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EAN : 9782211222341
336 pages
Éditeur : L'Ecole des loisirs (28/10/2015)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Il revient de loin, Edward. Jusqu'à l'âge de sept ans, il a vécu enfermé dans un appartement avec sa mère, sous l'emprise d'un homme alcoolique et violent. Lorsqu'il est délivré de son bourreau, il peut enfin découvrir le monde qui l'entoure. Mais est-il libre pour de bon?
Recueilli par les services sociaux, puis ballotté de famille d'accueil en famille d'adoption, Edward se construit en tentant d'oublier son passé. Mais au fil des années ce passé le suit pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
latina
  14 juillet 2017
Si je suis devenue prof de français, c'est principalement pour être une « passeuse », transmettre la passion immense que je ressens pour la lecture (évidemment, vous me comprenez, vous qui vous vous êtes inscrits sur ce site !)
Le temps des « grandes vacances » est pour moi propice à la réflexion : je reconsidère la liste de livres donnée à chaque début d'année scolaire, je recherche ce roman susceptible de bouleverser, ou à tout le moins d'intéresser ces jeunes souvent plus préoccupés par leur smartphone/iphone/ jeu vidéo/... Ce roman qui provoquerait de petites étincelles, prémices d'un feu sacré, celui de la lecture.
Comme j'ai remarqué que les prix, en Belgique, ne sont pas soumis aux diktats des maisons d'édition, je me suis tournée vers la sélection du prix Farniente, gage de qualité, dont « les thèmes prêtent à des débats d'idées, à ouvrir le dialogue et à aller à la découverte des autres et des différences ». Ce prix créé en 2000 s'adresse aux ados de 12 à 16 ans (basket jaune = 13 ans et plus ; basket verte = 15 ans et plus). Il est décerné par les jeunes, après une sélection du comité de lecture constitué de 20 jeunes et 20 adultes.
Et nous y voici : « Blood family » d'Anne Fine est le lauréat 2017.
C'est avec effroi que j'ai découvert, séquestrés dans un appartement immonde, un gamin crasseux et sa pauvre loque de mère. Libérés grâce à une voisine perspicace, ils sont pris en charge par les services sociaux. La mère, détruite à jamais, est devenue débile. le fils de 7 ans, Edward, ou Eddie, sera d'abord recueilli par deux personnes assez âgées, famille d'accueil bienveillante et humaine, avant d'être adopté par un couple ayant déjà pris sous son aile une fille.
J'ai assisté à la transformation de ce gamin, d'abord positive, puis, à l'adolescence, à la lente descente aux enfers. Les démons du passé le rongent...
Nul doute que les thèmes de la maltraitance, l'adoption et l'alcoolisme, traités avec simplicité et naturel, susciteront l'intérêt de certains de nos ados. Ici, pas de romantisme, pas d'aménagement de la réalité sordide. Les faits. Les dialogues. Les pensées, racontées comme sous la forme d'un compte rendu des années après. Et cachée dans les pages, l'attrait du héros pour la lecture...
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Aryia
  31 décembre 2020
Il y a quelques semaines, j'évoquais avec une amie lectrice ce qui est probablement la plus grande contradiction de mon existence : je suis hypersensible – et ça me complique considérablement la vie, car c'est jugé inacceptable dans notre société de pleurer « pour un rien » à bientôt vingt-quatre ans … bonjour la tolérance – mais je n'hésite pas pour autant à me plonger dans des livres jugés « difficiles ». Bien sûr, il y a certaines limites que je ne peux pas dépasser – ce qui m'oblige parfois à refuser telle ou telle proposition de service presse, car je sens que le livre en question me perturbera beaucoup trop –, mais cela ne me fait pas particulièrement « peur » d'ouvrir un thriller, un policier ou un drame de temps en temps. Au fil des années, j'ai appris à garder suffisamment de distance avec l'histoire relatée pour la savourer sans qu'elle ne me dévore. J'en suis vraiment soulagée, car cela me permet de me plonger dans des récits qui m'intriguent et m'attirent même si ceux-ci abordent des thématiques très difficiles …
Les premières années de sa vie, Eddie les a passées recroquevillé dans un coin du salon, s'efforçant de se faire le plus petit possible tandis qu'Harris, alcoolique et tyrannique, s'acharnait sur sa mère. Son seul lien avec le monde extérieur, ce sont des cassettes vidéos sur lesquelles sont enregistrées de vieilles émissions, dans lesquelles Mr Perkins emmènent ses petits téléspectateurs à la découverte d'une caserne de pompiers, d'une ferme, d'une pizzeria, tout en leur rappelant qu'il faut toujours mettre de la crème solaire en été et qu'il faut bien se laver les dents tous les jours … le petit garçon a sept ans lorsque la police et les services sociaux défoncent la porte, mettant fin à son interminable calvaire. D'abord placé dans une famille d'accueil aimante, puis adoptée par une famille bienveillante, le petit Eddie s'en sort étonnamment bien pour un enfant séquestré et maltraité … Jusqu'au jour où une simple sortie scolaire vient remettre en question l'équilibre précaire de sa santé mentale …
Si je devais résumer en deux mots ce roman, je n'hésiterai pas bien longtemps : simplicité et dureté. Les premières pages donnent immédiatement le ton du récit : c'est incisif, brut, tranchant. Tout commence par l'irruption fracassante d'une unité de police dans un appartement saccagé, dévasté, ravagé : ils y trouvent une femme couverte d'hématomes qui semble ne même pas se rendre compte de leur présence, et un petit garçon vêtu de haillons qui se terre dans son coin. Il y a cette urgence qui vous prend aux tripes : il faut les sortir d'ici, immédiatement, avant que l'homme responsable de cette horreur revienne. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la mère et le fils sont exfiltrés de ce logement insalubre et conduits à l'hôpital. C'est ainsi que débute la nouvelle vie d'Eddie … Mais ne nous faisons pas d'illusions : la vie n'est pas un conte de fée, et contrairement à ce qu'on aimerait espérer, un peu d'amour et de douceur ne suffiront pas à effacer ces traumatismes infantiles. Et même si, dans un premier temps, notre brave et sensible petit Edward semble bien remonter la pente, on pressent que le passé va brutalement ressurgir un jour ou l'autre. Pour le pire plus que pour le meilleur …
A travers l'histoire d'Eddie, c'est le parcours de vie de centaines d'enfants placés et adoptés que nous invite à suivre l'autrice. Car irrémédiablement, une même question finit par surgir, parfois insidieusement, parfois violemment. Est-il véritablement possible de faire table rase de son passé, de son enfance, de sa famille biologique ? Peut-on véritablement se construire sereinement quand nos racines sont branlantes ? Et c'est alors que le titre du livre prend tout son sens : les liens du sang seraient-ils plus forts que ceux du coeur ? Une implacable malédiction se cache-t-elle dans nos veines, nous condamnant à marcher dans les traces de nos géniteurs bien malgré nous ? Alors qu'il grandit, Eddie est de plus en plus hanté par la crainte de ressembler un jour à son bourreau … Mais le plus terrible, finalement, c'est que c'est pour oublier cette peur que le jeune homme va progressivement sombrer dans les mêmes travers que cet homme qu'il craint et hait tant. Et le lecteur assiste impuissant à cette descente aux enfers, le coeur serré de voir ce jeune homme innocent ployer sous le poids d'un si cruel fardeau.
Simplicité et dureté, disais-je : comme vous l'aurez remarqué, c'est une intrigue « extraordinairement banale » que nous offre ici l'autrice, sans fioriture inutile, sans péripétie superflue, toute centrée sur la difficile reconstruction de ce gamin malmené par l'existence. Rien de plus, rien de moins qu'une tranche de vie. Relatée par Eddie et par tous ceux qui gravitent autour de lui : Rob le travailleur social, Eleanor la psychologue, Linda l'assistance maternelle, Alice la soeur adoptive … Chacun leur tour, ils nous dressent un portrait saisissant de cet enfant sauvé de l'enfer. Roman polyphonique dans toute sa splendeur, Blood Family ne se contente ainsi pas d'évoquer les conséquences « à long terme » des abus psychologiques et des déterminismes génétiques, mais aborde également la question de l'adoption du point de vue des parents. Avec justesse, en remisant au placard les grands discours bien-pensants, Anne Fine nous plonge au coeur des doutes et même des regrets de ces hommes et de ses femmes qui élèvent « les enfants des autres », qui tentent de leur apporter tout l'amour et le soutien possible pour les aider à rebondir, mais qui se demandent parfois s'ils ont fait le bon choix …
En bref, vous l'aurez bien compris, c'est un roman particulièrement poignant et émouvant que nous offre ici l'autrice. Sans jamais sombrer une seule fois dans le larmoyant à outrance ou l'apitoyant démesuré, Anne Fine n'épargne absolument rien au lecteur, le confrontant à la vérité dans toute sa rudesse : on ne ressort jamais indemne de ce genre d'épreuves, jamais, même avoir tout l'amour et toute la bonne volonté du monde. Il reste toujours quelque chose de ces douleurs, de ces peines, de ces peurs. On pourrait reprocher à ce récit d'être trop pessimiste … mais il faut se rendre à l'évidence et reconnaitre qu'il est tout simplement réaliste. La fin est à mes yeux particulièrement marquante de ce point de vue : elle nous laisse en plan, avec un grand point d'interrogation vu qu'on peut s'imaginer le pire comme le meilleur, la voir comme la preuve de la guérison d'Eddie ou comme les prémices d'une rechute à venir. Au lecteur de se faire sa propre opinion … En tout cas, c'est un roman certes difficile par moment, mais que j'ai énormément apprécié car il est si riche, si puissant, et si bien écrit, tout en finesse, vraiment une très belle lecture que je n'oublierai pas de sitôt !
Lien : http://lesmotsetaientlivres...
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BOOKSANDRAP
  05 janvier 2016
> https://booksandrap.wordpress.com/2016/01/05/blood-family-anne-fine/

Avis : Je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant de le voir par hasard a la FNAC de ma ville et de le recevoir gentiment de la part des éditions L'école des loisirs. Un grand merci à eux pour leur gentillesse et leur rapidité, qui m'a permi de découvrir ce livre qui me tentait beaucoup et qui me permet de vous le faire découvrir !
Parlons un peu de la couverture avant de rentrer dans le vif du sujet. Je suis complètement fan de ce style d'images. Sobre, sombre et à la fois mystérieux. L'écriture rouge sang, les images énigmatiques qui nous poussent à lire la quatrième de couverture pour en savoir plus. Je n'avais jamais lu d'Anne Fine avant ce livre là, bien que « le passage du diable » me tente énormééééément !
« Blood Family » sa parle de quoi ? On va faire la connaissance d'Edward, un petit garçon de 7 ans, qui à vécu séquestré avec sa mère Lucy sous l'emprise d'un homme colérique, violent, alcoolique et manipulateur du nom de Bryce Harris, toute sa vie. Au fil des ans, il a appris à ne pas faire de bruit, à ne contrarier personne jusqu'a devenir quasi invisible. Un beau jour, sa voisine se doutant des sévices de cet homme décide d'agir et de contacter la police et les services sociaux. Une fois délivré d'Harris, le jeune Edward, dit Eddie, fût pris sous l'aile de Rob Reed, un homme rondouillard, travailleur social qui le confie à Allan et Linda Radlett un couple qui accueille ces enfants en difficulté le temps de leur trouver un foyer d'adoption. Ce couple va être une bénédiction pour le jeune Eddie, ils vont le rassurer, lui apprendre à lire, à écrire, à compter, à s'amuser et surtout à aimer. Mais un beau jour, il est temps de trouver une maison d'adoption et les ennuis ne font que commencer. Edward va-t-il réussir à s'entendre avec sa nouvelle famille, dans ce nouveau foyer ? Va t-il se reconstruire et oublier son passé ? Que devient sa mère ?
Tant de questions dont on à les réponses au compte goutte au fil du livre. le poids du passé est lourd et Edward deviens maitre dans l'art de jouer avec le feu, va-t-il basculer et devenir comme l'homme qu'il exècre le plus ? Ou va-t-il trouver la force de se reprendre en main ?
Je peux vous le dire maintenant, j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Parmi tout les bouquins que j'ai pu dévoré depuis mon enfance, je n'avais jamais lu ou très peu de livres similaires, aussi poignant et à la fois dérangeant comme « Blood Family ». Vous mourrez d'envie que je vous dire pourquoi je suis sure hein haha.
Un des gros points positifs de cette histoire c'est la manière dont on est plongés dans l'histoire, j'assimile ça à un saut à l'élastique où on aurait oublié de mettre son harnais de protection. On est plongés dans un univers dont on a pas envie de croire que cela puisse exister, et on en prends plein la gueule. On vit l'histoire à 100 à l'heure, on à peur, on a de la peine, de la colère tout en même temps et tout est amplifier par les différents points de vues qu'on nous offre. En effet, le livre est découpé non pas en chapitre mais en acte. À chaque 2-3 pages on change de personnage et on voit son point de vue à lui. Par exemple, au début, on est Eddie, puis la voisine, puis Rob Reed ainsi de suite, et cela nous aide grandement à comprendre toutes les facettes de ce petit bouquin.
Pour parler maintenant des personnages car c'est sans conteste ce qui est le mieux travaillé dans ce petit bouquin. Je ne dénigre pas l'histoire bien qu'elle n'ai rien d'extraordinaire, un enfant dont la vie à été ruiné par un salaud qui se retrouve balloté dans des familles d'accueil ce n'est pas ce qui à de plus innovant mais la profondeur des personnages rend ce livre très bon.
Eddie, Eddie, Eddie. Je l'ai adoré. On voit son évolution de la première à la dernière page, il passe du stade de l'enfance à celle complexe de l'adolescence. Waou quel courageux petit enfant. On comprends toutes les horreurs qu'il a pu voir, qu'il à pu subir durant toutes ces années et pourtant c'est un garçon tout ce qui à de plus agréable, comment ne pas s'attacher à lui ? il est intelligent, profondément gentil, serviable. Malgré qu'il est passé de terribles moments, il arrive toujours à remonter la pente et à s'en sortir. Il veut plus que tout ne pas ressembler à Harris et je trouve que malgré ces erreurs de parcours il s'en sort très bien. Je l'ai parfois trouvé injuste tout de même, je peux comprendre qu'il en veuille à Lucy sa mère pour ne pas avoir levé le petit doigt toutes ces années, mais je ne pense pas qu'il réalise tout ce qu'elle a vécu en vivant avec cette brute. Il la rouait de coups constamment, lui arrachait les cheveux, lui enlevait toute liberté. Il lui disait quoi penser, elle n'était plus qu'une marionnette et j'ai eu beaucoup de peine pour cette femme vide et absente.
Parlons d'Harris maintenant… Quel enfoiré ! Excusez mon vocabulaire mais ce genre de personnes devraient être emprisonné. Et dieu sait que ce genre d'histoires n'est pas purement inventé, combien de personnes vivent des choses égales ? Combien de femmes sont frappés par le mari, abrutie par les coups et dépendantes de ces bêtes sans coeur ? Bryce Harris est un homme manipulateur et violent doublé d'un alcoolique qui ne prends plaisir qu'a tout contrôler. Je l'ai biensur haï, même si je n'ai pas vraiment fait sa connaissance à travers le livre, les pensées et les paroles des autres personnages nous le décrivent très bien.
Quant aux personnages d'Allan et Linda, ils sont géniaux, je les ai adorés et cela reste très dur pour moi de me dire que je ne les retrouverais jamais au fil des pages.
En résumé, « Blood Family » c'est une histoire poignante et éprouvante qui m'a bouleversée.
Ce livre est un message d'espoir et d'amour, que je ne conseille tout de même pas aux plus jeunes vu le caractère difficile du sujet. Ceux qui ont le coeur bien accroché, jetez-vous dessus il est terrible.
Pour la note : 16/20.

Lien : https://booksandrap.wordpres..
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Baleines
  07 janvier 2016
J'ai adoré ce roman très noir et très sombre, parfois même "glauque". J'ai beaucoup été intriguée par la couverture et le titre, le résumé m'a un peu moins tenté mais finalement je ne regrette absolument pas de l'avoir lu.
Je me suis vraiment attaché au personnage d'Eddie durant ma lecture, même s'il lui arrivait d'être vraiment casse pied. J'ai trouvé que la fin est arrivée trop vite.
L'écriture était facile à comprendre et très fluide. Un livre au final très émouvant !
A l'âge de 7 ans, Eddie (Edward), est retrouvé avec sa mère alors qu'ils étaient séquestrés dans un appartement miteux sous la poigne sans pitié de Bryce Harris.
La mère du jeune garçon après s'être fait battre jusqu'à ce que son corps soit entièrement couvert de bleus, a finalement perdu la raison et est traumatisée à vie.
Edward est envoyé en famille d'accueil et tente de s'habituer au monde extérieur. Il est ensuite adopté et essaye avec ses nouveaux tuteurs de se reconstruire. On le suit grandir et progresser, devenir un jeune garçon comme les autres de son âge.
Mais Edward sait bien qu'il n'est pas comme les autres, son passé ne cesse de le hanter chaque jour de plus en plus intensément...
Y a t-il une chance pour que cette enfant traumatisé vive en oubliant définitivement les ombres de son passé ? Iris 4ème
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Anarya
  15 novembre 2015
Après nous avoir fait frissonner avec le passage du diable, Anne Fine revient avec un roman ado tout aussi terrifiant, mais dans un autre registre… Notons d'ailleurs que ce précédent roman trouve une certaine importance dans ce Blood family (mais je vous laisse la surprise)…
Avec les premières pages de ce roman, Anne Fine nous prend à la gorge, nous secoue dans tous les sens et ne nous lâche qu'à la toute dernière ligne…ou pas ? En tous cas, l'histoire de ce jeune Edward nous glace le sang : séquestré depuis son plus jeune âge, l'enfant vit dans la crasse, dort dans un tas de couvertures partagées avec un chien jusqu'à ce que l'animal se retrouve à pourrir dans un sac poubelle. Sa mère est un cadavre ambulant, la peau tellement marquée qu'elle en est bleue ou noire. L'horreur absolue. Une horreur qui a un nom : Bryce Harris. Un homme terrifiant qui n'a même pas besoin d'être physiquement présent dans le roman pour que son nom ou son souvenir provoque des angoisses et une peur indicible chez Edward.
La première partie du roman est tout bonnement stupéfiante. Par l'histoire terrible que l'on découvre, mais aussi par ce personnage, ce jeune Eddie, qui ne connaît rien d'autre à la vie que celle de cet appartement minable, et des émissions télévisées de Mr. Perkins, enregistrées sur K7, qu'il regardait en boucle avec sa maman quand Harris n'était pas là. Ainsi, là où Eddie aurait pu être un enfant sauvage ou tout simplement idiot à force d'être battu et de ne rien faire de la journée à part craindre le retour d'Harris, il est un enfant étrange, capable de lire ou de compter et incollable sur un certain nombre de sujet évoqués dans les émissions de Mr. Perkins. Comme beaucoup le pensent, c'est sans doute ce qui a sauvé cet enfant…
Je n'ai pas envie de vous en dire plus sur l'histoire, qui se laisse découvrir avec répulsion et fascination. En tous cas, on s'attache instantanément à ce petit bonhomme et à l'adolescent qu'il va devenir. Car le roman va suivre Edward de ses 7 ans à son entrée en première. Une vie qui ne sera pas facile malgré l'amour que vont lui prodiguer bon nombre de personnages. Car le passé ne disparaît jamais véritablement…
J'ai beaucoup aimé la construction du roman, qui fait intervenir plusieurs acteurs de la vie d'Eddie depuis sa découverte dans cet horrible appartement. On a l'impression d'avoir affaire à une compilation de témoignages, ceux d'Edward étant les plus importants, ce qui renforce notre sentiment de malaise à lire cette histoire presque documentaire. Anne Fine signe un roman coup de poing, bouleversant et qui n'interdit pas l'espoir…
Lien : http://bobetjeanmichel.com/2..
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critiques presse (2)
Liberation   30 novembre 2017
Dans «Blood Family», l’auteure anglaise s’inspire des injustices engendrées par le Children Act pour narrer la trajectoire d’un enfant déraciné.
Lire la critique sur le site : Liberation
Ricochet   22 mars 2016
Anne Fine signe un roman d'une rare intensité. Évitant à tout prix de tomber dans un manichéisme facile, elle nous rappelle les multiples facettes que possède tout être humain.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Luna26275Luna26275   23 décembre 2015
C'est quand même curieux, la vie. À cinq mille kilomètres de là, au Canada, il y a trente ans, un charmant vieux bonhomme en gilet de laine répondant au nom de Mr Perkins réalise une série télévisée pour les enfants. Quelqu'un d'autre a l'idée d'enregistrer les épisodes mais ne les jettes pas. Et Edward James Taylor est sauvé. Si ce genre de chose arrivait plus souvent, je finirais peut-être par croire en Dieu.
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BOOKSANDRAPBOOKSANDRAP   05 janvier 2016
Les livres c'était vraiment autre chose. On avait l'avantage d'y croiser des personnages de tous âges et de toutes sortes : courageux, intelligents, malheureux, drôles, timides. Des étrangers aussi.
Des gens qui avaient perdu une jambe sur un champ de bataille, d'autres qui réussissaient dans le cinéma. De connaître leurs pensées, d'observer leur façon d'être, de tout apprendre d'eux, jusqu'aux ruminations qui les hantaient la nuit.
Même si vous soucis sont différents, les livres vous montrent au moins que vous n'êtes pas seul à vous en faire. Vous n'avez plus besoin d'avoir peur que ce soit anormal.
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beamag87beamag87   22 octobre 2015
Alice s'est jetée au cou de maman et l'a serrée dans ses bras. En lui faisant un gros baiser sur la joue, elle lui a dit gaiement:
-Au revoir, Lucy! A bientôt.
J'en ai fait autant:
-Au revoir, maman.
Elle m'a serré la main. Elle ne devait plus savoir comment je m'appelais, car il y a eu un petit silence étouffant après le mot "au revoir".
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NadaelNadael   27 février 2018
« L’air du dehors m’a frappé comme une gifle. Je ne savais plus ce que c’était. Et cette odeur – comme dire? Dure, peut-être. Presque hostile. Comme du cristal. L’air m’a presque plus choqué que la lumière. Bien plus tard, il m’est arrivé de passer devant une piscine, et à chaque fois l’odeur du chlore m’a rappelé ce moment étrange où Rob a ouvert en bas la porte qui donne sur la rue. Je n’oublierai jamais le trajet dans la voiture de police : le monde me paraissait tellement grand! «
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LaCabaneDeMesLivresLaCabaneDeMesLivres   08 janvier 2020
"Donc la bonté est encore de ce monde, me suis-je dit. Oui, la bonté existe. Un être humain peut aider ses semblables à moins souffrir."
"Je m'étais mis à aimer passionnément les livres. J'avais l'impression que chacun d'eux me donnait des clefs pour devenir normal."
"Même si vos soucis sont différents, les livres vous montrent au moins que vous n'êtes pas seul à vous en faire. Vous n'avez plus besoin d'avoir peur que ce soit anormal."
"C'est ce qui a provoqué le déclic, je crois. Je ne voulais pas être comme lui. Et là où je me trouvais, j'avais la possibilité de faire un choix. Un tout petit pas de côté."
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