et passionnant. On sent toute la douleur de l'écrivain Dominique Fernandez (que personnellement j'apprécie beaucoup). Il a été l'enfant d'un couple qui s'est fait la guerre, et a dû supporter l'infamie d'un père.
Il est très honnête dans sa recherche ne charge ni n'excuse son père, cela donne toute la valeur au livre.
Lien : http://luocine.over-blog.com/
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ThierryA
  24 mai 2017
Lu il y a longtemps : très bon livre sur l'histoire du père de l'auteur et de son époque.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   06 août 2019
Ramon Fernandez est mort dans la nuit du 2 au 3 août. Il avait cinquante ans depuis le 18 mars. Aujourd'hui (5 avril 2006), j'en ai soixante-seize. L'âge d'être le père de mon père. Figli(o) del tuo figlio….
L'âge pour essayer de comprendre pourquoi un esprit si profond, le critique littéraire le plus admiré de son époque, a sombré dans l'infamie d'une action politique qui a entraîné son œuvre dans un discrédit dont elle ne s'est pas encore relevée. Je n'entreprends ni une hagiographie ni un règlement de comptes. La dévotion comme le dénigrement sont exclus de mon projet. Ce fils cherche à s'expliquer l'inexplicable. Avoir été assez familier de Proust pour en recevoir des conseils et être sollicité de lui en donner, avoir partagé l'amitié de Jacques Rivière, de Gide, de Bernanos, de Mauriac, de Saint-Exupéry, de Paulhan, de Raymond Aron, de Marguerite Duras, correspondu avec T.S. Eliot, avec Roger Martin du Gard, avec André Malraux, dirigé plusieurs des décades littéraires et philosophiques de Pontigny, siégé au comité de lecture des Editions Gallimard, contribué au rayonnement de La Nouvelle Revue Française, qui était la conscience littéraire de la France : cet homme, s'être entiché de la croix gammée ? Hypothèse aussi impensable qu'insupportable.
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enjie77enjie77   06 août 2019
Fort de son origine latino-américaine, Ramon Fernandez commence une activité qui fera longtemps l'essentiel de sa réputation : il lance dans la haute société le tango et devient le champion de cette danse qui, née dans les bordels de Buenos Aires, reçut, en grande partie grâce à lui, ses lettres de noblesse dans les salons du faubourg Saint-Germain. Il la dansait, selon le témoignage du philosophe Vladimir Jankélévitch "comme Dieu le Père". Avec l'élégance un peu canaille requise pour cet exercice qui tenait de l'art, du sport et de l'épate. Glissades, déhanchements, ondulations, renversements spectaculaires, pâmoisons chaloupées, virevoltes étourdissantes suivies d'alanguissements à rendre l'âme…. De quoi scandaliser l'archevêque de Paris qui lança en 1913 l'anathème contre une gesticulation et une esbroufe jugées trop lascives. Le pape Pie X qualifiait cette danse de "sauvage". Tout Paris l'avait adoptée.

page 106
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luocineluocine   25 août 2009
L’homme moderne croit offrir ses idées à la société : il n’a que les idées que la société lui offre

Ramon Fernandez

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krzysvancokrzysvanco   05 avril 2016
Je j'entreprends ni une hagiographie ni un règlement de comptes. La dévotion comme le dénigrement sont exclus de mon projet. Ce fils cherche à s'expliquer l'inexplicable.
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luocineluocine   25 août 2009
out le problème est là : un enfant a le droit de regarder « sans honte » le visage de son père mort si celui-ci s’est fourvoyé seulement en pensée. Mon père s’est-il borné à écrire dans une presse collaborationniste, ce qui serait blâmable, mais non coupable d’infamie ? Ou peut-on mettre à sa charge des actes indignes de pardon ?
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Videos de Dominique Fernandez (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Fernandez
8 février 2013 :
À propos de Retour parmi les hommes «La beauté de Vincent, c'est de guetter les catastrophes, de voir le bonheur comme une erreur passagère. En cela, il fait partie des grands personnages de la littérature contemporaine, capables d'alimenter encore quelques suites... Un grand Besson !» Clara Dupont-Monod, Marianne La Trahison de Thomas Spencer «L'analyse est menée finement, la jalousie, les souffrances indiquées avec tact. le talent de Philippe Besson, la manière douce et tendre qui lui attire de plus en plus de lecteurs, consiste à ne jamais élever la voix, à montrer que les mouvements du coeur forment l'essentiel d'une vie humaine.» Dominique Fernandez, le Nouvel Observateur Un homme accidentel «Philippe Besson vient de réussir un roman intense et fulgurant.» François Busnel, L'Express L'Arrière-Saison «L'Arrière-Saison a la beauté mélancolique d'une sonate d'automne.» Michèle Gazier, Télérama Une villa en Italie, le soleil trop fort, des ferries qui font la traversée vers les îles, une romancière qui peine à finir un livre, un jeune officier de l'Académie navale, un accident de voiture à des centaines de kilomètres, l'enchaînement des circonstances, la réalité qui rejoint la fiction, la fin d'un amour, le commencement d'un autre peut-être. Dans ce roman plus personnel qu'il n'y paraît, l'auteur de L'Arrière-Saison dresse le portrait d'une femme puissante et de deux hommes fragiles, en proie à des hésitations sentimentales. À propos de son dernier roman Une bonne raison de se tuer «Tout l'art de Besson est là, dans l'introspection des âmes, le déphasage entre l'intime et le public, la marche inexorable du temps.» Marianne Payot, L'Express «Philippe Besson explore l'envers du rêve américain dans un de ses plus forts romans.» Pierre Vavasseur, le Parisien «Portée par un style implacable, dépouillé de tout apitoiement et de tout pathos, l'intrigue a des airs de tragédie grecque, où chacun est en marche vers son destin sans que rien ne puisse l'arrêter. On est touchés en plein coeur.» Valérie Gans, Figaro Madame «Philippe Besson explore la part intime des êtres et traque leur moindre secret. Il gagne encore son pari.» Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo «Si juste et terrible. Quel magnifique portrait de femme et de nous aussi !» Joseph Macé-Scaron, le Magazine littéraire «Un livre qu'on lit d'une traite... C'est très triste et très doux.» Gilles Martin-Chauffier, Paris Match
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