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ISBN : 2757829661
Éditeur : Points (03/01/2013)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Elisabeth de Fontenay retrace dans ce livre le cheminement de la pensée occidentale relative à l'animalité, à travers les travaux des philosophes antiques jusqu'à ceux des penseurs de notre temps. La question de l'animalité s'est posée de tous temps et elle sous tend aussi et surtout celle de la définition du " propre de l'homme ". Les tentatives de définir les frontières entre l'humanité et l'animalité ont été contradictoires tout au long de l'histoire de la pensée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Dixie39
  08 janvier 2015
Quelles étaient mes attentes avant d'entamer la lecture de cet opus de plus de 1000 pages ? Que pensais-je y trouver ?
- Une réflexion sur la manière dont les philosophes ont pensé l'animal au fil des siècles
- Un développement qui nous amènerait à la pensée anglo-saxonne de l'animal et un éclairage sur le spécisme
- Une confrontation entre le concept de l'animal tel qu'il est pensé et la place qui lui est accordée dans la société de ces philosophes au fil du temps
La deuxième attente est à oublier : l'auteure n'en fait pas mystère dés le début de son ouvrage. « J'ai délibérément négligée l'énorme production anglo-saxonne contemporaine et (…) je me suis limitée à la philosophie dite continentale ».
La première est comblée : l'auteure maîtrise son sujet. Elle nous offre, en déroulant le fil de l'histoire de la philosophie, une synthèse éclairée de la pensée de l'animal. Elle met le doigt sur les « points sensibles », les « apories » et la « cuisine interne » des philosophes qui ont tous, tant bien que mal, réussis à faire tenir ce concept d'animalité dans leur système de pensée. Mais parfois, à quel prix ?
La dernière attente est abordée, mais m'a réellement laissée sur ma faim. J'aurai souhaité un développement plus poussé des réflexions et mises en abîme qui émergent mais ne restent pas assez sous le questionnement, à mon goût. J'aurai aimé que soit abordée la place de l'animal au Moyen-Âge, que soient intégrés et commentés des faits qui peuvent nous paraître surprenants, parfois « stupides » comme celui du jugement des animaux devant un tribunal, de leur excommunication (on estimait donc qu'ils aient une âme ?)... L'animal pas seulement vu comme objet mais aussi comme acteur et partie de la société, au sein de la communauté humaine.
Cette idée de l'âme des bêtes est récurrente et va se poursuivre tout le temps de la prégnance de la religion catholique dans la pensée, philosophique autant que scientifique.
En effet, si l'on admet que l'animal a une âme, son exploitation (que ce soit celle de sa force « de travail » ou de sa chair) est condamnable. Admettre que les animaux aient une âme ou que certains animaux en aient une, en adoptant une classification des espèces par exemple, c'est renoncer à les aliéner et à les tuer. Nous sommes sur le même point de débat que celle de la controverse de Valladolid où il s'agissait, sous couvert de déterminer si les indiens avaient oui ou non une âme, de savoir si leur esclavage était moralement acceptable ou non. Si les animaux, comme les indiens, n'ont pas d'âme, ils ne sont que de simples créatures et l'homme a tous droits sur eux, même celui de vie ou de mort.
Le contraire est un crime, un meurtre et une abomination qui vous conduit tout droit en enfer.
L'enjeu est d'importance et toute la subtilité de certains philosophes est de persuader du bien fondé de l'exploitation de l'animal par l'homme, en usant de tous les moyens. Subtilité parfois difficile à développer quant ils se trouvent en confrontation avec d'autres penseurs (anciens ou contemporains) qui ont su développé et argumenté des thèses démontrant l'existence d'une conscience animale ou tout au moins d'une sensibilité, qui iraient à l'encontre de tous ces beaux systèmes. Voir comment Descartes met sous le coude sa théorie du doute pour arriver à nous persuader que l'animal à tout d'un automate, serait assez jouissif si l'on excepte les conséquences que l'on connaît. Conclusions qui sont encore le socle des recherches scientifiques : le vivant n'est-il pas une construction biologique d'une complexité et d'une sophistication incroyables dont nos scientifiques rêvent de connaître toutes les ficelles ? Nos affects, nos sentiments ne seraient-ils pas qu'une combinaison de ces mécanismes, d'une subtilité qui nous échappe encore mais dont nous espérons bien trouver les clefs dans la recherche sur l'ADN, etc. Homme et Bête à égalité pour le scientifique. L'éthique et la déontologie ont toujours un train de retard... ou la science et la recherche un coup d'avance !
L'idée d'une âme humaine ou animale permettait de ne pas réduire l'homme ni la bête à ce seul mécanisme intégral, d'où son importance. Quel est le concept actuel qui joue le rôle de garde-fou ?
Loin de moi l'idée de vous offrir un résumé « barbant » qui vous ferait fuir, en espérant que je ne vous ai pas déjà perdu ;) , mais je souhaiterais vous faire partager encore quelques réflexions :
- La difficulté de penser l'animal et sa place sur la terre, sans stigmatiser les débats des deux cotés (oui, on peut aimer l'animal sans détester l'humain et être humaniste sans fouler au pied le respect dû aux animaux. Aimer Rousseau et Voltaire, en quelque sorte).
- Cet acharnement toujours actuel à nier en l'animal tout ce qui pourrait faire émerger l'idée d'une certaine forme de conscience, de sensibilité, de réflexion. Il n'est plus ici question d'âme : l'homme tue pour se nourrir et ne craint plus de brûler en enfer pour avoir ôter l'âme de ces êtres sensibles qui le nourrissent. Il est question de légitimer la manière dont on les tue, de maintenir les chiffres et de ne pas ralentir la rentabilité économique d'une mise à mort de masse, qui n'a que faire de cette « sensibilité ». En un mot : Éloigner les philosophes des portes des abattoirs.
Ai-je besoin de développer ?
- le parallèle que l'auteure fait entre la manière dont l'animal est pensé et celle dont est perçu la femme, l'indien, le fou... Je suis persuadée qu'un jour, nos « hoirs et successeurs » seront, en prenant connaissance de tous nos débats, aussi atterrés que nous à la lecture de ces philosophes qui dénient à la femme, « l'indien » toute forme de raison et je ne vous parle même pas de l'intelligence, la bonne blague...
- La mise en lumière que chaque époque a aussi vu l'émergence d'une pensée fournie et constructive sur l'animal et ses droits, que le végétarisme n'est pas « une mode de bobos », mais bien un mode d'alimentation millénaire.
- Et encore tellement de réflexions qui me viennent à l'esprit après la lecture de ces 1062 pages que j'aimerai partager avec vous, mais je crois que la critique doit laisser la place au désir de lire...
Pour finir, je tiens à relever un dernier côté négatif : la lecture n'est pas toujours aisée et nécessite, si ce n'est un bon dico de philo, du moins un minimum de connaissances philosophiques.
Voilà ! Il y aurait tellement plus à dire, ou à dire autrement... Ah, j'ai failli oublier : une envie farouche de lire « Le territoire de l'homme », d'Elias Canetti.
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jpryf
  23 juin 2013
Le silence des bêtes, ce livre érudit d'Elisabeth de Fontenay, j'ai souhaité le lire après avoir lu « Mélodie : Histoire d'une passion » du romancier japonais, récit qui a beaucoup de ressemblance avec ce que j'ai moi-même écrit de mes animaux de compagnie dans « Tombeau pour mes chiens ».
Le livre d'Elisabeth de Fontenay est une somme de tout ce que les philosophes, depuis la plus haute antiquité, ont écrit a propos des animaux et sur la façon dont ils devaient être traités par les hommes, plus de 1000 pages denses d'où l'on tire d'abord l'impression assez nette que les philosophes ont écrit beaucoup de bêtises et quelques fois des monstruosités dont on se demande comment elles ont pu leur venir à l'esprit et , toujours, sur fond de religion avec des thèses si imbéciles que l'on voit bien que ce n'est pas de provenance divine mais bien création de l'esprit, alors encore embrumé, de l'homme. J'y reviendrai mais l'auteur nous dit, a plusieurs endroits du livre, que ces thèses ne pouvaient évidement pas venir ni être comprises de ceux, paysans notamment, qui étaient en contact permanent avec les animaux et la nature et qui eux les connaissaient vraiment sans être philosophes !
La grande question qui a hanté les philosophes est celle du propre de l'homme. Qu'est-ce qui distingue finalement et de manière certaine l'homme de l'animal ? Et sous jacente a cette question, pour des raisons religieuses, celle de savoir si les animaux ont une âme !
Il est hors de porté de ce texte d'examiner en détail les réponses que les philosophes ont donné au cours du temps, la plupart voulant voir dans la parole articulée, dans l'imagination, dans la perfectibilité le propre de l'homme mais ayant quelques difficultés avec certains malades mentaux, certains « enfants sauvages » ou même certaines peuplades.
Le fait de faire entrer tel ou tel être dans la catégorie « homme » étant importante pour des raisons, notamment religieuse : baptême ou pas, paradis ou pas, événement dont on est sûr évidement !
Ces théories ont eu, aussi, de l'influence sur la façon dont les sociétés se sont comportés avec les animaux et, disons le nettement, de façon la plupart du temps scandaleusement cruelles.
Survint, notamment, la théorie inepte mais qui a fait des ravages : celle de Descartes et son animal « machine » qui ne connaît pas la souffrance et qui est comme une machine que l'on peut détruire sans qu'elle s'en rende compte. Elisabeth de Fontenay montre que sa théorie n'était pas aussi radicale qu'on l'a souvent dit, mais comment des gens doués d'une intelligence, même minimum, ont-ils pu croire ces balivernes.
Je ne résiste pas a faire ici un certain nombre de citations de philosophes qui ont contredit cette théorie.
Le curé Meslier écrira , en son temps et avec véhémence : « Dîtes un peu à des paysans que leurs bestiaux n'ont point de vie ni de sentiment, que leurs vaches et que leurs chevaux, que leurs brebis et moutons ne sont que des machines aveugles et insensibles au bien et au mal , et qu'ils ne marchent que par ressort, comme des machines et comme des marionnettes, sans voir et sans savoir où ils vont. Ils se moqueront certainement de vous. »
Voltaire s'indigne, lui aussi, et écrit :
« Des barbares saisissent ce chien, qui l'emporte prodigieusement sur l'homme en amitié ; ils l'attachent sur une table et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines. Tu découvres dans lui tous les mêmes organes de sentiment qui sont en toi. Réponds moi, machiniste, la nature a- t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment de cet animal afin qu'il ne souffre pas ? A-t-il des nerfs pour être impassible, »
Je confluerai, après avoir lu tant d'absurdités que l'affaire est entendu et que, notamment, les religions monothéistes qui ont mis l'homme au centre de la création et la dominant ont eu tort. L'animal a autant de dignité que l'homme et que, si l'on croit en un Dieu tout puissant créateur et juste il n'a pas voulu la souffrance animale ou alors il est un pervers. La seule façon de se comporter avec ces êtres différents mais égaux avec l'homme en dignité est de les traiter dignement en les faisant pas souffrir injustement. Qu'il y ait beaucoup à faire c'est évident et, parfois, décourageant.
Après avoir lu cette somme érudite il faut relire Marguerite Yourcenar qui, dans son style magnifique, a dit l'essentiel de ce qu'il y avait à dire
http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article404

Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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colimasson
  18 août 2014
Ouvrage se servant du prétexte de l'amour des bêtes pour divaguer sur plus de sept cent pages à propos de l'amour de la philosophie, dans ses aspects les plus élitistes et rébarbatifs.

Si, pendant longtemps, l'amour des animaux n'a pu s'exprimer sans le rabaissement de l'être humain, le phénomène se prolonge avec ce livre. Comprendre le silence des bêtes n'est pas donné au premier animal venu ; mais il faut être bien prétentieusement humain pour croire que leur dignité ne pourra leur être conférée sans une austère litanie de toutes nos plus tristes créations intellectuelles.
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Fx1
  29 août 2014
Un ouvrage de référence . Certes c'est pointu et cela demande beaucoup de concentration. Mais quelle richesse dans ce texte qui apporte une nouvelle vision du rapport entre l'homme et l'animal . Au fond qu'est on , nous les hommes pour nous dire supérieurs aux animaux ? de quel droit pouvons nous , nous permettre cela ? Cet opus est important parcequ'il permet à l'homme de percevoir l'animal de maniére totalement différente . Et il est vrai que le silence des bètes est bien plus pertinent que l'éloquence souvent inepte de l'homme . Ardu mais trés important !
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EtrangesHistoires
  20 août 2014
Philosophe elle même, Elisabeth de Fontenay étudie la pensée des philosophes du passé concernant leurs avis partagés sur l'éthique animale. de nombreuses écoles de pensées à travers les siècles, qui n'ont pas toujours reconnu la sensibilité, l'émotivité, l'angoisse et la souffrance d'êtres vivants auxquels on a donné le nom de -bêtes- Certains ne voyaient en eux que des machines insensibles ausquelles l'on pouvait faire subir les pires souffrances et abominations.
Heureusement, de plus en plus des esprits remarquables et d'une grande sensibilité (on ne peut oublier de citer par exemple Peter Singer) se battent pour faire évoluer les moeurs et les modes de pensées qui face à la condition animale n'ont pour certains, peu évolué depuis le moyen-âge.
- paru en 1998
- Editions Fayard, 1998
- Editions Points, 2013
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Dixie39Dixie39   09 décembre 2014
Lévi-Strauss écrit une page exemplaire par sa densité, par la douleur et la violence rarement égalée qu'elle exprime ; il faut la citer le plus longuement possible, tant elle prend en charge tout ce qui est si difficile de recueillir et de rassembler. Il commence par évoquer la montée en puissance des exterminations, des massacres, des tortures, que nous ne désavouions pas parce qu'ils se perpétraient en notre nom et à notre profit sur des populations lointaines et qui, maintenant, en quelque sorte nous rattrapent, nous menaçant d'une abjecte violence. Puis, avec une solennité rhétorique qui tranche sur son ton habituel, il profère ces mots : "C'est maintenant (...) qu'exposant les tares d'un humanisme décidément incapable de fonder chez l'homme l'exercice de la vertu, la pensée de Rousseau peut nous aider à rejeter l'illusion dont nous sommes, hélas ! en mesure d'observer en nous-mêmes et sur nous-mêmes les funestes effets. Car n'est-ce pas le mythe de la dignité exclusive de la nature humaine qui a fait essuyer à la nature elle-même une première mutilation, dont devaient inévitablement s'ensuivre d'autres mutilations ? On a commencé par couper l'homme de la nature, et par le constituer en règne souverain ; on a cru ainsi effacer son caractère le plus irrécusable, à savoir qu'il est d'abord un être vivant. Et, en restant aveugle à cette propriété commune, on a donné champ libre à tous les abus. Jamais mieux qu'au terme des quatre derniers siècles de son histoire l'homme occidental ne put-il comprendre qu'en s'arrogeant le droit de séparer radicalement l'humanité de l'animalité, en accordant à l'une tout ce qu'il retirait à l'autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d'autres hommes, et à revendiquer au profit des minorités toujours plus restreintes le privilège d'un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l'amour-propre son principe et sa notion."
p50, le plus autrui des autrui
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Dixie39Dixie39   15 décembre 2014
Plutarque, porte-voix des animaux, pousse ainsi les ripailleurs dans leurs derniers retranchements. Si vous répugnez à tuer vous-mêmes la bête, leur dit-il, si vous hésitez à la manger crue et encore chaude, c'est que vous reconnaissez implicitement que vous commettez un meurtre et que vous vous en effrayez, en vertu de votre constitution innée où se fonde le droit naturel.
A ce moment du texte s'opère une transgression rendue possible par la logique des extrêmes, et sur laquelle il faut s'attarder. Le faire-rôtir et/ou bouillir, ces manières de table de l'homme civilisé et du citoyen, ne constitue pas pour Plutarque une circonstance atténuante, bien au contraire. Mieux vaut manger sauvagement et en pleine conscience du crime que de dénier celui-ci par des assaisonnements : chasseurs, sacrificateurs, bouchers, cuisiniers sont tous au même titre des meurtriers, et Diogène mangeant un poulpe cru qu'il dispute aux chiens, ne s'ensauvage pas plus, en réalité, que les convives raffinés de festins somptueux. Lui, au moins, c'est ce qu'il fait et ce qu'il veut faire : devenir comme une bête féroce. Alors que les autres, qui se croient d'autant plus civilisés qu'ils cuisinent, ignorent leur vérité.
p233 - Cuisine cruelle
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colimassoncolimasson   06 mai 2015
Ainsi Schopenhauer raconte-t-il qu’aux alentours de 1854 il allait quotidiennement rendre visite à un jeune orang-outan exposé à la foire de Francfort et qu’il avait été profondément touché par la mélancolie de cette volonté, en marche vers la connaissance de cet ancêtre présumé de l’homme ; il comparait son regard à celui de Moïse devant la Terre promise.
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colimassoncolimasson   22 août 2014
La langue latine a trois façons de nommer les êtres vivants qui respirent. Bellua signifie « bête », par opposition à « homme ». Le mot accentue parfois la grandeur, la férocité, l’inintelligence, et peut servir d’insulte : être bête, imbécile. Il est d’emploi plus noble que bestia, terme populaire, qui désigne toute espèce d’animal, sauvage ou domestique. D’un usage moins familier, pour les grammairiens et les juristes, bestia dénomme plutôt les animaux féroces. […] Animal, enfin, qui signifie « être vivant », vient d’animalis, « qui respire », lequel vient d’animans, « qui possède le souffle », ces mots traduisant le grec empsuchon et psuchè.
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Dixie39Dixie39   20 décembre 2014
[Claudel, Bestiaire spirituel] "Maintenant une vache est un laboratoire vivant, (...) le cochon est un produit sélectionné qui fournit une quantité de lard conforme au standard. La poule errante et aventureuse est incarcérée. Sont-ce encore des animaux, des créatures de Dieu, des frères et sœurs de l'homme, des signifiants de la sagesse divine, que l'on doit traiter avec respect ? Qu'a-t-on fait de ces pauvres serviteurs ? L'homme les a cruellement licenciés. Il n'y a plus de liens entre eux et nous. Et ceux qu'il a gardés, il leur a enlevé l'âme. Ce sont des machines, il a abaissé la brute au dessous d'elle-même. Et voilà la Cinquième Plaie : tous les animaux sont morts, il n'y en a plus avec l'homme."
Pour Claudel, comme pour Péguy et Bergson, l'ère du machinisme et du rendement a détruit ce monde harmonieux ; et c'est par une même dérive fatale qu'il n'y a plus ni Dieu ni animaux.
p349, Repentir
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