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ISBN : 2260032273
Éditeur : Editions Julliard (03/01/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
« Ils sonnent à l’interphone, s’annoncent, entrent, ouvrent leur casier fermé à clef, y déposent leurs sacs, leurs manteaux, se lavent soigneusement les mains au savon, pendant plusieurs secondes, chacun leur tour, sans parler, sèchent leurs mains avec du papier puis les passent sous une pompe géante de solution hydro-alcoolique, se les frictionnent longtemps, sèchent leurs mains avec du papier, enfilent chacun une blouse jaune transparente, Vincent attache celle d’... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
clo73
  17 janvier 2019
Un couple amoureux, un bébé à venir, une nouvelle vie va commencer pour Alice et Vincent.
Seulement, la vie ne se passe pas toujours comme on le souhaite.
Et César, leur fils va naître trop tôt. Un bébé prématuré.
Un univers qui leur est complètement inconnu.
C'est LE CHOC.
Désormais, c'est la culpabilité, les angoisses et les peurs qui submergent Alice...
"Pourrait-elle dire à Vincent, à ses parents, à ses amis, à un médecin, pourrait-elle dire ce qui la traverse, ce qu'elle vit ? Pourrait-elle raconter qu'elle lit les faits-divers impliquant des enfants avec une avidité et une émotion qui la submergent, qu'elle fond en larmes à la moindre image d'enfants dans la misère, le ventre trop gonflé, les yeux mangés de mouches ?
Ou d'enfants dans la guerre, le visage barbouillé de poussière et de sang, les yeux hagards saturés de violence et d'incompréhension ? Ou enfin d'enfants-soldats au regard défoncé à la colle ?
Désormais tous les enfants du monde ont le visage, les yeux, le corps de César.
Elle voudrait tous les secourir, les protéger, elle voudrait pleurer pour eux jusqu'à la fin des temps. Pourrait-elle raconter ça ?"
C'est l'inquiétude permanente, les interrogations et les non-dits.
"Elle se lève. Impossible d'avaler sa salive. Les chevaux de l'angoisse galopent dans sa tête :
dans un tournant, on peut quitter la route"
C'est aussi le deuil :
d'un bel accouchement
d'un bébé joufflu
des moments réjouissants de la part de la famille ou amis
des moments simples que vivent les autres mères.
Et surtout, c'est un couffin vide à la sortie de l'hôpital.
Ce couple essaye de garder la tête hors de l'eau, tant bien que mal, en étouffant leurs souffrances.
Montrer une image de parents irréprochables, d'une mère qui "sait faire".
Ne penser qu'à César...
"Car je ne peux pas. Partager l'émotion de Vincent là maintenant, je ne peux pas;
C'est trop risqué. Qui sait si nous n'allons pas céder, comme on le dit d'une digue ?
Alors non, je ne peux pas. Qu'un seul tienne et les autres suivront.
Vincent et moi n'avons plus le luxe de flancher en même temps.
Plus le luxe d'être deux face à la vie. Est-ce ça être parents ?
Faire des tours de garde sur le chemin de ronde, l'un après l'autre ?
Oui, pour que le château jamais ne s'écroule"
Et une prise de conscience brutale ! C'est la fin de la SÉRÉNITÉ.
"Mais nous qui ne serons jamais plus des êtres tranquilles"
C'est un combat de tous les jours,
Le combat d'une mère, d'un père et d'un enfant.
C'est le combat d'un couple : Être fort, ne pas faiblir.
Ne pas avoir droit de douter,
Ne pas avoir droit de ne pas être à la hauteur,
Ne pas avoir envie de s'occuper de son enfant, envie d'être ailleurs, envie d'oublier un temps...
Mais même cela, Alice se l'interdit !
Montrer qu'elle est capable de s'occuper de César, que sa vie de mère au foyer ne lui apporte que du bonheur.
Une femme épanouie aux yeux de son entourage et de son mari.
Cette pression qui l'écrase et l'anéantit peu à peu.
Un couple à la dérive,
Alice sombre...
"Alors, doucement, Alice sombre.
Alice sombre et personne ne le voit"
"Elle était dévorée par l'amour qu'elle lui portait. Elle se sentait à sa place. Et c'était bien cela qui la révoltait"
MAIS c'est surtout l'histoire d'une mère qui a un amour incommensurable pour son enfant.
"Tu es le monde"
"Le bonheur est si violent, si puissant, qu'il en devient étrange, c'est qu'elle n'a plus l'habitude de penser pour elle, de penser toute seule, plus l'habitude de ne pas s'inquiéter, de ne pas se soucier"
Parce que l'amour que l'on porte à son enfant dépasse tout ce que l'on ne peut imaginer avant d'être mère.
Un amour si fort qu'il CHASSE toutes les épreuves douloureuses pour ne garder que l'essentiel !
Un roman qui dit tant de choses à Nous les mères...
L'écriture est superbe, sincère et d'une grande justesse.
A découvrir vite !

Lien : https://leslecturesdeclaudia..
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Agathethebook
  03 janvier 2019
Ce très beau titre inspiré de la célèbre citation de René Char annonce le ton : celui de la lutte, du combat et de la victoire.
Ni Vincent ni Alice ne le savent encore : ils vont être parents pour la première fois, ils sont encore gavés de sommeil, repus de liberté , leur visage encore gonflé de jeunesse, leur coeur tranquille. Ils sont encore, eux aussi, des bébés.
C'est l'histoire d'un enfant qui arrive au monde beaucoup trop tôt, et de celle de ses parents qui n'étaient pas prêts. L'histoire d'un combat que l'on mène à deux, dans la chaleur étouffante d'un service de néonat. C'est aussi le combat d'une vie nouvelle, la force inconsidérée d'un être minuscule, même quand son coeur oublie parfois de battre et son estomac d'avoir faim. C'est l'histoire de la peur de la mort qui rôde, et chaque jour de plus est une bataille gagnée contre sa menace.
Mon bébé ne réclame jamais. Mon bébé ne dit rien. Mon bébé dort toute la journée, épuisé par ce monde trop grand pour lui, trop sonore, trop tranchant. Jamais il ne pleure, même pas besoin de tétine, n'est-il pas parfait ce bébé-là ?
Dans ce roman autour de la prématurité, chaque mère ou chaque parent s'y retrouvera. Car d'un bébé prématuré à qui l'on consacre toute son énergie à un autre nourrisson fragile ou non, il n'y a qu'un pas à transposer à son propre vécu. D'un cas particulier, on glisse vers l'universalité. Que reste-t-il d'une mère et d'un couple après une maternité épuisante et les premiers mois d'un nouveau-né ? Que reste-il des corps, de la liberté et de l'insouciance d'avant ? Comme dans ce passage où Alice, au bout d'un an, se rend à une fête avec Vincent; dans la rue elle a l'impression de « glisser sur le sol, tout lui semble irréel, bruyant et si facile ». le retour à l'indivualité après une naissance est d'une violence sans nom. Se resociabiliser, trouver des sujets de conversation, rire et danser, Alice a besoin d'une rééducation.
C'est avant tout une histoire moderne, ce petit César a un père présent, et aimant. Alice est infiniment reconnaissante envers Vincent, admirative de son optimisme, envahie par son amour et son soutien, face à la détresse ils seront deux, toujours. C'est l'histoire d'un combat solidaire, d'un couple uni. Mais c'est aussi l'histoire de deux personnalités qui s'épuisent, du désir qui s'amenuise et des conversations vides. Que restera-t-il du couple après le combat ?
Et Alice de dire à Vincent : « Souviens-toi que dans chaque bataille, il y a des moments de calme où le silence se fait, où les regards se posent, où les corps se fatiguent, où l'on ne saurait dire si c'est perdu, si c'est gagné, si c'est fini. les échecs et les victoires ont si souvent le même visage ». En gagnant une bataille, on en perd souvent une autre…
Une plume superbe, un rythme intense, un roman sensible et contemporain, d'une grande finesse, aux nuances très belles autour de la naissance, de la souffrance et de l'espoir. D'un très grand réalisme aussi.
Un pari risqué d'écrire sur ce sujet, et réussi haut la main. Coup de coeur !
Lien : https://agathethebook.com/20..
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nathiec44
  15 janvier 2019
Du jour au lendemain la vie d'Alice et de Vincent bascule.
Ce jeune couple harmonieux a tout pour être heureux ; hélas leur désir d'enfant se transforme en cauchemar lorsqu'Alice accouche prématurément à sept mois de grossesse.
Leur petit César est placé en couveuse, intubé, gavé (c'est le terme médical pour nourrir les prématurés).
S'en suit alors le parcours de ces parents perdus, eux qui « étaient riches de trop de chance » et qui jusqu'à présent ont été épargnés.
César va-t-il vivre, aura-t-il des séquelles ?
Chacun garde le cap en dépit des examens, des bruits de la couveuse, de l'anxiété qui leur serre le coeur, de l'ambiance de l'hôpital, du personnel habitué à gérer ces situations.
Inquiets et en peine de voir ce petit « dragon » comme l'a surnommé tendrement Alice, balloté pour son arrivée au monde.
C'est leur couple qui chavire avec ses certitudes, l'insouciance qui les portait jusqu'à présent.
Un très joli texte sensible, de belles fulgurances, des mots justes. Elsa FLAGEUL écrit remarquablement bien.
Juste un petit bémol car au final, je suis restée un peu en retrait malgré la délicatesse des mots et le sujet ; je n'ai pas réussi à me laisser emporter par l'émotion.
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Uranus67
  09 janvier 2019
"A nous regarder, ils s'habitueront" de Elsa Flageul
Comme une grande déception...
Malgré un titre magnifique et prometteur, ce livre déçoit dès les premières lignes. Pourtant, l'intrigue porte son intérêt : celui de la naissance prématurée d'un enfant, César, et l'impact de cet évènement sur ses parents, Alice et Vincent.
Le lecteur comprend la révolution que représente la maternité dans la vie d'une femme. Il découvre, aussi, quelques formules, certes maladroites, pour décrire la naissance d'une mère, d'un père, ou les soins donnés dans une unité hospitalière spécifique, mais jamais, il n'accroche au texte et à cette épreuve traversée par les personnages, tant il manque une dimension universelle au texte. Celui-ci apparait extrêmement plat, linéaire, tel un électrocardiogramme qui indiquerait la fin.
Est-ce les angles de narration, qu'a choisi l'auteur, qui donnent à l'opus cette couleur atone ? Les formes du récit et du journal intime enferment le lecteur dans une dimension individuelle, celle de Alice ; et tout au long du livre, le lecteur oscille entre son univers mental ou son point de vue. Les personnages ont peu d'épaisseur, le lecteur peine à entrer en empathie avec eux.
Au final, un ouvrage trop descriptif dans sa globalité et donc un rythme de lecture monotone, alors que l'histoire s'articule sur trois périodes que sont "l'arrivée", "le combat" et "dehors." Une fois le livre terminé, le lecteur reste sans grande émotion, sans trace de lecture.
Alors âmes chagrines s'abstenir...
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Mhfasquel
  13 janvier 2019
Un roman très touchant qui commence in medias res et nous plonge ainsi au coeur de l'action, au coeur des souffrances de deux jeunes parents qui ont tout à découvrir et se sentent tellement perdus face à leur bébé prématuré ! L'écriture fluide, simple, directe, parfois abrupte, l'alternance de points de vue (narration à la troisième personne d'un narrateur omniscient / extraits du journal d'Alice), offrent aux lectrices et lecteurs un récit très intimiste, qui sonne vrai et les plonge dans l'enfer de ces jeunes parents qui n'étaient en rien préparés à ce que l'avenir leur réservait.
Leur courage, leurs inquiétudes, leurs angoisses, leurs espoirs nous parlent et font de ce roman une magnifique ode à l'amour maternel et paternel, à la famille envers et contre tout, sans pour autant gommer les difficultés traversées par cette famille qui n'était pas encore prête à accueillir ce bébé « dragon » comme Alice l'appelle.
Un véritable coup de coeur !
Lien : https://sharingteaching.blog..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
MathyCMathyC   07 janvier 2019
Souviens-toi que dans chaque bataille il y a des moments de calme où le silence se fait, où les regards se posent, où les corps se fatiguent, où l'on ne saurait dire si c'est perdu, si c'est gagné, si c'est fini. Les échecs et les victoires ont si souvent le même visage.
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MathyCMathyC   07 janvier 2019
Elle fait avec leur passé ce que l'on fait avec les roses : elle oublie les épines pour ne garder que le parfum.
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AgathethebookAgathethebook   03 janvier 2019
Alors doucement je lui dis, de façon un peu solennelle, comme il aime le faire lui (Vincent adore sortir des phrases comme ça, un peu définitives, il adore y mettre le ton pour montrer que s'il avait là un burin et une plaque de marbre à disposition, il graverait tout ça fissa avant d'ouvrir la mer en deux), doucement je lui dis, en serrant sa grosse main un peu velue, ses doigts un peu gourds, son cœur si sincère, je lui dis : souviens-toi que dans chaque bataille il y a des moments de calme où le silence se fait, où les regards se posent, où les corps se fatiguent, où l'on ne saurait dire si c'est perdu, si c'est gagné, si c'est fini. Les échecs et les victoires ont si souvent le même visage. 
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AgathethebookAgathethebook   03 janvier 2019
Ni Vincent ni Alice ne le savent encore : ils vont être parents pour la première fois, ils sont encore gavés de sommeil, repus de liberté , leur visage encore gonflé de jeunesse, leur coeur tranquille. Ils sont encore, eux aussi, des bébés.
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AgathethebookAgathethebook   03 janvier 2019
Mon bébé ne réclame jamais. Mon bébé ne dit rien. Mon bébé dort toute la journée, épuisé par ce monde trop grand pour lui, trop sonore, trop tranchant. Jamais il ne pleure, même pas besoin de tétine, n’est-il pas parfait ce bébé-là ?
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Videos de Elsa Flageul (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Elsa Flageul
Alice et Vincent attendent leur premier enfant. L?accouchement, encore lointain, devrait être le plus beau jour de leur vie, un moment de soulagement et de joie. Mais personne n?est préparé lorsque la naissance d?un bébé arrive en catastrophe, bien avant terme. Précisément, parce que c?est encore prématuré. Comme l'est ce nouveau-né, dont le cerveau, les poumons et le reste des organes vitaux sont inachevés. Contrairement aux autres parents, le jeune couple ressort seul de l?hôpital, le c?ur serré, laissant en couveuse un petit être pas tout à fait fini, confié à des étrangers en blouse blanche. Ils l?ont nommé César, un prénom de conquérant, pour lui donner la force de se battre. Tandis que leur entourage leur prodigue des conseils plus ou moins avisés, Alice et Vincent doivent maintenant apprendre à vivre au jour le jour, avec cette angoissante question en tête : César sera-t-il encore en vie demain ? De cette expérience bouleversante, faite de solitude et d?angoisse, Elsa Flageul retrace sans pathos et avec une sacrée dose d?humour toutes les étapes, des plus douloureuses aux plus cocasses. Par la grâce d?une écriture délicate, elle nous fait partager les sentiments contrastés des deux jeunes parents projetés dans l?inconnu d?une nouvelle vie.
? ? ?
Depuis son premier roman, J'étais la fille de François Mitterrand, paru en 2009, Elsa Flageul a publié Madame Tabard n'est pas une femme (2011), Les Araignées du soir (2013), et Les Mijaurées (2016), tous chez Julliard. À nous regarder, ils s'habitueront est son cinquième roman.
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