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ISBN : 2757802666
Éditeur : Points (08/02/2007)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 316 notes)
Résumé :
Des quintuplés, Charlemagne était le plus doué, le plus tenace. Mais quand son père est mort de la rage, quand les enfants ont été dispersés, il est parti vivre parmi les seuls êtres dont il comprend le langage : les loups.

Emportant le lecteur dans la France féodale du XVIIIe siècle, Michel Folco dévoile une fois de plus son talent si singulier, tissé d’ancien français, d’aventure et d’humour noir.

Né en 1943, Michel Folco est aussi l’... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
  29 août 2014
"Un loup n'est pas cruel. Un loup est un loup, c'est tout..."
S'il est un livre que j'ai envie de relire, c'est bien celui-ci.
À Racleterre-en-Rouergue, en 1763, Apolline, épouse du sabotier, Clovis Tricotin accouche d'un, puis deux, puis trois, puis quatre...enfants. Non pas quatre ! Cinq ! Un retardataire pointe le bout de son nez. Ce sera le héros de notre histoire.
" Pour le père Giscard, il ne faisait plus de doute qu'une pareille fécondité excédait de loin les limites de la nature. Si Dieu avait voulu que cette femme portât cinq poupards, Il lui aurait donné cinq mamelles. Il eut beau le tourner,le retourner, le renifler, il ne décela aucune bosse, aucune corne, aucun sabot, aucune écaille, pas le moindre remugle de soufre. Non seulement le bambin était normal, mais il était le plus gros des quatre. "
Cinq mouflets, ce n'est pas rien ! Surtout quand on a prévu qu'un seul prénom. Faut rapidement se creuser les méninges, pour trouver les quatre autres. Mais dans la famille Tricotin, les mâles ne portent nom que celui de roi des Francs, voilà qui va faciliter la tâche au père Tricotin.
Ainsi furent nommés les quintuplés : Clodomir, Pépin, Dagobert, Clotilde et Charlemagne.
Le petit dernier Charlemagne va se révéler le plus tenace et le plus vorace; " qui s'accrochait au tétin comme un loup à la gorge d'un agneau" et également le plus doué et le plus prompt à explorer le monde. Mais, si Charlemagne se singularise, il n'en reste pas moins un des cinq maillons de la chaîne complètement indissociable.
Jamais on ne vit telle fratrie si soudée. Même les cinq doigts de la main,comparés aux quintuplés Tricotin, c'est d' la bricole !
Mais le destin finira pourtant par avoir raison de cette si belle symbiose . Clovis, leur paternel, meurt de la rage et les voilà dispersés.
On suit alors les aventures de Charlemagne qui n'aura de cesse de retrouver ses frères et soeur, envers et malgré tous.
Épopée fabuleuse où nous entraîne ce rebelle zozotant, au franc et truculent parler, au caractère rude et brut de décoffrage, fuyant les hommes et se faisant ami des loups.
De me plonger à nouveau dans ce roman pour vous en livrer cette chronique laconique, me voilà à nouveau complètement subjuguée par cet incroyable personnage ! Il est si drôle et détonnant !
Pour sûr, je l'emmène sur mon île déserte. Avec un tel compagnon, je suis certaine de ne point m'ennuyer, d'autant plus qu'on partage la même affection pour un animal hors du commun : le loup.
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Walden-88
  25 mars 2013
Macarel de macarel ! Quel livre ! Ce deuxième roman de Michel Folco est à la hauteur du précédent Dieu et nous seuls pouvons, peut-être même mieux (mais cela n'engage que moi).
Cette fois encore l'auteur albigeois, nous entraîne en Rouergue, et plus précisément à Racleterre, qui va devenir le théâtre d'un incroyable évènement.
C'est dans ce village, qu'en 1763, vont naître les quintuplés Tricotin, les fameux épateurs de Racleterre. Fait inouï pour l'époque, la nouvelle fait le tour de la région et parvient même aux oreilles du Roi. La fratrie est composée de quatre garçons et d'une garce: Clodomir, Pépin, Dagobert, Clotilde et Charlemagne. Ils sont unis comme les cinq doigts de la main, parlent un langage inventé "le lenou" et surtout attirent les ennuis. Folco se concentre sur le destin de Charlemagne Tricotin, le meneur de la fratrie. Bien que né en dernier, il se dispute la place d'aîné avec Clodomir, il parle trop fort, tout bébé il était celui des cinq qui pleurait le plus fort, il mange beaucoup plus que les autres, il a toujours était choyé (sa marraine n'est autre que dame Jacinthe, épouse du chevalier Armogaste, seigneur de Racleterre). de plus, il est plus dégourdi que les autres et semble avoir un don pour communiquer et se faire obéir des animaux. Tour à tour séparé de la fratrie à la mort de ses parents, puis capturé et réduit en esclavage pour enfin s'enfuir et aller vivre dans les bois au sein de meutes de loups, nous suivrons avec bonheur les aventures de ce personnage hors du commun.
Mais ce qui est formidable avec les livres de Michel Folco, c'est cette ambiance qui y règne. Il a crée un univers de toute pièce, ses romans sont comme des passerelles où l'on retrouve des noms familiers tels que Bellerocaille, Racleterre, le Dourdou, la forêt de Saint-Leu, les Tricotin, les Pibrac... Il y a une réelle cohérence dans l'oeuvre de cet auteur. Un loup est un loup est un vrai roman historique dans la France féodale du XVIIIe siècle, avec de l'aventure, de l'humour noir et des personnages attachants. Et que dire de cette langue truculente et colorée, un vrai régal.
Maintenant je dois vous laisser, car je vais de ce pas m'attaquer à la suite En avant comme avant !
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KrisPy
  15 octobre 2014
Et une relecture, une !
Cela fait maintenant deux ans que j'ai découvert Michel Folco et son univers si particulier. Et j'attendais patiemment d'avoir envie de me replonger au 17ème siècle, et de frayer à nouveau avec les Tricotin de Racleterre, les fameux quintuplés du Rouergue...
C'est chose faite. Quel régalade encore !
J'embraye directement sur la suite, "En avant comme avant !", et tente de vous initier encore une fois au plaisir d'une si riche lecture avec cette critique.
- Septembre 2016.
Challenge pavés 2016-17.

D'abord, grand merci aux babéliens de m'avoir fait découvrir Michel Folco ! Sans votre inspiration je serais passée à côté de ce génial écrivain.
"Un loup est un loup" est le premier - mais certes pas le dernier - récit de Messire Folco dont je me suis régalée.
Cette épopée comportant 631 pages, ne se lit pas d'une traite, elle se déguste.
Il faut d'abord se mettre en bouche ce français que parlaient nos aïeux il y a un peu plus de 200 ans, un langage fleuri, plus chantant, plus amusant et plus riche que celui d'aujourd'hui.
Folco a du lire des dictionnaires entiers de vieux français pour se documenter, et il a su créer une musicalité dans son écriture, n'hésitant pas à inventer certains mots, comme "enfuribonder", et comme ces mots sont cohérents avec l'histoire, ils sont compréhensibles par tous instantanément.
De fait, au bout de quelques pages, on est tout à fait à l'aise avec la gouaille descriptive et joyeuse de Michel Folco, et on entre de plein-pied dans le monde rural du 18ème siècle, embarqué par son récit fluide et imagé.
On est vraiment dans les Cévennes en 1763, en ce mois de mars frileux ; Clovis Tricotin, sabotier à Racleterre, devient père de cinq enfançons, d'un coup d'un seul ! Enfin, avec l'aide de sa femme Apolline quand même...
Racleterre petit village qui est rattaché à la châtellenie du Chevalier Virgile-Amédée Armogaste, voit donc la naissance de ces quintuplés comme une bénédiction, un miracle, même si certaines mauvaises langues disent qu'il y a là diablerie... Même la châtelaine daigne venir les admirer : elle se proclame marraine de l'ainé, Charlemagne. La famille est choyée de cadeaux. Tout va pour le mieux pour la nombreuse famille Tricotin. Les enfançons grandissent, inséparables, développant même un langage à eux : le lenou. Ils sont incontrôlables, plein de fougue et de vie.
Mais ce temps béni s'achève brutalement quand Clovis attrape la rage. Et en meurt. Enfin, on l'aide...
Après conseil de famille, il est décidé que les cinq doivent être séparés : chacun chez un membre différent de la famille, et Charlemagne chez le Chevalier, sa marraine voulant faire son éducation...
Et c'est là que pour moi, l'histoire a vraiment démarrée...
Toute la partie concernant Clovis et les personnages de Racleterre, se lisait avec plaisir, mais je voulais en savoir plus sur ces enfants, de vrais sauvageons, agissant comme un seul être, véritable petite meute. Et les loups, dont on sait l'importance dans ce récit, il me tardait de connaitre leur place. Ce fut chose faite à partir de la deuxième partie.
Car si le récit met du temps à prendre place, prenant l'allure de chronique historique parfois, une fois qu'il est lancé, tout s'accélère, et c'est là que la vraie régalade commence : avec l'histoire de Charlemagne et de sa meute. L'histoire d'un apprentissage à la dure, d'une vie dédiée à la nature et aux animaux, une histoire belle et émouvante, mais aussi cruelle et joyeusement paillarde. Un incroyable récit de revanche et de vengeance. Et avant tout, une ode à la nature et à la fraternité.
Alors n'ayez plus peur du loup... N'ayez pas peur de ce "pavé", il s'apprivoise aisément. Toutes ces pages si nombreuses, ne sont là que pour vous conter une merveilleuse histoire, pleine de vie, de loups, et de nature.
Par contre, il faudra attendre de lire la suite des aventures de Charlemagne, devenu Charles Leloup, pour savoir ce qu'il advient de lui, car Messire Folco nous laisse avec un alléchant "à suivre"...
Ps- C'est au moment de la rencontre entre le grand-père des enfants et l'exécuteur des hautes et basse oeuvres, le fameux bourrel vêtu de rouge, Justinien Pibrac, le Troisième, que ma mémoire s'est décoincée... je me suis souvenue de ce film vu il y a longtemps, "Justinien Trouvé, le Bâtard de Dieu", qui retraçait l'histoire de ce bébé abandonné avec le nez tranché, recueilli par des moines, et qui finira par devenir bourreau pour ne pas partir aux galères. Ce bon film était réalisé par Christian Fechner en 1993.
Me reste à ajouter à ma liste de livres à lire : "Dieu et nous seuls pouvons", ainsi que la suite de "Un loup est un loup" : "En avant comme avant !".
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Ptitgateau
  29 mai 2011
Un excellent roman pour qui aime l'humour noir. des récits de bagarre, de dispute, de meurtre... Violence me direz-vous ? He bien non, plus c'est noir, plus c'est drôle.
délicieux également le "lenou" ou langue inventée par les quintuplés de Racleterre, qui leur sert à communiquer entre eux.
A lire et à relire !

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ChrysteleC
  01 juin 2016
Les cinq frères et soeur Tricotin se parlent dans un langage connu d'eux seuls, le "lenou". Ils font tout ensemble et leur seul but dans la vie est de pouvoir continuer indéfiniment. Mais on les sépare, et le lecteur suit l'un d'entre eux, Charlemagne, avec son bout de langue coupé qui le fait zozoter, mais aussi parler aux chiens, chevaux, oiseaux et loups.
Il porte en lui une violence libérée, qu'il ne cherche pas à contrôler et dont il fait usage comme les loups le font. Un loup est un loup, il ne cherche pas à faire le mal, il fait le loup, c'est tout.
Charlemagne est Charlemagne, il ne fait que ce qu'il veut. Vivre parmi les loups, si il veut. Voir ses frères et sœur, si il veut. Tuer ceux qui entravent sa liberté, si il veut.
J'adore ce personnage, son tempérament de feu, sa folie assumée, sa vie hors des murs et hors des autres. On découvre en dernière page qu'il y a une suite, je me réjouis des longues heures de lecture qui m'attendent encore en sa compagnie.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   08 février 2016
Martial avait disposé ça et là plusieurs pièges à rats appâtés au lard. Il en utilisait de deux modèles : des pièges à ressort et des nasses. Il marquait une nette préférence pour ces dernières qui restituaient la victime vivante et permettaient ainsi de la tuer soi-même. Martial aimait immerger la nasse dans un seau et reluquer les efforts désespérés de la bestiole. Il se sentait alors très proche des exécuteurs de haute justice qui nettoient la société des mauvais éléments. Chaque rat trucidé était une victoire sur le Mal. Le concierge procédait à ces "exécutions" près du puits, au vu et au su de tous, invitant chacun à venir observer l'agonie de l'un des ennemis déclarés et prouvés du genre humain.
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KrisPyKrisPy   15 octobre 2014
Comme tous, le juge avait en mémoire une histoire de rage. Il tenait la sienne de son père qui la garantissait authentique. Un demi-siècle plus tôt, un grand-vieux-loup était entré dans les faubourgs de Rodez et, avant d'être abattu, avait mordu de nombreux chiens, de nombreux bestiaux, mais aussi de nombreuses personnes, une soixantaine environ. Sur ordre du bourg et de l'évêché, ces mordus sans exception avaient été enfermés dans l'une des tours désaffectées de la muraille nord, où ils étaient morts dans d'infernales conditions, s'entre-déchiquetant comme des cannibales empiffreurs tout en clabaudant telle une meute de chiens courant à l'hallali.
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KrisPyKrisPy   16 octobre 2014
Charlemagne inspecta son pubis sans y trouver de nouveaux poils. La découverte des premiers remontait à quelques jours plus tôt. Levant les bras pour recenser ceux poussant sous les aisselles, il croisa l'oeil du martin-pêcheur à l''affût sur sa branche habituelle. En deux semaines, l'oiseau au long bec et aux courtes pattes s'était accoutumé à sa présence et ne fuyait plus en l'apercevant. Charlemagne avait repéré son nid, creusé dans un talus près de l'eau, et il évitait poliment de s'en approcher. Il avait également localisé la catiche des loutres sous l'enchevêtrement des racines immergées de l'aulne noir. Du haut de la terrasse, il avait assisté dans sa lorgnette à leurs chasses et à leurs ébats. Quand les loutres ne pêchaient pas, elles jouaient. C'était la première fois qu'il en voyait autrement que sous l'apparence de manteau, de manchon ou de bonnet d'hiver. Elles étaient quatre : le père, la mère et deux petits nés au printemps. Charlemagne s'était ému de les voir s'amuser à lancer des pierres en l'air pour les rattraper avec la gueule. Eux aussi, autrefois, jouaient de la sorte avec des cerises, des petits pois ou des olives. Une fois Pépin y avait mêlé un caillou et Dagobert s'était fendu une dent dessus. Pépin avait été fessé.
Comme chaque fois qu'il pensait à la fratrie, il chercha les louveteaux des yeux et les vit poursuivant un lézard roussâtre qui courait entre les rochers. Depuis peu, ils couraient après tout ce qui bougeait. Ils devenaient loups chaque jour un peu plus.
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TheWindTheWind   29 août 2014
La fosse était si exigüe qu'ils auraient pu se toucher en tendant qui le bras, qui la patte.
Son tricorne gisait entre eux. Des gouttes tombant de la trappe résonnaient dessus.
Avec des gestes lents, Charlemagne sortit le pistolet de la carnassière et le chargea en laissant échapper deux plombs dans la boue avant d'y parvenir.
- Si je tire et si je l'avarie seulement,je n'aurai pas le temps de recharger.
Il pointa l'arme dans la direction du loup et le prévint chevaleresquement du revirement de situation.
- Restez où vous êtes, mezire loup, zinon ze vous piztolérize.
Il le vouvoyait spontanément, alors qu'il aurait tutoyé un chien.
Là-haut, la pluie redoubla de violence.
Combien de temps allait-il rester en tête à tête avec ce grand amoureux de viande fraîche ?
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gean25gean25   30 novembre 2014
Charlemagne déposa le cadavre souillé de cagadou sur le tapis à mille cinq cents livres et brandit le sac de toile en déclarant de sa voix trop puissante :
- OEillez vous même, notre bon père-grand, on a occis Goliath.
.....
- J'ai fait occire ce chien parce qu'il aurait pu avoir la rage...
- Goliath n'avait pas la rage. Il avait juste un peu de rhumatismes en automne et seulement quant il pleuvait.
- ...Et puis c'était un vieux chien, qui ne servait plus à rien et qui mangeait pourtant.
...Clotilde resta près de Charlemagne qui se tourna vers son grand-père pour lui montrer à nouveau le sac de toile et lui dire d'une voix anormalement mesurée :
- Je le garde pour quand vous serez vieux et que vous ne servirez plus à rien.
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