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Éditeur : Seuil (01/08/2017)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 153 notes)
Résumé :
Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis des décennies.

Été 1969 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  06 octobre 2017
Pour Bill et Eugène, deux frères vivant à Sylva, une petite ville des Appalaches, l'été 68 restera celui de tous les dangers.
L'été qui les a marqué à jamais par leur rencontre avec Ligeia, une adorable et manipulatrice jeune fille qui leur à fait découvrir la liberté, mais les a mis en compétition, gâchant ainsi une entente renforcée par la mort prématurée de leur père. Ligeia dont le corps réapparaît quarante ans plus tard, enfoui dans un talus de la rivière où les jeunes gens avaient leurs habitudes de pêche.
Réalisant les voeux de leur despotique grand-père, Bill est alors un brillant chirurgien, quand Eugène, qui n'a jamais pu oublier la jeune fille, et a toujours douté de son départ volontaire, est un écrivain alcoolique à la dérive. Découverte macabre qui ramène les deux frères à leur passé d'adolescents et décide Eugène à exiger de Bill la vérité. Mais la seule véritable explication est que Ligeia, symbole du mouvement hippie, a dérangé une société puritaine verrouillée sur ses convictions morales et religieuses et l'a payé de sa vie.
Un magnifique roman, inspiré d'un fait divers (" on n'a jamais rien trouvé contre les deux garçons, aucune trace de rien. L'enquête a été bouclée et la vie a continué ", a expliqué Ron Rash), qui nous emporte loin dans une réflexion sur l'expiation, la rivalité fraternelle, et le mouvement de contre-culture américain des années 60.
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Crossroads
  15 janvier 2018
♫ Vive le vent, vive le vent, vive le vent pleuré ♪
Hem, modérément sûr du refrain, d'un coup d'un seul.
Rash fait partie, à mes yeux, de ces auteurs sans surprise. Entendez par là qu'au mieux, il subjugue, au pire, il séduit.
Pour moi, ce sera la séduction siou'plaît. Pour la subjugation, on attendra le prochain.
On dirait que Bill et Eugène seraient deux frères assimilés à un jeu de quille.
On dirait que Ligeia, fraichement débarquée dans leur bled paumé, cristalliserait longtemps le souvenir ému de cet été 1969. Un être extraordinairement décomplexé et charismatique aux allures de chef de meute. Je vous laisse imaginer l'effet produit sur la fratrie par cette gamine envoûtante à la libido aussi débridée qu'une 103 SP sport kitée. Je m'adresse aux puristes, là, aux foufous de la vitesse, aux amateurs de sensations extrêmes.
Mais les souvenirs sont comme les caravanes face aux clébards par trop démonstratifs, ils passent.
Pour ce qui est de trépasser, le mystère reste entier quant à cette poignée d'ossements découverts sur la grève. Un jeu d'osselet morbide qui ravivera, des décennies plus tard, cette saison mémorable alors nimbée d'insouciance. Une parenthèse enchantée qui pourrait bien laisser, au final, comme un méchant goût d'amertume en bouche pour ces deux frangins aux trajectoires contrastées.
J'ai aimé. Pas adoré.
Au rayon des satisfactions, l'évolution des rapports entre ces deux gamins au contact de la désirable Ligeia. Un apprentissage aussi court qu'intense relaté avec tendresse et humanité.
Il y a du Dostoïevski chez Rash. En décrivant subtilement un personnage rongé par le doute, c'est Raskolnikov qu'il ressuscite.
Le récit est prenant, plutôt bien amené et joue formidablement sur une possible culpabilité qui fera douter le lecteur tout du long... ou presque.
Et c'est là que le bât blesse. Le point noir de compétition qui aura occasionné trois dépressions et huit départs anticipés chez Biactol, ce final ultra prévisible qui ne surprendra que les amnésiques, et encore.
Il n'y a rien de pire qu'une histoire bien ficelée qui tourne en eau de boudin. J'ai rien contre le boudin, qu'on se le dise, mais en fin de lecture et à haute dose, il se pourrait qu'il occasionne ballonnements et autres joyeusetés intestinales de la sorte, de quoi l'avoir mauvaise pendant pas mal de temps.
Par le vent pleuré, par la fin grandement désappointé.
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cardabelle
  16 novembre 2017
Ron Rash , une patte, une signature .
Poète, humaniste , amoureux de la nature .
Cette fois, il nous propose un voyage dans le temps et une immersion dans les années 60 au coeur des Appalaches , à Sylva, petite ville où les bruits du monde et même ceux de la Guerre du Vietnam arrivent presque étouffés , lointains ; un endroit encore préservé des remous de la contre-culture.
Pourtant , l' atmosphère feutrée , bien pensante réglée par la morale et la discipline va très vite être mise à mal par le déroulement du récit .
Peu à peu , l'auteur lève le voile sur les personnages et le lecteur frissonne !
Au début, on partait pour un été paisible avec Eugène et Bill deux jeunes garçons ,orphelins de père qui vivent avec leur mère sous le joug du grand-père ,personnage tyrannique et plus on le découvre plus le mot est faible : un homme ivre de toute-puissance , pervers, mégalo ...
Puis, survient la jeune Ligeia , une sirène blessée , échouée là , contrainte à un exil par sa famille , une mesure de protection qui lui pèse !
Alors, bien-sûr , la nymphette ne peut que troubler la quiétude des bords de la Tuckaseggee et des parties de pêches des deux ados !
Le roman offre un portrait intéressant de la jeunesse de l'époque qui tout à coup sentant le vent de liberté venant d'ailleurs prend conscience brutalement du poids de son carcan et se montre capable de braver tous les interdits érigés en gardiens de la morale .
Une liberté qui tout à coup devient une exigence au mépris de tous les dangers pour certains .
L'alternance temporelle du récit permet d'aborder les subtilités de l'évolution des deux héros aux caractères très nuancés mais pourtant si unis.
C'est Eugène devenu adulte qui est le narrateur .
Peu à peu , les flashbacks vont livrer par bribes leurs secrets pour permettre le dénouement d'une intrigue des plus glaçantes !
Mais , si ce roman est un thriller , on en retient surtout la photo de cette époque utopique ou planante , contestataire ou insouciante.
Par moment, j'ai repensé au film "Good Morning England" quand le jeune Bill doit se bagarrer avec les ondes pour capter Jefferson Airplane ou les Beatles ! Atmosphère ? Parenthèse ?
Mais derrière , il y a toujours la vie et ses drames intemporels ceux-là.
Bien beau roman alliant comme toujours chez Ron Rash subtilité , force , délicatesse et poésie .
Il serait parmi mes préférés de cet auteur avec " Une terre d'ombre" et "Un pied au paradis "... oui , peut-être .
Mais en réalité , ayant lu tous les " Ron Rash" traduits , je les ai appréciés à des degrés divers peut-être mais tous m'ont plu .
Alors , à présent , bon courage pour évaluer l'objectivité de cet avis !
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nameless
  18 décembre 2017
Quand le squelette d'une jeune fille disparue 46 ans plus tôt refait surface porté par des alluvions, il est temps pour deux frères, Bill et Eugène, suite à cette exhumation fortuite, de convoquer leurs souvenirs et de procéder à l'examen de leurs consciences rongées par la culpabilité et parasitées par de nombreux mensonges. En 1969, ils sont deux jeunes hommes vivant à Sylva, petite ville paumée des Appalaches où les bruits du monde parviennent feutrés et filtrés par l'unique chaîne de télévision disponible ; ils sont éduqués par un grand-père médecin et néanmoins despotique qui leur enseigne très tôt que dans la vie, on fait des choix dont il faut accepter les conséquences.

Alors qu'ils se livrent à la pêche à la truite, une sirène vêtue d'un maillot de bains vert fait son apparition dans leur champ de vision et dans leur vie pour en modifier définitivement le cours. C'est Ligeia, pur produit de la contre-culture et du summer of love, hippie, sexuellement délurée, adepte de substances psycho-actives, une vraie caricature, il ne lui manque que le combi Volkswagen. Pour ces deux frères de l'Amérique rurale, la naïade est une révélation. Que s'est-il passé au cours de cet été ?

Roman ou nouvelle ? Trop bref pour entrer dans la première catégorie, trop long pour appartenir à la seconde, Par le vent pleuré m'a laissé une impression de facilité et une indéfinissable sensation de déjà-vu-déjà-lu et d'inabouti. Les grands espaces chers à l'auteur sont réduits à la portion congrue, la pêche à la mouche est ramenée à un hameçon accroché dans un rhododendron, le summer of love tient tout entier dans la description d'une tenue hippie breloques comprises, et le rappel de quelques chansons mythiques datent universellement et musicalement l'époque. La guerre du Vietnam est effleurée dans une ou deux phrases. Quant à l'initiation au sexe au bord de la rivière, elle donne lieu à des scènes nunuches à souhait.
Sur le thème du passage à l'âge adulte au cours d'un été dans un décor bucolique, du premier amour, du premier rapport sexuel, de la première cuite et des premières addictions, Ron Rash exploite avec brio la nostalgie des années 60 riches en libérations dans tous les domaines, pour offrir un roman gentil, mignon, bien écrit, saupoudré de ce qu'il faut de culpabilité et de drame pour ne pas paraître trop simpliste, sans aucun suspens puisque dès les premières pages, le lecteur se doute que le squelette et les deux frères sont liés par leur passé commun. Les personnages sont banals  et sans profondeur psychologique : deux frères ennemis, l'un très brillant chirurgien et l'autre écrivain raté et alcoolique. On est bien loin du très brillant et inégalé L'été de Trapellune de Ruth Rendell qui raconte pratiquement la même histoire.
Au total, une relative déception qui ne me dissuade cependant pas de découvrir d'autres romans de Ron Rash. Mais il ne s'agit que de mon avis !
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spleen
  21 octobre 2017
Il faudrait faire des lectures "à l' aveugle" , sans connaitre le titre et surtout l'auteur comme nous faisons ici des dégustations à l'aveugle de nos vins de Bordeaux ...
Je sais, les grincheux vont rétorquer que j'ai trop abusé du divin nectar et que je raconte n'importe quoi ...
N'empêche, il y a chez certains écrivains une patte particulière et dans la littérature américaine , une ambiance que l'on ne retrouve pas ailleurs .
C'est ce que j'ai pensé en lisant ce roman de Ron Rash après avoir tourné avec résignation les pages de certains de nos écrivains français nombrilistes !
Il y a souvent des étés qui marquent la fin de l'enfance, la fin de l'insouciance : pour Eugène , cet été 1969 en Caroline du Nord , sera celui de la rencontre avec Ligéia, une sirène apparue au bord de la rivière, une jeune fille délurée qui va lui faire connaitre  l'amour, l'alcool et la drogue , ce sera son "summer of love ".
Dans ce village perdu des Appalaches, on est loin du mouvement hippie et de la libération des moeurs et pour Eugène et son grand frère Bill, les rencontres secrètes avec Ligéia sont un défi et une émancipation vis à vis du grand-père paternel qui les héberge avec leur mère depuis la mort de son fils ,  et qui régente de manière tyrannique la vie de la maisonnée .
Allers retours permanents entre cette période qui finit par le départ précipité de la jeune fille et l'année 2015 où des ossements sont découverts au bord de la rivière et identifiés comme ceux de Ligéia.  
Pour Eugène devenu un écrivain alcoolique , rejeté par sa famille cette découverte ravive les souvenirs de cette époque heureuse , la suite n'ayant été pour lui qu'une lente et inexorable descente .
Les questions autour de la mort de son amoureuse avec en premier lieu le rôle de Bill dans sa disparition deviennent un moteur et une obsession qui le font revenir sur les lieux de son enfance  .
On retrouve les thèmes chers à Ron Rash, la rivière : c'est là le cadre des rencontres des jeunes gens et c'est là aussi que le passé refait surface  , la lutte fratricide, éternelle recommencement de la tragédie d'Abel et Cain ,  avec comme musique de fond le Grateful Dead et Jefferson Airplane , planante comme cette période .
Un roman  sans doute moins puissant que les précédents mais j'en reprendrai bien encore un verre !
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critiques presse (5)
Culturebox   15 décembre 2017
Par le vent pleuré", de l'écrivain américain Ron Rash, raconte l'histoire de deux frères marqués à jamais par la rencontre à l'adolescence d'une sirène perdue. L'Amérique des Appalaches, les années 60... Un nouveau roman magnifique et trépidant par l'auteur du "Chant de la Tamassee".
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaPresse   12 octobre 2017
Rash vient nous rappeler, comme l'a si bien écrit Stefan Zweig, qu'aucune faute n'est oubliée tant que la conscience s'en souvient.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeFigaro   21 septembre 2017
La découverte du corps d'une jeune femme disparue depuis des décennies force deux frères que tout oppose à se parler.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   20 septembre 2017
Avec "Par le vent pleuré" (Seuil), le romancier américain Ron Rash raconte l'été 68, le fameux "Summer of love", à travers l'histoire de deux frères bouleversés par l'arrivée dans leur vie d'une jeune femme qui apporte avec elle le vent de liberté qui souffle sur l'Amérique.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeJournaldeQuebec   18 septembre 2017
Ron Rash faisant partie de nos écrivains chouchous, on a savouré cette histoire tragique, qui se déroule en grande partie dans les Appalaches des années 1960.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
cardabellecardabelle   12 novembre 2017
Durant la guerre du Vietnam , 26 800 000 jeunes américains furent à un moment ou à un autre susceptibles d'être appelés sous les drapeaux dans le cadre du recrutement sélectif.
Le critère était simple : la date de naissance .
On tirait au sort les jours de naissance , de 1 à 365 jusqu'à ce que le quota soit atteint .
L'ordre de tirage de votre date anniversaire déterminait votre ordre d'incorporation .
Ce tirage au sort était retransmis à la télévision.

(p. 29 ) note d' Isabelle Reinharez (traductrice )
+ Lire la suite
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palamedepalamede   05 octobre 2017
 J’avais prévu de rédiger mon mémoire sur [Thomas] Wolfe. Ma directrice de maîtrise m’en a dissuadé. « Wolfe est quasiment oublié de nos jours », a-t-elle objecté, ce qui me semblait une raison de plus pour le faire, afin qu’il ne soit pas oublié, ou seulement, comme l’avait écrit Wolfe lui-même, « par le vent pleuré ». 
Commenter  J’apprécie          480
BazartBazart   04 septembre 2017
Nos salaires étaient équivalents à ceux que nous aurions touchés pour des emplois plus pénibles si nous avions bossé dans une équipe municipale d’entretien des espaces verts ou à la scierie locale. Que Grand-père nous ait engagés, Bill et moi, semblait une façon de réaffirmer ce qu’il avait déclaré à notre mère quand l’accident de chasse l’avait laissée veuve – qu’il prendrait soin d’elle et de nous deux. Grand-père était propriétaire de la maison où nous vivions, qu’il nous autorisait à habiter sans acquitter de loyer, toutes taxes et charges payées. Nos études supérieures, appareils dentaires, vêtements, et autres besoins quels qu’ils soient, seraient financés.
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BazartBazart   08 septembre 2017
Á San Francisco, le Summer of Love, l’été de l’amour, a eu lieu en 1967, mais il a fallu deux ans pour qu’il atteigne le petit monde provincial des Appalaches. Sur l’autoroute en février, on a aperçu un hippie au volant d’un minibus bariolé, un évènement dument signalé dans le Sylva Herald. Sinon, la contre-culture était quelque chose qu’on ne voyait qu’à la télévision, tout aussi exotique qu’un pingouin ou un palmier nain.
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nadiouchkanadiouchka   06 août 2017
Ligeia a tourné les yeux vers la rivière, puis elle a parlé.
Je crois que c’est un signe.
- Quel genre de signe ?
- Un signe que l’été est fini. Il est temps pour nous de passer à autre chose, non ? Ça a été super, mais ob-la-di-ob-la-da life goes on. La vie continue. En plus, Angie et ses copains commencent à m’aider à dealer. Ils sont tous en terminale, et quand les cours démarreront, la semaine prochaine, je passerai tout mon temps avec eux.
P.157
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